habitants jusqu'en 1917-1918 : à ce moment
on se décida à supprimer les puisards et la Compagnie des eaux amena moyennant une légère redevance une petite conduite particulière dans chaque maison.
L'eau de la ville vient de rivières captées dans la montagne aux environs. Mais le captage a été fait sans précautions et quand il pleut un peu plus que d'ordinaire, le courant des rivières augmente entraînant des feuilles et autres débris végétaux qui bouchent de suite les grilles, et la ville manque d’eau, d’autres fois l’eau arrive bourbeuse.
Enfin la fièvre typhoïde, la dysenterie et surtout
“les parasites intestinaux et en particulier : l’ankylostome, sont très fréquents.
Dans cette grande ville l’eau est donc peu abondante ou irrégulière, il n’y a pas d’égout, pas de cabinets dans les maisons : à diverses reprises les services compétents ont paru s’'émouvoir de cet état de choses déplorable : on vota des crédits pour l’endiguement de la rivière Madame, qui ayant alors des quais ou des rives fixes, devait être creusée, appro- :fondie pour augmenter la vitesse du courant, l’écoulement et l'entrainement rapide en mer des eaux souillées et autres immondices.
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Nous nous sommes laissé dire que le fort crédit voté avait été rapidement épuisé, mais en fait de quais, il n’en existe que d’un seul côté de la rivière du et sur une très courte distance: sur la partie gauche canal Levassor : partie terminale de la rivière (fig. 3). De l'autre côté quelques pieux ont été plantés, mais laissés espacés de 2 ou 3 mètres, formant une rive toute théorique.
Quant au dragage, nous l'avons vu faire pendant quelques jours : un bon nègre, dans l’eau jusqu'aux mollets, une petite barque à fond plat amarrée près de lui, tirait du lit de la rivière quelques pelles de vase putride et les chargeait dans la barque : pendant que les excréments tournaient autour de ses jambes en dérivant lentement au fil de l’eau !
Nous pourrions ainsi citer bien d’autres faits très imagés à titre d'exemples pour illustrer et appuyer notre critique sur l’état sanitaire et hygiénique déplorable de cette île magnifique.
Ce ne sont pourtant pas les modèles à suivre qui manquent, et les Martiniquais, qui ont l’occasion d’aller dans les îles voisines anglaises ou américaines,sont heureusement surpris d’avoir à boire de l’eau claire et même filtrée, d'avoir toujours de l’eau dans la salle de bains le matin en se levant et de pouvoir dormir tranquilles même sans moustiquaire.
L’indifférence étonnante des Martiniquais en général, vis-à-vis des moustiques, fait qu’ils sont
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presque tous atteints de paludisme, souvent de filariose, etc. L’incurie des pouvoirs publics indigènes et la lenteur de mise à exécution des mesures hygiéniques et prophylactiques les plus élémentaires a fait que non seulement, toute l’île est infestée de moustiques, mais que de grandes agglomérations, comme la ville de Fort-de-France, sont encore privées d’eau potable, d’égouts, etc... et que certains quartiers sont des cloaques infects : véritables repaires pour toutes les maladies parasitaires possibles à rencontrer dans un pays tropical chaud et très humide.
Les vieux navigateurs racontent que tel capitaine marseillais s’assurait autrefois, par nuit sombre, des abords du port et mouillait au bon endroit, quand il avait reconnu le fond en ramenant la sonde enduite de la vase caractéristique des abords du vieux port.
Actuellement il n’est guère possible de traverser de nuit la ville de Fort-de-France ct surtout certains de ses faubourgs sans se boucher le nez. Et nous nous souvenons de fois où ayant quitté notre villa
aux environs de la ville, avant le lever du soleil, pour aller rejoindre notre bord pour un départ matinal, avoir vu planer sur la ville un brouillard épais, immobile : nous traversions ensuite la rivière Madame sur la vieille passerelle croûlante, là, le calme n’était troublé que par le coassement de quelques crapauds, et le bruit des bulles de gaz putrides venant crever à la surfaee de l’eau infecte. En traversant la ville pour aller à la darse, l’odeur du brouil-
lard suffisait pour nous faire presser le pas, et nous pensions à l’appareillage imminent qui-allait nous permettre d’aller revoir des villes bien pavées, des maisons de ciment bien blanches, entourées de jardins magnifiques, des fleurs... et même des routes larges et goudronnées, des tramways, des chemins de fer, des hôtels confortables, etc..., etc.
En effet dans les îles voisines, mais étrangères, et
pour ne citer que les plus rapprochées de la Marti-.
nique, à Trinidad, à Porto-Rico, on ne peut même en allant partout rencontrer une ville comme Fortde-France, mal bâtie, sale, négligée, avec des quartiers populeux infects, sillonnés de vagues sentiers où l’on ne sait où poser le pied, bâtis au hasard et ‘en désordre de cases sordides, repaires de tous les parasites et de toutes les maladies.
Les environs sont aussi décevants : pas de routes entretenues, pas de services publics, aucune commodité, rien que le laisser aller, l’incurie et la négligence.
Nous ne parlerons pas de Trinidad dont les jardins sont célèbres, la campagne y est magnifique, sillonnée de routes larges et entretenues ; la ville a des tramways, des installations sanitaires modernes, et tout est propre même dans le quartier hindou : la ville bien bâtie a dans chaque maison toutes les commodités dont un Anglais ne saurait se passer.
Nous parlerons un peu plus de Porto-Rico, vieille.
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