ABSORPTION DU C II VLB
Nous avons décrit sommairement la marche què suit le chyle pour venir se mêler au sang dans la veine sous-clavière gauche. Mais il convient d'entrer dans de plus grands détails sur ce pbénomèoe, et c'est ce que nous allons faire ici. Le chyle circule dans des canaux appelés vaisseaux chylifères, lymphatiques ou absorbants. Chose remarquable 1 les vaisseaux lymphatiques, bien que d une composition identique sur tous les points du corps, charrient deux liquides do nature différente : les uns servent à la circulation d'un liquide transparent, de consistance aqueuse, et auquel on a donné lo nom de lymphe. Ils sont, et de beaucoup, les plus développés du système. Les autres, dont l'étendue est Lien moins considérable, naissent de l'intestin grêle, rampent dans l'épaisseur du mésentère, et vont se terminer dans le canal thoracique. On leur a plus spécialement affecté le nom
de vaisseaux chylifères. Au lieu de contenir un liquide semblable à l'eau, ils livrent passage à une humeur ayant l'aspect du lait, laquelle n'est outre chose que le chyle. Mais, nous le répétons, quoique la lymphe et le chyle soient fort différents l'un do l'autre, il n'en est pas moins vrai que les parois des vaisseaux dans lesquels circulent ces deux produits de l'économie, no présentent pas la plus légère différence. Ces parois sont tellement diaplianes, qu'il est extrêmement difficile de les apercevoir. C'est là ce qui explique pourquoi les vaisseaux lymphatiques ou absorbants n'ont été découverts que depuis cent cinquante ans environ. Encore môme cette découverte n'était-elle guère à celte époque qu'à l'état de germe, l'anatomie ne possédant point alors les puissants moyens d'investigation dont elle dispose aujourd'hui, moyens qu'elle doit surtout à la sagacité et au génie inventif du célèbre anatomisle hollandais Ruysch. Il ne nous parait pas inutile do donner une idée des procédés par lesquels on rend manifeste l'existence des vaisseaux lymphatiques. Pour arriver à ce résultat, on se sert d'un appareil appelé tube à injection II est creux intérieurement et terminé par une pointe aiguë et tranchante, percée d'un très-petit orifice. On remplit l'appareil de mercure, puis on en introduit la pointe dans les tissus où l'on soupçonne qu'il existe des vaisseaux lymphatiques. Cela fait, on ouvre un robinet adapté au tube, et dont la fermeture s'opposait à la descente du mercure. Dès que ce robinet est ouvert, le mercure, obéissant à l'action de la pesanteur, se- précipite vers la pointe du tube à injection, d'où if s'écoule eu ruisseaux argentés à l'intéricurdes vaisseaux lymphatiques, si l'on aélé assez heureux pour percer les tissus animaux à un endroit où il s'en trouve. Dans le cas contraire, on en est quitte pour renouveler la tentative. Au bout d'un certain temps, on finit par apprendre où gisent les vaisseaux lymphatiques, et on ne fait presque plus d'essais infructueux. Grâce à l'emploi de ces injections de mercure, on voit le système des vaisseaux lymphatiques se dessiner en. petits filets brillants comme do l'argent, à la superficie ou dans l'intérieur' des organes.
Les vaisseaux chylifères constituent donc une portion de l'ensemble du système des vaisseaux lymphatiques ou absorbants. Les chylifères forment à leur origine un réseau délicat, qui enveloppe la périphérie des villosités dont est recouverte la paroi interne de l'intestin grêle. Les branches de ce réseau ne tardent pas à s'anastomoser entre elles pour donner naissance à des tubes d'un calibre plus considérable, logés dans l'épaisseur des parois de l'intestin. Puis ces tubes percent extérieurement ces parois pour aller ramper entre les deux feuillets du mésentère. Là, ils donnent naissance aux
L'KNCTCLOPÉOIR DKS KCOLES
yanylioM lymphHtiijuet. Oti nomme ainsi do petites masses G, G . G", etc. (lig. o), d une couleur blanc rosé, que l'on «perçoit à la surface du sur lo trajet des \ aisseaux chylifères.
Voici comment est constituée chacune de ces masses : Avant de pénétrer dans l'intérieur de l'une d'elles, les chylifères qui doivent s'y rendre se subdivisent en une infinité do petite tubes capillaires qui rayonnent de son extrémité, comme les poils dont un pinceau est formé rayonnent de «a tige. Ces capillaires sont désignés sous le nom de capillaires affermit. A leur terminaison, ils se continuent en d'autres capillaires, toujours en nombre moindre, et qu'on appelle capillaires effkrentt. Ces derniers ne tardent pas à se réunir pour former un ou plusieurs troncs qui continuent à cheminer entre les deux lames du mésentère. Dans leur parcours, ils donnent encore naissance de distance en distance à de nouveaux ganglions lymphatiques, et il en est ainsi jusqu'à ce qu'ils viennent débouclier dans le grand canal thoraciqoe. La circulation du chyle, qui est assez rapide dans les vaisseaux proprement dits, no se fait plus que très-lentement dans l'intérieur des ganglions lympalhiques. Tout porte à présumer qu'en traversant ces ganglions, le chyle change sa na lure intime et acquiert des propriétés nutritives qu'il ne possédait pas auparavant. Quelles sont précisément les modifications quo le chyle subit en «elle circonstance? La science ne saurait répondre péremptoirement à celle question, dans l'état actuel de nos connaissances. Mais il n'en esl pas moins indubitable que le chyle subit des transformations importantes dans l'intérieur des ganglions lymphatique?. Pendant très-longlomps, les anatomistes se sont mépris sur la nature et le rôle de ces ganglions. Hippocrate et tous les auteurs anciens les considéraient comme des glandes ; Sylvius les assimilait encore à dos organes excréteurs, et il les désignait sous le nom de glandes nmglobtt*, pour les distinguer des véritables glandes, qu'il appelle glandes ronylomérèe*. Plus tard Sœmmering fi) remarquer l'analogie apparente qu'il y a entre les ganglions lymphatiques et les ganglions nerveux. Enfin Chaussier, pour exprimer cette analogie, imposa aux organes qui nous occupent la dénomination de ganglions lymphatiques, sous laquelle ils sont généralement connus aujourd'hui. Les ganglions ont une forme ovoïde. Ils sont formés presque en totalité par un réseau ou plexus de capillaires lymphatiques. Seulement un tissu cellulaire présentant une trame très-lâche relie entre eux tous ces capillaires, Uni afférente qu'efléreats. Enfin, tout l'organe est entouré d'un tissu cellulaire relié au précédent, et qui en constitue la périphérie.
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