FONCTIONS DES DIFFÉRENTS VERTICILLES DE LA FLEUR
Après avoir fait connaître les différents verticilles de la fleur, il importe d'exposer les usages auxquels ils peuvent servir. Dans celte élude, ncu9 suivrons un ordre inverse do celui que nous avous adopté jusqu'ici, et nous procéderons du centre à la partie extérieure de la fleur, examinant successivement à quoi peuvent servir le pistil, les étamine», la corolle et le calice.
Fondions du pistil. — Évidemment le pistil est l'organe destiné à la production de la graine qui doit donner naissance à des plantes semblables à celle qui a fourni la fleur. Les graines sont renfermées dans la cavité de l'ovaire. Il suffit de supprimer les pistils de toutes les fleurs d'un végétal, pour se priver du môme coup des graines qui en seraient issues. A raison des fonctions qu'il remplit, nous désignerons désormais le pistil sous le nom d'organe porte-graine* ou bien encore sous celui d'organe femelle.
Fonctions des ètamines. — Si le pistil est indispensable comme enveloppe protectrice de la graine et comme lui fournissant les sucs qui la nourrissent jusqu'à sa complète maturité, les étaminoa ne sont pas moins nécessaires à son déve-
loppcment. Les preuves do ce que nous venons d'avancer abondent dans la naluro. Nous en exposerons quelques-unes.
i° Tout le monde, connall la plante désignée sous le nom de melm. Si Ton examine attentivement un pied de melon, on verra bien vile qu'il porte deux sortes do fleurs, sav oir : des fleurs non renflées à leur base (fig. 10), pourvues d étamines, mais ne possédant point de colonne centrale ou pistil. El en second lieu des fleurs renflées à leur base (lig. H), munies d'un pistil, nuis dépourvues d'élamines. Nous désignerons les fleurs do la picrnièro espèce sous le nom de fleuri staminées et celles de la seconde sous celui de fleurs pislillées.
Jamais les fleurs staminées no produisent de fruits. Ce privilège est l'apanage des fleurs pislillées seulement. Est-ce à dire pour cela que les fleurs staminées soient inutiles cl que, des leur apparation, on puisse les supprimer impunément? Point du tout. Elles coopèrent autant que les fleurs pistillées à la production du fruit. Yoici ce qui le prouve. Coupez avec des ciseaux toutes les étamines des fleurs non renflées du melon, un peu avant qu'elles ne soient complètement épanouies; en même temps que vous opérerez celle mutilation, enveloppez d'une gaze les fleurs pistillées; vous verrez plus tard la nécessité de celle précaution. Cela fait, vous pourrez bientôt constater que les fleurs pislillées se flétriront sans produire de fruits. Il résulte de celle première expérience très-simplo que l'exislenco simulianée des flours staminées et des fleurs pislillées du melon est absolument nécessaire pour la fruclifica tion do ce végétal. Mais quelle est lu partie des fleurs staminées qu'il est impossible de retrancher sans rendro la plante stérile? Je dis que c'est le pollen. Kn effet, après avoir trailéun pied de melon comme dans l'expérience pi écédeule, c'cst-à-diro après en avoir supprimé toutes les flours à élamines, approchez-vous d'un second pied do melon, recueillez sur une feuille do papier le pollen qui s'en détachera quand vous lo secouerez, et à l'aide d'un pinceau, barbouillez de celle poussière le slygmate des fleurs renflées que vous avez laissées intactes sur votre première plante mutilée : vou* venez ces dernières fleurs produire des fruits, absolument comme si l'on n'avait pas louché aux fleurs stamicées. On conclut évidemment de cette expérience que l'acte de la fructification ne saurait s'accomplir sans qu'au préalable «les grains de pollen ne se soieul trouvés eu contact avec le stygmale, c'est-à-dire avec l'extrémité supérieure du pistil. Toutes les plantes qui, comme le melon, portent sur un même pied des fleurs staminées et des fleur» pislillées distinctes les unes des autres, sont appelées plantes monoïques.
*> U existe de» plantes qui, au lieu d'être monoî-
que*, sont diuïques Cela veut dire que chez ces plantes certains pieds n'ont que dos fleurs staminées, landi? que d'autres possèdent uniquement des fleurs pistillées. On compte parmi les plantes diolques le chanvre, le houblou, le dattier, le pistachier, etc.
Vers le milieu du dernier siècle, il n\ listait au Jardin des Plantes de Paris qu'un seul pistachier, portant des fleurs pUliilées. Chaque année, cet arbre fleurissait sans rappoiter de fruits. Une fois pourtant Bernard de Jttssieu, démonstrateur de botanique au Jardin du roi, en passant l'inspection de* végétaux qui lui étaient confiés, remarqua avec la plus grande surpiise que le pied du pistachier se préparait à donner des fruits, qu'il était noué, comme on dit vulgairement. Ce fait sen.blait porter atteinte à la théorie de la distinction des sexes parmi les végétaux, théorie qui no reposait pas alors sur des faits aussi solido nent établis que ceux qui l'élayent aujourd'hui. Mais Bernard de Jussieu avait la foi, et, après un moment de réflexion , il affirma qu'il devait exister dana le jardin un pistachier à fleurs staminées ayaul jusque-là échappé à Ions les regards. Des recherches furent immédiatement entreprises dans le but de le découv rir. Vaine tentative 1
On ne trouva rien do ce que l'on cherchait . On élargit alors le cercle des perquisitions et les jardins environnants furent tous explorés avec le plus grand soin. Le succès ne répondant pa* aux espérances de Bernard de Jussieu, ce savant prit lo parti de s'adresser a l'autorité ; la police mil ses agents en campagne, après leur avoir transmis le signalement de l'individu qui se cachait si bien. On étendit insensiblement le cercle des recherches. Enfin au moment où , désespérant d'atteindre le bul si ardemment souhaité, on allait renoncer aux investigations, on découv* il l'arbrisseau qui se cachait avec lanl do soiu. Devinez où on le trouva : c e fut dans un coin de l'enclos attenant au couvent dts charlieux, pics de l'allée de l'Observatoire. Il y avait là un pistachier malo qui fleurissait pour la première fois; et, par in* coïncidence trop extraordinaire pour être fortuite, c'était aussi pour la première fois que le pistachier femelle du Jardin des Plantes donnait des fruits. Bernard de Jussieu n'hésita pas a atlr.buer sa fécondation au pistachier mâle do l'enclos des chartreux. El il ne se trompait pas dans ses conjectures ; seulement il ne pouvait deviner par quelle voie lo pollen du pistachier maledu jardin des chartreux avait été transporté sur les pistils des fleurs du pistachier femelle du Jardin des Plantes. Ce problème a été résolu depuis d'une manière satisfaisanté, ainsi quo nous le verrons bientôt.
3°Un aulre rail non moins curieux démontre en. coro l'aclion fécondante du pollen. II existe à
L'ENCYCLOPÉDIE DBS ÉCOLES
Saml- Valéry en Caux un pommier exlraordi naire, véritable phénomène du règne végétal. Ses fleurs ne présentent pas la même disposition que celles des autres arbres du môme genre. Elles n'ont point de corolle, mais en revanche deux rangs de sépales dont l'un est intérieur à l'autre. En outre, On ne remarque au-dedans de chaque fleur aucune trace d'étamine ; seutemen tle nombre des pisti la y es beaucoup plus considérable que dans les pommiers ordinaires, car il s'élève à quatorze. Jamais, de mémoire d'homme, ce pommier n'avait donné un seul fruit. Aussi son propriétaire, qui ne se piquait pas d'être du nombre des curieux de la nature, s'apprètait-il a l'abattre, lorsqu'un médecin lui conseilla de féconder artificiellement son pommier avec du pollen pris sur un pommier ordinaire Notre homme suivit ce conseil, et sa tentative fut Couronnée d'un plein succès. Depuis cette époque, chaqne année, au printemps, les dames de Saint- Valéry viennent déposer solennellement du pollen sur quelques-unes des fleurs du pommirr phénoménal. Chacune d'elles marque d'un ruban d'une certaine couleur la fleur qu'elle a fécondée. Cela 8'appelle dans le pays faire ta pomme. Comme les diverses sortes de pollen employées ont été empruntées à des arbres de natures différentes, il en résulte qu'à l'automne le pommier de Saint- Valéry se trouve chargé de fruits variant entre eux de forme, de volume et de saveur.
Meblette et Hauvion aîné.
VARIÉTÉS
COUIS fcLÈSRSTAlRK D'ARCHÉOLOGIE NATIONALE
Cnifactt B tlgues. — Nous avons vu qu'une étroite parenté unissait les Volks du versant méditerranéen aux Belgues du nord de la Gaule. Ni l'un ni l'autre peuple n'avaient oublié leur origine commune. De là des relations non interrompues de commerce et d'amitié. C'est par suite de ces relations que les Gaulois du Nord songèrent à imiter la monnaie uuiface de leurs frères du Midi. Mais il y eut plutôt imitation libre que copie servile, et chez les Belgues, des unifaces furent frappées à différents coins. On vit d'abord apparaître les unifaces au cheval belgue, qui caractérisent si bien la monnaie dé tous les peuple* gaulois habitant au nord de la Loire. Le cheval belguo est un animal symbolique que l'on distingue au premier abord de tous les autres emblèmes qui figurent sur les monnaies gauloises. C'est un cheval fractionné et en quelque sorte désarticulé. La tétc et le cou sont séparés du tronc, sur l'extrémité duquel ces parties reposent comme sur un pivot. En outre,
le cou se termine par une espère de fourche dont les deux pointes viennent enserrer le corps dir cheval. Le plus souvent les membres antérieurs sont aussi détachés du tronc. Le conducteur de co cheval a presque complètement disparu. On voit seulement au-dessus du dos de l'animal le croissant que ce conducteur tenait à la main. Le cheval belgue est reproduit dans toute sa perfection sur la monnaie d'or uniface. Il a d'ordinaire une bordure sous ses jambes. Outre les unifaces au cheval belgue, on en a encore signalé d'autres au coin du gui. La plante sacrée n'y est pas représentée tout entière ; on n'en voit qu'un seul petit rameau, bien rcconnaissable pourtant à ses feuilles épaisses, opposéesel en forme de spatule. Quelquefois ces feuilles sont surmontées du fruit. D'après les numismates qui font autorité, c'est entre les années 200 et 150 avant J.-C. que l'on voit apparaître les unifiices belgues marquées au coin du cheval ou à celui du gui. Ainsi le Nord, dont la monnaie avait e\islé avant celle du midi de la Gaule, finit par emprunter à celle dernière région l'un des tyjtcs monétaires les plus singuliers qu'il y ail jamais eu chez aucun peuple.
Merlette et Hauvion aîné.
ANNONCES
LIBRAIRIE D'AUGUSTE DURAND
RCK DBS Ct AS, 7, A FAEIS
ARCHBNIBAULT (P.-J.), pror. agrégé au lycée Chartemagne. Précis élémentaire Je phvniqué rédigé conformément aux programmer <1c l'enseignement dans les classes de 3' et de 2* (section drs science?). 1835, 2 vol. gr. ln-18 Jésus, avec 235 figures intercalées dans le texte. 6 >
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ln Partie, comprenant- la pesanteur, l'hydrostatique, la chaleur; avec 93 flg. :» •