‹ L'encyclopédie des écoles, journal de l'enseignement primaire et professionnelChapitre 49 sur 270 · I.NSALIVATION · texte numérisé non relu

I.NSALIVATION

A mesure que les aliments sont déchirés et brovés par les dents, ils s'imbibent d'un liquide bien connu de tout le monde sous le nom de talict. La salive provient de deux sources bien distinctes: 1" des parois intérieures de la bouche, *» d'organes spéciaux ayant pour but d'extraire ce liquide do la masse du sang, et nommés glandes salicairu.

io Salit* provenant des parois de la bouche. Toute la cavité buccale est tapissée d'une sorte de peau très-fine appelée membrano muqueuse, parce qu'elle laisse suinter des pores innombrables dont elle est criblée un liquide visqueux et gluant, qui constitue ce qu'on appelle les mucosités de la bouche. C'est à la surface de cette mombrane muqueuse que se trouvent les orifices des petits or-

ganes qui produisent une partie de la salive. Ce? organes appelés follicules ont la forme d'un tièspetittube fermé à l'une de sesextrémilés et ouvert à l'autre. C'est par celle dernière extrémité* libre que la salive se déverse dans la bouche à mesure qu'elle se produit. Les follicules salis aires sont en très-grand nombre : on en voit à la partie interne des lèvres, sur les parois intérieures des deui joues, sur la langue, à la voûte palaline, ainsi que sur lo voile du palais. Disons en passant quo le voile du palais est une espèce de rideau, mobile 'le bas en haut à la façon des tapisseries qui tenaient autrefois lieu de portes. Il sépare la bouche du pharynx ou arrière-bouche. Il présente à ses quatre coins des espèces de colonnes dont deux sont appelées les piliers antérieurs du voile du palais, et dont les deux autres, à cause de leur position plus enfoncée dans l'arrièrc-bouche, sont désignées sous le nom de piliers postérieurs. De chaque côté de l'isthme du gosier ou outrée du pharynx, il y a donc un pilier antérieur et un pilier postérieur du voile, du palais. De chaque côté aussi, on trouve entre ces deux piliers une petite masse arrondie, de la formo et de la grosseur d'une amande, cl qui, à raison de sa ressemblance avec ce fruit, a reçu le nom (Famygdale, du mot grec amygdalé, qui signifie amande. Chaque amygdale est garnie sur tout son contour d'une trèsgrande quantité de follicules salivaires. Ajoutons que le volume des amygdales vario beaucoup d'un individu à un autre. Tantôt ces corps sont excessivement petits; tantôt ils surpassent de beaucoupen grosseur le volume normal d'une amande. Les personnes qui ont les amygdales très-dé veloppées sont exposées à do fréquents maux de gorge, résultant de l'inflammation de ces organes.

2° Des glandes sulicairet proprement ditet. Avanl d'indiquer la position des différentes sortes de glandes salivaires, nous allons donner une idée générale de leur structure. Vue tout entière au microscope, une glande solivaire présenterait à peu près la forme d'une grappe de raisin. Chaque grain, ou comme on dit encore, chaque aeitius do cette grappe se compose d'une enveloppe fibreuse, c'est-à-dire formée de filaments de chair entrelacés, d'une paroi propre situPe en dedans de l'enveloppe fibreuse, et enfin d'une cavité central»' limitée par la paroi. Cette dernière est constituée par une substance de couleur grisâtre, d'une épaisseur assez considérable relativement, et d'une dureté remarquable. L'enveloppe fibreuse cl la paroi propre do chaque grain sont sillonnées par deartères, des veines et des (ilcls nerveux, qui rampent dans leur épaisseur ou qui les traversent. La paroi de chaque granulation remplit l'office d'un filtre ayant la singulière propriété de séparer du sang contenu dans les vaisseaux adjacents la salive

qui s'y trouve, et de n'en pas séparer autre chose. Une fois isolée des autres éléments du sang, cette salive suinte par les pores dont est criblée la surface interne de la paroi, et remplit peu à peu la cavité centrale de Vnciuus. Celui-ci communique avec un très-petit canal, lequel vient déboucher dans un autre plus gros; ce dernier se rend dans un troisième d'un calibre plus considérable encore, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on arrive à un dernier canal beaucoup plus large que tous les antres. Celui-ci s'ouvre à l'intérieur de la bouche pour y déverser la salive fournie par toutes les granulations. On le nomme canal excréteur de la glande. L'ensemble des canaux d'une glande sali— vaire peut être comparé à la rafle d'une grappe de raisin, dont toutes les parties seraient creusées dans le sens de leur axe. Pour achever de se figurer complètement la glande, il suffit de se représenter à l'esprit toutes les petites granulations qui, à l'instar d'autant de grains de raisin, terminent les branches les plus ténues des canaux abducteurs de la salive.

L'ensemble des glandes salivaires ressemble à une espèce do chaîne qui reproduit assez fidèlement la forme de la mâchoire inférieure. Trois paires de glandes conslituentceltechaJne. Cesonl : 1° la paire des glandes jmrotides; i» la paire des glandes sous-maxillaires; 3» la paire des glande* sublinguales.

Les glandes parotides sont ainsi nommées, parce qu'elles sont placées à côté de l'oreille. Le mot parotide est en effet composé des deux mots grecs, para, à côté, et oûs, génitif, 6los, oreille. Chacune des glandes parotides vient verser la salive qu'elle produit dans l'intérieur de la bouche l>ar un canal excréteur appelé canal excréteur de la glande juirotide ou conduit de Sfënoii.Le conduit do Sténon offre cette particularité curieuse d'avoir des parois relativement très-épaisses et un diamètre très-petit. Il s'ouvre sur la membrane muqueuse de la bouche, à la hauteur du collet de la deuxième grosse molaire de la mâchoire' supérieure, par un orifice dirigé obliquement et ilonl le diamètre n'est que d'un millimètre environ.

I*s glandes sous-maxillaires se- trouvent en dedans de la mâchoire inférieure et dans l'angle i|uc formont par leur soudure les deux branches do celle mâchoire. On les a nommées sous-maxilairtîs, du mot latin mnxilla, mâchoire. Chacune l'ellos cil munie d'un canal excréteur appelé conduit de Wharton. Ce canal, remarquable par la „rrande dimension de son calibre et la minceur de es parois, se dirLe en dedans do la bouche, vers v frein de la langue. Un peu avanl sa terminaison, il s'accole au conduit analogue de la seconde glande sous- maxillaire. Chacun d'eux

s'ouvre par un orifice plus considérable que celui du canal de Sténon.

Les deux glandes sublinguales ont reçu ce nom à cause de la position qu'elles occupent sous les deux côtés de la langue ; ce dernier organe se disant en latin lingua, et la proposition suh, signifiant tous, au-dessous de. Chaque glande sublinguale possède quatre ou cinq canaux excréteurs, dont les orifices sont situés en avant de la partie su|>érieurc de la glande correspondante.

Les follicules salivaires, ainsi que les diverses glandes qui viennent d'être décrites, ne sécrètent pas des salives identiques. Les follicules qui s'ouvrent sur la surface interne des parois de i«i bouche, donnent une salive toujours visqueuse, soit qu'on la considère nu moment de sa formation, soit qu'on l'examine à sa sortie des follicules. La salive qu'élaborent les glandes parotides est fluide et limpide comme de l'eau, non-seulement quand elle sort du conduit de Sténon , mais encore après son refroidissement. La salive des glandes sous- maxillaires ressemble à celle des parolkles, quand elle sort du conduit de Wharton; mais après le refroidissement, elle est devenue extrêmement visqueuse. Enfin , la salive sublinguale est toujours visqueuse, quel que soit le moment où on la considère. Du mélange de toutes les salives simples dont il a été question cidessus, résulte une salive mixte, communément désignée sous le nom de salive buccale. La salive buccale est un liquide limpide.un peu visqueux et moussant légèrmenl quand on l'agite. Sa densité surpasse un tant soit peu celle de l'eau.

Comjmition chimique de la salice. — Dix mille parties de salive contiennent environ neuf mille neuf cents parties d'eau et cent parties de matières solides. Sur les cent parties de matières solides, il y en a quarante composées de substances minérales; les soixante autres sont de nature animale, l'armi les substances minérales qu'on trouve dissoutes dans la salive, citons seulement le carbonate de soude, le carbonate do potasse, le chlorure de sodium, le chlorure de potassium, des sels ammoniacaux, le phosphate do chaux, le phosphate de soude, des lactates do potasse et de soude, du cyarmsulfure de potassium, et enfin une petite quantité de soudo libre. Celto énuméralion des principales substances minérale? tenues en dissolution par la salive, fait pressentir que ce liquide doit avoir une réaction alcaline ou basique. C'c-t en effet ce qui a lieu. En chimie, on dit qu'un corps a une réaction nicotine, quand il possède la propriété de ramener au bleu la teinture de tournesol préalablement roupie par un acide.

Les substances de nature animale contenues dansla&ilive, sont l« une matière nommée murns. à laquelle la salive doit sa viscosité; ï* do l'osma-

zôme; 3« une huile phosphorée; 4° de la plyaline ou diaslase animale. Cette dernière matière est ce que l'on nomme un ferment. Cela veut dire que, mise en contact avec certaines substances, elle détermine, sans rien leur céder ni rien leur emprunter, leur décomposition en matières moins complexes.

Râle de ta satire dans le phénomène de la digestion. — La salive joue deux rôles principaux dans t'acio de la digestion : savoir, uu rôle mécam<\\» cl un rôle, chimique. Considérée comme a%WV^ mécanique, la salive a pour but d'aider à la mastication et à la déglutition des aliments. En tant qu'agent chimique, elle est surtout efficace par Jo ferment qu'elle contient, c'est-à-dire par la ptvaline ou diaslase animale. Celle substance a en effet la propriété de rendre soluble la féculoquj fait partie de nos aliments, et do lui faire ?ubir coup sur coup deux modifications importantes. D'abord, la plyaline transforme la fécule en une substance do composition identique nommée dertrim; qui a l'aspect de la gomme arabique, et qui diffère de la fécule par un point important, à savoir, par sa solubilité dans l'eau. C'est une propriété dont ne jouissent pas les aliments féculents. Une fois la fécule changée en dextrine, la diastase animale continuant encore son action sur cette même dextrine, ne tarde pas à la métamorphoser en une substance soluble dans l'eau, d'une saveur sucrée et immédiatement assimilable, c'est-à-dire capable de devenir tout de suito et sans aucun changement ultérieur, partie intégrante du corps des animaux. Le produit do cette réaction finalo est désigne sous le nom de glucose ou sucre de raisin.

Meulette.

VARIÉTÉS

COURS ÉLÉMENTAIRE D'ARCHÉOLOGIE N VTIO.VALE

Allées concertes ou grottes aux fées. — On appelle ajlées couvertes, grottes aux fées ou coffres de pierre, de grandes loges ou galeries formées de deux rangées de pierres brutes, verticales et adjacentes, qui en supportent d'autres horizontales. Celles-ci recouvrent les premières à fa m»» n.ère d'un toit. Les allées couvertes ont donc l'aspect de grands corridors plus ou moins étroits. C'est dire assez qu'il existe une ressemblance frappante entre ces monuments et les grands dolmens. Cela étant, comment distinguer les grands dolmens des ailées couvertes? La chose parait difficile. Quant a nous, nous considérerons comme des allées couvertes les constructions analogues à celles dont il vionl d'être parlé, toutes les fois qu'elles auront au moins de sept à huit mètres

de longueur. Le plus souvent, les deux rangées de pierres verticales qui supportent le loit des allées couvertes ne sont point parallèles : elles sont plus écartées ù l'une des deux extrémités qu'à l'autre. Quelquefois encore les allées couverte* offrent l'aspect d'un long corridor terminé par une sorte d'appartement semi-circulaire ou carré, présentant des dimensions assez considérables. Il n'est pas rare de rencontrer des allées couvertes partagées intérieurement en deux ou trois pièces par des cloisons composées, comme les murs principaux, d'énormes pierres brutes verticales. Presque toujours, les allées couvertes sont béantes à l'une de leurs extrémités et fermées à l'autre au moyen d'un énorme bloc de pierre.

Il existe, dans nos départements du Nord et de l'Ouest, un nombre assez considérable d'allées couvertes. L'une des plus remarquables est celle qui se voit au village d'Essé, à 28 kilomètres de Vitré (llle-et- Vilaine). Elle est connue dans le pays sous lo nom de la Roche aux Fées. Sa forme est celle d'un rectangle beaucoup plus long que large; nous l'avons représentée (fig. 13j. Les parois latérales comptent chacune dix-sept pierres implantées dans le sol. Une cloison transversale la partage en deux chambres. La première chambre, située à l'ent rée du monument, a 4«60de longueur sur ^73 de largeur. Elle communique avec la seconde par uue ouverture disposée en forme de porte. La seconde pièce a 1 4»Î5 de long sur 3«n70 de largo à une extrémité, et 3>«40 à l'autre. Elle est divisée dans le sens de sa longueur, sur un do ses côtés seulement, par trois grandes pierres plates qui forment quatre cellules ou alcôves. Le toit de tout l'édifice est composé de huit quartiers de roches juxtaposés sans aucun mortier, mais que leur poids rend d'une solidité inébranlable. L'une de ces roche* a G»3î de longueur, 2"i05 d'épaisseur et 2ro70 de largeur; eu qui produit un volume d'environ 33 mètres cubes. En supposant qu'un mètre cube de pierre ne pèse que 5 0O0 kilogrammes, c'est donc un poids de 175,000 kilog. au moins que les Gaulois ont eu à transporter jusqu'au lieu où il devait être employé, et à soulever ensuite à une hauteur qui dépassait la taille d'un homme. Que d'efforts n'a-t-il point fallu pour arriver à ce résultat! quo de diflicultés à vaincre pour des gens qui ignoraient les plus simples inventions de la mécanique! Ne devaient-iis point être mus par des motifs bien puissants pour se condamner à de semblables travaux? Et cependant ces motif» nous échappent aujourd'hui; il nous est absolument impossible de deviner dans quel but les allées couvertes ont été construites. Du reste, c'est un fait digne de remarque que César n'ait parlé, en aucun endroit de ses Commentaires, des monuments druidiques qui couvraient

alors le sol de la Gaule. Les autres écrivains, soit latins, soit g ecs, qui se sont occupés de nos ancêtres et ont parlé d'eux avec une admiration qui montre assez combien leur curiosité était surexcitée, n'ont pas été plus explicites à ce sujet que le conquérant romain. Celte absence de témoignages positifs nous réduit donc aux conjectures les plus hasardeuses dans tout ce qui a rapport à l'archéologie gauloise.

Il existe aux environs de Dagneux, et tout près de Saumur, une allée couverte de même forme que celle de la Roche d'Essé. Elle offre des proportions plus colossales encore : elle n'a pas moins de 20 mètres de longueur sur une largeur de près de 7 mètres. Sa hauteur est de 3 mètres. Quatre énormes blocs de grès posés verticalement et contigus les uns aux autres composent chacune de ses deux parois latérales. Lo toit n'est formé que de quatre pierres, dont la plus grande a près de 8 mètres de longueur sur 7 de largeur. Une roche énorme la ferme à l'une de ses extrémités. L'autre extrémité est ouverte et tient lieu de porte. Elle est seulement rélrécie au moyen d une pierre de moindre dimension que les autres.

Enfin, M. de Fréminville, qui a étudié avec beaucoup do soin tous les monuments celtiques delà Bretagne, parlo d'une allée couverte, située dans le golfe du Morbihan, et encore plus longue quo les prôcéuYnleg. « Co monument, dit- il, a l'apparence d'une longue galerie , arquée vers l'une de ses extrémités, et formée de deux rangs parallèles de pierres verticales , soutenant une plate-forme composée de quatorze pierres plates mises en travers les unes contre les autres, de manière à constituer un plan horizontal. La longueur de cette galerie est de î\ nôtres. On compte quatorze pierres verticales sur chacun des côtés; l'extrémité arquée est ouverte, l'autre est fermée par une pierre plantée sur le champ. Dans l'intérieur, une pierre disposée de môme fait l'office d'une cloison qui forme, vors cette extrémité, une |>etile cellule, d'environ 1n|50 en carré. La hauteur totale de l'édifice, mesurée en dehors, est de prés de 2 mètres »

Il existe encore des allées couvertes à Plucadeuc, à Locmariaker (Morbihan), sur le bord de la forêt de Briquebec, dans le département de la Manche, ainsi que dans les communes de Vauville et de Breltcvillc, situées dans le même département.

Comme nous l'avons déjà dit, on ne sait pas au juste à quelle destination les allées couvertes étaient affectées. On a fait à cet égard les mômes suppositions que pour les dolmens.

Mkblkttk et Hauvion aîné.

Le Dirretcvr-Cërant, A. MKRLETTE.

Imprimerie «le L. Tonga et O, » Stiol-Geruuio.

<0 janvier I8G.1.

No 6.

JOURNAL

DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

mut 5013» \ih vintstm i\

M. A. ME RLETTE

filera fie l'École aonaala de Veruir.es, ancien maître rér.Ctitîur 4 3ad::« Écolo, ancien directes d'une École prim»ira «opériitw

Bureau d'abonnement, à Paris, rue 8aint- Jacques, 228, au fond de la cour

L'SïîTcic-pitu tsj Écrits paraît tocs tes diiET.cboj ; £\*rtvi nmêro cer.iiem 16 pige» ifl-8 c'Jœproaaion a S coteones f. uno pterche Vitïio£:apbi(c.

Pmx si t'iic^uwT :

P^f te France, un as. il !r.; sii aoiî, fi fr. — Pcj h 8o:jm «i te BtlKlTu*. «r- in, 13 fr. ; su noir, 7 fr. - Pour tout» «ci™ destir.ailoa, on «a, 16 fr.

Prii d'un nurr.iro Isoié, CO

Le p.-îx des abonaosnonts floit etro par» d"avarce on datsarte pot t* aàrtssè par !ew« affraneLie i If. Ifwum. dir«ci*ur do i'Es-.Tc.LortDri »n Écous, rae S*mi-/acqu»s, JS8, i Pjri.i. t '

L*s Jioncoff.er.ts partent du rcals d<! dkersbr?. . Los por?cnr.*s <rai steboaarnt dan le covact de l'arr.ic, re- ;oivo£: i.x.'nCdiJ'.OBjer.i la» natndros qui ont déjà parti. Ar.Eûr.ces d'ouvrages ctess^ques, 1 fr. 50 la ligne.

SOMMAIRE

Grammairt frantnise: Nom ou substantif; diverses espèces de •«ni; étendu* cl compréhension des nom» appcUaliis; du genre; genre masculin, genre féminin, genre neutre, genre commun. — Dictée éforthographe usuelle : Description de J» Vinlsssà». — Premiers exercices de stylet Corrigo; rien» fronçait à rajeunir', explication de» mol» difficile». — Cosmologie ou GéagraphU supérieur» : Le» continent* et leur confleurotion. Arithmétique : Problème» sur l'addition «If? nombre» entier»; addition de» nombres décimaus. Problème» Mir l'addition des nombre* décimant ; soustraction de» nombre* entier».-

Géométrie ; Problème» sur les perpendiculaires et les obliqaes: théorie des parallèlc».-/'/i»/sigue : Machine pneumatique actuelle; machine de compression.- Histoire naturelle : Zoologie; déglutition. — Variétés: Archéologie nationale; enceintes druidique».

GRAMMAIRE FRANÇAISE

DU NOM OC StBSTANTlF.

Le nom ou substantif est un mot qui sert à rappeler à l'esprit l'idée d'un être particulier que l'on veut distinguer d'entre tous les autre?. Par exemple les mots Borne, Chorlemagne, maison, tnbh sont autant do noms, parce que chacun d'eux eveiUe dans l'esprit l'idée d'un être que la conscience isole instantanément do tout ceux qui font partie de la création.

Il oxiste trois espèces de notons qui sont: le nom pn>pr«, te nom commun ou appellatif et le nom abstrait .

On appelle nom propre cela! qui exprime tme idée qui no convient qu'à un seul être ou à un

seul objet. Les mots Corneille, Paris, la Seine sont des noms propres, chacun d'eux ayant la propriété de ne rappeler si l'esprit qu'un seul être ou un seul objet.

On appelle nom commun ou appellatif celui qui a la propriété de représenter tous les êtres semblables d'une m»>me espèce, d'une même catégorie. Les mots homme, cheval, chat sont des noms communs, attendu que chacun d'eux ne rappelle pas à l'esprit l'idée d'un individu en particulier, mais est applicable à tous les êtres de la même espèce, à tous les hommes, ù tous les chevaux, à tous les chats, sans distinction des particularités qui puissent faire discerner les uns des autres les individus appartenant à la catégorie homme, à la catégorie cheval ou à la catégorie ebat.

On appelle nom abstrait celui qui rappello à l'esprit non pas un individu, non pas une classe entière d'êtres, mais une qualité, une manière d'être ou d'agir que l'on considère indépendamment de l'individu qui la possède ou qui en est l'objet. Tels sont les molsrcr/tt, amitié, joie, prudence, etc. Beaucoup de grammairiens confondent les noms abstraits en une seule classe avec les noms communs ou appellatifs.

On appelle étendue d'un nom commun le nombre des individus que ce nom rappelle à l'esprit.

On appelle compréhension d'un nom commun le nombre des idées qu'il rappelle à l'esprit.

Examinons les mots être, animal, quadrupède, cheval. Le premier de ces quatre substanlifc, être, est celui qui désigne le plus grand nombre dïndi-

Si

L'KNOYCLOPKniR l»BS KiKtLKS

vidus; il y a plus d'êtres que d'animaux, plus d'animaux que de quadrupèdes, plus de quadm? pèdes (|ue de chevaux ; cela étant, le mot (Ire aura plu» détendue que le mot animal, celuj-q en aura plus que la mot quadrupède, qui hii-mème en possédera plus que le mot cheval. Si maintenant nous examinons le nombre des idées que chacun des quatre mots précédents rappelle à l'esprit, nous trouverons que le mot être ne rappelle à l'esprit qu'une seule idée, celle de l'existence ; le mot animal représente plus d'idées que le mol être; car, non-seulement un animal est un être, mais encore c'est un être doué des facultés de sentir et de se mouvoir; do mémo le mol quadrupède ajoute encore aux idées quo renferme le mot animal, puisqu'il désigne une espèce particulière d'animal, à savoir, celle d'un animal pourvu de quatre pieds. Énfiq, le mot cheval aeproit la somme des idées contenues dans le root quadrupède, puisqu'il rappelle toutes les idées des qualités quj distinguent îe cheval'des autres espèces de quadrupèdes. De l'examen auquol nous nous sommes livrés, il résulte que le mot animal a plus de compréhension que le mot être; que le mol quadrupède en a plus que le mot animal ; et enûn, que le mot çkeval en a plus encore que le mot quadrupède.

Ce que nous venons de dira montre également que l'étendue et la compréhension d'un nom sont ça raisqn inverse l'uno do l'autre ; ce qui signifie que quand l'une augmente, l'aqtre diminue forcément, et vice tersà.

Les considérations qui précèdent peuvent s'appliquer aux noms abstraits. Si, par exemple, nous mêlions en regard les substantifs vertu cl prudence, nous voyons que le premier a plus d'étendue que Je second, puisque I on range dans la classe des vertus uqn-seulement la prudence, mais encore la modestie, la tobriite, etc.; par contre, le substantif prudeuce a plus de compréhension que le substantif vertu, puisqu'il réunit» lui-même plus d'idées partielles que ce dernier-

Les substantifs sont susceptibles de deux sortes d'accidents connussous les dénominations de genre et de nQmbre.

Du genre. — Le genre est la propriété que possède un substantif de faire distinguer le sexe de l'être qu'il représente, d'apprendre s'il est mâle ou fcmcllo.

Comme tons les êtres no présentent pas la distmetion des sexes, il semble que l'on devrait d'abord partager les substantifs eu deux grandes classes : l'une dans laquelle seraient rangés tous ceux qui rajtpe|len{ à l'esprit des êtres chet lesquels lu nature a élabji la distinction des deux sexes, l'autre comprenant tous les substantifs qui désignent les individus dépourvus de sexe. Les substantifs de celle seconde catégorie pourraient constituer

une 9orte de genre quo l'on désignerait très-bien par (a dénomination de genre neutre. Le genre neutre existe on effet dans certains idiômes, bien qu'il soit jnconnu dans la langue française, où l'on a donné, par abus, la propriété du genre à des êtres qui en sont naturellement privés. Reste donc à examiner comment on s'y est pris pour distinguer le mâle de la femelle, ou, en d'autres termes, lo genre masculin du genre féminin dans les substantifs qui représentent des animaux, c'est-à-dire des êtres chez lesquels existe la différence des genres, il n'y a pas, en français, de procédé uniforme pour parvenir à ce but. Voici tes diverses manières de l'atteindre.

La plus simple consiste à ajouter au nom de l'animal chez lequel existe la disliction des sexes, un mot qui exprime sa qualité de substantif masculin ou de substantif féminin. C'est ce que nous faisons quand nous disons, par exemple, le perroquet mâle, le perroquet femelle.

Une seconde manière de distinguer les sexes consiste à donner au mâle ot à la femelle de la même espèce des noms différents, comme ceux-ci ; le taureau et la rnr*f , le bélier et la brebis, le bouc et la chèvre, le cerf et la biche, etc.

Enfin, une troisième manière consiste en un changement dans la terminaison du substantif, changement au moyen duquel le nom du mAlo devient celui de la femelle; comme quand on dit : le tigre et la tigresse, le hup et la louve, le (ton et la ïtonfw, le rJtaf et la chatte, etc. C'est cette troisième manière de distinguer les sexes qui constitue, à proprement parler, le genre» des substantifs. Tous ceux qui représentent des individus mâles sont du genre masculin ; tous ceux qui représentent des individus femelles sont du genre féminin.

Nous avons déjà remarqué qu'une innombrable quantité d'êtres sont dépourvus de la propriété du sexe, et devraient, conséquerament, former une. sorte de genre négatif que l'on appellerait genre neutre. Cette distinction ne s'est pas introduite en français, et parmi les êtres manquant de sexe, il en est que l'on a faits du genre masculin, et d'autres que l'on a faits du genre féminin sans aucun motif plausible. On doit même noter qu'un grand nombre de substantifs qui auraient dû être rapportés au genre neutre, ont passé du genre masculin au féminin pu réciproquement, pendant le long espace de temps qu'a déjà duré la langue française. Ainsi, le mpt ojfawrCj actuellement féV minin, était autrefois masculin ; art, masculin aujourd'hui, était féminin du temps de Montaigne et d'Amyot. Comte a subi un changement analogue; il n'est plus resté féminin que dans ce substantif composé, la Fras^che-Qmti. Au dire de Ménage nurirf, qui est masculip de pos jours, était jadil

L'KXCVCLtiPhMh 0K& ÏMH.V.S

féminin. Rien ne serait plus facile que de multiplier ces citations.

Plusieurs grammairiens out cherché les raisons qui ont porté instinctivement le peuple à attribuer à certains substantifs neutres lo genre masculin, et à d'autres substantifs de même nature le genre féminin. Ils ont cru découvrir que tout substantif rappelant les idées de force et d'activité, qui sont comme l'apanage de l'homme, a été fait de préférence du genre masculin ; tandis que tout substantif réveillant une idée de faiblesse, d'infériorité, de fécondité, a été rangé parmi les substantifs féminins. Cette remarque serait précieuse, si elle n'était soumiso à un nombre très -considérable d'exceptions qui en infirment beaucoup la valeur.

La nature, en créant chaque espèce animale, l'a partagée on deux sortes d'individus, le mâle et la femelle. Il est des occasions où l'on serait bien aise de désigner par un seul mot les deux animaux d'une mémo espèce, abstraction faite du sexe qui les différencie. Pour arriver à ce résultat, il eût été commode de créer un genre particulier, que l'on eût pu appeler lo genre commun. Ce genre n'existe pus dans la langue française; pourtant, nous avons très-souvent recours à un expédient qui permet de représenter par un seul mot, toute une espèce animale. Cet expédient consiste à affecler l'un ou l'autre rlos deux genres que nous possédons à la représentation simultanée du mille et de la femelle des animaux qui, à raison de leur petite taille ou des lieux qu'ils habitent, tombent moins souvent sous nos yeux. Nous avons l'habitude de leur donner invariablement l'un des deux genres, suit qu'il s'agisse du maie, soit qu'il s'agisse de la femelle, et quaud nous voulons distinguer les sexes, nous sommes obligés d'ajouter a ces sortes do substantifs iépithèle de mâU ou celle du femelle. Ainsi , un éléphant, un chameau , un rossignol, un brochet, etc., sont invariablement du genre masculin. Au contraire, une girafe, une fauvette, une sole, etc., sont toujours du genre féminin. Quand noua voulons distinguer tes sexe», nous sommes obligés de dire, par oxemple : VèHpliani mâle, J éléphant femelle; lo rossignol mâle, le rossignol femelle; le crapaud mâle, Us crapaud femeUe; la girafe mâle, la girafe femelle ; la fauvette wdU, la fauvette femeUe, et ainsi des autres substantifs analogues.

En résumé, il n'existe dans la langue française que deux genres : la genre masculin et le genre frmuin.

L'un et l'autre out souvent été donnés à tort à êtres chez qui n'existe pas la distinction des

mâle ou la femelle, quand on leur ajoute une épithète conv enable. A ne considérer les choses qu'au point de vue logique, on serait en droit d'admettre que ces substantifs constituent un troisième genre, que l'on pourrait appeler le genre commun.

Meblettb.

Un certain nombre de substantifs, quoique appartenant invariablement à un seul des deux genres existants, sont aptes à représenter à volonté le

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