LÉGENDE
A Strasbourg vivait un tonnelier nommé Rudulfe. La rudesse et l'avarice étouffaient en lui tout gentiment, et quoique riche, il ne cessait d'exercer son état.
Un jour qu'il travaillait devant son chantier, passe une femme en haillons, jeune encore, pèle, et les pieds meurtris. Elle s'arrête devant Rudulfe et lui demande un verre d'eau. « La rivière est là-bas, » répond Rudulfe. La femme le supplio de faire apporter de l'eau par un ouvrier; mais Rudulfe refuse en termes grossiers. La femme indignée, et qui a le pouvoir de châtier Rudulfe, condamne ce misérable à remplir d'eau le tonneau qu'il achève et elle disparaît aussitôt.
Poussé par une force irrésistible, Rudulfe prend son tonneau sur ses épaules et va le plonger dans le Rhin ; mais, à son grand oiïroi, il le retire vide. Il le replonge de nouveau, vaine tentative. Il cherche d'autres rivières sans être plus heureux, le tonneau reste toujours sec.
Rudulfe se repent alors do sa conduite. Il implore le pardon de la divinité et promet de secourir désormais les malheureux. 11 laisse couler une qui remplit le tonneau.
COSMOLOGIE
OU GÉOGRAPHIE SUPÉRIEURS
DES PLAINBS (SUITE).
IUirvioN jeune.
Au nord des forets dont nous avons parlé dans notre dernière leçon de cosmologie, s'étendent de* plaines immenses connues sous lo nom de Lia nos ou Savanes. Les llanos constituent la partie septentrionale de l'Amérique du Sud. Elles couvrent toute la contrée arrosée par l'Orénoque, l'Amazone et leurs nombreux affluents. Aucune éminence digne de ce nom ne se montre au milieu* de cette vaste plaine, dont le sol est aussi uni que la sûrface de la mer. Là, comme dans les pampas, on né rencontre aucun arbre, si ce n'est quelques bosquets de palmiers autour desquels les plantes des tropiques viennent épanouir leurs jolies fleurs. Le sol des llanos présente seulement deux sortes d'inégalités : les premières sont fermées par des bancs d'un calcaire grossier dont la hauteur ne dépasse pas deux mètres. Les inégalités de la se-^ conde sorte ne sont pas apparentes et ne peuvent être constatées qu'au moyen du baromètre. Ce sont de petits plateaux que l'on désigne sous le nom de mettos, d'une très grande aridité, continuellement brûlés par un soleil de feu. Ces dos de terrain ont une déclivité assez prononcée pour Im. primer aux eaux deux directions et former deuil versants, l'un qui incline vers le nord-est, et l'autre vers le sud-est. Depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'octobre, les pluies tropicales grossissent les fleuves qui, sortant de leurs lits, i-épah* dent leurs eaux sur les llanos et les transferment n marécages. Les eaux déposent sur le sol un limon qui engraisse la terre et lui permet 'de se couvrir de plantes dont le développement se fait avec rapidité, sous l'influence du soleil des troi piques. Les mêmes phénomènes que l'on a observés dans les pampas se reproduisent pour les llanos; la végétation et la température y passent par les mômes phases.
Si nous quittons l'Amérique du Sud pour aller aborder au fond du golfe du Mexique, et que nous nous enfoncions dans les terres qui le limitent au nord, une plaine immense se déploiera devant nous. Celte plaine, qui commence aux riTages du golfe, s'étend jusqu'à l'océan Glacial arctique. Elle est bornée à l'est par les monts Alleghanys, et à l'ouest par les montagnes Rocheuses. C'est dans cette plaine que coulent deux grands fleuves, le Saint-Laurent et le Mississipi, et les nombreux affluents de ce dernier. Le sol s'élève insensibleî'ment des bords du golfe, du Mexique jusqu'aux
sources du Mississipi. A cette latitude, elle est traversée par un petit plateau de peu d'élévation qui prend naissance sur les bords du lac Supérieur.
Ce plateau, dont le point culminant ne s'élève pas à plus de 460 mètres au-dessus du niveau de la mer, forme la ligne de partage des eaux qui arrosent l'Amérique du Nord. Il sépare le bassin du Mississipi du versant de l'océan Glacial arctique. J,e sol s'élève aussi peu à peu do la rive droite du Mississipi aux montagnes Rocheuses. Le vaste terrain qui s'étend entre ces deux points, peut, malgré son uniformité, être considéré comme formé par .trois sortes de déserts. Au midi, sont des plaines desséchées qui ressemblent aux steppes de l'Asie et couvrent le Texas et le Haut-Arkansas. La partie septentrionale de ce désert est, en été, brûlée par les ardeurs du soleil, et, en hiver, désolée par des froids intenses. Sa partie moyenne ne se compose que de plaines herbeuses connues sous le nom de Prairus. Ce sont des pâturages à perte de vue dans lesqueU paissent d'innombrables troupeaux de bisons. Ces pâturages no sont interrompus ça et là que par des forêts. Au nord des Prairies commencent les déserts glacés. Ils ont la plus grande analogie avec les plaines de la Sibérie et
sur le nord des deux mondes en traversant le détroit de Behring.
C'est seulement sur les rives du Mississipi que la végétation prend un riant aspect. A droite, la plaine est parsemée de petites émioences. Un grand nombre de plantes, des liliacéca surtout, y fleurissent au milieu du gazon et répandent dans l'atrmospbère les parfums les plus suaves. Ça et là on rencontre des bouquets d'arbres où le voyageur peut aller goûter le repos qui lui est nécessaire pour continuer son voyage.
Au nord, les Prairies sont séparées des déserts glacés par des forêts, qui vont en s'éclaircissant à mesure que l'on s'avance vers le pôle. Au Canada, les forêts offrent une vigueur de végétation qui est loin sans doute d'approcher de celle que l'on est habitué à rencontrer dans l'Amérique du Sud; mais elles ne sont néanmoins dépourvues ni de grandiose, ni de majesté. En été, des incendies terribles éclatent souvent au milieu de ces masses de bois à peine entrecoupées par quelques rares éclaircies. En hiver, lorsque la neige s'est amoncelée sur les arbres, on voit des myriades d'aiguilles de glace se détacher de chaque branche, et la forél, ressemble alors à un amas de pyramides de cristal, où les rayons du soleil viennent se jouer
Hacvion aîné.
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