S OXYDES
Nous avons vu que les corps simples se divisent en deux grandes classes : les métalloïdes et les métaux. Les métalloïdes, en se combinant avec l'oxygène, fournissent presque toujours des acides. Au contraire, les métaux, dans la mémo circonstance, donnent presque toujours naissance à des oxydes. Un même métal, en s'unissant à l'oxygène dans des proportions différentes, peut produire divers oxydes. Pour montrer quels noms on doit donner à ces oxydes, nous prendrons pour exemple ceux que forment ensemble le fer et l'oxygène.
L'oxyde formé de ter et d'oxygène, et qui est le plus pauvre de tous en oxygène, se nomme protoxude de fer ; on le représente en abrégé par FeO, Fe désignant le fer, etO l'oxygène. Le proloxyde de fer est formé d'une mesure de fer et d'une mesure d'oxygène. Bemarquons en passant, qu'on donne à la mesure employée en cbimie le nom d'équivalent. Lorsque nous traiterons un peu plus tard de la théorie des équivalents, nous verrons que l'équivalent chimique varie d'un corps simple à un autre.
Après le proloxyde de fer vient un second oxyde également formé de fer et d'oxygène, mais on peu plus riche en oxygène que le proloxyde de fer.
On le nomme sesquioxyiie de fer, et on le représente en abrégé par Fe^O3. Le sesquioxyde de fer est formé de deux mesures de fer et de trois mesures d'oxygène. Celte composition indique clairement la signiGcation des nombres S et 3 que l'on trouve à droite et un peu au-dessus de Fe et de 0. Sesqui veut dire en latin «ne fois et demie. Le sesquioxyde de fer doit son nom à celte circonstance que, contenant trois mesures d'oxygène et deux de fer, il renferme par conséquent une fois et demie plus d'oxygène que de fer.
Immédiatement après le sesquioxyde de fer, devrait venir un oxyde possédant un peu plus d'oxy^ gène que ce dernier. On le nommerait bioxyde de fer, et il serait représenté en abrégé par FeO*. Conséquemment, il serait formé d'une équivalent da fer et de deux
ou
d'oxygène.
L'ENCYCLOPÉDIE DES fXOltk
Jusqu'à présent, ce corp* n'a pu ïtre ol.lenu par les chimistes.
Enfin, il eliste un oxyde de for contenant encore plu* d'oxygène que les précédents. Il a1 reçu la dénominalion de trioxyde ou tritoxijdc iU fer. On le représente pàr FeD*. Il 6st formé d'une mesure de fer et do trois mesures d'oxygène. Si l'on venait à découvrir un oxyde de fer supérieur au Iritoxyde, on lui donnerait le nom de quadrioxyde, et ainsi de suite.
Souvent, quand un métài ét l'oxygène forment en se combinant ensemble plusieurs oxydes différents, on donne à celui do ces oxydes qui contient le plus d'oxygène le nom de peroxyde, que l'on fait suivre du nom du métal qui entre duns sa composition. Ainsi, le tntoxydo de fer peut encore s'appeler peroxyde de fer< attendu que ce iritoxyde de fer est, parmi toutes tes combinaison* du Fer et de l'oxygène, celle qui contient le plus d'oxygène. Quelquefois il arrive qu'un métal fonde avec l'oxygène un oxyde composé de plusieurs mesures de métal et d'une seul* d'oxygène. Dans ce cas, un tel oxyde prend le nom d'oxydule du métal qui entre dans sa composition. Parexetripie, le cuivre et l'oxygène forment ensemble l'oxydu le de enivre, que l'on représente en abrégé par Cu*0, et qui contient deux mesures de cuivre pour une seule d'oxygène. Les autres oxyde*» résultant de la combinaison du cuivre et de l'oxygène sont le protoxyde de cuivre Cu(), le hioxydv de cuivie CuxJ», et un troisième oxyde plus oxygéné que les précédent^ dont on ignore la composition exacte, mais auquel on peut irè*-bion, d'après ce que nous av ons déjà dit, ddnnër le nom de peroxyde de cuivre:
Il existe un certain nombre d'oxyde* que l'on a l'habitude de désigner non point par leur nom chimique, mais par (eut- nom vulgaire. Les plu» usités de ce* oxydes *ont :
4» Le protoxyde dé poUastuvi que l'ori appelle
*> Le protoxyde dé todinni que l'on appelle vulgairement ioade.
3« Le pirtoayde de lithium qho l'on appelle vul-
40 Le protoxyde de ttroutiai» quo l'on appelle vulgairement UrmttiMci
JJ° Le protoxyde de baryum que l'on appelle vulgairement baryte ,
6» Le protoxyde dé raieHm que l'on appelle vulgairement rêrtn.T.
7» Le prbtoxyde de marjncelum qne l'on appelle vulgairement nagnhle.
8«» Le sttt([uiorgde tfalnminûm que l'on appelle
vulgairement atttmine.
.t.jt
M>Jlt\CL\TtRK DES COMPOSÉS TERKAISKS OXÏUK- KÉ9 OU SKLS.
Oh appelle net tout corps formé par la coihbinaisdn d'un acide avec un oxvde. Polir' nomrtter
un sel, il y a deux cas à considérer; i,r cas : lé nom de l'acide qui entre dans le sel est tëi inlhë en ttjue; S« cas; le nom de cet acido est terminé en eux.
t«r cas. Le mm de l'aride ttt termine en iqùe. Dans ce cas, pour nommer le sel, on supprime lo mol acide; on change en ait la terminaison ifjue du nom de l'acide ; à la suite du mot qui en résulte, on mei la préposition de, et enfin I on ajoute le nom de l'oxyde qui outre dans le sel. Par exemple, si l'on mol en présence l'acidu eklbriqmeet le srttqHtQxifle de fer, comment nommer le sel qui résulte de la combinaison de ces deux Corps? Pour cela, on supprime le met acide, on change la terminaison fyue du mot eblorique en ate; ce qui dontie ehlorate; à la suite on met la préposélion de, et puis l'on énonce le nom de l'oxyde qui entre dans le sel. On a de la sorte pour le nom de co sel : cklovAte de setquioscydede fer.
En se conformant à ht règle qu'on vient d'énoncer, on verrait qu'un sel formé d'acide bypoiodique et de protoxyde do sodium, doit s'appeler : hypoiodale de protoxyde détodium.
i» cas. Le nom de l'acide qui entre dans le sel po&i-de la terminaison eux. Ou suit alors la mémo rè^ie que dans le premier cas ; seulement on substitue à la terminaison eux de l'acide la terminaison ite. Par exemple, un sel formé d'acide bypochloieux ei do proloxydo de potassium s'appellera hypochlorite de protoxyde de potassium.
Il y a plusieurs exceptions aux règles que l'on vient de donner pour la nomenclature des sels ; voici les principales :
1° Quand l'acide qui entre dans le sel est un de ceux que forment ensemble le soufre et l'oxygène, ou supprime la syllabe ur qui ectre dans le nom de cet acide : par exemple, l'acide sulfurique et le protoxyde de calcium forment un sel que l'un devrait régulièrement appeler tuffttrute de protoxyde de calcium. Aù lieu de cela, on supprime ur dan* eulfùrate et le sel se nomme tout simplemenl tuifate de protoxyde de calcium. Sembfablëment le sel formé par la eombinalsoh de l'acide hyposulfurcux avec le protoxyde dé» ?6rJlmn Sè nommera hypotidfite de protoxyde tietodinût! ' '
2» Quand l'acide qui entre dans le set est un tfe ceux quo forment ensemble le phosphore et ¥6* xv gène, on supprime la syllabe or qui faït partie de nom de cet acide. Par exemple, l'acide pHosphrJi. rlque et le protoxyde de cafclnth .forment un sel que Tort devrait vulgairement appeler pfqJiorat* de protoxyde de calcium. Au lieu de'«fflP ou''*rtfT<-
L'ENOTCLOi'JÎDlK DKS KCOLKS
prime or dans phosphorate, et l'on a loul simplement phosphâte de protoxyde de calcium. De même, un sel formé d'acide hypophosphorique et de protoxyde de sodium se nommera hypojàosphate de prutoryde de todium.
3° Quand l'oxyde qui doit entrer dans la composition d'on sel possède un nom vulgaire, on remplace son nom chimique par ce nom vulgaire toutes les foi* qu'il B'agil de nommer le 8*1 dont cet oxyde est l'un des éléments. Ainsi, au lieu de dire: mlfait de prùtoxyde de pottutinm, on dit plus simplement sulfate de potasse: au lieu de dire: carbonate de protoxyde de calcium,, on dit mieux carbonate de chaux: au lieu do dire : tilicale de tesquioxyde d'aluminium, on dit de préférence silicate d'alumine.
4« Quand l'oxyde qui entre dan» la composition d'un sel «Bt formé par un métal d'un usage vulgaire, en nommant ce sel ou supprime le mot oxyde pour ne laisser que le nom du métal. Par exemple, au lieu de dire : aiotate de protoxyde d'argent, on dit tout simplement azotate d'argent, attendu que l'argent est un métal dont on fait usage tous les jours. On dira do même : sulfate de euirre, au Heu de sulfate de protoxyde de cuivre, le cuïvrc étant on métal journellement employé.
DlfféRETTES MANIÈRES DB PHEPARBR t/OXTGÊNE.
Ndue avons vu qu'en chauffant l'oxyde rouge ou protoxyde de mercure, on le décompose en ses deux éléments constitutifs, l'oxygène et le mercure. C'est fa ah mofèn commode de se procurer du gaz oxygène. Mêis, vu /e prix élevé de l'oxyde rouge de mercure, il est bon de connaître d'autres procédés applicables à ta préparation de l'oxygène, surtout quand on veut obtenir des quantités assez considérables de ce gax. Voici les divers modes de préparation auquel* on peut alors recourir.
4» Préparation de ( oxygène au moyen du peroxyde de manganèse. Il existe un métal trèsanalogue au fer, appelé manganèse, représenté en abrégé par Mn et que l'on trouve dans le sein de la terre, combiné avec deux mesures d'oxygène ; il forme dans ce cas une poudre noire que l'on représente habituellement par le symbole Mn 0», et à laquelle on donne le nom de bioxgde de manganèse, ou bien encore de peroxyde de manganèse. Il est facile d'extraire de cette poudre une partie de l'oxygène qu'elle contient. Il suffit pour cela d'en prendre trois mesures ou équivalents et de les placer dans nne cornue de grès que l'on disjxwe dans la partie moyenne ou laboratoire L (fig. 9) d'un fourneau en terre F, dont la partie supérieure en forme de dôme, a reçu le nom de réverbère. A. là cornue est adapté un tobe qui *• rend jusqu'au fond d'un Bacon à deux tubu-
lures K. à moitié rempli d'eau, contenant en dissolution un peu de potasse caustique. (Je flacon est dit flacon laveur. De sa seconde tubulure part un tulie abducteur destiné à amener le gai dans une éprouvette disposée sur la planche d'une cuve à eau. On commence par mettre sur la grillé, du fourneau F quelques charbons àllùmés, puis on achève de remplir avec du charbon noir. Bientôt toute cette masse de combustible dev ient incandescente. Elle chauffe fortement la cornue, qiii no larde pas à transmettre au peroxyde de manganèse la chaleur qu'elle reçoit. Sous t'influence de cette chaleur, le peroxyde de manganèse laisse dégager par lë tube abducteur deux mesures ou équivalents d'oxygène que l'on recueille, et par la perte de cette quantité d'oxygène, il se transfbrmo en une combinaison de protoxyde et de scswjuidxyde de manganèse. On peut rendre compte du changement qui s'opère dans la com|K>silion du bioxyde de manganèse par l'égalité ou équivalence suivante :
Mn 0* = (Mn 0 -f Mn ^O3) + 0*
Le flacon laveur est ajouté à l'appareil afin que la dissolution de potasse qu'il renferme puisso arrêter au passage le gaz acide carbonique qui soi dégage en même temps que l'oxygène. Voici quelle est l'origine de cet acide carbonique : le peroxyde de manganèse employé dans le commerce n'est pas pur ; il se trouvé mélanpé avec une petite quantité de carbonate de chaux. Sous l'influence de la chaleur du fourneau, ce carbonate de chaux se décompose en ses deux éléments binaires1, savoir, en chaux ou protoxyde de calcium qui reste dans la cornue, et en acide carbonique qui se dégage en même temps que l'oxygène, et dont il faut se débarrasser si l'on tient à obtenir de l'oxygène pur.
î° Préparation de l'oxygène an moyen du peroxyde de manganèse et de l'acide sulfurique. Dans un ballon do verre B (Gg. 10), placé sur un fourneau F, où se trouvent quelques charbons incandescents, on met du bioxyde demanganèseetde l'acide sulfurique concentré. Du ballon B part un tube qui vient plonger jusqu'au fond d'un flacon K, il trois tubulures, à moitié rempli d'une eau où l'on a dissous un peu de potasse caustique. De la troisième tubulure de ce flacon laveur part un tube abducteur destiné à amener le gaz dans une éprouvetuj C, placée sur la cuve à eau. Dés qu'on chauffe le ballon, voici ce qui se passe : le bioxyde de manganèse perd une mesure ou équivalent d'oxygène qui se dégage et que l'on recueille Celle perte le réduit à n'être plus qu'un protoxyde de manganèse, lequel se combine avec l'acide sulfurique pour former du sulfate de proUixyde de manganèse, sel qubreste dans, la cornue. Comme dans
L'ENC VCLuP ÉD1E DES ECOLES
l'opération précédente, lo bioxydo de manganèse, est encore mélangé à une pctilo quantité de carbonate de chaux. Voici les modifications que subit ce dernier sel pendant qu'où prépare l'oxygène : l'acide sulfuriquc que l'on a employé ebasse l'acide carbonique du carbonate de chaux pour se substituer à sa place. 1! en résulte un nouveau sel qui est du sulfate de chaux, et qui reste dans la cornue. Quant à l'acide carbonique qui s'est dégagé, il est retenu dans le Qacon laveur par la potasse caustique, avec laquelle il se combine pour former un sel appelé sulfate de potasse.
3° Préparation de [oxygène au moyen du chlorate de potasse. On trouve dans le commerce, à un prix assez peu élevé, un sel connu sous lo nom de chlorate de potasse. Ce sel est formé d'acide chloriquo C103 et de proloxyde de potassium que l'on représente en abrégé par KO, K. désignant le potassium. Co métal se dit en latin Kalium, et K e9t la première lettre de ce dernier mol qui a été affecté à la représentation du corps simple auquel les chimistes ont imposé le nom do potassium. Cela étant, on prend une petite cornue de verre que l'on remplit jusqu'au tiers environ de chlorate dépotasse; ensuite, on adapte au col de cette cornue un lubo abducteur qui se rend dans une éprouvette platée sur la cuvo à. eau, et on chaulfe cette cornue avec une lampe à alcool ou bien avec quelques charbons incandescents. Lo sel qu'elle contient ne tarde pas à fondre et puis à se décomposer. Sa constitution intime subit les changements suivants : le potassium K qu'il contient se combine avec le chlore pour former une nouvelle substance I KOI, connue des chimistes sous le nom de chlorure de potassium, et les six équivalents d'oxygène qu'il y a dans lo chlorate de potasse se dégagent. L'égalité suivante exprime ce qui se pusse dans la décomposition du chlorate de potasse :
KO.CIOS - KCI + 60.
L'opération que nous venons de décrire marche beaucoup plus promptemcnl et surtout plus régulièrement, si l'on a soin de mélanger au chlorate de potasse environ un poids égal au sien do peroxyde de manganèse. Dans cette circonstance, le peroxyde de manganèse agit seulement par sa présence; il ne subit aucune altération, n'empruntant ni ne cédant rien au chlorate de potasse. La cause de l'influence qu'il exerce sur la marche de l'opération est restée jusqu'aujourd'hui inexpliquée. On désigne cette influenco sous le nom d'action de présence. Nous rencontrerons en chimie un grand nombre de phénomènes du même ordre. Force nous sera de nous borner à Ie9 signaler, sans essayer d'en donner les raisons, chose tout à fait impossible dans l'état actuel de la science.
MtlU.KTTIf.
HISTOIRE NATURELLE
CHYLIflCATION OC DIGESTION STOMACALE.
La chylificalion ou digestion stomacale s'accomplit tout entière dans l'estomac. L'estomac E (ftg. i i ) est une sorte do sac ayant, ainsi que nous l'avons déjà vu, la forme d'une cornemuse. Par sa partie supérieure,» est comme le prolongement de l'œsophage, tandis qu'intérieurement, il est luimême continué par l'intestin grêle. L'estomac présente deux orifices : l'un supérieur C, qui le fait communiquer avec l'œsophage et que l'on nomme orifice cardiaque, parce qu'il est le plus rapproché du cœur, et que ce dernier organe porte en grec le nom de cardia ; le second orifice de l'estomac ou oriûce inférieur P, a reçu la dénomination de pylore ou d'orifice py torique. L'estomac étant recourbé en forme de cornemuse, présente un bord supérieur concave et très-court, et un liord inférieur convexe et très-long. £e dernier bord est appelé grande courbure de l'estomac. L'estomac présente du côté gauche et à sa partie supérieure, tout près de l'ouverture cardiaque, un renflement considérable T, connu sous le nom de ai and cul-de-uu ou tubiratiti de l'estomac. Knfia le même organe offre, du côté droit et tout près du pylore, un enfoncement intérieur H, qu'on uppolle le petit cul^lesac ou la petite tubàrositè de l'estomac L'estomac est situé à la partie supérieure de l'abdomen, au-dessous du diaphragme et du foie F, au-dessus de l'intestin grêle PI et de l'arc transverse du colon MN, et enûn en avant du pancréas G. L'estomac est formé de quatre enveloppes que l'on trouve supej posées dans l'ordre suivait, quand on va du dehors au dedans de cet organe : 4° une enveloppe séreuse ; 8«» une enveloppe musculaire; 3° une enveloppe celluleuse, et 4» enfin, une enveloppe muqueuse.
L'enveloppa séreuse de l'estomac n'est pas autre chose qu'un fragment de la grande enveloppe sérouse connue sous le nom de péritoine, et dans laquelle est contenue toute la masse des intestins. Il convieut de donner ici une idée générale dea membranes séreuses que l'on rencontre en différentes parties du corps. Ces sortes de membranes ont toutes la forme d'un sac sans ouverture se repliant sur lui-même, et qu'une comparaison triviale, mais exacte, a fait assimiler à un bonnet de coton. Lu face interne des membranes séreuses est continuellement humectée par un liquide qu'elle sécrète et qui est désigné sous le nom de liquide séreux. Ce liquide, sans cesse interposé entre les
deux feuillet de la membrane séreuse, facilite le glissement de ces deux feuillet? l'un sur l'autre.
En dedans de la membrane séreuse vient l'enveloppe musculaire de l'estomac. Vne enveloppe musculaire, en général, est une espèco de trame composée d'un grand nombre défibres ou filaments charnus entrelacés. Celle de l'estomac présente trois sortes de fibres : i" des fibres rayonnécs, qui font suite, d'une part, aux fibres longitudinales de l'estomac, et continuent, d'autre part, les fibres longitudinales des intestins ; t" des fibres circulaires intérieures aux précédentes, et qui entourent totalement l'estomac ; 3° des fibres elliptiques ou fibres à anse, situées en dedans des fibres circulaires et qui font corps avec l'enveloppe celluleuse.
L'enveloppe celluleuse de l'estomac est constituée, ainsi que toutes les autres de même nom, par une multitude de petites cavités ou cellules accolées les unes aux autres et dans lesquelles on trouve presque toujours des dépôts de graisse. Cette graisse est sécrétée par les parois mêmes des cellules.
L'enveloppe muqueuse est celle qui tapisse intérieurement la cavité stomacale. Elle ne forme qu'une partie de la couche de même nom qui rêvé le dedans du tube digestif. On trouve cette couche dans la bouche, le pharynx, l'œsophage, l'estomac, et les intestins. On peut la considérer comme une peau intérieure. Elle est, en effet, formée départies constitutives analogues à celles qui composent la véritable peau, ou peau extérieure de l'animal.
La muqueuse de l'estomac est remarquable par son épaisseur et le nombre vraiment prodigieux de ses glandes, qui s'élèvent bien certainement à cinq ou six millions au moins. De tous les organes qui entrent dans l'économie animale, c'est celui qui se putréfie le plus rapidement après la mort. La surface libre de la membrane muqueuse de l'estomac apparaît tantôt lisse et unie, tantôt chargée de plis et de rides considérables. Elle se montre unie quand la cavité de l'estomac se trouve distendue par les aliments qu'on y a ingérés. Au contraire, ces aliments viennentils à en être expulsés par l'acte même de la digestion, aussitôt la muqueuso de l'estomac se plisse et se ride de nouveau. \'ue au microscope, la muqueuse stomacale offre une surface hérissée de petites éminences polyédriques qui ont reçu le nom de mamelons. Ces mamelons ont une étendue superficielle qui varie de un à six ou huit millimètres carrés. Ils sont séparés les uns des autres par des rainures connues habituellement sous le nom ûctiHùti*. Toute la surface des mamelons est littéralement couverte par de petites ouvertures qui ne sont pas autre cffosc que les orifices dés innombrables glandes logées dans l'épaisseur de la
membrane muqueuse de l'estomac. Les plus petits mamelons en offrent au moins de soixante à quatre-vingts. Les plus grands en présentent de mille à douro cents. Il suffit quelquefois d'une bonne loupe pour aj>ercevoir ces orifices , mais presque toujours, on no peut s'en faire une idée exacte qu'en les examinant au microscope. Ils sont si petits que leur diamètre ne dépasse pas la cinquantième partie d'un millimètre. Ils ne sont espacés les uns des autres que d'une distance égale à ce diamètre. Tous présentent une forme arrondie. Les orifices des glandes stomacales étaient déjà connuî de Ruysch ; leur multiplicité avait porté co célèbre anatomiste à comparer la surface interne de l'estomac à un crible. Cn autre naturaliste, Hewson, assimilait la même âurface aux alvéoles des abeilles. Nous avons déjà dit que ces orifices no sont pas autre chose que les embouchures des glandes logées dans l'épaisseur de la membrane muqueuse ; ces glandes ont la forme d'un petit tube fermé par une de ses extrémités et ouvert à l'autre. Elles sont pressées les unes contre les autres et perpendiculaires à la paroi de l'estomac. Leur plus grande longueur est d'un millimètre environ ; leur diamètre intérieur n'est que de deux centièmes de millimètre. Elles sont légèrement renflées à leur extrémité fermée. On donne habituellement à ces glandes le nom de fol. lieulct gastriques, c'est à-diro follicules de l'estomac, du mot à la fois grec et latin gaster, qui signifie estomac. Les follicules gastriques sécrètent un liquide qui suinte abondamment des parois de l'estomac, au moment de l'introduction des aliments dans cette cavité. \a suc gastrique est un liquide limpide, de consistanco aqueuse, à réaction acide, d'une saveur à la fois salée et aigrelette, d'une odeur particulière qui a été quelquefois comparée à celle du petit-lait. Le suc gastrique contient de l'acide lactique, du phosphate de chaux, du chlorhydate et du phosphate d'ammoniaque, du chlorure de calcium, et, en outre, une matière particulière qui a reçu le nom de pepsine. La pepsine est un véritable ferment, comme la ptyaline ou diastase animale que nous avons rencontrée dans la salive ; mais tandis que cette dernière substance n'agit que sur la fécule des aliments, la pepsine transforme la fibrine, la chair musculaire, l'albumine coagulée, cn un mot, toutes les substances de nature azotée ; elle rend ces matières solnbles et assimilables. Quant à l'acide lactique qui forme l'un des aliments du suc gastrique, il a pour but de ramollir et dégonfler les matières alimentaires, afin de les rendre plus facilement attaquables par la pepsine.
Quand on ouvre l'estomac d'un animal un jour ou deux après sa mort, on n'y trouve plus de suc gastrique. Toute la paroi interne de cet organe
LK.yiULui'KDIK DES ÉCOLES
est a|qr»i recouverte d'une couche mince, formée par, un liquide alpalio, transparent, el présentant l'aspect de. |a gomme. Ce liquide s'appelle le mucus de leslomac. Est-ce uuo substance différente du suc ga»lrjquc ■ Qn l'avait généralement admis jusque aujourd'hui. Majs, plusieurs expériences de M. Claude 0emard tendent a démontrer que le mucus stomacal n'esl que le résultat d'une altération survenue dans la composition du suc gastrique. Jamais on ne rencontre de mucus quand pn ouvre l'estomac d'un animal dans le temps de la digestion stomacale ; on ne voit alors quo du suc gastrique. Au pontraire vient-on à examiper un estomac quand il est vide de tont aliment et par conséquent dans un moment de repos de cet organe; on y prouve du, mucus en abpnda,nce. N'esl-on pas en droit d'en itérer que le mucus stomacal n'est que du suc gastrique ayant déjà Subi une sorfe de décomposition ?
Dès que les aliments sont arrivés dans l'estomac, ils ne peuvent plus ni rétrograder vers l'oesophage, ni passer dans les intestins; ils sont retenus dans pelle cavité digestive par la contrap lion des fibres musculaires qui entourent l'ouverture cardiaque, et aussi par celle des fibres de même nature qui se voient autour du pylore. Quelques-unes des substances ingérées dans l'estomac y sont immédiatement absorbées par les parois de cetorgaoe, tels sont surtout les liquides, et en particulier l'eau, l'alcool fajble, etc. Certaines matières peuvent séjourner impunément dans l'estomac sans y subir la plus légère altération. Mais la généralité des aliments y éprouve pendant le temps qu'elle y est forcément retenue, d'importantes modifications qui constituent le phénomène de la cbymificaliou. La masse alimentaire commence è s'imbiber de suc gastrique vers sa périphérie. A mesure qu elle en ?ub|t l'inûuence. elle se change on une espèce de bouillie ou pâle de couleur grisâtre, d'une ode.tyr fade toute particulière, et qui a reçu le no,m de chy»^. Quand la couphe superficielle des aliments est çhyroifiéc, un mouvement contrat ti(e des paroi» de l'estomac la pousse vers le pylore et met à nu une nquvelle couche alimentaire, qui siil-it à son tour l'action du suc gastrique. C'est ainsi que de proche eu proche, ioutc lf masse des aliments s'imbibe de ce suc et se convertit en ch,yme. Janl que dure la çhymification, les parois de l'estotuac éprouvent de» contractions dues au resserrement des fibres circulaires de la seconde enveloppe.. Ces congelions ont reçu le nom de inoHcenunù yèrislaUiquet. Los mouvements pérjsta|tiques s'exécutent d'abord de droite à gauche; mais au bout d'un certain temps, ils ont lieu dans un sens opposé ; ils ont pour but d'accumuler le chyme dans la partie de l'estomac la plus voisine du pylore,
Pendant très- longtemps les nalurulielcs ont ignoré en quoi consistait au juste le phénomène de la cbymification : la plupart d'eulre eux ne considéraient cet acto que comme purement mécanique, el l'assimilaient .1 une esuèce de trituration des matières alimentaires dùe au frottement des parois d-î l'estomac Le célèbre anatomiate et physiologiste italien Spallanzani exécuta d'ingénieuses expérience» qui mirent hors de doute cette importante vérité. Jl fit avaler à de» corbeaux de imlits tubes, do petites boites métalliques, criblés de trous ot rempli» d'aliment» ; bien que ces aliment» fussent sou»lraits à tout frottement par la protection d<? l'enveloppe dans laquelle ils étaient enfermés, une fois porté» dans l'estomac de» oiseaux, ils se métamorphosaient en chyme ; le suc gastrique pouvant pénétrer dans leur masse par les ouvertures dont les enveloppes étaient perforée». En tuant eps animaux quelques heure» après qu ils avaient avalé les tubes 00 retrouvait complètement chymiûé* le» aliments dont on le» avait remplis. Après avoir réussi dans cette expérience, SpauW zani en imagina une seconde, grâce à laquelle il put so procurer du suc gastrique nouvellement élaboré : il fit avaler à des oiseaux des morceaux d'épongu auxquels il avait attaché un fil. Aprè» que le» éponge» avaient séjourné quelque temps dans l'estomac de» volatiles, il le» en relirait au moyen du (il et les trouvait tout imbibées de suc gastrique. Il n'y avait plu» qu'à les presser pour en obtenir ce liquide. S'étant procuré par cet artifice une notable quantité de suc gastrique, Spallanzani le mêla dans un verre à de» aliments préalablement mâchés et eut soin de maintenir la température du mélange à 31 pu 33 degrés ; cette chaleur étant celle qui se développe dans l'estomac pendant la cuyraiûcalion. Au bout de quelques heure», Spallanzani eut ta, satisfaction de voir s'opérer sous se» yeux une digestion artificielle complètement identique à la cbymification naturelle. Dès lors, on ne pouvait plus avoir le moindre doute sur l'importance du rôle que joue le suc gastrique dans le phénpmène de la digestion stomacale.
Des observations ultérieure» «ont venues confirmer la découverte de Spallanxaoi. En Amérique, le docteur Beaumont put suivre chez l'homme lu iraème la comparaison de la cbymification avec la digestion artificielle. Un Individu avait élu blessé d'un coup de feu qui lui avait perforé l'estomac. La blessure ne s'était point refermée, môme après la guérison du malade ; de sorte que, au moyen du simple déplacemeni d'un repli de la membrane muqueuse, on pouvait examiner tout ce qui tst passait à ( intérieur de l'estomac. Le docteur Çteauraont voyait le suc gastrique recouvrir la surface interne de cet organe au moment de l ingeslion des aliments. En retirant ces aliments dé» uu'ila
L'ENCYCLOPEDIE DES &COLfi$
s'étaient imprégnés de eu suc, il pouvait çotiltiiuor jlc les faire digérer artificiellement au dehors, absolument comme ils auraient riigOré à l'intcrieur dp |'esiomac. Enfin, le docteur Bcauroonl pouvait enlever directement du eue gastrique de la muqueuse stomacale, et reproduire, comme Spallanzani, tous les phénomènes de la, cbymificatiop.
Le suc. gastrique possède a uu lel degré la propriété de changer en chyme la fibrine des chairs, qu'après la mort il exerce son action sur la muqiieu-c mémo de l'estomac; ce n'est donc que grâce à une sorte dp force vitale que. celle membrane peul se soustraire à son influence, tant que dure la >ie de l'animal ; mais à peine la mort e»tejle survenue, que le s«;c gastrique, agissant sur (a paroi intérieure de l'estomac, comme il le ferait pendant la, vie sur un alimont renfermé dans polio caviié, transforme cette paroi intérieure en une espèce de bouillie grisâtre, complètement identique au chyme, et possédant l'odeur nauséabonde do ce dernier. On voit bien maintenant à quelle cause doit élro attribuée la prompte putréfaction de la muqueuse, stomacale après la mort. Celte putréfaction n'est, à proprement prier, qu'une digestion des parois mêmes de l'estomac.
VAB1ÊTÉS
noms Èt.iUBirrAmK d'archéologie nvtioiïaie
AlùjHtmtHl*. On donne \e non) d'alignements à de \ongucs Wes de mepbire ou de pierres posées, reclilignos ou légèrement ondulées. Le nombre de ces files varie beaucoup suivant les localités; tantôt on n'en compte qu'une seule; d'autrefois on en rencontre deux, trois, quatre, ou même un puis grand nombre, disposées parallèlement les unes aux autres. Presque toujours ces sortes d'avenues sont dirigées de l'est a l'ouest, ou bien encore du nord au sud. 11 existe des alignements surtout en Bretagne, dans le Cornouailjps et en Êçnsse. La Cg. 11 représente celui de Tlouhinec, dirçs le département dit Morbihan. C'est uu des monument les pwa simples <te ce genre. Il ne se compose que de deux rangs do pierres: formant une allée longue d'e™ 35 pas et |gr» de 40. Cette allée se dirige du nord au sud. farmi les, peul vans qu^ eu fpql partie, les uns sont implantés dans la terre et les autres simplement poses sur le sol. Les alignement* les plus célèbres que l'on connaisse sont eo*x de Karnac et d'Ardven dans k>««parlen»ent du Morbihan. Ceux de Karnac sur-
tout sont célèbres à juste titre. Karnac signifie eu breton lieu de r^ers; c'est un petit village situé a dix kilomè(rps au sud-oucat d'Auray. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de rapporter ici la description qu'a donnée des alignements de K irnac et d'Ardcvcn, M. de Fréminvil|e dans son Esxii «rr les nnti<iuit« de h Bntvjn*. % Les alignements de Karnac, dit-il, spqt situés dans une vaste lande, à un quart de lieue du bourg de ce nom : ils consistent en plus do douze penta pierres brutes sur onze fi|es parallèles et s'étende^ du sud-est au nprd-ouest sur une longueur de sept c«n| soixante-trois toises et une largeur de quarante-sept luises. A ja tète des files, c'està-dire, vers l'extrémité, nord-oue-i, contre ja métairie df Mener, est un demi-cercle formé de pierres semblables, quj part de la première file et y a. se terminer à la pnzième, dp sorte que la perpendiculaire à la direction des alignements forme spu diamètre. Cq dpmj-ccrcle que traverse la mé-; tairie est composé de dix-buil pierres. >
1 La majeure partie, ou si l'on veut, les trois quarts environ des pierres qui composent le bizarre asseuMage des monuments de Karnac, sont dp véritables menhirs ou pierres plantées verticalement en terre, et dont les hauteurs varient autant que les formes. Lps plus élevées ont dixhuit à vipgt pieds de haut, beaucoup ont dix ou douze pieds , quelques-uns seulement quatre à cinq. D'autres enfin sont de gros blocs simplement posés, mais dont- la, masse est si énorme que, d'après le cubage, on évalue leur poids à. soixante-dix ou quatre-vingl milliers. »
« Quoique toutes ces pierres soient d'un granit forl dur, elles sont comme rongées par le temps : lours fissures, leurs accidents divers, la mousse ou plutôt les lichens d'un vert pale dont leurs sommets sont couverts, leur donnent l'aspect le plus étrange. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est qU'UU grand nombre de celles qui sont plantées en terre, le sont pour ainsi dire la pointe en bas, c'esi:à-dirc que leur yolume est infiniment plus considérable à leur sommet qu'à leur ba*c, et qu'elles paraissent portées comme sur un pivot. Cette particularité parait intentionnelle de la part de ceux qui les ont érigées, car naturellement on eût du asseoir ces pierres sur leur extrémité la plus pesante et la plus massive, afin de leur donner plus de stabilité ; mais il est impossible de deviner quelle fut cette intention et quel en fut fobjet. »
f La main de l'homme, qui seconde et h;He souvent trop bien les efforts destructeurs du temps, a renversé un grand nombre de pierres de Karnac; ce nombre était autrefois bien plus considérable qu'il n'est aujourd'hui, puisqu'il s'élevait à plus de trois, mille, il *: a environ soixante^ ans.On en
a abattu et employé pour de» constructions modernes. Dans plusieurs endroits, ces dévastations ont eu lieu au point que les files sont interrompues et séparées par d'assez grands intervalles. Mais on les retrouve toujours à quelque distance dans la même direction, jusqu'à ce qu'enfin elles se terminent au sud-est au delà du moulin do Kervart. en se dirigeant vers la Trinité. »
» On est frappé d'étonnement, ajoute M. de Fréminville, lorsqu'on aperçoit pour la première fois la plaine de Karnac avec ses bruyères sauvages, son horizon bordé de bois de pins et surtout avec cette phalange de pierres, cette surprenante armée de rochers uniformes.
» Le nombre de ces pierres, leurs figures bizarres, l'élévation de leurs pointes grises, allongées et mousseuses, qui se dessinent d'une manière tranchante sur la noire bruyère dont la plaine es couverte, enfin la silencieuse solitude qui les environne, tout frappe, tout étonne l'imagination, tout pénètre l'âme d'une vénération mélancolique pour ces antiques témoins des événements qui signalèrent des siècles si reculés.
* D'un peu loin ces pierres plantées debout apparaissent au voyageur comme l'assemblage informe des ruines d'une ville. Mais lorsqu'en ap prochant on remarque la disposition régulière de leurs masses brutes, elles perdent cette apparence pour prendre celle d'une cohorte de géants pétrifiés.
» Les alignements d'Ârdven sont disposés régu lièrement sur neuf files parallèles, se dirigeant encore du nord au sud dans un espace de près d'une demi-lieue d'étendue. Ces rangées de pierre présentent quelquefois des lacunes, parce qu'ici comme à Karnac on en a détruit beaucoup. Quelquefois aussi elles se trouvent interrompues par une baie, un fossé, un sentier; mais elles se retrouvent au delà exactement coïncidantes et se continuent ainsi jusqu'un peu au delà du village de Kercouno, près des bords d'un étang. Il està remarquer qu'en cet endroit, c'est-à-dire vers leur extrémité sud, les alignements, qui d'abord étaient directs, dévient un peu de celle direction et prennent une courbure sensible vers l'ouest.
> De toutes les pierres qui les composent, les unes sont des menhirs verticalement plantés en terre ; d'autres, d'énormes blocs posés simplement sur le sol. Si dans leur totalité ces pierres sont plus nombreuses qu'à Karnac, elles sont aussi en général moins élevées. Les plus hautes se voient aux deux extrémités des files, et n'ont guère plus de dix ou douze pieds, mais elles sont fort grosses.
» Le monument de Karnac nous offre la même siogulariié : les plus hautes pierres s'y voient aux doux extrémités des deux alignements.
» On a vu qu'au commencement de» alignement*
de Karnac était une rangée de pierres disposées en demi-cercle; on n'en trouve pas de pareilles à Ardvcn, mais on y remarque une autre particularité, c'est une ligne droite diagonale qui part de la première pierre de la tète des files et se dirige vers le bourg d'Ardven. Cette rangée diagonale est composée de gros blocs de pierre posés à nu sur le sol, et à chacune de ses extrémités se trouve un menhir.
En présence des alignements, comme à propos de tous les autres monuments celtiques, nous nous adresserons encore la question : A quel usage servaienUilsTMaishélasI notre curiosité nepeut pas plus être satisfaite ici qu'elle ne l'a été en mainte occasion analogue. Les antiquaires se voient contraints d'avouer qu'ils n'ont aucune connaissance des motifs qui ont déterminé nos pères, les Gaulois, à ériger ces monuments extraordinaires. L'imagination reste confondue quand on suppute tout ce qu'il a fallu de peines, de travaux et d'efforts dé toutes sortes pour détacher du sol ces masses gigantesques, les conduire jusqu'au lieu où elles devaient être employées, les dresser ensuite et les disposer par lignes, comme on les voit encore 'aujourd'hui. On n'est pas moins surpris quand on pense à la vive impression dont l'âme est frappée l l'aspect de ces monuments presque cyclopéens. Quoi ! des barbares, dans une ignorance presque complète de tous les arts, ont su captiver l'atlenention des générations actuelles, qui ont pourtant à admirer les innombrables chefs-d'œuvre de 'architecture grecque et de celle du moyen âge ! N'est-ce point parce qu'il y a au fond de notre cœur une propension innée à nous réjouir à la vue de toutes les œuvres qui attestent la puissance de nos semblables t Dans celte situation d'esprit, l'imperfection des détails disparaît à nos yeux, et nous ne voulons plus voir que la grandeur et la magnificence de l'ensemble.
Mebaettb et Hauvw aîné.
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Petit livra de maximes, à l'usage des dcoles. eo conformité de l'emploi du temps, par M. A. Pinet, officier de l'instruction publique, inspecteur de l'enseignement primaire, délégué près de l'Ail centrale, I vol. in-18, pr. eau., M c.
Géographie des écoles primaires, par le mime, vol. in-18, pr. cart., 00 c.
Chei Dezobht et Tandoc, rue des Écoles, 78.
Impriment dt L. Totros cl O», ■ *
L» Dinttewr-Gérani,
A. MBftL&TTB.
fr* Année. *5 janvier 4863. Ho 8.
JOURNAL
DE L'eMICNEMENT PRIMAIRE ET DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
rouf SOUS U MKJCTIOI II
M. A. MERLETTE
f ltïc ecl'Êcolo normale dt Versailles, aDcien maître répétiteur à ladite Uol: ancien directeur d'une Écolfl primaire supérieure . ■ .>».oi«^. . —
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LT.iCTCLOrtMt bis tcous parait tous las dimanches ; ctvjufl nnméic cofj»nU6 t^ges iD-B d'ua;ire.;s:c:i 1 £ colonne; et -ma planche liUiogr affolée.
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SOMMAIRE
Gra m mairt français: Formation du pluriel dsut les noms ; ciercice» sur la formation du féminin dam les tubitanlib. - IHcUe é'ortkographt utuelU : Description d« la Hiulanrfe ni«c. (Suite). - Coimologie <m Otoyropkù ê*pë. rieur* ; Les moiilau»**- — Ctomèlrie . Suite do la théorie de» parallèles; supplément ans théorème* sur l'égalité des triangles . — t'hy tique : du baromètre.— Histoire naturelle : Zoologie; cbylilIcaUan ou âigettioa Intestinale. — Ttchnologù : Suite ée l'agriculture; do bersage el du roulage. — Variété*: Arrncologic national*; monuments funèbres des
Caiilcis, tiunulus.
Nota. Au commencement de l'article d'hiitoire naturelle du dernier otcacro, lis« enymi/lcalio* tu lieu de chylificatton.
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