SECONDE CONJUGAISON
Voix active.
SUITE DES hEMAnQl.ES SUR LA FORME DITE RÉUC- I.IÈHE.
Mode conditionnel.
Il provient de la forme latine ordinaire*.
Moi-LiREU, mollireie, molliroie, molliroi, mollirois, et enûn je mollirais. ■
volumes, mollirent, molliroies, motliivis, et enfin tu mollirais.
volliret, molliriet, molliroU, et enfin il mollirait.
molli hKMi's, molli riomes, et enfin nous mollirions.
mollirktis, molliriets, et enfin vous molliriez. moi, liment, mollireient, molliroient, et entio ils molliraient.
Mode impératif. — Présent.
Les formes du présent de l'impératif sont identiques a celles du présent du modo indicatif. Ces formes sont : mollis, mollissons, mollissez.
Mode subjonctif. — Présent.
mollesc vu, que le mollisse.
mollescas, que tu mollisses.
mollescat, molltsset, et enfin qu'il mollisse.
mollescamus, mollissomes, mollissons, et onÛn que nous mollissions.
mollescatis, moUUsets, mollissez, et enfin que vous mollissiez.
" mollescant, qu'ils mollissent.
On voit par ce tableau que dans les premiers temps do notre langue, les verbes do la seconde conjugaison dérivant de la forme inchoative avaient la première personne du pluriel du présent du subjonctif terminée en ornes, ons et la secomio personne plurielle en ets, es, comme les mêmes personnes du présent de l'indicatif. Mais on jjoula do bonne heure un » devant les terminaisons ons, ez, et l'on eut les formes qui nous sont restées, mollissions, mollissiez. 11 semble
Iquo l'on ait voulu régler ces formes sur celles de la seconde conjugaison qui proviennent des
verbes latins appartenant à la forme ordinaire. L'addition de Yi adl formes qui De l'avaient poini présentait l'avaotage de pouvoir différencier ces formes du présent de l'indicatif.
Imparfait.
11 provient de la forme latine ordinaire du plusque-pariail du môme mode»
mollivisskm, molliisem, que je mollisse.
mollivisses, molli isses, que tu mollisses.
MOLUVissET, mollusset, molllst, et enfin qn il molRt.
M0LL1VISSEMUS, M0LLIIS5BMU8, mOlliisiomCS, Cl
enfin que nous mollissions.
MOLLIYIBSBTIS, MOLLIISSETtS, molliSSietS, fet enfin
que vous mollissiez.
M0LUVIS8ENT, MOLUISSENT, qu'ils Oiollisseittt
Mode infinitif. — Présent.
Il est tiré de la forme latine ordinaire. molli as, mollir.
Mode participe. — Présent.
MOLLESCBNTEM, mollissant.
Passé.
Il est tiré de la forme latine ordinaire. molli tum, mollit, mollid, et enfin molli.
Forme dite irréguliir*.
Les seuls temps de celte forme qui se conjuguent autrement que pour la forme ordinaire sont les suivants :
Mode indicatif. — Présent.
partio, par, et enfin jé pars.
partis, tu pars.
partit, il part.
partimus, parûmes, et enfin nous partons. partit», partets, et enfin vous partez.
partiunt, ils partent.
PARTIBRAM, partir*, parteie, partait, partait parfois, et enfin je partais.
partIebas, partîtes, parteies, partoies, partois, et enfin tu partais.
PARTtBRAT, partivet, parieit, partoit, et enfin i partait.
parti ebamds, partiomes, et enfin nous partions. partieratis, pnriiet*, et enfin vous partiez. partiebant, partirent, parteient, portoient, et enfin ils partaient.
Mode impératif. -* Présent.
11 est tiré du présent de l'indicatif : pars, par* tons, partez.
Mode subjonctif. Présent.
vartiam, que je? porte.
PAitTiAs, que tu partis.
partiat, partet, qu'il parte.
pautiamcs, })b) tiomes, et enfin que nous p<rrtions.
parti atis, partiels, et enfin que vous partiez. partient, qu'ils partent.
Mode particijye. — Présent.
partientem, partant.
Nous n'avons pas hésite à présenter le paradigme du verbe intransitif partir, comme modèle de la forme irrégulière de la seconde conjugaison, par la raison très-simple que les verbes intransitifs se conjuguent absolument de la mémo manière que les verbes transitifs.
SECONDE CONJUGAISON. — INFINITIF EN lr.
VERBE UAMOLIJ».
Voix passive.
La voix passive de la seconde conjugaison se coujugue comme la voix correspondante de la première, c'est-a-dire par l'addition du participe passé ramoHt, aux différents temps du verbe être.
Vois moyenne.
La voix moyenne de la seconde conjugaison est analogue a celle de la première. Dans les temps simples, elle ne diffère de celle-ci qu'en ce que le pronom complément direct est intercalé entre le sujet et le verbe. Dans les temps composés ou périphrastiques, on a recours à la même intercalalion. En outre, les temps de l'auxiliaire avoir s'y trouvent remplacés par les temps correspondants du verbe être. Par exemple, on dira au passé défini : je me suis ramolli, tu t'es ramolli, etc., au lieu do •. je m'ai ramolli, tu t'as ramoUi, etc.
TROISIÈME CONltJGAttON. — INFINITIF EN ©lr.
foix actitt.
Ce n'est que pour nous conformer à l'usage que nous admettons l'existence de la troisième conjugaison; car il est bien évident que les désinences de cette prétendue conjugaison sont, à de fort rares exceptions près, identiques à celles de la quatrième. De plus, il n'y a en français qu'un nombre très-restreint de verbes dont l'infinitif se termine en otr, et la plupart d'entre eux subissent dans leur radical des altérations assez graves qui peuvent les faire considérer jusqu'à un certain poini commedes verbes irréguliers de la quatrième
'L'ENCYCLOPEDIE DR à ECOLES
conjugaison dont ils suivent les principales flexions. Par exemple, recevoir fait à ses temps principaux recevant, reçu, je reçois, je reçus, comme croire , feit croyant, cru, je crois, je ctuj. • Il est encore une circonstance qui vient corroborer la remarque précédente touchant la similitude qu'il y a lieu d'établir entre les verbes de la troisième conjugaison et ceux de la quatrième. C'est qu'à l'époque do la formation do notre langue, plusieurs des verbes appartenant aujourd'hui uniquement à la troisième conjugaison avaient deux formes différentes au présent de l'infinitif, l'une en oir et l'autre en re. Par exemple, le verbe latin recipere donna à la fois naissance aux formes reetvre, receivre, reçoicre, recever, et recevoir. Do même manere, qui veut dire demeurer, produisit les inflnitife moindre, maner, et manoir; il ne nous reste plus actuellement de cet ancien, verbe quo le participe présent manant. Semblablement, le verbe latin ardere, qui veut dire brUler, a eu simultanément les différentes formes ardre, arder, ardoir. Il résulte de toutes ces considérations que les verbes qui constituent' la troisième conjugaison ne devraient former qu'une subdivision de ceux de la quatrième. Néanmoins, pour ne point trop contrarier des habitudes invétérées, nous allons donner ici la conjugaison du verbe r*rero«r.
Jo reçois.
Tu reçois.
11 reçoit.
Je recevais.
Tu recevais.
11 recevait.
Je reçu.
Tu reçus.
Noua recevons.
Vous recevet.
Us reçoivent.
Nous recevions.
Vous receviez.
Ils
11 reçut.
J'ai reça.
Tu as reçu.
Il a reçu.
Voua reçûtes Ils reçurent.
PASSÉ IRKÉFim.
Nous avons reçu.
Vous avez reçu.
Ils ont reçu.
PASSÉ ANTÉnirua.
J'eus reçu. Nous eûmes reçu.
Tu eu* reçu. Vous eûtes i
Il eut reçu. Us
J'avais reçu.
Tu avais reçu.
Il avait reçu,
Nous avions reçu.
Vous aviez reçu.
II? avaient reçu.
rtJTrn.
Je recevrai. Nous recevrons.
Tu recevras. Vous recevrez.
Il recevra. Ils recevront.
FUTUR ACTtalCCft.
J'aurai reçu. Nous aurons reçu.
Tu auras reçu.
11 aura reçu.
Vous aurez reçu.
Ils auront reçu.
Je recevrais.
Tu recevrais.
Il recevrait.
J'aurais reçu.
Tu aurais reçu.
Il aurait reçu.
aotm vomie J'eu<we reçu.
Tu eusses reçu.
Il eût reçu.
Nous recevrions.
Vous recevriez.
Ils recevraient.
Nous aurions reçu.
Vous auriez reçu.
Ils auraient reçu.
le passé »o
Vous eussiez reçu.
Ils eussent reçu.
Mode impératif.
présent.
Reçois.
FCTt'H.
11 est identique au présent de l'impératif.
Que je reçoive.
Que tu reçoives.
Qu'il reçoive.
Que nona recevions.
Qoe vous receviez.
Qu'ils reçoivent.
FUTUR
Il est identique au présent du
mPASPAfT.
Que nous reçussions.
Que vous reçussiez.
Qu'ils reçussent.
pamg.
Que nous ayons reçu.
Que vous ayez reçu.
Qu'ils aient reçu.
PUJS-QllE-PAtfAIT.
Que j'eusse reçu. Qoe nous eussions reçu Que tu eusses reçu . Que vous eussies reçu. Qu'il eût reçu. Qu'ils eussont reçu.
Modo infinitif.
Recevoir,
Que je
Qoe tu reçti?sw.
Qu'il reçût.
Que j'aie reçu.
Que lu aies reçu.
Qu'il ait reçu.
Avoir reçu.
roi
Devoir recevoir.
PASSÉ
Reçu, ayant reçu.
Devant recevoir.
Remarques sur la voix active du verbe recevoir. — 1« Ce qui rend surtout irrégulière la conjugaison du verbe recevoir, c'est l'emploi qu'on y fait des deux radicaux différents recev et reç, dont le second n'est évidemment qu'une contraction du premier. Tantôt, l'un de ces radicaux concourt seul à la formation d'un temps, tantôt ils y concourent tous les deux. Par exemple, l'imparfait de l'indicatif est uniquement formé du radical recev, tandis que le présent du même mode'admet pour les trois personues du singulier le radical reç, et pour celles du pluriel le radical recev.
2° Le futur est formé de l'ancien infinitif rccecre dont l'e final a été supprimé à l'époque de l'incorporation définitive du présent du verbe avoir avec cet infinitif. C'est ainsi que l'on a obtenu : je recevrai, tu recevrai, il recevra, etc.
3« Les terminaisons du verbe recevoir ont dan? leur allure générale quelque chose d'insolite, d'irrégulier, qui en fait un des verbes les plus anormaux de notre langue. Et c'est pourtant celui que les grammairiens ont choisi comme type des verbes de la troisième conjugaison. Ils en sont venus là, parce qu'ils ont toujours négligé d'étudier les Iraritrormations successives par lesquelles est passée la langue française avant de pan'enir à l'état actuel. Nous ne saurions trop le répéter : il n'y a qu'un moyen d'arriver à une connaissance complète du mécanisme de notre langue ; c'est d'étudier nos vieux auteurs au point de vue des formes grammaticales. On s'imagine généralement que l'intelligence de la langue latine suffit pour l'étude approfondie du français. C'est une grave erreur, dont les meilleurs esprits commencent à revenir. Les zélateurs de l'enseignement moyen se trouvent très-embarrassés quand on leur demande ce qu'ils introduiront dans cet enseignement à la place du grec et du latin. Ne pourraient- ils pas répondre qu'on s'adonnera à l'étude de tous nos vieux auteurs français, depuis Villehardouio jusqu'à Rabelais et Aroyot? La comparaison de*
grammaticales de notre langue aux différentes époques, suppléera à l'étude des classiques de l'antiquité, tout en nous permettant de pénétrer plus profondément dans les usages et dans la vie intime de dos pères.
Merlkttb.
EXERCICES FRANÇAIS