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SUITE DE LA CHYLIFICATION OU DIGESTION INTESTINALE

Dans lo but de montrer par quelles voies merveilleuses et simples tout à la fois la Providence parvient à ses fins, nous avons exposé avec plus de détails qu'on ne fait d'ordinaire la structure do l'intestin grêle. Indépendamment de l'existence des valvules commentes et des villosilés, nous avons signalé celle de trois sortes do glandes qui • déversent leur produit dans l'intérieur du tube intestinal. Ces glandes sont celles de Brunner, celles do Lieberkiihn et les plaques de Peyec. La diversité de leur organisation nous porte à croire que chacune d'elles sécrète un liquide particulier, remplissant un rôle spécial dans le phénomène de la chylification. Mais, dans l'état actuel de la science, on ne saurait dire au juste quelles sont les modifications que fait subir au chyme chacun des liquides que produisent ces diverses glandes. Comme ils ne doivent pas tarder à se réunir tous ensemble, on est convenu de donner à la liqueur mixte provenant de leur mélange le nom de suc • intestinal. L'aboudance de ce suc suffit pour faire comprendre toute son utilité dans l'importante transformation dont l'intestin grêle est le siège. Mais le suc intestinal n'est pas le seul agent de la chylification. Tout près du duodénum, il existe deux glandes, dont chacune sépare de la masse du sang et élabore une humeur que des canaux excréteurs appropriés versent à l'intérieur de l'intestin grêle. Ces deux glandes sont : le foie et le pancréas.

Du foie. Le foie F, planche 7, fig. 44, est une glando volumineuse, d'une couleur brun foncé, située dans l'abdomen immédiatement au-dessous du diaphragme, et principalement du côté droit du corps. Dans les premiers temps de la vie, le foie est un organe médian, composé de deux parties symétriquement disposées de chaque coté de la colonne vertébrale. Mais lo développement ultérieur de ces deux parties du foie passe par des phases bien différentes. En effet, le plus souvent la portion gauche ne tarde pas à s'atrophier, c'està-dire à diminuer de f lus en plus. A une certaine époque de la vie, elle a si complètement disparu qu'on n'en trouve plus la moindre trace. Au contraire, la moitié droite du foie augmente de plus en plus de volume et finit par composer la presque totalité de cet organe. Pourtant il est des hommes et des animaux chez lesquels les choses se passent

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d'une manière inverse. Chez eux, et par exception, c'est la partie droite du foie qui diminue insensiblement de volume, jusqu'au point de devenir, pour ainsi dire, invisible, tandis que la partie gauche acquiert peu a peu les dimensions auxquelles dans l'état normal, la partie droite aurait du parvenir. Co phénomène nmlraire à l'état des choses, mais n'entravant en rien les fonctions vitales, constitue une monstruosité connue sous le nom d'Wlé roHirit. Le mol hétérotaxie est formé -de» deux mots grecs heteroe, Hulre, et fart*, ordre, place, arrangement. L'hétérolaxie n'est donc qu'une sorte de déplacement survenu dans la situation habituelle des organes ou viscères de l'abdomen. L'hétérotaxie a été quelquefois observé dans l'espèce humaine. Les individus qui présentent cette anomalie accomplissent tout aussi facilement que les autres les doubles fonctions de lu vie de relation et de la vie végétative. Ils ignorent même le plus souvent que leur conformation n'est pas identique à celte de leurs semblables. Quoi qu'il en soit , presque toujours la partie la plus importante do foie occupe le coté droit du ventre on abdomen.

Peu de mots suffiront pour donner une idée do la structure de cette glande, la plus volumineuse de toutes celles que l'on remarque cher, les animaux supérieurs. Le foie appartient à la classe des glandes dites tonglomèrht. Smif les dimensions , il est analogue aux glandes salivaires et formé, comme elles, d'une multitude de petites granulations ou acini, qui sécrètent le liquide que le foie doit isoler du sang. Ce liquide passe des granulations, qui en sont, en quelque sorte, la source, dans de petits tubes qui le déversent dans d'autres d'un diamètre plus considérable. De ces derniers, il se. rend dans des cananx d'en plus grand calibre, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il arrive dans un conduit unique qui est, à proprement parler, le canal excréteur de la glande. Tous les conduits qui viennent d'être énumérés portent la dénomination commene de conduitx biliairet, attendu que l'on appelle bile le liquide sécrété par le foie. Le canal excréteur du foie est formé de deux parties qui srtnt le canal hépatique et le canal cholédoque. Le canal hépatique est ht portion du can8l excréteur la plus rapprochée du foie. C'est en un point de son parcours que commence un troisième conduit, connu sous le nom de canal cyttique. \a canal cystiquo aboutit à une espèce de poche en forme de poire qui est la réticule biliaire V., (planche 7, fig. H.)

Lavésicule biliaire n'est pas autre chose qu'un réservoir destiné a contenir la portion de la bile que le foie pourrait élaborer en trop grande quantité. Le foie n'est pas ki seule glande qui soit ainsi munie d'un réservoir.Plus tard nous en trouverons d'autres

présentant une semblable disposition. I/* canal cholédoque n'est que la continuation du canal hépatique. Chez l'homme, il vient s'ouvrir dans la paroi interne de la seconde portion du duodénum, à quatorze ou quinze centimètres environ au* dessous du pylore. Il verse dans l'intestin prèle la bile nécessaire pour la transformation du chyme en chvle. .

La bile est un liquide visqueux, filant, d'une couleur verdâtre et d'une amertume l>ien prononcée. A rencontre du suc gastrique, don! l'acidité est manifeste , la bile est toujours alcaline ; elle présente une grande analogie avec le savon. Elle est formée d'eau tenant en dissolution une substance particulière appelée cholestérine, une sorte de mucus, et de deux acides gras de nature particulière, savoir les acides choliquert rholrit/uc. Ces acides ne se trouvent pas dans la bile à l'état libre. Ils y sont combinés avec de la soude.

Quel est le rôle que joue la bile dans la transformation du chvme en chyle? Un grand nombre d'hypothèses- ont été émises a ce sujet. Naguère, on croyait encore que la bile servait uniquement à émulsionner les matières grasses , c'est-à-dire à les amener à un étal extrême de division, état qui les rendait immédiatement assimilables. Mais les exj>ériences récentes de M. Claude Bernard ont démontré que ce rôle appartient exclusivement au suc jwneréatiquo, et <|tic la bile a surtout pour but do compléter la transformation que les matières azotées ont déjà commencé à subir dans l'intérieur de l'estomac, sous l'influence du suc gastrique.

Il est un fait qui établit l'importance du rôle que joue la bile dans le phénomène de la chvlification. Ce fait, c'est l'existence constante du foie dans les diverses clauses d'animaux. Que l'on parle en effct de l'homme, et que l'on descende l'échelle des êtres animés, toujours on rencontrera un organe analogue au foie. La position, la forme et le volume de cet organe, pourront varier; mais, au milieu de ces variations portées presque à l'infini, une seule chose demeure constante, à savoir : la production d'un liquide propre a achever le phénomène de la digestion. Chez les animaux inférieurs, chez les crabes et les écrevisses, par exemple, le foie est remplacé par un assemblage de petits tubes fermés à l'une de leurs extrémités et venant tous déboucher dans un canal excréteur commun. Chez d'autres animaux dont l'organisation est peut-être plus élémentaire sous certains rapports, chez les insectes, le foie est constitué par deux vaisseaux simples et très-longs qui viennent déboucher dans ['intérieur du tube intestinal. Enfin, chez les êtres qui occupent la dernière place parmi les animaux, m trouve encore des rudiments de foie. Cette glande est alors représentée par un tissu glandu-

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laire qui entoure une portion de l'intestin. L'expérience a appris aux naturalistes à juger de l'importance d'un organe d'après la constance de son existence dans la série de» êtres. Concluons donc *de ce que noua venons de dire, que le foie est un des viscères indispensable* à l'achèvement de la digestion, et qu'il joue un rôle important dans le travail qui a pour but de rendre assimilable* les aliments dont l'usage constitue, pour noue, le plus impérieux de» besoins.

Mrrlbtth.

VARIETES

COURS ÉLÉMENTAIRE DWRCHÉOLMIE NATIONALE

Suite des tumuius. — Après avoir décrit les différentes sortes de tumulus que l'on rencontre encore aujourd'hui tant en Franco qu'en Angleterre, et constaté que le mode d'inhumation a changé plusieurs (ois pondant la période de la Gaule indépendante, il reste encore à résoudre celte question : A quelle époquea-t-on cessé d élever de* tumulus? Jl est bien difficile de la résoudre d'une manière absolue. Tout porte à croire que, dès le second siècle de l'ère ebréiionne, on n'en construisait plus que rarement. Cependant des présomptions non moins certaines donnent lieu de penser que quelques-uns de ces monuments sont d'une date postérieure, et n'ont été érigés qu'après l'introduction du christianisme dans les Gaules. Mais il y a plus : suivant un savant anglais, M. Witaker, I usage d'élever des tumulus n'aurait clé entièrement abandonné en Angleterre que vers le milieu du viu« siècle de notre ère, lorsque Culhbert, archevêque de Canlorbéry , obtint une loi établissant la création de cimetières dans l'enceinte des villes. Enfin, plusieurs antiquaires français ont émis l'opinion que les Normands, au temps de leurs premières descentes sur nos cotes, et alors qu'ils n'avaient point embrassé le christianisme , avaient fort bien pu élever des tertres funéraires, pour marquer les lieux de sépulture de leurs compagnons d'armes. Quoi qu'il en soit de ce* diverses exceptions, on peut admettre en tlièse générale que, sur le territoire de ht Gaule comme en Angleterre, les tumulus remontent à peu près tous à une époque antérieure à l'invasion romaine.

Ainsi que les autres monuments celtiques dont nous nous somme» déjà occupés, les tumulus ont donné lieu a plusieurs pratiques superstitieuse* qui uni survécu fort longtemps aux croyances druk-

•liques. Par exemple, il était d'usage, autrefois d'allumer des feux la veille de certaines Cèles svr les tumulus situés dans la commune de Joboujy, département de la Manche. Le célèbre archéologue anglais Ring rapporte aussi que dans quelques parties do l'Angleterre, on allumait aussi des feux »ur le* tumulus la veille du premier jour du .mois de mai.

Sépulture* diurnes. — A on juger d'après les vestiges de sépulture que nous rencontrons encore tous les jours en fouillant notre sol, l'usage d'ériger des tumulus n'était ni Constant, ni universel. Très-souvent, on se contentait d'enterrer les morts dans des- excavations de forme carrée, que quatre pierres plates posées sur le champ protégeaient contre l'éboulemcnt des terres environnante». Ces excavations étaient si étroites dans le sens vertical, qu'il semble qno les cadavres n'aient pu y être dépotés autrement que debout. L'ouverture docetle es|ièce de cercueil en pierre était bouchée par un énorme bloc de même nature dont le contour Élisait saillie sur les parois du monument. Très-souvcot , on trouve pèle -mêle avec les ossements humains que contiennent ces tombes, les mêmes objets d'art que ceux que l'on rencontre dans les tumulus.

Parfois aussi on découvre des squelettes simplement déposés dans la terre, sans que l'on remarque autour d'eux aucun vestige de ces constructions en pierres brutes, qui caractérisent si bien la période gauloise. Il n'y a pourtant pas à douter de l'origine celtique de ces sépultures, à cause des haches en pierre ou en bronze, des colliers et autres objets ou instruments qui annoncent l'époque gauloise. En terminant ce qui a rapport aux sépultures, ajoutons qu'on s'est quelquefois mépris en attribuant une origine gauloise à des cercueils en pierres brutes construits avec la même grossièreté que les tombes qui viennent d'être mentionnées, mais dans lesquels avaient été déposés des objets d'art appartenant sans aucun doute à la période gallo-romaine.

ARCIIITECrrBE CIVILE Y>KS CELTK^.

Après avoir |>as$é en revue, comme nous l'avons fait, les monument? publics desGaulois, monuments qui , par leur na turc , son t les {dus considérables chez tous les poupes, et exigent le plus d'efforts matériels et inlellecluels, il est facile de deviner que ces constructions particulières devaient se réduire à bien peu de chose, chea des hommw qui n'étaient pas encore sortis de la barbarie. Le temps, qui exerce ses ravages sur les œuvre» liumainos, présentant les plus grandes chances de durée, devait, ù plus forte raison, faire sentir ici son influence destructive. Aussi ne nous i este-t-il que

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des vosliges fugitifs el presque invisibles des édifices privés qu'il nous importerait le plus de connaître. Les lieux d'habitation dont nous examinerons successivement les restes, peuvent se partager en maitons, en souterraitu cl en oppida.

Maisons gauhoim. — • Plusieurs peuples, dit Vitruve, ne construisent d'édifices qu'avec des branches d'arbres, des roseaux et de la boue. C'est ce qui a lieu en Gaule, en Espagne el dans les lies Britanniques. % D'après Siràbon, les maisons gauloises étaient de forme ronde ou elliptique, construites en bois ou en pierres brutes reliées en* semble par de la terre glaise. D'autres fois, leurs murailles étaient composées de deux claies d'osier disposées parallèlement l'une a l'autre, et entra lesquelles on entassait une terre argileuse mêlée de paille hachée. Ces sortes de cabanes étaient surmontées d'un toit conique composé de morceaux de chêne. Les interstices que laissaient entre elles ces pièces de bois étaient recouverts d'une épaisse couche de roseaux ou bien encore d'une matière analogue à celle qui composait les murs de l'habitation. Le toit descendant fort bas, on gagnait de la hauteur en creusant à l'intérieur le sol de l'habitation, dans laquelle on arrivait par une petite rampe pratiquée devant la porte. L'aire de la maison était battue, bien unie et inclinée de manière à éviter toute humidité. Les dimensious de ces édifices variaient beaucoup. Chez les Gaulois les moins aisés, les maisons étaient toujours de forme ronde; elles avaient de six à douze mètres de tour et étaient couvertes de chaume ou de petites planches de bois se réunissant toutes au sommet. On peut s'en faire une idée Irès-exactc, en examinant le bas-relief romain encastré dans le piédestal de la Melpomène, au Musée du Louvre. Ce bas-relief représente un Gaulois défendant sa demeure contre l'agression d'un soldat romain. Les maisons riches étaient le plus souvent de forme ovale, et pouvaient avoir jusqu'à quarante mètres de largeur. Très-probablemonl, elles étaient divisées en compartiments par diverses cloisons construites de la même manière que les murs extérieurs. On croit qu'elles n'avaient qu'un seul étage. Quelques-unes, surtout chez les Belges, ne possédaient qu'une ouverture servant à la fois de porte et de fenêtre. La pièce la plus curieuse peut-être de ces habitations, celle dont les vestiges se sont le mieux conservés, était le four. Voici comment les Gaulois s'y prenaient pour le construire : ils pliaient en demi-cercle des baguettes flexibles, et en enfonçaient les deux extrémités dans le sol. Par la juxtaposition d'un nombre considérable de ces baguettes, ils formaient une espèce de voûte, qu'ils recouvraient d'un»» épaisse couche d'argile.

bien sécher cette terre; puis ils alluun grand feu dans l'intérieur du four, ce

qui avait pour résultat de convertir la voûte en une matière analogue à la brique, et de consumer

demeuraient incrustées à l'intérieur du four. Le four venait-il à être détruit et réduit en fragments, on en reconnaissait les débris aux espèces de digitalions dont ils étaient recouverts. Toutes les fois donc que l'on trouvera dans le sol des fragments présentant la couleur de la tuile et garnis de cannelures cylindriques, on peutélre assuré quel'on vient de découvrir les vestiges d'une habitation gauloise. On comprend que le bois, le chaume et l'argile, matériaux ordinaires de ces Iiabitations, aient dû disparaître depuis longtemps ; à quel signe alors reconnaître l'emplacement qu'elles occupaient? Aux excavations circulaires qui en formaient le sol. Ces excavations subsistent en plusieurs endroits de la France cl de l'Angleterre, surtout au milieu des forêts. Dans certaines localités de la France, on leur donne le nom de mardtOtt ou margtUes; dans d'autres, on les appelle foœi aux loups.

Dans ces dernières années, on a découvert au milieu do plusieurs lacs de la Suisse, dans ceux d'Yvordun, de Genève et de Brienne, par exemple, des vestiges d'habitations gauloises. Pour arriver à rendre habitable un élément qui leur était tout à fait étranger, les Celles commençaient par établir un fort pilotis, qu'ils recouvraient d'un plancher solide. C'est sur ce plancher que l'on bâtissait la cabane. Depuis longtemps, plates-formes el maisonnettes ont entièrement disparu. Mais les pilotis sont restes debout, et on retrouve tous les jours dans leurs interstices une foule de produits de l'industrie celtique. Dans ces temps de Violence el de barbarie, où l'on ne pouvait jamais répondre du lendemain, ces habitations lacustres avaient 1 immense avantage de mettre à l'abri d'un coup de main de l'ennemi. On pouvait le voir venir de loin. Cette retraite communiquait avec la terre ferme par des espèces de ponts volants que l'on retirait vers soi dès qu'on avait pénétré dans l'habitation. Biles servaient donc à la fois de demeures et de forteresses.

Merlette et HAtnnoN ;

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Nouvelle méthode de Leoture, avec ou sans <<pellalion, par Erasme Gugenberger, ancien «?lève de l'Ecole normale de Versailles. 1 vol. in-1* de 7i pages, cartonné, 30 c.

Chet Dkiobit et Tandon rue des École*, 78.

Lt Dirtctew-Céranl,

A. MERLETTE

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