MARIETTE
HISTOIRE NATURELLE
Chylifi< <ition ou digestion intestinale.
Au iltJà du pylore, l'api>areil digestif se pro longe «n urt long tube dont l'ensemble constitue ce que l'on
rétrécie, l'autre d'un diamètre beaucoup plus considérable. La première se nomme YintetUn grtle: a seconde, le gros intestin. Nous allons étudier successivement ces deux portions du canal intestinal.
De tintestin grêle. L'intestin grêle est la partie étroite et contournée sur elle-même du tube intestinal ; elle commence au pylore P (pl. 7, fig. 11), et se termine en I, point oii elle vient déboucher dans le gros intestin. L'intestin grêle constitue à lui seul les quatre cinquièmes de l'étendue totale de l'appareil digestif. Ses dimensions relatives varient chez les différents animaux ; il est plu9 long et plus large chez les herbivores, et notablement plus court et plus étroit chez les carnivores. En apparence, son étendue superficielle est plus considérable chez les premiers que chez les derniers ; nous disons en apparence, car nous verrons bientôt, qu'en tenant compte des éminences et des cavités que l'on remarque sur In paroi interne de l'intestin grêle, la surface de cet organe est à peu près la même chez tous les animaux, quel que soit d'ailleurs leur régime alimentaire. Chez l'homme, la longueur absolue de l'intestin grêle est d'environ huit mètres ; elleépale cinq fois celle du corps; son diamètre moyen est de deux centimètres et demi à trois centimètres. Dans sa partie supérieure, il atteint trois, trots et demi , et quelquefois mémo quatre centimètres, tandis qu'à sa terminaison dans le gros intestin, ce diamètre ne dépasse pas deux centimètre*. On voit par là que le calibre de l'intestin grêle va en diminuant depuis son origine jusqu'au point où il finit. Les aratomistes ont partagé l'intestin grêle en trois parties : une supérieure, très-courte, à laquelle ils ont donné le nom de duodénum ; une moyenne, beaucoup plus longue, qui a reçu le nom de jéjunum, attendu qu'on la trouve presque constamment vide dans le cadavre ; enfin, une dernière partie, la plus longue des trois, appelée iléon, du verbe j.*rec eiteiu, qui signifie tourner, à cause de sos nombreuses circonvolutions. De ces trois parties, le duodénum est la seule qui so distingue nettement et naturellement des deux autres. Quant au jéjunum et à l'iléon, aucune démarcation n'existe entre eux, et la limite qui les sépare est tout à fait arbitraire. *
Le duodénum était désigné par les Grecs sous le nom de dâdeca~daetylon, mot formé de dôtleca, douze, et dactylos, doigt. Lo duodénum avait été. ainsi nommé parce que sa longueur avait été estimée à doute travers de doigt. Le duodénum est la partie du canal intestinal qui so trouve située le plus profondément. C'est dire qu'elle est la pli» voisine de la colonne vertébrale. Son calibre étant supérieur à celui du jéjunum et de l'iléon,
circonstance l'a bit regarder par certains auteurs comme un second estomac, auquel ils ont donné le nom à' estomac succenturiè. Le duodénum présente deux coudes, el est formé, par conséquent, de trois parties bien distinctes.
Le jéjunum et l'iléon constituent l'intestin grêle proprement dit; ces deux parties, entre lesquelles il n'existe aucune séparation, composent un seul et même tube, très-long et très-flexueux, dont les replis forment une masse flottante, qui remplit la presque totalité de l'abdomen. Le jéjunum el l'iléon sont logés dans un repli de la membrane séreuse appelée péritoine. Ce repli lui-même a reçu le nom de mésentère. L'intestin grêle est formé, comme l'estomac, de quatre enveloppes ou tuniques. Ces quatre enveloppes sont, en allant du dehors au dedans, la tunique séreuse, la tunique musculeusc, la tunique celluleuse, et la tunique interne ou muqueuse. Toutes présentent la plus grande analogie avec les enveloppes de l'estomac, auxquelles on a donné des noms identiques. La tunique muqueuse est la plus importante des quatre. Sa surface interne a un aspect velouté ; elle présente de9 replis, improprement appelés valvules conniventes, des saillies désignées sous le nom de villosités, des glandes de trois espèces différentes et enfin des vaisseaux et des nerfe.
Les valvules conniventes, ainsi nommées du mot latin connivere, qui veut dire clignoter, fermer a demi, sont des replis permanente de la tunique interne de l'intestin grêle, disposés perpendiculairement à l'axe de cet intestin. Nuls sur la première portion du duodénum, ils ont acquis leur plus grand développement au niveau de l'union de la seconde partie avoc la troisième. Ils sont tout aussi nombreux sur le tiers supérieur de l'intestin grelo ; puis, ils commencent à devenir plus rares el finissent par disparaître sur les dernières circonvolutions de l'iléon. On estime que leur nombre total s'élève à huit ou neuf cents. Les valvules conniventes ont pour usage d'accroître la superficie de la muqueuse intestinale. De cet accroissement résultent deux avantages : 1» les glandes qui sécrètent les sucs destinés à opérer la chylification, se trouvent en plus grand nombru ; S* les points do contact entre le chyle assimilable et la surface absorbante sont beaucoup plus multipliés. Si l'on déplissait totalement Ire valvules conniventos échelonnées le long de la paroi intérieure de l'intestin grêle, on trouverait que ce tube double par là de longueur dans sa première moitié et augmente d'un sixième dans la seconde. De la sorte, sa longueur absolue est portée de huit mètres ii treize ou quatorze. Quand les replis de la muqueuse intestinale ?ont ainsi développés, son étendue superficielle est au moins égale à onze mille centimètres carrés.
Des villosités. Les villosités sont des saillies qui garnissent toute la surface libre de la tnnique interne de l'intestin grêle. On les rencontre à la fois sur les valvules conniventes et dans les intervalles qui séparent celles-ci. La forme des villosités est extrêmement variée. Il y en a de coniques, de clavi formes, et d'autres lamelleuses qui ressemblent à de petites crêtes. Les villosités qui affectent cette dernière forme occupent surtout la parlie supérieure de l'intestin grêle. Le volume des villosités est bien moindre chez les animaux herbivores que chez les carnivores. De là vient que si l'on tieot compte de leur surface, l'étendue de la muqueuse intestinale est presque aussi considérable chez ces derniers que chez les premiers. On estime que chez l'homme, le nombre des villosités dépasse dix millions. Ce chiffre vraiment extraordinaire bit suffisamment comprendre comment les villosités augmentent d'une manière prodigieuse la superficie do l'intestin grêle. La longueur de la membrane muqueuse de cet intestin n'est que de huit mètres quand elle n'est pas déplissée ; lorsque ses valvules conniventes sont dédoublées, cette longueur atteint treize mètres; mais elle s'élèverait à vingt-six mètres, si l'on pouvait étaler toutes tes villosités à l'instar des valvules conniventes. Comme l'on connaît le diamètre moyen de Tinter tin grêle, il est facile maintenant de calculer la surface libre de sa tunique muqueuse. On trouve qu'elle équivaut à plus de vingt mille centimètres carres, el qu'en conséquence elle a une étendue presque double de celle de l'enveloppe cutanée ou peau extérieure de l'homme. Toute villosité se compose d'une membrane enveloppante ou èpithilium et d'une substance propre dans laquelle se ramifient des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques el probablement aussi des nerfs. Lu substance prupiedes xiilosités recouvre complètement les vaisseaux de toute nature disséminés dans leur épaisseur. Les artères qui appartiennent à chaque villosité sont très-nombreuses, d'an très-petit diamètre et beaucoup plus rapprochées de sa surface que de son centre. Au contraire, les veines qui en font partie sont placées plus intérieurement. Elles se réunissent en deux on trois branches, lesquelles finissent par ne plus former qu'un seul tronc relativement très-volumineux el occupant le centre de la villosité.
Malgré les nombreuse» tentatives faites par \e> anatomistes pour découvrir les vaisseaux lymphatiques que doivent posséder indubitablement les villosités, on n'est jamais parvenu è apercevoir ces vaisseaux. Tout porte à croire cependant que leurs ramifications les plus ténues forment à la superficie de chaque villosité an réseau délicat C'est probablement à travers la paroi des tul>o> qui composent ce réseau que s opère lab*>r|Ai©n