PLUS- QUE-PARFAIT
Que j'eusse ramoll i. Que nous eussions ramoll i. Que tu eusses ramoll i. Que vous eussiez ramoll i. Qu'il eût ramoll i. Qu'ils eussent ramoll i.
Mode infinitif.
PRESENT
Ramoll ir.
PASSÉ
Avoir ramoll i.
FUTUR
Devoir ramoll ir.
Mode participe.
PRESENT
Ramoll issant.
PASSÉ
Ramoll i.
Ayant ramoll i.
Firrun.
Devant ramoll ir.
REMARQUES SUa LA VOIX ACTIVE I>B LA SECONDE CONJUGAISON.
1» Les temps composés ou périphrastiques se forment dans la voix active de la seconde conjugaison, absolument comme dans la voix correspondante do la première. En conséquence on les obtient en ajoutant aux temps convenables de l'auxiliaire aiûir le participe passé du verbe que l'on conjugue. On a ainsi : j'ai ramolli, j'eus ramolli, j'avais ramolli, j'aurai ramolli, etc. Nous n'insisterons pas davantage sur la conjugaison de ces temps composés, qui est la même pour les voix actives de toutes les conjugaisons.
2° Les temps simples de la voix active de la seconde conjugaison française «ont tirés de la quatrième conjugaison latine. Vers l'époque de la décadence, chaque verbe do celle-ci présentait deux formes :
4° Une forme ordinaire qui, pour le verbe correspondant à notre mot français mollir ou ramollir, faisait au présent do l'indicatif mollio, au passé mollici ou mollit, au présent de l'infinitif mollire, cT au participé présent moUiens.
2» Une forme allongée improprement dite forme inrhoatire, qui, pour le verbe correspondant encore au même mol Iranç.ii» mollir ou ramollir, faisait au présent de l'indicatif motUsco, au présent de l'infinitif mollescere, et au participe présent mollet' cens. Quant au passé do cotte seconde forme, il était identique au passé mollici de la première. Les verbes de la seconde forme avaient été nommés itiehoaiifs par Priscien et les grammairiens venus après lui, parce que ces auteurs s'imaginaient que ces tories do verbos marquaient seulement un commencement d'action ; en conséquence ils les avaient nommés iuchoatifs, du mot latin inchoare, qui veut dire commencer.
Mais dans la réalité, ces verbes désignent une augmentation graduelle de l'action exprimée par leur radical. Ainsi, par exemple, moUescere signifie mollir de plus en plus. Florescere signifie fleurir déplus en plus ; l'allescere signifie polir de plus en plus. A cause de l'idée d'augmentation graduelle renfermée dans ces verbes, le grammairien Ueauzée avait proposé de les nommer progressifs. Quoi qu'il en soit, nous devons ajouter que les verbes inchoalifs s'étaient démesurément multipliés à l'époque do la basse latinité, et qu'ils s'étaient presque tout à fait substitués à la forme ordinaire cl non allongée. •
Une remarque se présente ici tout naturellement: puisque chaque verbo latin de la quatrième conjugaison a deux formes distinctes, il en peut résulter pour le verbe français qui en provient deux formes également différentes l'une de l'autre. De ces deux formes, le» grammairiens sont convenus
de regarder comme régulière celle qui est tirée ' de« verbes inchoalifs. En réalité, chaque verbe de la seconde conjugaison française n'a aujourd'hui qu'une forme unique; mais celle-ci est empruntée tantôt au verbe lalin ordinaire, tantôt à la forme incLoative du mémo verbe. Nous verrons plus tard que la conjugaison des temps simples des verbes intransitifs est analogue ù celle des temps correspondants des verbes transitifs. Cela étant, considérons le verbe intransitif partir qui, d'après sa terminaison, appartient à notre seconde conjugaison. Est-ce à dire pour cela que ce verbe se conjuge sur ramollir t Nullement; car les formes do partir ne sont pas dérivées de la forme latine inchoalive, mais bien de la forme latine ordinaire. Partir n'est donc pas un verbe véritablement irrégulier. On ne le considère comme tel, que faute d'avoir rangé les verbes de notre seconde conjugaison dans deux catégories., l'uno contenant ceux dérivés de la forme latine inchoalive et l'autre renfermant tous les verbes qui ont été tirés de la forme latine ordinaire. Nous allons d'abord montrer par quelle série de transformations sont passés les temps simples empruntés à la forme latine in choalive pour devenir ce que nous les voyons au jourd'hui. Nous ferons ensuite le môme travail pour les temps simples qui découlent do la forme latine ordinaire.