THEORIE DE LA MULTIPLICATION
Pour faire la multiplication des nombres entiers, nous distinguerons trois cas :
4 « cas. Le multiplicande et le multiplicateur n'ont qu'un seul chiffre.
2* cas. Le multiplicande a plusieurs chiffres, et le multiplicateur n'en a qu'un seul.
3* cas. Le multiplicande et le multiplicateur ont plusieurs chiffres.
4" cas. Le multiplicande et le multiplicateur n'ont qu'un seul chiffre.
Soit 7 à multiplier par 4. D'après la définition de la multiplication, il fout ajouter le multiplicande 7 à lui-même autant de fois qu'il y a d'unités dans le multiplicateur 4. Or, dans le multiplicateur 4 il y a quatre unités. Donc, pour avoir le produit demandé, il faut ajouter 7 quatre fois à lui-même, ce qui revient à faire une addition dans laquelle 7 sera écrit quatre fois au-dessous de lui-même. Faisant celte addition, nous trouverons 28 pour résultat ; donc 28 est le produit demandé.
Remarque. II est nécessaire de savoir par cœur les produits que l'on obtient en multipliant tous les nombres d'un, seul chiffre les uns par les autres. On trouve ces produits dans un tableau appelé table de Pythngore, et que l'on construit de la manière suivante. Sur une môme ligne horizontale, on écrit les neuf premiers nombres entiers. En ajoutant chacun do ces nombres à lui-même, on obtient neuf nouveaux nombres. On écrit chacun d'eux au-dessous du nombre de la première ligne qui a servi à le former. Cela donne une secondo ligne horizontale. On ajoute ensemble les nombres des deux premières lignes qui se trouvent dans une même colonne verticale. De là, neuf nouveaux nombres que l'on place dans une troisième ligne
horizontale, chacun dans la colonne qui a servi à le former. Ensuite, on ajoute chacun des nombres de la première ligne horizontale à celui de la troisième qui se trouvo au» dessous de lui. On pose le résultat au-dessous de ce dernier nombre. On obtient par là une quatrième ligne horizontale. On forme de même la cinquième ligne et les suivantes jusqu'à la neuvième. On dresse de U sorte le tableau ci-dessous :
Table de Pytkagore.
Voici comment on se sert de la table de Pylhagore. Soit à trouver le produit de 5 par 4. On met un doigt sur le chiffre 5 de la première ligne horizontale et un autre doigt sur le 4 de la première colonne verticale. Ou descend le premier doigt verticalement, et on avance le second horizontalement; le nombre qui se trouve à la rencontre des deux doigts est lo produ-'t demandé. Ici on trouve 20. Ce nombre est en effet le produit de 5 par 4. Pour le démontrer, suivons la colonne verticale qui contient le multiplicande 5. Le deuxième nombre 40 de cette colonne a été obtenu en ajoutant 5 deux fois à lui-même. Le troisième nombre 45 a été obtenu en ajoutant 5 à 40, ce qui fait la même chose que d'ajouter 5 trois fois à lui-même, puisque 40 est le résultat qu'on obtient en ajoutant 5 deux fois à lui-même; enfin le quatrième nombre 20 a été obtenu en ajoutant 5 à 45, ce qui fait la même choie que si l'on ajoutait 5 quatre fois i lui-même. 20, étant égal à 4 fois 5, est donc le produit demandé. On obtiendrait d'une manière analogue tout autre produit de deux nombres d'un seul chiffre.
2e Cas. Le multiplicande a j4u*ieurs chiffres et le multiplicateur n'en a qu'un seul.
Soit ù multiplier 5738 par 6. D'après la définition de la multiplication, multiplier 5738 par 6, c'est ajouter lo multiplicande 5738 à lui-même
autant de fois qu'il y a d'unités dans le multiplicateur 6. Or dans 6, il y a six unités, donc il faudra ajouter 5738 six fois à lui-même. Cela revient évidemment à effectuer une addition dans laquelle le nombre 5738 sera écrit six fois. Faisons cette addition :
Aussitôt qu'elle est posée, je remarque quo chaque colonne verticale est composée du môme chiffre répété autant de fois que le multiplicande est écrit au-dessous de lui-même. Ainsi la première colonne de droite contient 6 fois'8 ; la deuxième contient 6 fois 3, et ainsi de suite. Donc, dès que le nombre 5738 est donné, on connaît la composition de chacune des colonnes do l'addition que l'on a à faire. Comme d'ailleurs le total de chaque colonne est connu immédiatement par la table de Pythagore, il est inutile de poser cette addition. Il suffira d'écrire 5738 une seulo fois, et de se figurer qu'il est écrit 6 fois. On mettra un 6 sous 5738 pour mieux se rappeler la chose, et l'on commencera l'addition des colonnes comme si elles étaient réellement écrites. On dira : la première colonne est composée de 6 fois
8 unités, donc elle donnera pour total 48 unités. On posera 8 et on reportera le 4 à la colonne suivante, sur laquelle on opérera de même, et ainsi de suite. Do là on conclut la pratique suivante :
Écrivez le multiplicateur sous les unités du multiplicande ; puis multipliez successivement chacun des chiffres du multiplicande par le multiplicateur, en posant les unités de chaque produit partiel sous le chiffre du multiplicande dont il provient, et en reportant les dizaines au produit partiel suivant. Arrivé au dernier produit partiel, écrivez-le tel quo vou3 l'aurez trouvé.
Exemple. Soit 987 X 6. Ayant disposé l'opéraration comme on le voit ici :
On dit : 6 fois 7 font 42 : je pose 2 sous les 7 unités du multiplicande et je retiens 4 ; 6 fois 8 font 48 et 4 font 52, jo pose 2 et retiens 5 ; 6 fois
9 font 54 et 5 de retenue, 59. Co produit partiel étant la dernier, on le pose tel qu'on l'a trouvé et l'on a pour produit demandé : 5922.
Merlbttb et Hauvion aîné.
GÉOMÉTRIE ÉLÉMEISTAIRE
THÉORÈME SUR LES ANGLES QUI ONT LEVES COTÉS PARALLÈLES OU PERPENDICULAIRES.
90. Théorème. '—Quand deux angle* ont leurs côté* parallèle* et dirigée dans le mime sens, ils son t égaux.
Soient les deux angles ABC et DEP (planche 9, fig. 4). On suppose que ces deux angles ont leurs côtés parallèles chacun à chacun, et il but prouver qu'ils sont égaux. Pour cela, prolongeons le côté DE jusqu'à ce qu'il rencontre BC au point G. Les deux angles ABC et DGC sont égaux comme correspondants formés par les parallèles AB et DG et la sécante BC. Les angles DEK et DGC sont aussi égaux comme angles correspondants formés par les parallèles EF et BC et la sécante DG. Les deux angles ABC et DEF sont donc tous les deux égaux à l'angle DGC. Mais deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles ; donc l'angle ABC égale l'angle DEF.
94. Théorème. — Quand deux anglet ont leurs eûtes parellèUs et dirigés en sens contraire, ils tant égaux.
Soient les deux angles ABC et DEF (fig 2). On suppose que ces deux angles ont leurs côtés parallèles chacun à chacun et dirigés en sens contraire, et il faut prouver qu'ils sont égaux. En effet, les angles ABC et EFC sont égaux comme correspondants formés par les parallèles AB et EF et la sécante BC. Les angles DEF et CFB sont égaux commo alternes-interne» formés par les parallèles DE et BC et la sécante LF. Par conséquent les angles ABC et DEF sont tous les deux égaux à l'angle CFE. Mais deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles; donc les angles ABC et DEF sont égaux.
92. Définition. — On dit que deux angles «ont supplémentaires quand leur somme est égale à deux angles droits.
93. Théorème. — Quand les côtés de deux angles sont parallèles chacun à chacun, et que deux de ces côtés sont dirigés dans te même sens, tandis que Us deux autres le sont en sens contraire, ces deux angles sont supplémentaires.
Soient les deux angles ABC et DEF (fig. 3). On suppose que les deux côtés AB et DE sont parallèles et dirigés en sens contraire; et que les côtés BC et EF boni parallèles et dirigés dans le même sens, et il faut prouver que les deux angles ABL
L'ISCYGMIPEDIB DES ÉCOLES
ctDEF 6ont supplémentaires. Pour cela, prolongeons le côMi DE. La somme des angles DEF ei HEF vaut deux droils, d'après un théorème précédent ; par conséquent ces deux angles sont supplémentaires. Les angles ABC et EDC sont égaux comme correspondants formés par les parallèles AB et ED et la sécante BC. Les deux angles EDC et HEF sont égaux comme correspondants formés par les parallèles EF et CD et la sécante HD. Le> angles ABC et HBF étant égaux à l'angle HDC, sont égaux entre eux. Hais l'angle IIEF est le sup plémeot de l'angle DBF ; par conséquent l'angle ABC qui égale l'angle HEF, est le supplément de DEF. Donc, les angles ABC et DEF sont supplémentaires.
94. Définition. — Étant donnés deux angles ayant leurs côtés respectivement perpendiculaires, nous dirons que deux cotés perpendiculaires sont concourants , quand, en parlant des sommets des deux angles, ils s'agrandissent en allant a la rencontre l'un de l'autre; nous dirons qu'ils sont non concourants, quand, en parlant des sommet> des deux angles, ils s'agrandissent en s'éloignant l'un de l'autre.
Soient, par exemple, les deux angles ABC et DEF <flg. I). On suppose que ces deux angles ont leurs cotés perpendiculaire*. Le» côtés de ces angles sont concourant*, car les côtés AB et DE s'agrandissent en allant à la rencontre l'un de l'autre. 11 en est de même des deux cotes BC et EF. Au contraire, les deux angles ABC et DEF (ng. 5> ont leur* cotés non concourants, car le eôié AB, qui est perpendiculaire *ur te côté EF, s'agrandit en Ken* contraire de ce même côté EF; il en e»t de même des côté* BC et DE.
95. Théorème. — Quand deux angle» ont leurs rôtis resparthement perpendiculaires et concourants chacun à chacun, ils sont égaux.
Soient les deux angles ABC et DEF (lie. 6). Leurs côtés sont supposés perpendiculaires et concourants chacun à chacun, et il laut prouver que. s'il en est ainsi, ces deux angles sont égaux. Poui cela, considérons le.-» deux triangles DCB et CEF Les angles ECF cl BCD sont égaux comme opposés par le somme*. , uv- angles BDC et CEE sont égaux comme droits. Voila deux triangles qui ont deux angles égaux chacun à chacun, donc les troisième* angles sont égaux, donc les angles DBC et CEI' sont égaux.
•0. Théorème. — (htmi deux angles ont leurs cUtes respettirement perpendiculaires et non concourants chacun à chacun , il* sont égaux.
Soient les deux angles ABC et DEP (fig. 7). On suppose que le côté AB est perpendiculaire sur le
côté BF ; que le côté BC est perpendiculaire sur le côté DE ; et que, de plus, ces côtés «ont non concourant*. 11 faut prouver que, s'il en est ainsi, ces deux angles sont , égaux. Pour cela, prolongeons les côtés de l'angle DEF dans le sens opposé a celui dans lequel ils s'accroissent. L'angle HEK, formé par ce prolongement des côtés de DEF, égale l'angle DEF, car ces deux angles sont opposes par le sommet. D'après le théorème précédent, les angles HEK et ABC sont égaux; par conséquent les angles ABC et DEF sont aussi égaux, puisque deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles.
97. Théorème. — Quand deux ongles out leurs eûtes respectivement perpendiculaitvs chue nu ù chacun, et que /»rwi ces cttcé il y en a da«jr ranf* et deux non eiincourmUs , cés deux ar sont supplémentaires.
Soient les deux angles ABC et DEF (6g. %). On suppose que ces deux angles ont leurs côtés perpendiculaires chacun à chacun, que les deux côté* BC et DE sont concourants, et que les deux autres côtés AB et EF sont non concourants : il faut prouver que. s'il en est ainsi, les deux angles ABC et DEP sont supplémentaires. Poor cela, prolongeons le côté EF de façon qu'il rencontre le côté AB. Soit BK c* prolongement. Les deut angles KED et DEF valant ensemble deux droits, sont supplémentaires. Mais les angles ABC et KED sont égaux, puisqu'ils ont leurs côtés perpendiculaire* et concourants. Donc, puisque KED est le supplément de DBF, l'angle ABC, qui égale KED. est bus?» le supplément de DEF ; par conséquent, les deux angles ABC et DEF sont supplémentaire*.
lUuvioN ainé.
ciiiMii;
DE LUÏDIUXitNK.
Préparation de rhadrogéne. — Ken que rhydro» gène doive être incontestablement rangé dans m clause des métaux, noosl'étudieronsdès à présentir cause do rôle important qu'il a en rhimie et aossi parce qu'on le trouve en très-grande abondance dans la nature. Voyons d'abord comment on le prépare. Dans un flacon à deux tubulures F (fig. 9), on met trois choses, savoir : de l'eau, du zinc et de l'acide sulfurique. On introduit d'abord l'eau et les morceaux de zinc; ensuite on verse peu
L'ENCYCLOPEDIE DES tiCOLRS
à peu betoii le besoin de r acide sulfurique par le tube à entonnoir T, adapté, à l'une des deux tubulure». Ce tube descend jusqu'au fond du ÛauoB. De la seconde tubulure part- un tube abducteur A, destiné à conduire le gaz dan» une éprouvette £, disposée sur la cuve à eau. L'hydrogène se dégage aussitôt et sans qu'il soit noces&aire de chauffer le flacon. Voici ce qui a lieu dès qu'on a mis en contact l'eau, le zinc et l'acide sulforique : l'esu, qui est une combinaison d 'oxygène et d'hydrogène, se dédouble en ses deux éléments : l'oxygène se porte sur le rinc pour former de l'oxyde de zinc, lequel s'unit à l'acide sulfurique pour produire un sel, le sulfate d'oxyde de aine, qui reste dans le flacon. Quant a l'hydrogène, second élément de l'eau, il devient libre et traverse le tube abducteur pour se rendre dans réprouvette. Quelle est la cause qui a provoqué dans cette circonstance la décomposition de l'eau? C'est l'affinité. On donne ce nom à la tendance naturelle qui porte certains corps tels que l'acide sulforiqne et l'oxyde de zinc, par exemple, à s'unir entre eux pour donner naissance à un corps nouveau. Il existe, en effet, une loi générale de la chimie que l'on peut formuler île la manière suivante : toutes les fois que j>lttsienrs corps xont en présence, et qrte par l'érhatuje de leurs éléments il peut se former de nonceirur comfmès ayant entre eujr une tpimde affinité, ces ntmttanx composés je forment preupi» toujours. Or. ce principe est applicable au cas qui nous occupe, car les éléments de l'oxyde de zinc, c'est-à-dire l'oxygène et le zinc, se trouvent dans le flacon, et de plus l'oxyde de zinc a une très-grande nftinité pour l'acide sulfurique qui s'y rencontre également. Il résulte de là que cet oxyde dezinr doit se former par la décomposition de l'eau en ses deux éléments; mais l'un de ces deux éléments, l'hydrogène, n'étant pas placé dans des conditions favorables pour entrer de nouveau en combinaison, demeure à l'état libre et se dégage. En représentant l'hydrogène par H, l'eau pourra l'être par 110, car nous verrons plus lard qu'elle contient une mesure ou équivalent d'hydrogène et une mesure d'oxygène. Notons de plus que l'on représente le zinc par Zn, et l'acide sulfurique par S03. Tout cela bien entendu, on se rendra compte •delà préparation du gaz hydrogène à l'aide de légalité ou équivalence suivante :
110 + *t + S03~Jta 0,503 +U.
Propriétés physiques de nnjdrotjéne . — L'hydrogène est un corps gazeux, incolore, inodore quand il est pur. Jusqu'à présent, on n'est pas parvenu à faire passer l'hydrogène h l'élat liquide ; a plus forte raison ne l'a-l-on pus encore obtenu à l'état solide. Les froids les plus grands que l'on sache produire, les pressions les plus considérables aux-
quelles il ait été permis de le soumettre, n'ont • mené sous ce rapport aucun résultat. On exprime co fait en disant que l'hydrogène est un gax ptrmuntmt. L'hydrogène est le plus léger de tous les corps que l'on connaisse. Sa dessité comparée à celle de l'air est do 0,0699. Cela veut dire que ai l'on prend un vase pouvant contenir juste I gramme d'air et qu'on le remplisse d'hydrogène, il contiendra un poids de ce dernier gaz égal h 899 dix milligrammes. Un litre d'hydrogène pesant 0 gr. 0896, et un litre d'air | gr. 293, on en conclut que l'hydrogène «et environ quatorze fois «l demie plus léger que l'air atmosphérique. L'hydrogène est très-peu soluble dans l'eau, qui n'en dissout qu'un centième et demi de son volume.
Propriété» chimique* de Thydronène. — L'hydrogène n'entretient pas, comme l'oxygène, la combustion des corps ; mais par contre, il est lui-même éminemment combustible. Si l'on approche une bougie allumée de l'orifice d'une épromclle remplie d'hydrogène, on voit ce gaz s'emllammcr aussitôt. Il brille alors avec une flamme si pille qu'il est quelquefois assez difficile de l'apercevoir. Mais, malgré son peu d'éclat, celte flamme dévelopj» «ne chaleur extraordinaire. Tontes les fois que l'hydrogène brûle au contact de l'air ou, en d'autres termes, toutes les fois qu'il se combine avec l'oxygène de Pair, on a de tenu pour résultat de la combustion. C'est ce que démontre de la manière h» phis péremptoiro l'expérience suivante :
Dans un flacon à deux tubulures F (flg. 10}, on met tout ce qui est nécessaire pour obtenir de l'hydrogène. De ht seconde tubulure de co flacon part un tube destinéà amener le gaz dans un autre tul>e T, d'un calibre plus considérable et contenant des fragmente d'une substance desséchante quelconque. On appelle substance desséchante toute matière ayant beaucoup d'affinité pour l'eau, et retenant cette eau pour se combiner avec elle, dès qn'elle en subit le contact. La substance desséchante le plus souvent employée est le chlorure de calcium fondu, corps formé de chlore et d'un métal appelé calcium. Après que l'hydrogène a traversé le tube T et qu'il y a déposé toute Phumtdilé qu'il avait pu entraîner à sa sorliedu flacon, il entre dans un tube abducteur A, effilé en pointe à son extrémité, et percé à celte même extrémité d'un très-petit orifice. Après avoir laissé le jet d'hydrogène 9'êcoufcr pendant un certain temps par cet orifice, on l'allume ; pendant qu'il brûle, on place au-dessus une clocho bien sèche. Les parois de cette cloche ne lardent pas à se convrir d'une espèce de rosée qui, ensuite, se convertit en gonttelettes d'eau très-distinctes. Au bout de quelque temps, ces gouttelettes ruissellent sur la cloche. Bn prolongeant l'expérience pendant quelques heures, on obtiendrait une notable quantité d'eau.
L'expérience que nous venons de rapporter n'est donc pas autre chose que celle qui réalise la combustion de l'hydrogène, et l'on a pour résultat de celte combustion le corps qui porte ordinairement le nom d'eau et qui n'est, aux yeux des chimistes, que le protoxyde d'hydrogène.
Au lieu d'opérer la combustion de l'hydrogène en faisant brûler ce gaz dans l'air atmosphérique, on peut encore le combiner avec l'oxygène pur de la manière suivante : on remplit un flacon ordinaire d'un mélange d'oxygène et d'hydrogène. Ce mélange, pour une raison que nous verrons tout à l'heure, a reçu le nom de gaz tonnant ou détonnant. Rien de plus facile que de l'obtenir. Au moyen d'un tube abducteur, on amène de l'oxygène dans un flacon disposé sur la cuve à eau, à la manière d'une éprouvette. Quand le tiers du flacon est rempli d'oxygène, on cesse d'y faire arriver ce gax, et au tube abducteur qui servait à l'introduire, on en substitue un second qui dégage de l'hydrogène. On achève de remplir le flacon avec ce dernier gaz. Cela fait, on bouche le flacon sous l'eau, puis on le retire. On possède alors un mélange de gaz détonnant. Il n'y a plus qu'à l'enflammer pour opérer la combustion de l'hydrogène par l'oxygène pur. A cet effet, on enveloppe le flacon d'un linge, on enlève le bouchon qui le ferme, puis on approche rapidement son orifice d'une bougie allumée. Il se produit immédiatement une détonation comparable à un coup de pistolet. Après la détonation, il n'y a plus dans le vase de gaz tonnant, mais seulement quelques gouttelettes d'eau provenant de la combinaison chimique de l'hydrogène avec l'oxygène. Nous avons vu que pour obtenir le gaz détonnant, on avait rempli un tiers du flacon avec de l'oxygène et les deux autres tiers avec du gaz hydrogène. Concluons de là que l'eau résulte de la combinaison d'une mesure d'oxygène avec deux mesures d'hydrogène. Notons en passant la simplicité du rapport existant entre les volumes d'oxygène et d'hydrogène susceptibles de se combiner intégralement. Bien des fois, dans le cours de nos éludes de chimie, nous reconnaîtrons celte même simplicité de rapports entre les volumes de deux gaz qui se combinent. De là celte belle loi géuérale formulée pour la première fois par Gay-Lussac : Lorsque deux gaz êlémentairei se combinent, leurs volumes ont entre eux des rapports numériques très-simplet. Ces rapports sont le plus souvent de 4 à ou de I à 2. Ajoutons, pour compléter la loi, quo, quand le corps résultant de la combinaison est à l'état gazeux, son volume présente aussi un rapport très-simple avec la somme des volumes des deux gaz composants.
Il nous reéte à expliquer la cause de la détonation dont a été accompagnée la combinaison chide l'oxygène et de l'hydrogène. D'abord, il
n'y a pas eu qu'une détonation ; il s'en est produit réellement deux. Mais elles se sont succédé de si près, que l'oreille n'en a perçu qu'une seule. Ainsi, la seconde détonation a commencé juste au ment où finissait la première. Quelle est la • de celte première détonation? La voici : A l'approche de la bougie allumée, le mélange gazeux s'est démesurément dilaté el a débordé du flacon pour aller heurter l'air extérieur. De ce choc, est résultée la première détonation. Elle s'est produite par la même cause qui fait naître le bruit qu'on entend quand on donne un coup do fouet dans l'air. Ce bruit est du à l'état de vibration dans lequel entrent alors les molécules de l'air atmosphérique. Voici maintenant comment s'explique la seconde détonation. A peine l'oxygène et l'hydrogène se sont-ils combinés sous l'influence de la chaleur, qu'au lieu d'être à l'état de gaz comme auparavant, ils se sont changés en un liquide occupant un volume deux mille fois plus petit que le volume du gaz primitif. En un mot, le gaz qui remplissait tout le flacon n'a fourni que quelques gouttes d'eau, à peine capables d'en mouiller l'intérieur. De là un vide en quelque sorte complet dans ce vase. L'air atmosphérique, en vertu de sa force d'expansion, s'est précipité pour remplir ce vide, et en venant frapper avec force les parois du flacon, il a donné lieu à la seconde détonation. Ce doublo fait «"étant accompli, pour ainsi dire, instantanément, on n'a éprouvé que la sensation d'une détonation unique.
Lampe philosophique. — Si, à la seconde tubulure d'un flacon destiné à la préparation de l'hydrogène, on adapte un tube droit effilé à son extrémité libre, et percé à celte extrémité d'un très-petit orifice, il s'en dégagera un courant d'hydrogène. En allumant ce courant un certain temps après que le dégagement aura commencé, et cela afin d'éviter que l'oxygène de l'air contenu dans le flacon ne forme avec l'hydrogène naissant un mélange détonnant, on verra le jet de gaz hydrogène brûler avec une flamme pâle, et on réalisera de la sorte le petit appareil désigné sous le nom de lampe philosophique. Au lieu d'allumer directement lo courant d'hydrogène, si l'on place sur son trajet un petit morceau d'éponge de platine, laquelle n'est autre chose que du platine métallique, réduit en poudre et rendu par conséquent trèsporeux, on verra l'hydrogène s'accumuler dans les pores de l'éponge, au point de rendre celle-ci incandescente. Dans cet état, elle enflammera le gaz par son simple contact. Avant l'invention des allumettes phospboriques, on utilisait cette propriété de l'éponge de platine pour construire des briquets, dits briquets à gaz hydrogène.
Harmonica chimique. — En plaçant le jet enflammé de la lampe philosophique dans l'intérieur
d'un long et large tube que l'on promène verticalement au-dessus de ce jet, on entend une série de soos dont l'ensemble constitue ce que l'on nomme (harmonica chimique. Chacun de ces sons «»t dû à la combinaison d'une petite quantité d'hydrogène avec l'oxygène de l'air atmosphérique contenu dans le tube. Ce phénomène n'est que la reproduction, sur une petite échelle, do celui qui a lieu quand on enflamme un mélange détonnant.
Action de l'hydrogène sur l'économie animale. — L'hydrogène est un gaz tout à fait impropre à la respiration, mais il n'est pas vénéneux : c'est dire qu'il lue par asphyxie, et non par empoisonnement. Quand on respire de l'hydrogène parfaitement pur, aussi longtemps qu'on puisse lo faire sans amener de trouble sérieux dans l'économiei il survient une extinction de voix, qui ne disparaît qu'au bout de quelques heures, ou même après un temps plus considérable.
Découverte de l'hydrogène. — Dès le seizième siècle, les alchimistes avaient entrevu l'hydrogène; mais ce ne fut qu'en 4766 que Cavcndish lit connaître les propriétés de ce gaz, auquel il imposa le nom de gaz inflammable. Lorsque l'on créa la nomenclature chimique, on lui donua celui d'hydrogène. Le mot hydrogène est tiré de deux mots grecs, hyrfor, eau, et gemiô, jo produis ; hydrogène signifie, par conséquent, générateur de l'eau.
État naturel de Chydroyine. — L'hydrogène no se rencontre jamais à l'état libre dans la nature mais il y est abondamment répandu à l'étal de combinaison. Ou le trouve dans l'eau, dont il forme les deux tiers en volume. Sur neuf grammes de ce liquide, il y a un gramme d'hydrogène et 1iuit d'oxygène. L'hydrogèue entre dans la composition de tous les êtres organisés, tant animaux que végétaux. Il s'y trouve uni à l'oxygène, à l'azote et au carbone. On peut juger par là avec quelle profusion il est disséminé à la surface du globe.
Usage de (hydrogène. — L'hydrogène pur n'est guère employé que dans les laboratoires. On s'en sert surtout comme d'un désoxygénant, c'est-àdire comme d'un corps capable d'enlover l'oxygène à un grand nombre de substances qui en contiennent. Ënûn, l'hydrogène est encore quelquefois employé pour gonfler les ballons aéroslaliques ; mai9 pour ce dernier usage, on lui préfère aujourd'hui le gaz que l'on ext-ait de la houille. Ce gaz possède à la vérité une densi», i plus considérable que celle de l'hydrogène; on y a néanmoins recours, parce qu'on peut s'en procurer plus facilement et à meilleur marché.
Merle tte.
HISTOIRE NATURELLE