FORMATION DU PLUR1BI. DANS LES ROMS
Règle générale. Pour former le pluriel dans les noms, on ajoute un « au singulier. Ex : l'homme, les hommes; la femme, les femmes; le liere, les livres; la maison, Us maisons; le soulier, Us* souliers; la mer, Us mers; etc.
L'addition que l'on fait de la lettre « à la fin des substantif singuliers aûn d'en former le pluriel, a pour effet de rendre longue leur dernière syllabe, si elle ne l'était déjà auparavant; dans tous les cas, les personnes qui visent à parler leur langue d'une manière irréprochable, ont toujours soin
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d'appuyer plus sur la dernièré syllabe d'un substantif quand il est au pluriel què quand H est au singulier. Ainsi elles ne prononcent pas de thème: la maison et Us maisons, Vinstrumenl et Us instruments. II y a peut-être une certaine aifèctatioh dans la différence do prononciation qu'elles manifestent en cette circonstance. Il n'en est pas moins vrai qu'elles ne font que se conformer strictement au génie de la langue française.
La règle générale que nous venons de donner pour lu formation du pluriel dans les noms, est sujette aux exceptions suivantes :
Première exception. Les noms terminés au singulier par s, par x, ou par z, ne subissent aucun changement au pluriel. Ex. : le fUs, les /Mi; le nez, les nez; le temps, les temps; la perdrix, les perdrix; la croix, les croij;. La raison de ce fait est que la consonne finale rendant déjà longue là dernière syllabe des mots terminés par s, x, du z, l'addition de Y s, signe ordinaire du pluriel, né serait plus qu'une superfétation.
Deuxième exception. Les noms terminés par al au singulier forment leur pluriel par le changement de la finale al en aux. Ex. : un encra*, des chevaux; un journal, des journaux; un animal, des animaux.
Cependant les substantifs àrai, bal, caï, cantal, carnaval, chacal, narval, nopal, pal, régal, serval, et quelques autres terminés en al, mais peu usïtéâ au pluriel , suivent la règle générale. En conséquence, ils forment leur pluriel par l'addition d'un *. Ainsi l'on écrit des bals, des caU, des cha-
Troisième exception. Les noms terminés au singulier par au, eau, eu, prennent un x au lieu d'un * pour former leur pluriel. Ex. : un était, des ètaux; un bateau, des bateaux ; un feu, des feux, etc.
Première remarque, Les noms terminés au singulier par la voyelle grave ou forment leur pluriel d'après la règle générale, c'est-à-dire par l'addition de la lettre s. Ex. : un trou, des trout; uu verrou, des verrous; un «m, des rotw, etc.
Pourtant il y a sept substantifs terminés par ou, qui prennent un x au lieu d'un s au pluriel. Ces sept substantifs sont : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou. On écrira donc au pluriel des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux et des poux.
Deuxième remarque. Les noms terminés au singulier par ail, forment leur pluriel régulièrement, c'est-à-dire par l'addition d'un «, Ex. : un éventail, des éventails; un rail, des rails, etc.
Malgré cela, sept noms terminés au singulier par ail, forment leur pluriel en changeant celle finale en aux; en voici la liste : bail, émail, corail, soupirail, travail, vantail et vitrail. On écrit au pluriel des baux, des émaux, des coraux, des soupiraux, des travaux, des vantaux et des vitraux.
Il est même à noter que travail bit son pluriel régulièrement dans deux circonstances : 4° On écrit travails quand il s'agit de machines dans lesquelles on place les chevaux vicieux pour les ferrer ; 2° on écrit encore travails pour désigner des expéditions qu'on fait dans les bureaux.
Le plus souvent ail fait aulx au pluriel.
Bétail a pour pluriel bestiaux.
Tivisième remarque. Aïeul fait au pluriel aïeux, quand il s'agit de désigner les ascendants d'une manière générale: mais, quand on ne veut indiquer que le grand-père paternel et le grand-père maternel, aïeul a pour pluriel aïeuls. Ex. : attention et respect, il s'a-jit de nos aïeux; les deux aïeuls de ce jeune homme assistaient à son mariage.
Quatrième remarque. Ciel fait deux au pluriel dans le sens propre et quand il signifie température, climat; mais en terme de peinture et quand il désigne le dessus d'un lit, la voûte d'une carrière, ciel a pour pluriel ciels. Ex. : Ce peintre réussit très-bien les ciels; les ciels des carrières menaçaient de s'affaisser en plusieurs endroits.
Cinquième remarque. Œil fait au pluriel yeux dans le sens propre et toutes les fois qu'en l'employant sous cette dernière forme, il n'en peut résulter aucune équivoque. Dans toute autre circonstance, cri/ a pour pluriel régulier ails. Ex : les yeux forment le plus admirable instrument d'optique qu'il soit possible d'imaginer; le bouillon est
très-gras, il a beaucoup d'yeux; les mis de chat, les œils de perdrix, les utils de serpent constituent autant de pierres précieuses différentes. En botanique, les œgilops sont souvent désignes sous le nom A'atils de chèvre.
Sixième remarque. Autrefois, on avait pris la mauvaise habitude de supprimer le t au pluriel dans les mots polysyllabiques terminés au singulier par ant ou eut. Ainsi, on écrivait en fans, parenn, contrevens, au lieu de enfants, parentt, contrevents. Heureusement, on ne commet plus aujourd'hui celte inconséquence qui avait le grave inconvénient do faire disparaître la ressemblance qui existe entre les mots primitifs et leurs dérivés. En général, il faut être très-prudent et très-sobre quand il s'agit de réformer l'orthographe. Presque toujours en essayant de la rendre plus conforme à la prononciation, on risque d'effacer quelquesunes des traces rattachant la langue française, qui est une langue secondaire ou dérivée, à la langue latine d'où elle provient. Toute tentative de cette nature peut être assimilée à celle que Ton ferait pour rendre une fdle méconnaissable au yeux do sa mère.
MERI.ETTB.