‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 229 sur 270 · L'ENCYCLOPÉDIE OE3 ÉCOLES · texte numérisé non relu

L'ENCYCLOPÉDIE OE3 ÉCOLES

dérive du participe passé latin mortuus. Le verbe < mourir , si curieu» par les particularités de sa conjugaison, l'est encore en ce sens que son radi- i cal se retrouve identique à lui-même dans toute? < les langues de la grande famille indo-européenne. Il est m ri eo sanscrit, br ponr mr en grec par la permutation de la labiale m en la labiale b; il fait mort eu latin, et mourir en français.

5o Tenir. — Bien que ce verbe, à en juger par son infinitif, semble appartenir à la seconde conjugaison, néanmoins la plupart de ses temps se forment en ajoutant au radical ten les terminaisons de la quatrième. De plus, pour renfermer le radical dans les cas où il reçoit l'accent tonique, on a eu recours à l'épen thèse , et l'on a placé un i avant la voyelle «, ce qui a donné le radical tien au lieu du radical ton. Ce fait une fois constaté, oo remarque que le présent de l'indicatif, l'imparfait, le présent de l'impératif, celui du subjonctif, le participe présent et le participe passé se forment régulièrement en ajoutant au radical convenable ten ou tien, les finales de la quatrième conjugaison. En appliquant les règles précédentes, on a pour le présent «le l'indicatif : je tiens, tu tien*, Q tient, nous tenons, tout tenez, ils tiennent. Dans celle dernière (orme, Ut tiennent, on a doublé l'n du radical pour que l'accent tonique ne tombât pas sur une syllabe muette. On a eu recours au même procédé pour le présent du subjonctif : que je tienne, que tu tiennes, qu'il tienne, quf non* tenions, que vo*u teniez, qu'ils tiennent. Le passé défini el l'imparfait du subjonctif semblent avoir été formés par syncope des temps correspondants de la conjugaison Ipline. Le passé défini est : y Un», tu tins, il tint, non» tinmes, tout tinte», ils, tinrent, et l'imparfait du subjonctif est : que je lituse, que tu tinsse*, etc.

Le futur du verbe Unir mérite une attention toute spéciale. A un âge déjà reculé de la vie de notre langue, le futur était : je lienrai, tu lienras, il titnra. Ainsi, quoique dans aucune personne de ce temps, le radical no reçoive l'accent tonique, ce radical n'en a pas moins été renforcé comme s'i^ devait le recevoir. Cela tient, sans doute, à la manière dont s'est formé lo futur français. On ne s'en est pas tenu à ce renforcement du radical. Un peu plus tard , à cette première anomalie, on en a ajouté une seconde. On a fait une épenthèse, en intercalant la consonne A entre l'n et l'r, el on a eu de la sorte : je tiendrai, tu tiendras, etc. Celte jutercalalion s'est opérée d'instinct et en vertu d'une règle générale de lépenlbèse qui veut que la consonne intercalée soit de la même famille que çel'e qui la précède immédiatement. Or, le d est une dentale comme la nasale n. Le présent du conditionnel s'est formé de la môme manière qua le. futur. En conséquence, on, le

conjugue ainsi : je tiendrais, tu tiendrait], etc.

Le verbe venir se conjugue comme tenir et pré* seote les mêmes particularités pour la formation du futur et du conditionnel.

t}« Acquérir. — Presque tous les temps de ce verbe appartiennent à la quatrième conjugaison. On les obtient en ajoutant les désinences do celle* ci au radical acquêt: C'est ainsi que l'on forme le présent de l'indicatif, l'imparfait, le futur) las pré* senls du conditionnel, de l'impératif et du subjonctif, et le participe présent. De plus, toutes les fois que l'accent tonique tombe sur le radical, ce dernier est renforcé par un « épenthétique, intercalé entre Vu el l'e de ce radical. On aura donc pour le présent de l'indicatif : j'acouim, tu acquiers, il acquiert, nout acquérons, vous acquérez, ils acquièrent, et, pour te présent du subjonctif : que j'acquière, que tu acquières, etc. Remarquons que, dans les trois cas où nous avons déjà vu le radical renforcé par l'addition d'une lettre à cause de l'accent tonique, ç a toujours été par l'addition d'un », comme daqs : que j'aille, je tient, tu acquiers. Le verbe acquérir prend deux r au futur et iiu conditionnel. Il se comporte, sous œ rapport, comme courir et mourir. Le passé défini est : j'acquis, tu acquis, il acquit, nous acquimes. vous acquîtes, ils acquirent. Il dérive par syncope du (lassé défini latin acquùici, acquisivitti, etc. De même le participe passé français acquit, irrégu- Iter à cause de l'étymologie, provient du participe passé latin acqnisitui.

Upbjlbttb.

DICTÉ*. D'ORTUQGRAME USUELLE

VOYAGE t>8 MESSKNIE ^SITTE)

Le mont est un des plus élevés et le temple an des plus anciens du Péloponèse ; c'est là, dit-on, que, d?$ nymphes prirent soin de l'enfance de Jupiter. La statue de ce dieu, ouvrage d Agélades, est déposée dans la maison d'un prêtre qui n'exerce le sacerdoce que pendant une année, el qui ne l'obtient que par la voie de l'élection. Celui qui Voccupajyi alors s'appelait Célénus; il avait passé la plus grande partie de sa vie eo Spcile.

Ce jour-là oiôme, on célébrait en l'honneur de Jupiter une féte annuelle qui attire les peuples des provinces voisines. I.es flancs do la montagne étaient couverts d'homtneset de femmes qui s'empressaient d'atteindre son sommet. Nous fûmes témoins des cérémonies saintes ; nous assistâmes à des combats de musique institués depuis une

L'ENCYCLOPÉDIE DR* ÉCOLÊ3

ongue suite de siècles. La joie des Messéniens do Lybie offrait un spectacle touchant, et dont l'intérêt fut augmenté par une circonstance imprévue : Célénus, le prêtre de Jupiter, reconnut un frère dans le chef de ces familles infortunées, et il ne pouvait s'arracher de ses4)ras. Ils se rappelèrent les funestes circonstances qui les séparèrent autrefois l'un de l'autre. Nous passâmes quelques jours avec ces deux respectablos vieillards, avec plusieurs de leurs parents et de leurs amis.

De la maison de Célénus, l'œil pouvait embrasser la Messénie entière, et en suivre les limites dans un espace d'environ huit cents stades. La vue s'étendait au nord sur l'Arcadie et sur l'Êlide ; à l'ouest et au sud, sur la mer et sur les lies voisines ; à l'est, sur une chaîne de montagnes qui , sous le nom de Taygète, séparent celte province de celle de Laconfe. Elle se reposait ensuite sur le tableau renfermé dans cette enceinte. On nous montrait, à diverses distances, de riches campagnes entrecoupées de collines et de rivières, couvertes de troupeaux et do poulains qui font la richesse des habitants. Je dis alors : Au petit nombre de cultivateurs que nous avons aperçus en venant ici, i me parait que la population de celte province n'est pas en proportion avec sa fertilité. Ne vous en prenez, répondit Xénoclès, qu'aux barbares dont ces montagnes nous dérobent l'aspect odieux. Pendant quatre siècles entiers, les Lacédémoniens ont ravagé la Messénie, et laissé pour tout partage à ses habitants la guerre ou l'exil, la mort ou l'esclavage

(BARTHÉLÉMY. Voyage d'Anacharsis.)

EXPLICATION DB QUELQUES MOTS

Arcadie, Élide, anciennes provinces du Péloponèse.

Taygète, chaîne de montagnes du Pëloponèse dans les gouffres de laquelle les Lacédémoniens précipitaient les enfants atteints d'un vice de conformation.

Laconie, ancienne province de la Grèce. Elle renfermait de magnifiques forêts et des carrières do marbre. Les trois guerres que la Messénie soutint contre Sparte durèrent de 744 à 457 av. J.-C. A cette époque, les Messéniens vaincus quittèrent le Pëloponèse. En 370, Épaminondas vainquit les Lacédémoniens à Leuctres, et rappela les Messéniens dans leur patrie.

Hauvion jeune.

EXERCICES FRANÇAIS

(CORRIGÉ

Nota. Au b* 15, dani la r h raie qui . A'*<V)»cA« pat, eic, au lieu de (Jmp ditionntl priunt).

M^.Wmti (Con-

Nous aimons ■k ce qu'on ne nous dérange pas dans nos occupations.'— Aide-loi, le ciel t'aidera. — Quand achèverons-nous la besogne que nous avions commencés f —Toutes les dignités que lu m'as demandées, je le les ai accordées sans peine. — L'enfant prodigue, avouant ses torts, se précipita aux genoux de son père. — Les Titans, voulant escalader loscieùx, «tfa»wrflil montagnes sur montagnes. — Après avoir exhorté ses semblables à la concorde, il faudra prêcher d'exemple. — Après avoir lutté en vain contre la tempête, nous échoua, mes sur la plage. — Nous passâmes par des lieux Wri««de ronces et d'épines. — Quand /aurai suffisamment étudié, j'enseignerai aux autres les connaissances que j'aurai acquises. — Il serait urgent que nous visitassions les lieux où se sont accomplis tous les mystères de notre religion. - N'affiches pas un laisser-aller qui dénoterait une mauvaise éducation.— E (fortes-tons de vous montrer dignes des bontés que I on vou«a témoignées.— Nous hésiterions à marcher sur vos traces, si vous ne nous aviez assuré que vous nous aideriez de vos conseils. — Il serait à craindre que vous n'arrivassiez pas assez tôt pour assister à la cérémonie. — Nous avons rencontré de braves gens qui is ont proposé de nous donner l'hospitalité. — Les soldats ont manœuvré avec une assurance qui a déconcerté l'ennemi, et ils n'ont pas tardé à se rendre maîtres des défenses avancées de la place. — Quand j'eus terminé ma besogne, allai me promener dans la campagne. — Aimez-vous la muscade, on en a mis partout? — La mer offrit soulevé des flots d'écume qui nous inondaient tout le corps. - Ces élèves oui mérité les récompenses qu'on leur décernera prochainement. — T eusse aimé à trouver en vous une plus grande cordialité. — Le dieu, achevant sa carrière, versait des torrents de lumièresur ses obscurs blasphémateurs. — Si j'avance suivez-moi; si je recule, tuez-moi. — Quand vous aurez accepté ces fonctions, vous vous efforcerez de les remplir dignement. — Les tableaux que nous avons achetés dans celte vente, n'étaient pas aussi précieux que nous avions pensé tout d'abord. — Frappe, mais écoute. — Louons le Seigneur, célébrons ses bienfaits. — Hdtez-vom ; le temps presse, la mort nous enveloppera bientôt de ses ombres. -Nous/iînw* transportés de plaisir quand vous nous annonçâtes que vous viendriez nous visiter. - Travaillez, prenez de la peine, c'est le

fonds qui manque le moins. — Lee antiquités que l'on a exhumées du sein de la terre, ont excité l'admiration de tous ceux qui les ont contemplées. — Après aroir prié Dieu, on se sent tout réconforté. — Après avoir recouvré notre liberté, nous nous jetâmes à genoux, cl nous remerciâmes Dieu de la faveur qu'il nous avait accordée. — Nous panâmes les déserts, mais nous n'y bûmes point. — Écoutez les plaintes des malheureux, et tâches d'y faire droit. — Quand vous aurez terminé votre devoir, vous me le montrerez et je le corrigerai. — Quand vous aurez rencontré l'homme quo nous cherchons. vous nous le manderez.— Sans doute qu'après avoir chassé tout le jour, vos amis ouro* apporté beaucoup de gibier. — Il serait à craindre que nous n'eussions essuyé un grave échec. — Les cloches sonnent à toutes volées, conviant les fidèles à la prière.

Uauvion jeune.

PREMIERS EXERCICES DE STYLE

Vieux français & rajeunir.

pouhquot est dicte pantagruelion, et des

Al

Par ces manières (exceptez la fabuleuse ; car d< fable ia Dieu no playse que usions en ceste tan) véritable liystoire), est dicte Iherbe Pantagruelion Car Pantagruel feut dycelle inuenteur: ie ne (U pas quant a la plante, mais quant a ung certai usaige. lequel plus est abhorré et hay des larronplus leur est contraire et ennemy que nest I. teigne et cuscute on lin ; que le rouseau a la fou gère, quo le presle aux fuulcheurs, que orobanch< aux poys chiches, egylops a lorge, securidaca au? lentilles, entranium aux febues, lyuraye on fro ment, lo lierre aux murailles: quo nest la ferulc e le boullas aux escholliers de Nauarre, que nest l> chou a la vigne, loignon a la veue, lumbre de il aux durmans dessoubz, le aconilo aux pardz ei loupz, le flair du figuier aux taureaulx indignez, ciguë aux oizons, le pourpié aux dens, Ihuyle au> arbres. Car maintz dyceulx auons veu par U> usaige flner leur vie hault et court ; a lexemplc d Bonosus, empereur de Romme ; Arachné, Acheus roy de Lydie, et aultres : do ce scullement indi gnez que, sans estre autrement malades, par I. Pantagruelion on leur oppiloyt les conduietz pa lesquelz sortent les bons molz et entrent les bot» morceaulx, plus villainement que no fcroyl la mal» angine, et mortelle squinanco.

Aultres auons ouyz, sus linslant que Alropo* leur CQuppoyt le filet de vie, soy griefugment coin-

plaignans et lamentans de ce que Pantagruel le lenoyt a la guorge. Mais (las) ce nesloyl mye luy. I ne feut oneques rouart ; cestoyt Pantagruelion, faisant oflke de hart, et leur servant de cornette. Et parloyent improprement et en solécisme. Sinon que on les excusas! par figure synecdochicque, prenens linuention pour linuenteur. Comme on >rcnd Ceres pour pain, Bacchus pour vin. Je vous iure icy, par les bons motz qui sont dedans cesto bouteille la qui refraischit dedans ce bac, que lo noble Pantagruel ne print oneques a la guorge, sinon ceulx qui sont negligena de obuier a la soif imminente.

Aultrement est dicte Pantagruelion par similitude. Car Pantagruel, naissant on monde, estoyt autant grand que Iherbe dont ie vous parle, et en feut prinse la mesure aysement, veu que il nasquit en temps de altération, lorsquo on cueille ladicte herbe, et que le chien de Icarus, par les aboys que il faict on soleil, rend tout le monde troglodyte, et contrainct habiter es caues et lieux substerrains.

Aultrement est dicte Pantagruelion par ses vertuz et singulariw>z. Car, comme Pantagruel a esto (idée et exemplaire de toute ioyeuse perfection, aussy en Pantagruelion ie recongnoy tant de verluz, tant denergie. tant de perfections, tant deffe>cUo admirables quo, si elle eust este en ses qualilez congneue lors que les arbres (par la relation lu prophète) feirent élection dung roy de boys pour les régir et dominer, elle sans doubte eut mpourlé la pluralité des voix et sutTraiges. Diray e plus? Si Oxylus, filz de Orius en eust esté Je -ère, plus en la seulle valeur dycelle se feust del'cté que en tous ses huycl enfants tant célébrez or nos mythologes, qui ont leurs noms miz en n memoyre éternelle. La fille aisneo eut nom Vigne, le filz puysné oui nom Figuier; laultre, Noyer; laultre, Chesne; laultre, Cormier; laultre, Kenabreguc; laultre, Peuplier; le dernier ouf nom Ulmeau, et fout grand chirurgien en son temps.

le laisse a vous dire commept le ius dycelle, •xprimé et instillé dedans les aureilles, tue toute spece de vermine qui y seroyt née par pulrefacion, et tout aultre animal qui dedans seroyt enré. Si dycelluy ius vous mettez dedans ung seilcau deaue, eoubdain vous voirrez leaue prinse, comme *i faussent caillebotcs, tant est grande sa vertus. Et est leaue ainsi caillée remède présent tux ebouaulx colicqueux, et qui tyrent des flans. La racyne dycelle, cuyele on eaue, remollit les nerfz retirez, les ioinclures contractes, Ie3 podagres scirrhoticques, et les gouttes nouées. SI promptement voulez guarir une bruslure, soyt deaue, soyt do feu, appliquez y du Pantagruelion crud, c'est a dire tel que il naist do terre, sans aullre appareil no composition. Et ayez osguard

I/ENCTCLOPÉDîM bfeS ÉCOLE*

de le changer Ainsi que lé voyrrex desseichant sus le mal.

(Rabelais.)

EXPLICATION DE QUELQUES MOTS

Hay, pour haï, détesté.

Cuscute, plante parasite. Elle ne pousse que de longs Glets qui s'attachent aux corps voisins, et plus particulièrement au lin et à la luzerne.

Orobanche , plante parasite funeste à plusieurs légumineuses.

Egylo/a, sorte de graminée.

Securidaca, plante appelée vulgairement fève de loupi et très-nuisible aux lentilles.

Bouilas, pour bouleau, arbre dont on emploie les petites branches pour Taire des verges.

Aeonite, plante vénéneuse de la fumille des reuoncirlacées.

Pardi, dérivé du mol latin pardus, léopard.

Pourpiè, pour jiourpier, herbe dont une espèce est mangée en salade.

Finer, pour finir, achever.

Bonotus, lieutenant de Probus dans la Gaule. S'étant fait proclamer César en 280, il fut défait et œ pondit à Cologne.

Arachnt, fille didmon. Elle dt;fia Minerve dans l'art de tisser. Minerve lavant frappée do sa navette, Arachné se pendit de désespoir et fut changée en araignée.

Oppilout, du verbe oppiler, boucher, obstruer, fe^ner.

Mal*, c'est-à-dire mauvaise, mol dérivé du latin nia/ut.

Sqmnance, esquinancie.

Mue, pas.

Rouart, c'est-à-dire qui roue, bourreau.

Hart, lien de fagot, cl, par cxlension, corde, licol. Sut poine de la hart , signiûait sous peine d'être pendu.

Cornette, sorte de coiffure que portaient les anciens magistrats. Ils lui faisaient faire plusieurs tours sur la tète et finirent par la rouler autour du col. C'est à cet usage que Rabelais fait ici allusion. Par plaisanlerio on appelait cornette de chanvre la corde avec laquelle on pendait les criminels. Ce fut précisément sous le règne de François I«r, c'esl-à-dire à l'époque où vivait Rabelais, que l'on commença à employer la corde pour cet usage. Auparavant on se servait de harts.

Sunecdockkqu*, de synecdoque, tynecdotha, mot qui signifie proprement compréhension. On désigne sous ce nom une figure de rhétorique qui consiste à prendre la partie pour le tout et inversement, ou bien l'invention pour l'inventeur. Jcanu, Icare, fils de Dédale. 11 s'échappa du la-

byrinthe de Crète où il était prisonnier. Pour prendre la fuite, il s'était servi d'ailes attachées à ses épaules avec de la cire. S'étanl élevé trop haut dans les airs, la cire se fondit et il tombé dans (a mer. Son chien, dont parte Rabelais, aboyait après le soleil parce qu'il voyait dans cet aslre la cause de la mort de son maître.

Troglodyte, péuple qui liabite dans dès cavernes BOUterraihes.

Fenabreguc, nom donné en Languedoc à l'alisier.

Vlmeau, de ulmus, orme.

Instillé, c'est-à-dire injecté.

Seiltean, poof*5eau.

Voirrez, pour verrez. Celte forme est encore employée aujourd'hui par le peuple.

Prinse, pour prise.

Caillebotes, caillebolte, masse do lait caillé. Vertus, ce mot prenait autrefois un s au singulier à cause de son élymnlogic latine virtus. Contractes, contractées, resserrées.

Pmlagrr, qui a la goutte aux pieds.

Srin/ioticf/ae, squirreux, qui a un squirre, tumeur de la nature du cancer.

Crud, cru, le d provient de l'élymologie latine

Esgxtartl, égard, c'est-à-dire soin.

Voyrrez, prend ici un y, tandis quo plus haut il s'écrivait avec un i. La langue, à ceWe éçoque, laissait beaucoup d'arbitraire dans l'orthographe lies mois.

Hauvion jeune.

VERS A MKTTUE EN PROSE

Les catacombes de Rome.

(Suite.)

Il marche, il en* eneorc tout cette voûte sombre,

El le flambeau mourant tome et l'éteint dit» l'utnbro.

Il garnit; toutefois, d'un touOle haletant,

!..• flaml rnu ranimé se rallume a l'instant.

V»iu espoir! p»r le feu U lire conaumée,

Par degré» s'abaitsanlsur la mèche enflammée,

Atteint ta main souffrante, el de tes doigta vaincu a

I es nerfs découragé» n« la soutiennent plu» :

De ton bras .léfailLint enfin la torche tombe,

El »c» de nier» rayon» ont éclairé ta tombe.

L'infortuné déjà voit cent spectres hldeni;

Le Délire Im niant, le l>r*e»p.>ir affreux,

La Mort. . . non cette Mort qui pUlt à la victoire,

Qui vole axer la foudre, et i|iie pare la gloire;

M;m U nie, mais horrible, et traînant par la main

La faim qui »e déchire cl se ronge le sein.

Son sang, a ce» penser», t'arrête dam art veine».

Et quels regrets tonihaut» viennent aigrir te» peine» t

Se» pareil», se* anus, qu'il ne reverra plu»,

Kl te» noMo» travaux qu'il lm*a »ut|>eiiilus;

Ce» travauv qm detaleni illustrer sa mémoire.

Et celle dout l'amour, celle dont le souris

Put «en plu» iloui cl<>fle et sou plus digno prit !

(Quelque* pleur» de tes y«u\ coulent à celte image,

Vene*.p«r le rctprel. et icçhé» parla r«ge.

Cepcudaut iles^re; il pente quelquefois

Knlrevoir de» eliutei, distinguer que Voit.

Il regarde, il «coule. . . Ileht .' daiu l'ombre immense

Il ne volt qao 1» nuit, n'culctid que le silence,

Et k tllcac* ajoute encore a si terreur.

Deluxe, l'Imagination.

HISTOIRE DE FRANCE

Après huit années d'une gnerreacharnéo cl sans merci, la Gaule était épuisée et soumise. Cette grande nation des Kintris avait perdu ce ciu'elle chérissait le plus au monde, sa UberU'. Les plus vaillants chefe des Celtes étaient ou morts ou réduits en esclavage. Le dernier général de la Gaule indépendante, Vercingélorix, chargé de fers, attendait, dans des cachots humides et sombres que Céstr voulut hien le traîner derrière son char do triomphe pour de là le livrerait hourreau. Un linceul semblait envelopper la Gaule do toutes parts. Les échos des forêts ne redisaient pins les chants des bardes. Les druides, traqués comme des hèles fauves, accomplissaient leurs sacrifices dans les lieux les plus retirés des bois et loin du regard des vainqueurs. Le Gaulois cultivait pour le compte du colon romain le champ qui naguère le nourrissait, lui et les siens, et lorsque, le soir venu, il regagnait, triste et silencieux, le toit qui abritait sa famille, il ne trouvait plus assise au foyer domestique celte gaieté naïve et simple, apanage des peuples à demi sauvages. L'abattement le plus complet avait fait place à ce courage surhumain qui avait toujours distingué nos pères et les avait rendus redoutables à tous les autres peuples. Cependant César, loin d'écraser la Gaule par des impôts onéreux, cherchait à cicatriser les plaies profondes et encore saignantes qu'il lui avait faites. Il faisait ious ses efforts pour ramener à lui celle race généreuse qui avait dérendu si vaillamment sa liberté. César voulait s'attacher les Gaulois afin de recruter parmi eux une armée sur laquelle il pût compter et qui le mil à même do vaincre ses rivaux el d'imposer sa volonté à sa propre pairie.

Afin de pouvoir tenir la, Gaule sous sa domination, il Ot percer les antiques forât s qui couvraient le sol, de longues voies romaines qui sillonnaient le pays dans loules les directions el établissaient do faciles communications entre les différents postes mililairrs placés dans les villes ou dans des lieux forlillés. Il divisa la Gaule eu quatre grandes provinces, sans consigner aux diffifcentstëliplei te limites de leurs anciens lerri-

oires, faisant disparaître ainsi leurs vieilles telaions et des souvenirs qui leur étaient chers 'omrné se rattachant à une autre époque. Les quare provinces qu'il établit furent : l'ancienne S'arbonnaise, qui s'étendait sur les bords du golfe Ues Gaules (golfe de Lyon); l'Aquitaine renfermant les terres comprises entre la Loire et l'océan Atlantique ; la Celtique, limitée par la Loire, la ino et la Marne; enfin la Belgique qui s'étendit ur le reste do la Gaule. Les trois dernières do es provinces forent désignée* sous la dénomination commune do G allia, romain, Gaule checelur, parce que les habitants de ces contrées portaient les cheveux longs, tandis que les Romains les portaient courts. Puis César réduisit à soixante le nombre «les peuplades qui existaient avant la conquête. Chacune de ces soixante divisions forma une cité qui s'administra elle-même et qui était responsable des désosdres commis sur son territoire. Il imposa à la Gaulo entière un impôt qu'il appela soide militaire, afin de no pas blesser IV mour-propre des populations sur lesquelles il pesait. Cet impôt s'élevait à quarante millions do seslerces (huit millions deux cent mille francs do notre monnaie). César admit les Celtes dans les rangs de son armée et eut une légion exclusivement formée de Gaulois armés à la romaine. Co corps ne se distinguait des autres légions qu'en co que lo casque était surmonté d'une alouette aux ailes étendues. Di^ne à tous égards du symbole qu'elle portait, celte légion reçut le nom de l'Alouette, et s'acquit bientôt, grâce à ses exploits, une grande renommée. Elle passa le Rubicon avec César et se jeta avec fureur sur les riehes cités de l'Italie qu'elle ravagea, vengeant ainsi les désastres de sa patrie. Elle entra dans Rome et eut uno largo part du trésor que le sénat de cette ville avait amassé dans le temple de Saturne depuis la prise de Rome par Rrennus, en prévision d'une nouvelle attaque des Gaulois. César, pour récompenser les légionnaires de l'Alouette el pour se les attacher davantage, leur décerna le litre, très-recherché alors, de citoyens romains; plusieurs de leurs chefs furent même admis à siéger au sénat à côté des descendants des plus illustres membres du patriciat. On voit que César chercha par tous les moyens possibles à so concilier l'osprit des Gaulois; aussi n'eut-il à réprimer aucun soulèvement de leur part. Il porta cependant ses armes contre Marseille, qui a\ait embrassé lo parti de Pompée. Cette antique colonie phocéenne, fidèle alliée do Rome jusqu'à celle époque, tomba sous la domination du vainqueur des Gaules, après un siège, aussi long quo meurtrier (qua-

rante neuf avant Jésus-Christ).

HÀbvtoN aillé.

PROBLEMES D'ARITHMÉTIQUE

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