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SUITE DE L'AGRICULTURE

Quand bien même la nature chimique d'un sol le rendrait aussi apte que possible à la culture d'une espèce particulière de plante, celle-ci n'y pourrait -être indéfiniment cultivée. On verrait les récoltes s'amoindrir davantage chaque année el après un laps de temps assez court, devenir tout à fait improductives. C'est' une expérience que I on a souvent tentée et qui a toujours conduit au même résultat. De là découle la nécessité de faire produire chaque année à une même terre une récolte différente. Ce principe d'agriculture n'était ignoré ni des Grecs ni des Romains, qui le pratiquaient scrupuleusement. Pendant les ténèbres du moyen Age, on l'avait malheureusement perdu de vuo dans presque toute l'Europe. Néanmoins, quelques cantons privilégiés en avaient, on ne sait trop comment, conservé le souvenir, et l'appliquaient avec plus ou moins d'intelligence. Dès l'époque de la Renaissance, on le remit presque partout en honneur, tant il est vrai que toutes les connaissances humaines sont solidaires, et que quelques-unes d'entre elles ne sauraient faire dos progrès sans que les autres s'en ressentissent incontinent. Aussi voyons-nous le célèbre agronome Olivier de Serres, contemporain de Henri IV, préconiser les variations qu'il était utile d'introduire dans l'ensemencement d'une même terre, et traduire ce principo dans l'apoplithegme suivant : La terre se détecte en la mutation de$ eemenre». Il faut donc faire alterner les objets de culture. Celle alternance constitue ce que l'o,n nomme la théorie des assolements. Avant de l'aborder, il importe de donner quelques définitions nécessaires pour l'intelligence de cette théorie.

On appelle tmrt de culture la succession des plantes qu'on cultive sur le même terrain pendant une période d'années, au bout de laquelle on reprend la même succession de plantes et dans le môme ordre. Il y a plusieurs sortes de cours de culture, savoir : le coure do culture triennal, lo cours de culture quinquennal, les cours de culture anglais, allemands, belges, italiens et français. Exemple d'un cours de culture triennal : première année, jachère; deuxième année, blé d'hiver; troisième année, céréales de printemps.

On entend par assolement la division des terres arables d'une exploitation en parties d'égale étendue el en nombre égal à celui des années qui forment le cours de culture. Chaque partie do I assolement s'appelle une sofr. Après l'expiration

LKNCVCLOPÉDIE |»KS ÉCOLES

des années «irinl l'ensemble constitue le cours do culture, chaque sole a passé successivement par les mêmes étals, et l'on a terminé ce que l'on nomme une rotation. Éclaircissons cela par un exemple. Considérons le cours de culture triennal : La première sole sera en jachère la première année; elle produira du blé la seconde année, et de l'avoine la troisième. La seconde sole donnera du blé la première année, de l'avoine la seconde, et restera en jachère pendant la troisième année. Enfin dans le courant de la première année, la troisième sole sera ensemencé© d'avoine. Elle formera une jachère pendant la seconde année, et, la troisième, elle produira du blé. Les causes qui ont déterminé les agriculteurs à adopter les assolements peuvent être rapportées aux chefs suivants: 4° à l'antipathie supposée de certaines plantes ; *> à la dissemblance des éléments nutritifs que les différentes plantes empruntent à la terre; 3* à l'épuisement du sol ; 4« à l'étendue relative de chaque sorte de récolte ; 5o à |a destruction des plantes nuisibles; 6° à la nécessité d'ameublir le sol ; 7» aux forces disponibles pour la culture ; 8<> à la quotité du capital d'exploitation ; 9» à la réalisation des produits; I0<> enÛn, à l'influence du sol et du climat. Nous passerons sue*cessivemeht toutes ces causes en revue, afin de voir dans quelle mesure chacune d'elles implique la nécessité des assolements.

<° Antipathie supposée des plantes. — Certaines plantes, telles que la luzerne, le lin, le trèfle, etc., se succèdent difficilement à elles-mêmes, parce que leurs racines, en s'enfonçant profondément dans le sol, absorbent une grande quantité des sucs nutritifs qu'il contient, sucs qui ne peuvent être restitués à la terre que par des engrais abondants. Il ne faut pas voir dans ce fait, ainsi que les cultivateurs sont trop portés à lo croire, un empoisonnement de la plante par elle-même. L'insuccès de' sa culture, au bout d'un certain nombre d'années, provient uniquement de l'épuisement du sol.

Il y a des plantes qui ne peuvent succéder a d'autres pour des raisons tout aussi naturelles. Par exemple, les pommes de terre et les betteraves sont un mauvais précédent pour le froment, à cause de leur récolte tardive, qui ne permet pas de se* mer celte céréale à une époque convenable, et aviçsi parce que la terre, profondément ameublie, se tasse en hiver et déchausse le blé, c'est-à-dire met ses racines à nu à la surface du sol. Telles sont les vraies raisons qui empêchent de faire succéder le blé aux pommes de terre ou aux betteraves, et non une antipathie naturelle des deux dernières plantes à l'égard de la première. Il faut donc voir uniquement dans l'épuisement du sol à la suite de la culture de certaines plantes, le motif qui nuit à

la réussite de récoltes d'un»' eutre nature. On est amené par là ù ne pas remplacer au hasard les plantes que l'on doit cultiver les unes par les autres, c'est-à-dire à établir un certain ordre d'assolement. Il est évident que, parmi tous les assolements, on devra préférer celui qui donne les récolles les plus productives aux moindres frais possibles.

Hadvion aîné.

VARIÉTÉS

COURS ÉLÉMENTAIRE D'ARCHÉOLOGIE NATIONALE OBJBTS DA»T

Couteaux. — Les couteaux gaulois semblant appartenir a l'époque la plus reculée sont eu silex. Ils ne se composent que d'une lame pouvant avoir en moyenne un décimètre ou un décimètre et demi de longueur. L'une des faces est exactement plane, l'autre présent* un biseau sur chacun de ses bords. Grâce à c«lle disposition, le couteau est tranchant des deux côtés. Sa plus grande largeur est vers la base. A partir de ce point, il va en se rétrécissant insensiblement jusqu'à l'autre extrémité, laquelle, néanmoins, ne se termine pas en une pointe bien acérée. L'instrument ayant peu d'épaisseur, il ne se retrouve pas fréquemment tout entier, et il arrive presque toujours que l'on n'en peut recueillir que des fragments. On voit de nombreux débris de couteaux en silex sur l'emplacement des oppida. En visitant l'oppidum - refuge de Sacy-le- Grand, nous avons eu l'occasion d'en oliserver plusieurs, remarquables par leur état de conservation A peine la partie tranchante se trouvait-elle ébréebée. Elle eut pu servir comme au jour où elle élait sortie de la main de l'ouvrier.

Hachis en pierre. — Les instruments en pierre les plus communs de tous sont des espèces de haches on de coins, que plusieurs antiquaires ont appelées Celta. Ces haches sont convexes dans la partie médiane et tranchantes vers les bords. L'une de leurs extrémités, toujours terminée en arc d'ellipse, est également tranchante. Quant à l'autre extrémité, elle peut se terminer de plusieurs manières différentes. Tantôt elle forme une pointe mousse et obtuse, comme cela se voit (fig. 6). D'autres fois la pointe est très-aiguô, comme celle que porte la hache (fig. 7). Il peut arriver enfin que le bout le plus rétréci de la hache offre une courbe de forme analogue à celle de l'extrémité la plus large. Seulement, dans ce cas, le tranchant de cette seconde extrémité a desdimensions beaucoup

L'ENCYCLOPÉDIE DES ÈCOLRS

moins considérable* que celui de la première. Nous avons représenté (lig. 8) une hache ayant celle disposition. On trouve encore quelquefois des haches en pierre traversées de part en part d'un trou cylindrique vers leur petit bout. La matière des haches varie beaucoup. Lo plus souvent elles sont formées d'un silex blanchâtre, noir, jaune ou rougeatre. Quelques-unes sont en marbre, en grès, en }:ranit, en pierre ollaire ou en ser|»entine. On en voit une très-belle faite de celte dernière substance au musée du Louvre. Elle a été trouvée dans la forêt de Bondy. Elle est remarquable surtout ptu la perfection et le fini de son tranchant. On trouve des haches en pierre parfaitement polies; d'autre* sont à peine ébauchées; d'autres enfin sont déjà façonnées à moitié. On a découvert en plusieurs lieux de la France les emplacements des endroits destinés à la fabrication de ces sortes de haches. M. Jouannet en a découvert un à Ecornebœuf, près de Périgucux. Nous-mêmes pensons en avoir trouvé un autre dans l'intérieur de l'oppidum-refuge ■de Sacy-le-Grand (Oise). Nous nous promettons de poursuivre les investigations que nous avons commencées sur ce point, et, sans nul doute, nous ne pourrons manquer de parvenir à des résultais sa-

tisfaisants. Mille indices favorables nous répondent .décrites, il y eu avait d'autres très-petites que

du succès. Voici en quels termes M. Jouannet s'exprime relativement aux haches imparfaites qu'il a décomerles en grand nombre dans la localité que nous avons mentionnée plus haut :

« J'ai observé, dit-il, une assez grande quantité do haches simplement dégrossies à différents degrés; et d'autant plus curieuses qu'elles nous révèlent en partie le secret de leur fabrication et nous permettent de juger des procédés qu'on a employés. .

» Un Gaulois voulait-il se fabriquer une hache ? Il choisissait d'abord quelque silex le plus approchant possible de la forme désirée ; puis s'armant d'un marteau, il frappait son silex, lanlôt sur un coté, tantôt sur l'autre, enlevant par écailles, d'abord assez grandes, toute la pierre inutile. A mesure que l'ouvrage avançait, les difficultés augmentaient. Pour amener la pierre au point de pouvoir être soumise au poli, on se fait à peine une idée du nombre et de la petitesse des écailles qu'il fallait détacher sans offenser les bords latéraux, ni le tranchant. Quelquefois, au moment de terminer, la main s'égarait, un coup malheureux enlevait trop, et la pierre était jetée au rebut. J'en ai trouvé plusieurs dans cet élat ; j'en ai vu d'autres dont le tranchant usé, ou brisé après le poli, avait été refait.

» La taille et la coupe des flèches exigeaient «ncore plus d'habitude et de dextérité.

» Quelle patience, quel temps, quelle adresse ne pas un semblable travail I J'ai compté

plus de deux cents petites écailles enlevées sur une flèche qui n'avait guère plus d'un pouce sur six lignes, et cependant je no voyais là que la plus faible partie du travail, la dernière trace du fini. »

Les haches en pierre étaient ordinairement pourvues de manches en coine de cerf, ainsi que le prouve une trouvaille faite en 18G0 à Concise, sur les iwids.du lac de Neuchàtel. On peut voir au musé© de Cluny, enregistrés sous les numéros compris entre ,'5347 et 3354, des échantillons do ces haches. Les unes, comme celle qui est représentée (fig. y), étaient emmanchées ainsi que le sont nos haches actuelles. La partie AB forme la icte du manche, qui faisait avec elle un angle droit cl se prolongeait à partir du point C , perpendiculairement au corps de la hache. La fig. 10 représente une autre disposition. Ici, la hache est implantée dans une cavité pratiquée à l'extrémité du inanche. Par conséquent on a un outil analogue au ciseau dont les menuisiers se servent encore de nos jours. Tous les objets trouvés ii Concise ont été donnés au musée do Cluny par M. de Saulcy, membre de l'Institut, à qui l'on doit tant de travaux remarquables sur l'archéologie. Indépendamment des haches que nous avons

l'on tenait à la main, quand on se battait corps à corps. C'est de là que leur c-t venu le nom de casse létes sous lequel on les désigne quelquefois. Du reste, il est à présumer que lu hache de silex pouvait, suivant les circonstances, et probablement d'après ses dimensions, être une arme do guerre, uu instrument pour les sacrifices, ou servir à dépecer una proie. Un fait excessivement curieux et qui mérite d'être signalé, c'est qu'on Angleterre on se servait encore de haches en pierre dans le xi« siècle de notre ère. On rapporte qu'à la bataille d'Uaslings « les Anglais lançaient sur les Normands des épieux et des traits de diverses sortes, des haches terribles» et des pierres appliquées à des morceaux de buis. Ce fait, tout extraordinaire qu'il paraisse au premier abord, peut facilement s'expliquer par la présence d'un grand nombre de Danois dans les rangs de l'armée de Harold. u Or les Danois, à raison de leur position géographique dans l'Europe septentrionale, avaient conservé très-longtemps les mœurs et les usages primitifs des peuples indo-européens, dont les progrès avaient été très-lents, surtout dans les régions les moins accessibles à l'influence civilisatrice du monde grec et du monde romain.

Merlbttk et Hauvion aîné.

Lt iMrrcteuT-Gèfnnl,

A. MERLF.TTE.

Imprimer* de L. Toimci cl O», • Saim-Gcnnsm.

1" Année.

1« mai»» 4 863.

No 13

JOURNAL

1>E L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

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M. A. MERLETTE

f Ux i tt "i'Étde normale ie Versailles, ancien maîire léféUt-ur a ladite École, ancien directeur d'une École primaire supérieure

Bureau d'abonnement, à Paris, rue Saint-Jacques, 228, au fond de la cour

L'hicuml&rt ti» Éccits parstv tous 1m dimanches; cfcaçite rtttiit continu '.6 pages je-8 d'irarreision iS coloat)^ et cr.a th.- chc li'1-c.i-ïâi-ljiêe.

P?:i t» i/>p;n«uii(T :

Pc-jr 1j Frsr.co.or. »n . il ïr.; sùjnois, 6 !r. — Pou: \i Suis:-* tt '.a Betgrçu», ua an, 13 ir. ; iix mois, 7 !r. — PO'jr w::i d-;t:ci'.'.o;, un an, 16 Ir.

Pni d'en ouDtfo isolé, 50 tsnuxes.

SOMMAIRE

Grnmmuire fronçai*: Du pronom: différentes sortes île prouoius. — Exercices (tançait : Exercice» *ur la formah.m .lu féminin Un» les adjectif». — Dicté* d'orthographe ujtarlU ; Llmtiiul i/o Py luagore. — Premiers exerrteft de style: Vieux françoi» a rajeunir. — tièographie élémentaire : Géographie politique de la llus.iie. — Hùtuire de franc* : Premier* élalilowrnenli di* Humain* liant In Gaules. — Arithmétique : Fin des théorèmes >ur la mullinliratiou; problèmes sur la multiplication de» noml>re» entier» et sur celle des nombres décimaux ; division dis nombres entier». — Géométrie élémentaire ■■ TluVurémci divers tur les triangles. — CAi«n> ; Propriétés physiques ■le l'eau. — Histoire naturelle : Canal lhoracii|uc; histoiie de lu découverte des vaisseaux cbyliferes. — Variétés: Arrhéologie nationale; poignards; haches en broute.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

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