‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 114 sur 270 · DU VERBE · texte numérisé non relu

DU VERBE

Par cette expression : Dieu est bon, on entend dire que la qualité do bon appartient à Dieu Toutes les fois que Von déclare ainsi qu'une qua. Hit? convient ù un être quelconque, on énonce ce qu'on appelle une proposition. Dieu est bon formr donc uno proposition. On appelle proposition renonciation d'un jugement. Un jugement est une opération de l'esprit par laquelle, après avoir comparé deux idées, on déclare si ces idée» se conviennent ou non. Toute proposition se compose de trots parties : un sujet, un verbe et un attribut.

On appello sujet l'individu que l'on déclare possesseur d'une qualité.

Le pnx dei abonnements doit Cire payé d'avance en un mandat sur la poste adressé fir lettre affranchi k M. Miiarrn, directeur de l'Es'.Tcioitcit lis É;oLt3, rue Saint-Jacques, S SB, à Paris.

Le; abonnements paruat du mois de dicenbro. Le? j or;onr.'î4 qui s'abonnent dins le courant de l'accje, reçoivent inrcidiatameni las rimCros qui ont dé;a pan:. Annonces d'ouvrages classiques, 1 fr. 50 la ligne.

On appelle attribut la qualité dont le sujet est reconnu possesseur.

Enfin on appelle verbe le mot qui lie l'attribut au sujet.

Dan* la proposition : Dieu est bon, Dieu est le sujoi ; bon, l'attribut, et est, le verbe.

Logiquement, il n'existe qu'un seul verbe qui se retrouve dans toutes Ips propositions imaginables. Ce verbe est : être. On lui donne le nom de verbe substantif.

Mais de Tait, il arrive le plus souvent que l'attribut el le verbe être s'agglomèrent ensemble pour ne plus former qu'un seul mot constituant ce que l'on nomme un verbe attributif. Ainsi, au lieu de dire f oiseau est chantant, on dit F oiseau chante, et ce dernier mot chante équivant à la réunion des deux mots est chantant. Chante esi par conséquent un verbe attributif. De, même, au lieu de dire : cet enfant est aimant son père et sa mère, on dira : cet enfant aime son }*ère et sa mère, et le mot aime, qui remplace les deux mots est aimant, est encore un verbe attributif.

D'après ce qui précède, nous sommes donc amenés à distinguer deux espèces de verbes, savoir : le verbe substantif et le verbe attributif. Il n'y a qu'un seul verbe substantif, c'o*t lo verbe être. Il y a, au contraire, une infinité de verbes altribtîtifs. Aimer, courir, recevoir, rompre, etc., sont des verbes attributifs. Les verbes attributifs expriment par un seul mot, soit l'étal dans lequel se trouve le sujet de la proposition, soit l'action qu'exécute présentement ce sujet.

Le sujet d'uno proposition s'appelle encore le

L'KNCYCLOPËDIE DES ÈCOLKS

sujet du verbe qui entre dtfns celle proposition. On appelle doue sujet d'au iwrfa, l'individu qui *e trouve dans, l'état qu'indique le verbe «u qui fajl l'action «primée pir ce verbe. Dan* la proposition citée |i^is lu ut : <*«/ enfuit aime ton père $f 44 mère, le mol enfant est le sujet du verbe aime.

Différentes sortes de rerbes (tftriltvtifx. — Il y a deux sortes de verbes attributifs, savoir : les verbes transitifs el les verbes intransitifs. On appelle transitif, tout verbe dont le sujet fait une action ! qui retombe sur un ou plusieurs autres individus. 1,'individu sur lequel retombn immédiatement l'action exprimée p/»r le verbe et qui se ressent le premier de cette action, s'appelle le complément direct de ce verbe. Quand on dit : Pierre frappe Paul, Paul élanl le premier à se ressentir do l'ac- • tion de Pierre, est le complément direct du verbe frappe.

Quand l'action exprimée par un verbe no retombe sur un individu qu'indirectement et pom ainsi dire par ricochet, cer individu devient ce qu'on appelle le complément indirect du verbe. Dans cet exemple : Le maître a donne un lirre à f ce mot élève est le complément indirect du verbe a donne. Il résulte de la défini tiun du verbe transitif que ce verbe est essentiellement aple à posséder un complément direct. C'est mémo à l'existence réelle ou possible de ce complément que l'on reconnaît le verbe transilif. Ainsi, aimer est un verbe transitif, parce qu'o-i peut dire aimer Dieu, aimer son prochain, aimer quelque chose: manger est un veilie transitif, parce qu'on peut dire : manger quelque chose, etc.

Tout verbe transitif peut prendre trois formes différentes ; ces formes sont ce qu'on appelle en français les voir du verbe. Les trois formes que peul revêtir un verbe transitif sont : la voix ardre, la voix passive et lu voix moyenne ou réfléchie.

On met un verbe transitif à la voix active quand son sujel fait une action qui est reçue immédiatement. Dans cet exemple : Pierre frappe Paul, frappe esta la voix active, parce que le sujet Pierre fail une action dont Paul se ressent incontinent.

On met un verbe transitif à la voix passive toutes les fois que c'est le sujet du verbe qui reçoit l'action exprimée par co verbe. Dan» ce cas, l'auteur de celte action est le complément indirect du verbe. Dans celte phrase : l'honnête homme est estimé des gens de bien, le verbe est estimé a été mis à la voix passive, attendu que c'esl le sujet de ce verbe, ihonncle homme, qui se ressent de l'action exprimée par le verbe, et que celle action a pour auteurs les yens de bien qui forment le complément indirect de ce même* verbe. Ainsi dans la voix passive, c'est le complément indirect qui fait l'action et le sujet qui la reçoit.

On met un verbe transitif à la voix moyenne ou réfléchie toutes les fuis que faction e.»t faite et reçue par le même individu. Par exemple, quand on dit : tu te bleuet, l'action est faite par le sujet et soullerte par lui.

11 existe des langue? qui ont une forme spéciale pour chacune de* trois voix. Il n'en est pas ainsi en français. La voix active seule a une forme particulière ; la voix passive se forme au moyen de l'auxiliaire être cl d'un temps du \erbe que nous apprendrons plus tard à connaître ; on le désigne vulgairement sous le nom de partic'n>e passé ; enfin, la voix moyenne ou réfléchie se compose des foi nies de la voix active que l'on fail précéder des pronoms, compléments directs me, te, se, nous, vous, se.

Il est rare (pie l'on rencontre plus de trois voix d:ms les verbes appartenant aux langues do la famille indo-européenne. 11 n'en esl pas ainsi pour les langues sémitiques, dans lesquelles le nombre des voix e^t beaucoup plus considérable. L'hébreu, par exemple, en a sept, el I arabe en compte jusqu'à quinze.

On appelle verbe intransitif tout verbe attributif exprimant une aclion qui ne peut pas retomber sur un complément direct. Tels sonl les verbes tomber, dormir, nuire, etc. 11 n'y a pas lieu de distinguer les trois voix dans les verbes intransilils. La grande majorité de ces verbes no prend que la forme active. Aucun d'eux ne se mel à la voix passive; très-peu mémo admettent en certains cas lu forme moyenne. Les verbes inlransitifs sont désignés dans les anciennes grammaires sous le nom de verbes neutres.

Les vi rbes subissent de9 changements de forme pour indiquer différentes idées accessoires qui v iennent se greffer en quelque sorte sur l'idée principale qu'ils rappellent à l'esprit. Ces changements de forme affectent plus particulièrement leur terminaison. Cetlo observation nous amène à considérer dans un verbe deux parties : la première so nomme radical, el la seconde finale ou terminaison. Le radical est la partie du verbe qui représente l'attribut que ce verbe renferme en luimime. La terminaison ou finale esl celte partie qui varie d après les idées accessoires que doit exprimer le verbe en même temps qu'il est chargé do représenter une idée principale. Un grand nombre de grammairiens regardent le radical connue étant essentiellement invariable de sa nature. Ils se trompent beaucoup. 11 esl des langues, le sanscrit, par exemple, dans lesquelles le radical change d'après des lois générales el bien déterminées. L'allemand nous présente jusqu'à un certain point un phénomène analogue. En français même, en quoi les verbes que l'on qualifie ordinairement d'irréguliers diffèreut-iU des autres,

si ce n'est à cause des diverses altérations que subit leur radical. Nous essayerons bientôt de montrer que ces altérations ne se sont pas introduites capricieusement et comme au ha-ard, mais que toutes au contraire découlent de roules plus générales que celles que l'on a l'habitude d'exposer dans les éléments, cl qu'elles sont entièrement conforme!* au génie de notre langue.

Merlette.

EXERCICES FRANÇAIS

Page 1