ZOOLOGIE
SUITE IlE LA CIIYLIFICAT10N OU DKiKSTION INTESTINALE.
Du pancréas. — Le mol pancréas est formé des deux mou grecs pan, tout, et créa*, chair. Les anciens s'imaginaient en effet que le pancréas n'était rien autre chose qu'un morceau de chair. En réalité lo pancréas est une glande G, planche 7, figure i 4 , située dans la cavité de l'abdomen, on ar»
rière de l'estomac, entra la rate à gauche et le duodénum à droite. Le volume de cette glande présente beaucoup de variétés. Chez l'homme, sa plus grande longueur ne dépasse pas en moyenne douze à quatorze centimètres, sa hauteur n'est que le quart ou le cinquième de celte quantité. EnQn, son épaisseur varie entre dix et quime millimètres. Le poids du pancréas est aussi variable que son volume. Quelquefois il ne pèse que trente-cinq a quarante grammos, mais il n'est pas rare de trouver des sujots chez lesquels celte glande atteint le poids de 73,80, 90 et mémo 400 grammes. Le pancréas a ses plus grandes dimensions du ris le sens transversal ; il est aplati d'avant en arrière, plus volumineux à son extrémité droite, et trèsclfilé à son extrémité gauche. On le considère comme formé de trois parties, la tète à droite, le eorjts au milieu, et la queue à gauche. La tête est séparée du corps par une sorte d'étranglement destiné à recevoir la veine porto et l'artère mésenlérique supérieure. Le pancréas est une glando conglomérée : c'est dire qu'il est en tous points analogue- aux glandes salivaires, et formé d'une multitude de petites granulations ou «fini, qu'on ne peut apercevoir qu'au microscope. Le diamètre de ces acini varie de quatre à six centièmes de millimètre. Chacun d'eux déverse le liquide qu'il sécrète dans un petit tube qui le transmet à un nutre d'un diamètre plus considérable, lequel débouche dans un troisième d'un calibre supérieur, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on arrive aux canaux excréteurs de la glande. Les parois des acini présentent une couleur d'un blanc terne ou grisâtre, qui est celle do toute la glando. Cette couleur passe au blanc rosé au moment de la digestion. Le tissu du pancréas est assez ferme pendant toute la durée de la vie. Mais après la mort, il se ramollit de plus en plus cl le pancréas est la première des glandes en grappe qui subisse la décomposition cadavérique. Le pancréas est muni d'un appareil excréteur composé de deux conduits : l'un appelé conduit excréteur principal ou canal de Wirsung, et l'autre désigné sous le nom de conduit accessoire ou supplémentaire. Le conduit excréteur du pancréas parcourt cette glande dans loulo son étendue ; il en forme l'axe, pour ainsi dire. Il commence à l'extrême gauche de cet organe pour venir se terminer à sa droite, en s'accolant au conduit cholédoque auquel il adhère intimement dans l'étendue d'un centimètre environ. Il s'engage ensuite dans l'épaisseur des parois de l'intestin pour venir s'ouvrir au fond d'une petite cavité qui lui est commune avec le conduit biliaire, cavité découverte en 4720 par Abraham Vater, et connue en anatomie sous le nom d'ampoule de Vater. Le conduit accessoire ou supplémentaire du pancréas part du col do cet glande
pour aller déboucher dans la partie supérieure de la porlion verticale du duodénum. Il 8'anastompse à angle droit avec le canal de Wirsung. Son calibra est ù peu près le tiers de celui de ce dernier. Les deux conduits du pancréas communiquent librement entre eux, cl si le principal vient à s'oblitérer au voisinage de son embouchure, l'accessoire peut alors facilement le suppléer. Remarquons que les deux conduits excréteurs du pancréas ne présentent pas toujours la disposition normale que nous avons signalée. Tantôt leur situation relative se trouve renversée; d'autres fois il existe deux conduits égaux et paralôles communiquant par une anastomose transversale ; quelquefois enfin les deux conduits se réduisent à un seul. Il existe encore quelques autres anomalies dans le détail desquelles nous n'entrerons pas.
Du suc pancréatique. — Le liquide sécrété par le pancréas a reçu le nom de suc pancréatique. Il est limpide, visqueux, inodore et à peu près insipide, selon M. Claude Bernard. Il exerce dans toutes les circonstances possibles une réaction ' alcaline. Sous l'influence de la chaleur, le sue pancréatique se coagule, c'est-à-dire se fige, comme les matières albumineuses. Tous les acides énergiques, ainsi que l'alcool et les divers sels métalliques, produisent sur lui le même effet. Au heu de le précipiter, les alcalis le font repasser à état liquide, quand il a été préalablement dissous par la chaleur ou par les acides. Le suc pancréatique s'altère avec une extrême rapidité. D'abord, do visqueux qu'il était, il devient fluide, ensuite il acquiert presque instantanément une odeur nauséabonde, et bientôt après une odeur putride des plus repoussantes. Ces altérations, qui se manifestent dans un espace de temps très-limité, ont été la cause des nombreuses erreurs commises jusqu'aujourd'hui par les physiologistes qui se sont occupés do l'élude du suc pancréatique. Ce liquide est formé presque en totalité d'une eau dans laquello sont dissoutes des parties solides de différente naturo. Ces parties solides sont : 1° une matière organique spéciale constituant le principe actif du suc pancréatique : ce te matière ressemble à l'albumine (blanc d'œuf), parce que, comme cette dernière substance, elle précipite par la chaleur, par les acides concentrés et par l'alcool ; mais elle en diffère par une propropriété importante, c'est que, après avoir été coagulée ou figée par l'alcool et puis desséchée, elle peut ensuite se redissoudre complètement dans l'eau; î° outre la matière organique dont il vient d'être question Je suc pancréatique contient en outre des matières salines variées, telles que du carbonate de soude, du chlorure dé sodium, du chlorure de potassium, du phosphate de , etc.
Usage* du paacrias. — Pendant très-longtemps lo pancréas a été considérv comme «tant enlièrcmeot analogue aux glandes salivaires : aussi a-Uil été aucwwsivoment désigné sous les noms fie gland* talicatre aMominale , ylaiide mitant e inférieure, ai sous celui de la plut groste de* garnies talivuire». C'est à M. Claude Bernard que I on doit les premières connaissances précises relatives au rôle que joue le suc pancréatique dans le phénomène de la digestion. Ce savant a démontré de la manière la plus irréfragable que le suc pancréatique sort : K° * émulsionner les matières graB<cs, c'est-à-dire à les diviser en particules extrêmement ténues qui puissent pénétrer par voie d'imbibition dans la cavité des vaisseaux chyliféres; t° à transformer les substances féculentes en dextrine et en glucose ; 3» enfin, à ramollir les matières azotées ou albuminoldes. La propriété que possède le suc pancréatique d'émulsionner le» graisses est due à la matière organique spéciale qu'il tient en dissolution. D'après M. Claude Bernard, c'est cette même matière qui préside à la transformation de la fécule en glucose. Enfin , le suc pancréatique tout entier bâte la digestion des matières azot&s, mais il est aidé eu cela par l'action de la bile, du liquide des glandes de Brunner et de Celui qui s'échappe des glandes en tube de l'intestin grêle,
Merlkttk.
VARIÉTÉS
Suite des maisons gauloises. — Les maisons gauloises n'étaient point* voisines les unes des autres ; on les rencontrait le plus souvent éparses çà et là dans la campagne. C'est surtout dans le* vallées, sur le bord des rivières et au centre des forêts qu'elles existaient en plus grand nombre. Pourtant l'isolement des huttes gauloises n'était pas un fait universel. Il y en avait d'agglomérées, constituant des espèces de villages ou bourgades que les auteurs latins désignaient sous le nom de viel. Les maisons mêmes de ce village n'étaient pas attenantes les unes aux autres. Elles étaient séparées par des terres cultivées, chacune d'elles formant en quelque sorte une petite métairie entourée des champs nécessaires à son exploitation. Le bocage vendéen nous offre encore de nos jours une image assez fidèle des localités qu'habitaient nos prédécesseurs immédiats sur le sot de la France.
Des souterrains. — En plusieurs endroits de la France ét de l'Angleterre existent des excavations
souterraines creusées par la main des hommes dans les flancs des collines. On pénètre dans ces galeries par une ouverture pratiquée, soit sur le côté de la montagne, soit à son sommet. Généralement ces retraites ont été établies dans une roche tendre, friable, facile à entamer, telle que la craie, par exemple. Aussi en trouve-t-on un grand nombre dans tous les pays où le terrain crétacé forme la couche superficielle du sol. Quelquefois ccssoulerraio6 sont composés de plusieurs chambres do forme carrée, communiquant les unes avec les autres. Mais le plus habituellement elles ne présentent qu'un long corridor, large de deux à trois mètres au plus, et donnant accès à uno foule de petites cellules quadrangulaires ou demi-circulaires dans lesquelles une famille, même peu nombreuse, aurait peine à se loger. Plusieurs antiquaires ont attribué une origine gauloise à ces souterrains ; ils ont cru y voir des lieux de refuge pour les populations surprises par une invasion subile, ou bien encore des cachettes destinées a recevoir des provisions que l'on voulait dérober au pillage de l'ennemi. Cette opinion ne manque pas de vraisemblance; néanmoins, il e*t juste do dire que rien de positif ne vient la corroborer. Généralement on no remarque aucun vestige , aucune trace qui montre que les Gaulois aient autrefois habité ces cavernes. Elles se rencontrent surtout en Picardie et en Champagne. On en peut observer un grand nombre dans la vallée de la Somme, sur l'une et l'autre rive de ce fleuve. L'abbé Le- Uruf en avait découvert dans plus de trente communes, depuis Abboville jusqu'à Péronne. Il supposait qu'elles avaient été pratiquées ou du moins considérablement agrandies, au neuvième sièclo et au dixième , par les habitants du pays, afin de se mettre à couvert contre les Normands qui remontaient la Sommo à celte époque. Mais d'autres antiquaires les regardent comme un ouvrage gaulois. Nous-mûmos avons visité, il y a quatre ou cinq ans, un souterrain analogue découvert tout près des murs de Provins , à la suite des fouilles faites pour rétablissement de la gare du chemin do fer de cette ville. Il n'y avait à l'intérieur aucun débris d'industrie humaine; aussi est-il très-douteux que ces excavations puissent être rapportées à la période gauloise.
Parfois des cavernes creusées dans le flanc des montagnes ont indubitablement servi de lieu desépulture aux Gaulois. Telles sont, par exemple, celles qu'a découvertes, au village de Nogenl-les- Vierges (Oise), un archéologue distingué, M. Houbigand , dont on doit déplorer la perle récente. M. Houbigand a exhumé de ces tombeaux un grand nombre de squelettes gaulois dans un remarquable état de conservation. On peut voir au cabinet d'anthropologie du Muséum d'histoire