‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 226 sur 270 · SUITE D8 L AG8 D AIRAIN · texte numérisé non relu

SUITE D8 L AG8 D AIRAIN

Nous avons vu les Éduens adopter le sanglier pour en orner le rêvera de leur monnaie, et ce Symbole se répandre dans une grande partie de la Gaule septentrionale. Tous les peuples qui , à leur exemple, fondèrent chez eux la monnaie d'airain firent choix de quelque quadrupède. C'est ainsi que les Santons avaient importé de Macédoine dans leur pays le coin au bouc qui, après s'être fixé chez eux, remonta les côtes do l'Océan jusqu'à la Loire et s'étendit vers l'est jusqu'au Saint- Bernard. Mais nous devons ajouter que ce coin n'eut qu'uue existence éphémère et qu'au bout d'un très-petit nombre d'années il fut placé par de nouveaux types.

Nous voilà arrivés à l'époque où le monnayage gaulois a pris toute son extension et s'est déve veloppé avec une fécondité exubérante. C'est alor qu'on voit apparaître les conceptions les plu étranges et te pièces les plus excentriques. Parmi

les singularités qui pullulent, notons les rowUes ou annelctt, monnaies à jour, percéos, trouées, ressemblant assez à uno fenêtre ronde munie de eux barreaux en croix. Nous représentons (fig. 10} un de ces curieux spécimens do la monnaie de nos pères. Les rouelles étaient en potin blanc, en bil- )n ou en argent. Celles en argent pesaient gr. 50 à i gr. 70. Toutes étaient coulées. Quelques-unes cependant, bien que provenant évilemment do la fonte, avaient été ensuite travailles à coups do marteau. On pense que ces médailles avaient primitivement servi d'amulettes et que ce n'est qu'à une époque postérieure qu'on es employa en guise de monnaie. On ne sait pas au juste à quelle époque précis? on doit les attri- >uer; mais il y a tout lieu de croire que c'est entre les années I î>0 et :>0 av. J.-C. qu'elles furent o plus répandues. La monnaie à la croix, qui avait pris naissance dans le Midi, finit par s'acclimater dans le Nord, sousl'influence de la circuation des rouelles dont elle dérivait tout naturel* ement. On en a retrouvé de nombreux échantillons sur le sol de la Belgique actuelle, surtout au nord du pays occupé par les anciens Veromanduens.

A l'époque où nous sommes parvenus, le chien, e bélier, le lion, le taureau se voient fréquemment dans les coins du Centre et du Nord. Mais tous viennent du Midi. Le chien gaulois, quand il figure sur les monnaies, retrace a s'y méprendre les allures et la physionomie de notre chien-loup actuel. On voit ce quadrupède poindre sur la monnaie de Kalnikia, colonie marseillaise. Il passe ensuite chez les Soliales, peuple des confins de l'Aquitaine. Il apparaît ensuite chez les Éduens, et de là, s'avançant davantage vers le nord, va garnir le revers de la monnaie de Pixtil. Le bélier est également une création méridionale. On le trouve primitivement aux environs de Némausus (aujourd'hui Nîmes). Le lion et le taureau se montrent, à l'origine, sur la monnaie de Massiiia. lis s'élancent de là vers le nord, remontant l'Aar et la Moselle et descendant la Seine. Cependant, sur les pièces des peuples septentrionaux, on ne trouve pas ces deux animaux côte à côte comme dans le coin marseillais. Lo lion ne se rencontre ni chez les Éduens, ni chez les Séquanais ; mais il existe chez les Catalauniens, chez los Ycromanduens et chez les Rémois. Nous avons représenté (fig. i\) un magnifique spécimen de la monnaie de ce dernier peuple. Le taureau ne se présente jamais à l'étal de symbole ; il étale partout ses formes naturelles. On le trouve chez les Éduens et chez les Séquanais. Il forme la monnaie do Vesoncio (aujourd'hui Besançon), capitale de ce dernier peuple. On le rencontre encore a Cabillons, à Aballo, chez les Veliocasses et cbez les Trovères, On a du cuivre muet à l'empreinte

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du taureau. Chez les Catalauniens, on trouve le lion uni au sanglier. Le taureau, chez les Veliocasses, se montre accompagné du mémo animal. Dans tous les cantons du nord de la Gaule, les pièces au lion et au taureau sont peu antérieures à l'époque do l'épigrapbique. Les pièces au lion doivent être rapportées au laps de temps qui sépare l'an 90 de l'an 50 avant J.-C. Los pièces au taureau ont pour limite antérieure et pour limite postérieure les années 67 et 37 avant notre ère. Le Bclgium formait au sein de la Gaule une région à part.

Les Bellovaques, les Ambiens, les Atrébatcs, qui en étaient les principaux habitants, avaient leur coin orné du cheval à gorge fourchue, de rondelles, d'astres et de toutes espèces de luminaires célestes. Chez eux, point de cheval androcépbale, mais toujours le cheval symbolique ayant à l'avers une tête mystérieuse, grossièrement exécutée, lourdement coiffée ou bien encore hachée en morceaux. Tel est le caractère spécial du ty pe monétaire dans tous les cantons belgues, chez les Atrébates, les Ambienx, les Bellovaques, les Véromanduens, les Nerviens, les Trévères et les Rémois. Il y avait chez tous ces peuples beaucoup d'or, une quantité de bronze encore plus considérable, mais très-peu d'argent. Des trouvailles importantes, faites en beaucoup d'endroits à la fois, ont permis île se faire une idée exacte du système monétaire de la Gaule-Belgique. Les découvertes les plus remarquables ont été faites dans les ruines de Bratuspantiutu (Brctcuil, département de l'Oise), dans le Luxembourg, dans les marais de Flins, aux environs de Reims, de Saint-Quentin, d'Amiens et sur tout le sol de la Belgique actuelle. On ne sait trop quel est le coin quo les Bellovaques avaient adopté pour leurs monnaies d'or et de cuivre. Cependant ils devaient en avoir un tout spécial. Du reste, dans l'état présent de la science, on ne peut pas distinguer sûrement les différentes monnaies belgues les unes des autres. Voici les conjectures les plus plausibles que l'on puisse émoltre à ce sujet. Les unifaces ornées du, cheval à la gorge fourchue proviennent des deux rives do l'Escaut. Elles se maintiennent jusqu'au lcm|>s de l'épigraphique, et, selon toute probabdité, elles sont de fabrique atrébate. On en peut dire autant de la monnaie présentant d'un coté une tète hachée et de l'autre un cheval à gorge fourchue. La ligure (4%) nous offre le coin des environs de Senlis. D'une part, on y voit une tète presque désarticulée et surmontée d une énorme coiffure; de l'autre s'étale un cheval symbolique, au corps oblong, continu el reployé en forme d'S. Les jambes, les mâchoires, la queue semblent no pas appartenir en propre à l'animal. Elles n'y sont on quelque sorte qu'accro- Un ornement extrêmement remarquable de |

ce coin, et que nous no saurions passer sous silence, c'est l'espèce d'éventail qui surmonte le cheval. Le coin monétaire à l'image de l'œil, et que l'on rencontre si communément aujourd'hui en Belgique, a aussi été retrouvé dans les ruines de Braluspantium. C'est un coin éminemment céleste, où les corps du Grmament se montrent à profusion. Il doit avoir appartenu aux Ambiens. Un autre coin non moins constellé est celui dans lequel on voit le cheval surmonté d'un soleil et foulant un astre sous ses pieds. Selon toute probabilité, ce coin doit avoir été celui des Bellovaques. S'il en était réellement ainsi, et la chose n'est guère douteuse, le canton de la Gaule habité par les Ambiens et par les Bellovaques, possédait les coins les plus astres qu'il y eût sur tout le territoire celtique ; ce qui semble révéler chez ces deux peuples une sérieuse préoccupation des phénomènes célestes.

Merlettk et Hacviox atné.

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