DU SANG (SUITE
Variation dans la compétition du sang. — proportions des principes constitutifs du sang varient dans les différentes classes d'animaux; par exemple, chez les mammifères, 400 parties de sang contiennent de 70 à 80 parties d'eau, environ 4 9 parties d'albumine, 4 partie de sels et seulement quelque? millièmes de fibrine et de matières colorantes. Le sang des oiseaux renferme moins d'eau que celui dos mammifères et les autres matières
«'y trouvent, en revanche, en plus grande proportion. Enfin, dans le sang des reptiles, des batraciens cl des poissons, l'eau est encore plus abondante que dans celui des mammifères. Ainsi, chez la grenouille, sur 400 parties de sang, il se trouve 88 parties d'eau.
Si l'on compare le poids du sérum du sang à celui des globules, on arrive également à des résultats divers selon les classes d'animaux que l'on considère. S'agit-il du sang des oiseaux, on le trouve plus riebo en globules que tout autre; car il en renferme la» 4 4 ou 45 centièmes de la masse totalo. C'est à cette richesse en globules quo l'on attribue la grande chaleur que développent les oiseaux dans l'acte de la respiration. Les mammifères ne viennent qu'après les oiseaux relativement à la proportion des globules contenus dans leur sang. En outre cette proportion peut encore varier d'après le régime de l'animal. Le sang des carnivores et des omnivores est composé de globules pour las 1 2 à 43 centièmes environ de sa masse totale, tandis que chez les mammifères herbivores tels que le cheval, le mouton, le lapin, etc., l'ensemble des globules du sang ne forme que la septième partie tout au plus de la totalité de ce liquide. Enfin, chez les vertébrés tout à fait inférieurs, c'est-à-dire chez les reptiles, les batraciens et les poissons, la proportion des globules est encore moindre et c'est à peine si elle constitue les 5 ou 6 centièmes du liquide nourricier.
Non-seulemenl la composition du sang varie quand on passe d'uoe espèce animale à une autre, mais elle change encore chez les différents individus d'une même espèce. Il peut se faire qu'elle dépende du sexe, du tempérament et de quelques autres circonstances moins importantes. Par exemple, le sang de l'homme est plus riche en globules et plus pauvre en eau que celui de la femme. On a aussi constaté que chez les hommes d'un tempérament sanguin, il y a plus de globules que chez ceux d'un tempérament lymphatique.
Coagulation du sang. — Tant que le sang reste dans les artères et dans les veines d'un animal vivant, il conserve une fluidité parfaite. Vient-on au contraire à l'en faire sortir et à le soustraire par là à l'influence vitale, il ne tarde pas à éprouver des changements physiques considérables. D'abord il se prend en une masse de consistance gélatineuse, laquelle, au bout de quelques instants, se sépare elle-même en deux p*rl\e& : l'une liquide, un peu jaunâtre, ressemblant beaucoup à l'eau et à laquelle on a donné le nom de $èrum; l'autre, appelée caillot ou eruor, presque solide, trôs-opaquo et d'une couleur rouge excessiveinont foncée. C est la formation du caillot ou cruor oui constitue le phénomène de la coagulation du seng. Quelle est la cause de la coagulation? Bile est due à la peUte
quantité de fibrine dissoute dans le sérum. Dès que celle fibrine a échappé à l'influence vitale* elle cesse d'être soluble, et, se rétractant sur ellemême, elle forme bientôt une masse qui enserre dans ses mailles tous les globules du sang. Il se produit dans cette circonstance un fait analogue a celui qui se passe quand on clarifie certains liquides au moyen de blancs d'oeufs. On sait que les blancs d'œuf sont presque uniquement composés d'albumine. Cette dernière substance se solidifie par l'effet de la chaleur et ne tarde pas à former une masse élastique qui, se contractant énergiquement, vient se réunir en un certain point du liquide après avoir entraîné dans son mouvement de concentration toutes les particules solides qui pouvaient se trouver en suspension dans la masse du liquide. Celuici se trouve donc clarifié, parce qu'il est débarrassé des corpuscules qui en troublaient la limpidité. C'est par le procédé que nous venons de rapporter que l'on clarifie les vins et les sirops. On s'imaginait, il y a peu de temps encore, que la fibrine faisait partie des globules du sang. C'était une grave erreur. Ainsi que nous l'avons déjà dit, la fibrine se trouve dissoute dans le sérum, et une expérience très-simple du naturaliste allemand Mttllor le démontre péremptoirement. Voici en quoi consiste cette expérience. Quo l'on prenne du sang tiré d'un animal dont les globules offrent des dimensions relativement considérables, du sang de grenouille, par exemple, et qu'on jette ce sang sur un filtre. Les globules seront arrêtés par la substance du filtre, et il ne passera à travers cette substance que du sérum. Ce sérum n'aura pas perdu la faculté de coaguler, car on verra bientôt apparaître dans sa masse une matière analogue au cruor ou caillot ordinaire et qui ne différera do cette dernière substance que par la couleur. Elle sera d'un blanc à peu près pur. Il ne sera pas difficile de reconnaître que cette matière n'est que de la fibrine ; d'où l'on conclura que ce principe du sang existe à l'étal de dissolution dans le sérum, et ne fait pas partie de l'enveloppe extérieure des globules comme on le croyait naguère.
l.e sang, après son extraction de la veine, perd quelquefois ta faculté de se coaguler Celte particularité se présente chez les animaux tués soit par la foudre, soit par la déchar go d'une forte batterie électrique. Il en est encore de môme pour le sang des animaux empoisonnés par lo venin des serpents. Enfin, il arrive encore qu'après avoir saigné certains malades atteints de graves affections inflammatoires, on voit leur sang se séparer en trois parties, en sérum, en cruor et en une troisième substance offrant l'aspect d'une couche gn&âlre superposée aux deux autres parties. On donnes
le nom de couenne du
'indice certain d'une inflammation interne. Mais, des observations récentes ont permis d'établir que la couenne du sang peut s© former indépendamment de tout état morbide. Souvent sa présence dépend uniquement de la grandeur do l'ouverture pratiquée à la veine, de la forme du vase dans lequel on reçoit le sang, et de quelques au'.res circonstances tout aussi insignifiantes. L'existence de la couenne du sang parait tenir à ce qu'une notable quantité des globules s'étanl précipitée au fond du vase avant la coagulation, la partie supérieure du liquide se compose presque uniquement de fibrine qui, en se coagulant, forme la couche grisâtre que tant de praticiens regardent comme un symptôme de maladie interne.
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