‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 270 sur 270 · X BC · texte numérisé non relu

X BC

donc on aura la proportion : -j- = -^r. D'où l'on

tire : BC — ~. Cette valeur montre que BC est la moitié du volume AC, et que, par suite, AB en est l'autre moitié. Pour achever de graduer l'instrument, on écrit J0 au point A, 10 au point B, et on partage, comme précédemment, la partie AB en 10 parties égales. H est évident que la

la densité

parlie BC non divisée contient aussi 10 de ces parlies égales.

Voici maintenant ce que l'on doit faire pour obtenir, au moyen do l'appareil que l'on vient de graduer, la densité d'un liquide plus lourd que l'eau. On prend pour unité de volume une des parties qui ont été marquées sur l'aréomètre, et on plonge cet instrument dans le liquide dont on cherche la densité. Supposons qu'il y entre jusqu'au numéro t;>; alors on dira : le poids du liquide déplacé par 15 unités de volume vaut le poids de l'eau déplacée par 30 unités ; nous avons donc là deux corps qui ont le même poids, et dont, par conféquent, les densités sont en raison inverso dos volumes. Appelant xla densité que l'on

cherche, on aura la proportion ~ = -~ ; d'où

ni,.

I on tire : x = — ou \ -+- — . Ainsi,

d'un liquide dans lequel s'enfonce l'aréomètre jusqu'à uno certaine division, est mesurée par une fraction ayant 20 pour numérateur constant, et dont le dénominateur est égal au numéro de la di vision qui se trouve au niveau du liquide.

Remarque. — Un aréomètre, gradué comme le précédent, ne peut servir à déterminer les densi tés des liquides qu'entre les nombres 1 et 2; si l'on avait pris pour graduer l'appareil un second liquide 3 fois plus lourd que Veuu, il aurait pu ser vir pour loua les liquides dont lo« densités se trouvent entre 1 et 3. et ainsi de suite.

2° Cas. La tige de l'aréomètre a une forme quelconque. — Comme il est à peu près impossible d construire une tige parfaitement cylindrique, la méthode exposée dans le premier cas ne peut éire exacte qu'en théorie ; il faut donc trouver un autre mode de graduation complètement indépendant de la forme de la tige. Ici, il y aura encore à distinguer les aréomètres destinés aux liquides plus légers que l'eau, et ceux qui devront servir pour les liquides plus denses que ce dernier corps. Voici do quelle manière pourront être graduées ces deux sortes d'aréomètres.

Graduation des aréomètres destines aux liquides plus légers que Veau. — On prend l'un de ces aréomètres (11g 6), et on le plonge dans l'eau distillée, en ayant soin de faire en sorte qu'il ne s'y enfonce que jusqu'au point A, c'est-à-dire jusqu'à la naissance de la lige. On pourra toujours atteindre ce résultat en versant dans la boule C line quantité suffisante de mercure. Soit P le poids do l'aréomètre et du mercure qo'il contient lorsqu'il enfonre jusqu'en A. Au liou de l'immerger dans l'eau pure, si on le plongeait dans un liquide dont la densité

ne fût que -i,il s'y enfoncerait évidemment plus

que dans l'eau, et son niveau atteindrait un cer-

tain point B de la tige, situé au-dessus du point A, mais dont nous ignorons jusqu'à présent la posiion. Or, c'est ce point B que nous allons déterminer, sans avoir besoin do plonger l'aréomètre

lans un liquide dont la densité soit égale à 11 est

évident que si on le voulait, on pourrait faire enfoncer l'aréomètre dans l'eau pure jusqu'au point inconnu B ; il suffirait pour cela d'ajouter du mercure à celui que la boule contient déjj. Soit x le poids du mercure additionnel qui serait nécessaire pour que l'aréomètre enfonçât dans l'eau jusqu'en B. Tout l'appareil pèserait alors P -h x. L'aréomèiro étant plongé avant l'additon du mercure dans le

liquide dont la densité est il y déplacerait un

volume de ce liquide égal à BC. Ce même aréomètre, étant ploqgé dans l'eau distillée après l'addition du poids x de mercure, y déplace un volume d'eau égal encore à BC. Cela étant, le liquide et l'eau déplacés dans ces deux circonstances ont le même volume. Mais quand deux corps ont le même volume, leurs densités sonl proportionnelles à leurs poids, et ici, ces poids sont les poids respectifs P et p 4. x de l'aréomètre pris avant et 8près l'addition du mercure. On peut donc écrire la propor-

lion -= 1 » d'où l'on tire pour la valeur du

quatrième termo : P ■+■ x = î P. En retranchant aux deux membres de cette égalité une môme quantité P, il vient x = P. Cette expression nous apprend que le poidâ du mercure qu'il faudra introduire dans la boule C pour que l'aréomètre s'enfouce jusqu'au point B devra être égal à P. Il sera donc possible de déterminer le point B sans avoir préalablement préparé un liquide dont la densité soit égale à L.

On prouverait do même que pour trouver le point F jusqu'où s'enloucerait l'aréomètre dans un liquide dont la densité égale -^-» il faudrait plonger

l'appareil dans l'eau, en y ajoutant deux fois son poids'eu mercure. On opérerait d'une fayon analogue pour trouver les pointa d'affleurement de l'aréomètre dans des liquides dont les densités seraient respectivement -^-i etc. Quand la

tige de l'aréomètre aura été graduée de la sorte dans toute son étendue, il ne restera plus qu'à enlever le mercure excédant, de manière à le ramener à son poids primitif P. On aura ainsi un appa reil qui donnera immédiatement et »n* calcul aucun, la densité des liquides plus légers que l'eau, dans lesquels on le fera flotter.

Graduation des aréomètres destinés aux liquide» \Aut denw que l'eau. — Pour graduer l'un de ces instrumente, on le plonge d'abord dans l'eau

I/KNCYCLOPIÎDIE DES ÉCOLES

distillée, et l'on fait en sorte qoe sa lige s'y enfonce presque tout entière jusqu'au point A (fig. 7|, par exemple. Ensuite on suppose que Ion plonge l'aréomètre dans un liquide dont la densité soit 2. Il s'y enfoncera moins, et la partie immergée n'atteindra qu'un certain niveau inconnu B qu'il s'agira de déterminer. A cet effet, on remarquera qu'en plongeant l'aréomètre dans l'eau pure, on pourrait faire en sorle qu'il ne s'enfonçât que jusqu'au point B, si l'on diminuait son poids primitif P d'un certain poids t de mercure. Occupons-nous de Imuver le poids x. Pour cela, non? dirons : Si l'on plongeait l'aréomètre ne pesant que son poids pri mitif P dans un liquide dont ln densité fut égale à i,- la partie déplacée de ce liquide équivaudrait au volume de BC et pèserait le poids P. Au contraire, en faisant flotter l'aréomètre diminué d'un poids x de mercure dans l'eau distiDée, il y déplacerait un volume de ce corps qui serait toujours BC, et qui pèserait P — x. Ainsi les liquides déplacés dans ces deux circonstances différentes, auraient respectivement des volumes équivalents à celui de BC. Mais on sait que quand deux corps occupent le même volume, leurs densités sont proportionnelles à leurs poids. Appliquant ici ce théorème, on a la proportion :

On en peut tirer la valeur du moyen P. Cette valeur est :

P = SP — ix.

En ajoutant à la fois aux deux membres la quantité t x, cette dernière égalité se transformera dans la suivante :

P 4- 2jr = îP.

Retranchant des deux membres de celte dernière la quantité commune P, il viendra: 2x = P. D'où l'on conclura : x = y- Ainsi le poids du mercure qu'il faudra retirer de l'aréomélio, afin qu'il s'enfonce jusqu'en U, sera la moitié du poids primitif cl total de cet appareil.

On prouverait de mémo que pour trouver le point F, juoqu'où plongerait l'aréomètre, dans un' liquide dont la densité serait 3, il en faudrait retrancher les deux tiers de son poids primitif; et ainsi de suite. Api es avoir gradué U lige de l'aréomètre de la manière que l'on vient d'expliquer, il n'y aura plus qu'à en enlever l'excédant de mercure, et à le ramener nu poids qu'd avait lorsqu'il s'enfonçait dans l'eau pure jusqu'en A. Il est clair que les nombres 4, 3. 3, etc.. gravés au niveau des points A, B, F, etc., feront connaître sans aucun calcul les densités des divers liquides dans lesquels oo fera flotter l'aréomètre.

Mkrlkttk.

HISTOIRE NATURELLE

BQTASIffB

ÉTUDE nK LA FAMILLE DES LKUUMINKl'SBS.

Levante ensemble des plantes que l'on range dans lit catégorie des iïyumincuses a été partagé par 1rs bolani:-les modernes en trois groupes dont chacun peut être considéré comme une immense famille. Ce sont : i° le groupe des mimeuses ; î° lo groupe des r<r*alpinièet et 3° lo groupe des papilionacées. Bien que les végétaux de ce dernier groupe soient ceux chez lesquels l'organisation de la fl.Mir se trouve la plus irrégulière, comme ils sont abondamment répandus sous notre climat, nous les étudierons tout d'abord, sauf à faire connaître ensuite en quoi ils diffèrent des deux groul>es précédente chez lesquels U loi de symétrie n'a pas reçu d'aussi rudes atteintes.

Nous allons donc nous occuper spécialement des papilionacées, et nous prendrons pour type du groupe une plante connue de tout le monde. Ce sera le pois cultivé. Par la singularité de ses forme*, par la bizarrerie de sa structure, la fleur du pois attire l'attention des personnes les plus étrangères à la botanique. Déjà son port n'est pas analogue à. celui de la plupart des fleurs do nos végétaux indigènes. Tous ses verticilles sont groupés non pas autour d'un axe vertical comme cela a lieu d'ordinaire, mais autour d'un axe parfaitement horizontal. En d'autres termes, la direction de la fleur fait un angle droit avec celle de son pédoncule. Les verticilles sont plus ou moins irréguliers, et l'irrégularité s'accroît à mesure que l'on s'avance de la circonférence au centre. Le calice se compose de cinq sépales, deux supérieur plus grands, et trois inférieurs plus petits. Tous sont soudés ensemble par leur base. Us ne sont libres qu'à leurs parties supérieures, qui apparaissent sous la forme de cinq dents bien distinctes. Ainsi, contrairement a ce que nous avons vu dans les plantes étudiées jusqu'ici, les sépales, au lieu d'être indépendants les uns des autres, sont soudes en tube à leur partie inférieure, et libres seulement à leur pointe. Toutes les fois que cette circonstance se présente, on dit que le calice est vwnosèpale ou mieux ei.corc qu'il est gamosépale. Toute la partie où ont lieu le* soudures constitue ce que l'on nomme le tube calicinal.

Quant à la partie libre des sépales, elle forme, comme on dit, le limbe du calice. Si, à l'aide de ciseaux très-fins, on enlève entièrement ce limbe sans endommager le tube qui lui est contigu, on

aperçoit distinctement le mode d'origine de la corolle. Chacun de ses pélales semble naitro de la paroi intérieure du tube calieinal. En cal-il ainsi réellement ? Cela ne saurait être et l'on explique l'espèce d'illusion dont on est le jouet en disant que les bords du réceptacle se sont développés d une manière exagérée et sont venus s'appliquer comme une sorte de tapisserie ou de doublure sur le pourtour de la paroi interne du tube du calice. C'est donc véritablement sur une portion du réceptacle que sont implantés les pétales. Ces pétales, au nombre de cinq très-irreguliers dans leur formeet de dimensiuus fort inégales, donnent à la corolle un aspect tout a fait insolite. Vue de loin, on la prendrait pour un papillon se reposant sur les sommités de la plante. I)c là le nom depapilionacées attribue à l'ensemble des végétaux qui nous occupent. Les pétilles de la fleur des papilionacées ont reçu des noms particuliers. Celui qui se trouve à la partie supérieure, qui est le plus grand de tous et relevé presque verticalement, E T ( fig. 8) s'appelle (étendard. Les deux pétales latéraux A I qui simulent les ailes d'un papillon sont, vu cette circonstance, désignés sous le nom <ï ailes. Enfin les deux pétales inférieurs, profon dément concaves et légèrement soudés par leurs bords internes, constituent une sorte de nacelle où se trouvent logées les étamines et le pistil. Celte nacelle, CAR, s'appelle la carène. Après qu'on a dé.iouillé lu fleur du pois de sa corolle, or. \oil apparaître (fig. !>) ses parties centrales. L'androcée >e compose de dix cLirninis, cinq courtes et cinq grandes. Ces étamines ne sont pas indépendantes les unes des autres. A l'exception de la supérieure E 1, qui n'a contracté aucune adhérence avec ses voisines, toutes les autres sont soudées ensemble parla partie inférieure de leurs filets que l'on voit se détacher en relief à la surface externe d'une membrane scmi-lransparenlé creusée en forme de gouttière. Un examen attentif de cette membrane démontre que cinq des filets sont plus proéminents que les autres, llsappartiennent aux courtes étamines. Celles-ci alternent avec les pétales auxquels sont opposées les longues étamines. On conclut de là que Pandrocéc n'est pas formé d'un seul verlicille, mais de deux verticilles distincts soumis comme les autres à la loi d'alternance.

D'après le mode de soudure qu'elles ont contracté, les étamines du pois se trouvent partagées en deux paquets ou faisceaux. Le faisceau supérieur ne comprend qu'une élaminc ; le faisceau inférieur en comprend neuf réunies par les parties inférieures de leura filets, de manière à constituer la gouttière dont on a déjà parlé. On exprime celle circonstance du partage des pièces de l'androcée en deux faisceaux en disant que les étamines sont diadtlphes. Celle propriété n'est pas générale chez

les papilionacées. Un certain nombre d'entre elles ont des étamines monadtlphes. 11 faut entendre par là que toutes les étamines , soudées ensemble par les parties inférieures de leurs filets», forment un lube complet dont le pistil occupe l'axe. Lo réunion des étamines en faisceaux plus ou moins nombreux n'est pas un phénomène particulier aux papilionacées. On l'observe encore dans beaucoup de végétaux appartenant à d'autres familles. Quand les étamines présentent trois faisceaux, on les dit triadelphe*. Elles sont polyadelfAes quand elles en ont davantage. Par exemple, les étamines du Parnastia jnilustris, jolie plante qui fait l'ornement des prairies humides, sont triadelphet. Dans la fleur des pois, les étamines ne sont pas rectilignes et horizontales dans toute leur longueur. Aux points où leurs Olets deviennent libres, elles se coudent pour se redresser verticalement. Il y a dans cette forme inusitée une irrégularité dont nous chercherons bientôt à pénétrer la cause. Passons maintenant à l'examen du pistil PI (fig. 40). Sa forme se moule en quelque sorte sur colle des étamines. Il repose sur un support partant du centre du réceptacle. L'ovaire, liès-plal à l'origine, se compose de deux lames qui se sont soudées par leurs bords. Quand on le regarde par transparence à travers la feuille carpellaire qui le constitue, on aperçoit les graines rangées en une file rectiligne à sj partie supérieure. Au delà de l'ovaire se trouve une partie étranglée qui n'est pas autre eboso que le style. Enfin ce six le supporte une lame recourbée dont la face supérieure humide et gluante csl garnie de poils jaunes. C'est le s^gmale ST.

Comme on a pu le reconnaître d'après celte description , le pistil du pois se compose d'un carpelle unique; en r^t-il toujours ainsi pendant toute la durée de l'existence de la fleur? Nullement. Si l'on examine attentivement le boulou lorsqu'il commence à se montrer, on y découvre (feux, trois, et quelquefois n.cmc jusqu'à quairo carpelles. Tous, à l'exceplion d'un seul, ne lardent pas à s'atrophier et à disparaître assez complètement pour qu'on n'en retrouve plus aucun vestige. Ce carpelle devient d'autant plus précieux pour la reproduction de l'espèce, qu'il est unique. Aussi, la nature prend-elle pour le conserver lou- • «es les précautions imaginables. C'est en vue do cette conservation que les étamines se soudent en une gouttière dans laquelle le carpelle survivant trouvera un abri contre les accidents atmosphériques. C'est dans le même but que les pétales inférieurs s'unissent et se creusent pour lui fournir une enveloppe protectrice plus résiliante ; que les ailes se dressent verticalement à droite et à gauche pour le préserver des chocs latéraux ; que l'étendard enfin, se déployant comme une tente ou une voile au haut de la fleur, remplit l'office d'un

L'ENCTCLOPÉDIB DES ÉCOLES

véritable paravent; car il est à noter que la fleur peut tourner au sommet de son pédoncule avec une mobilité telle que la moindre brise la place aussitôt dans la position où l'étendard pourra la protéger plus efficacement. La forme de la fleur que l'on pourrait, jusqu'à un certain point, comparer à celle d'une girouette, rend encore ses mouvements plus f.ciles. Peut-être va-l-on croire que nous venons de retracer non pas l'histoire de la fleur du pois, mais bien plutôt son roman. Il n'en est rien. Une preuve sans réplique vient conllrmer les faits que nous avons avancés. Dans certaines circonstances exceptionnelles, aucun des carpelles qui constituent le pistil du pois ne s'atrophie, tous se développent et parviennent à leur maturité. Alors les étamines négligent de se souder. La corolle reste régulière et symétrique. Aucun de ses pétales n'est plus grand que les autres ni ne s'en distingue {;ar sa forme. On a, en quelque sorte, sous les yeux, une fleur nouvelle. Les botanistes de l'école de de Candolle regardent la symétrie comme l'état originel, primordial, des différents verticilles d'une fleur. Lors donc qu'un accident du genre de celui que nous avons signalé vient à se produire, ils ne crient pas à la monstruosité, ils admettent que la fleur est retournée à son type primitif. Un tel retour donne naissance à ce que l'on nomme une pèlorie, et l'on donne la qualification de ptlorièe à toute plante dont les fleurs, ordinairement irrégulières, deviennent symétriques par accident.

A mesure que le pistil se transforme en fruit, c'est-à-dire à mesure qu'il s'approche de sa maturité, on voit s'y opérer des changements considérables. Les graines grossissent; l'ovaire se gonfle; le stygmale et le style, après s'être atrophiés insensiblement, finissent par se dessécher peu à peu et par disparaître. Le fruit, parvenu à cet état est désigné vulgairemont sous le nom do cotte. Les botanistes l'appellent goutte ou légume. De là le nom de legumineutet donné la famille.

H importe maintenant que nous étudiions en détail l'organisation de l'ovaire et de la graine du pois. La gousse n'est qu'une feuille carpellaire qui s'est pliée le long de sa nervure médiane et dont ' tes bords se sont soudés entre eux de manière à former une cavité close de toutes parts et propre à loger les graines. Le long de chacun des deux bords qui se sont soudés, règne un cordon ou filet blanchâtre appelé placentaire. C'est à ce cordon que les graines sont attachées au moyen de petits filaments nommés funiculet. Les graines sont disposées do telle sorte que celles de l'un des bords alternent avec les graines de l'autre. De la sorte elle no peuvent se gêner mutuellement dans leur développement. Le mode de déliiacence do la gousse du pois est très-simple. Les deux moitiés

ou valve* qui la composent se séparent à la fois de haut en bas, et le long de la nervure médiane, et le long des bords qui portent les placentaires. En môme temps, les funicules se dessèchent et les graines tombent sur le sol.

Les graines, dans leur jeune âge, portent le nom d'orn/r*. Le mot ovule est tiré du latin et signifie petit o>nf. La lig. \ 1 , représente l'ovule du pois considéral>lemeni grossi : F est le cordon qui rattache cet ovule au placentaire. Quand on a détaché le funicule de l'ovule, on aperçoit sur celui-d une cicatrice ovale qui porte le nom de hile. Le hilc a la forme d'une boutonnière. Il est fendu dans toute sa longueur, et cette fente est la bouche par laquelle la graine absorbe les sucs que lui transmet le funicule. Au-dessus du hile on aperçoit un petit trou M d'un vert foncé appelé micropyle, c'est-à-dire petite porte.

Presque tous les botanistes admettent aujourd'hui que c'est par le micropyle que s'introduit le pollen qui va féconder l'ovule. La partie superficielle de l'ovule est généralement formée de deux enveloppes. La plus extérieure, dure et crustacée, s'appelle tenta on tégument externe; la seconde enveloppe, mince et délicate, a reçu le nom de legmen ou tégument interne. En grattant patiemment avec un canif le tégument externe de l'ovule du pois, on parvient à l'user sans déchirer la seconde enveloppe. Si l'on examine attentivement /a surface d'un pois, l'on aperçoit a sa partie inférieure une petite bosse CH où vient se rendre un cordon R qui s'est détaché du placentaire, a traversé le funicule en longeant son bord inférieur, et est venu ramper entre Ie3deux enveloppes de l'ovule. La petite bosse a reçu la dénomination de chalaze et le cordon 11 s'appelle le raphé. La première enveloppe est assez transparente pour laisser apercevoir le rqphé dans tout son parcours. Le raphé finit par se perdre dans l'épaisseur de la chalaze; il y répand les sucs venus du placentaire. Ces sucs suintent ù travers les pores du legmen el parviennent ainsi dans l'intérieur de l'ovule où ils servent à nourrir l'embryon.

Imaginons quo l'ovule des pois ait été débarrassé de ses deux enveloppes. En en pressant légèrement la surface, on pourra facilement le séparer en deux moitiés C et C ;fig. M). Chacune de ces moitiés s'appelle un cotylédon (du grec cotylè, écuelle). Lo cotylédon C porte le long de son bord interne une espèce de petite crosse E que les botanistes appellent V embryon ou la plantule. C'est celte partie de l'ovule qui est destiné à devenir un végétal semblable en tout à la plante mère. L'embryon ou plantule n'est pas autre chose que la plante en miniature. On y distingue trois parties : 1« la t'ujelle T qui en est le corps et qui formera la lige de la nouvelle .plan le ; î° la radicule tt ou

extrémité inférieure, do forme conique et à demi transparente.

Après que la graine aura été semée, la radicule se dirigera ver* l'intérieur du sol el produira la racine; 3» la gemmule G, partie recourbée de la crosse ; elle est formée du petilos écailles blanchâtres qui, en se développant, se mélamarphoseront en feuilles el seront les premières que l'on verra poindre sur la nouvelle plante. L'autre cotylédon C eA creusé d'une dépression D destinée ù recevoir la gemmule de l'embryon. Dans toutes les plantes, les cotylédons sont de véritables feuilles. Ils oui reçu le nom de feuilles ttiminalea. Tantôt ces feuille» sont charnues, farineuses el excessivement épaisses comme dans le pois ; files servent alors a nourrir la plantule au moment où celle-ci commence à s'accroître par l'effet de la germination. Tantôt, au contraire, les colvlédons sont trèsminces et offrent à leur surface des nervures parfaitement caractérisées. Tels sont, par exemple, ceux du ricin elde la uoix comt</ur. Comme, dans ce cas, ils sont impropres à la nutrition do la plantule, la graine contient un troisième corps destiné à fournir les sucs nécessaires au développement du nouveau végétal. Ce troisième corps est V albumen.

D'après ce qui précède, il c«l évident que l'albumen manque dans la graine du pois. Il est intéressant de se demander à quels points de l'envcloppn extérieure de l'ovule correspondent la radicule el l&sgemmule. Il y a là-dessus une règle qui nu souffre guère d'exception : La gemmule est dirigée vers la ehalaze el la radicule correspond au micropyle. Bien que les dimensions des cotylédons surpassent énormément celles de l'embryon, ils ne sont pas moins des dépendances de ce dernier, auquel ils se trouvent attachés un peu au-dessus de la radicule. Si on vient à les arracher, ils laissent sur la ligelle une cicatrice qui a la forme d'un arc de cercle. C'est du moins ce qui a lieu pour les graines qui |K>ssèdent deux cotylédons. Il importe, en effet, do remarquer que dans beaucoup de plantes, l'ovule ne contient qu'un seul cotylédon. Dans ce cas, celui-ci coiffe ou enveloppe complètement la planluie, et, quand on l'en détache, il laisse uno cicatrice qui est un cerclo complet.

Les plantes diffèrent dans tous les points de leur organisation suivant que leurs ovules renferment un seul cotylédon ou en contiennent deux. Dans le premier cas, elles sont dites monocotylèdones; dans le second, on les appelle dicotylédones. La géologie a établi d'une façon péremptoire que les végétaux monocotylédones ont fait leur apparition sur la terre bien avant les plantes dicotylédones. Celles-ci, du reste, sonl beaucoup plus parfaites que Ie3 plantes monocotylédones, el d'une structure inûminent plus compliquée. Nous

avons déjà dit un mot touchant la différence qui existe ontre les feuilles des végétaux monocotylédones et celles des dicotylédones. Nous ajouterons encore une remarque : c'est le nombre trois qui domine dans la cooqiosilion des différents verticales do la tleur des monocotylédones. Au contraire, dans la fleur des dicotylédones, chacun des verliulles est composé de cinq pièces. Par exemple, dans la fleur de l ira, qui est un végétal mo* nocolylédooe, il y a un calice composé de trois sépales, une corolle de trois pétales, trois élamines et trois carpelles. Au contraire, la fleur du pois possède un calice de cinq sépales,, une corolle do cinq pétales, deux rangées d'élamines de cinq pièces chacune.

Lorsque, par hasard, ce n'est pas le nombre trois qui domine dans la composition des verticilles des monocotylédones, c'est au moins un multiple de trois. Il est facile de vérifier celte assertion en considérant la fleur du blutome ou jonc fleuri. Semblablement, quand ce n'est pas le nom» |bre cinq qui domine dans la composition des verticales d'une plante dicoiylédone, c'est au moins l'un de ses multiples. Pourtant il y a ici plus d'exceptions que pour les végétaux monocotylédones. La plupart de ces exceptions s'expliquent par des avortements qui réduisent le nombre des pièces des verlicilles.

En résumé, quand une graine est aussi conv plèle que possible, elle se compose de trois parties, savoir : un embryon, muni d'un ou de deux cotylédons; un albumen el des téguments, ordinairement au nombre do deux, mais qui parfois peuvent se réduire à un seul, comme cela se voit dans le gui, par exemple.

Mkulbttb et Hauvion aîné.

TECHNOLOGIE

SUITE DES CRRÉALES.

Préparation des semences. — Avant d'être con . fiées ù la terre, les graines des céréales, celles du blé particulièrement doivent être soumises à deux opérations préparatoires qui sont le criblage et le hallage.

Du criblage. Le criblage a pour but de séparer du blé qui doit ôtro employé comme semence les graines étrangères qu'il contient presque toujours, et, en outro, tous les grains de blé trop maigres el trop chélifs pour qu'ils puissent donner de beaux produits. A peine le bléa-t-Hété1

battu, qu'on a l'habitude do lui donner un premier criblage, en le faisant passer dans un appareil connu de tout le monde» sou* le nom de tarare. Mais celle opération ne suffirait pas pour amener la semence à l'état où elle doit so trouver au moment de la répandre sur le sol. Elle doit subir un nettoyage beaucoup plus complet. C'est à quoi l'on parvient a l'aide do divers instruments plus ou moins dispendieux et dans le détail desquels noua n'entrerons pas. Nous nous bornerons seulement à dire quelques mots de l'appareil connu sous le nom de crible cylindrique. C'est un cAne tronqué pouvant tourner autour d'un axe incliné situé à une certaine distance au-dessus du sol. La manivelle qui met la machine en mouvement est adaptée à l'extrémité la plus élevée de l'axe. Le grain est d'abord introduit dans une trémie disposée tout près de la manivelle. Un tuyau étroit et incliné l'amène de là dans le cylindre. Les parois de ce cylindre sont formées de fils de fer entrelacés dont les mailles sont plus ou moins grandes dans les diverses parties de l'appareil.* Dans le tiers supérieur, les fils de fer sont trèsrapprochés les uns des autres. Ils ne laissent passer que les grains de très-petite dimension. Dans le second tiers, ils sont déjà plus écartés et laissent tomber des grains plus gros. Enfin, dans le tiers inférieur, l'intervalle qui se trouve entre les fils est plus considérable encore, et les plus beaux grains peuvent passer à travers le tissu métallique. Des cloisons ou écrans en planches qui descendent de la macliine jusqu'au sol séparent les uns des autres les grains do calibres différents, à mesure qu'ils s'échappent du cylindre. Il suffit d'une femme ou d'un enfant pour imprimer à celui-ci un mouvement de rotation grâce auquel les grains, transportés dans le sens de la longueur du cylindre, viennent en sortir précisément à l'endroil où les fils de fer sont assez distants pour les laisser passer. On obtient de très-bons résultats en employant le crible cylindrique. Il permet de nettoyer jusqu'à trois hectolitres de blé par heure, et son prix n'est que de 25 Ir.

Du chantage — Le ebaulage a pour but d'environner les semences d'une couche de matière propre à détruire les germes de la maladie connue sous le nom de carie, et à éloigner les insectes qui tenteraient d'attaquer les graines dans la terre avant leur germination. Ce fut en 1755 que l'agronome Tilltt imagina le premier do pratiquer le chaulage des semences. En 4783, Tessier, autre agronome français, apporta des perfectionnements au procédé que Tillet avait mis en oeuvre. Depuis celte époque uno foule de sub^-Unces onl été prônées tour à lour comme très -efficaces pour le nettoyage cl la bonne conservation des semences. Lee matières les plus recommandées habituelle-

ment, sont : la chaux vive, le sel marin, l'alun, le -ulfatc de soude, le sulfate de cuivre, le vert de gris, le sulfate de zinc, l'acide arsénicux, le réalgar ou sulfure d'arsenic, les urines putréfiées, le purin, la fientn de pigeon, etc. Très-souvent on associe ensemble plusieur s de ces substances. Ainsi on mélange la chaux et le sel, la chaux et l'acide arsénieux l'alun et l'acide nrsénioux, le sulfate de cuivre et lo sel, le sulfate de soude et la chaux. C'est do ce dernier mélange que l'on obtient les résultats les plus satisfaisant*. Il a été proposé, en 1835, par Mathieu de Dombasle, et voici comment l'illustre agronome conseille de le mettre en pratique. Pour un hectolitre de semence on doit employer 640 grammes de sulfate de soude et 2 kilogrammes de chaux caustique en morceaux. On dissout d'abord lo sulfate de soude dans 8 à 9 litres d'eau chaude. En même temps on procode à pari à l'extinction de la chaux. Ce qu'il y a de plus commode pour cela, c'est de placer les pierres île chaux dans une manne ou panier en osier, de plonger le toul dans l'eau et de le retirer sur lechamp. Les pierres de chaux se délitent ensuite d'elles-mêmes en très- peu de temps. Pour opérer le sulfatage du grain, on le met dans un grand baqut l, et pendant qu'un ouvrier le remue continuellement avec une pelle, un autre l'arrose avec la dissolution de sulfate de soude. Il a soin de verser le liquide en quantité telle que le grain soit bien humecté partout sans cependant que la dissolution so trouve en excès. Quand on en est arrivé à ce point, on répond sur le blé la poudre de chaux ot l'on remue la masse jusqu'à ce que tous les grains en soient saupoudrés aussi exactement que possible. L'opération terminé, on relire le grain que l'on dépose dans un des coins de la pièce où l'on s'est placé, et l'on procède de la môme manière au chaulage d'un nouvel hectolitre de semence. Ce travail p*ut se /aire si rapidement qu'une heure suffit pour préparer le froment nécessaire pendant plusieurs jours aux semailles d'une grande exploitation. Le grain, ainsi préparé, peut n'être employé qu'au bout de plusieurs jours. Dans ce cas, il sera bon de lo surveiller, de le remuer do temps en temps, et même de le changer de place si l'on s'on s'aperçoit qu'il s'éi haufle irop. La pratique du chaulage est indispensable dans les pays où les récoltes sont sujettes à être infectées de la carie. C'est un moyen préventif très-puissant contre l'invasion de ce fléau.

Hauvion aîné.

Lt Uirrclevr-Gfrinl,

A. MEHLETTK.

Page 1