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colonie elle aussi et dont la réputation sanitaire
était bien connue au témps de la possession espa-
gnole.
Les Américains ont tout changé et rapidement, à la suite des mesures prescrites par les missions sanitaires pour l'étude de la fièvre jaune.
Autrefois dans la ville principale, San Juan de Puerto-Rico, comme à la même époque à la Havane à Cuba, la fièvre jaune guettait tout nouvel arrivant et les moustiques pullulaient.
Actuellement, il est possible de dormir à peu près sans moustiquaire, mais cette dernière est cependant obligatoire, et si répandue que l’on en trouve dans tous les magasins de toutes montées pour un peso (un dollar).
Le service sanitaire américain visite toutes les maisons à dates déterminées, vérifie si les récipients à eau sont bien recouverts de couvercles étanches, saisit et fait brûler tout détritus, objet souillé, etc. et n’hésite pas à frapper d’une amende sérieuse toute infraction aux mesures générales d'hygiène que tout habitant doit observer : par exemple, il ne faut pas laisser traîner dans un coin de jardin une bouteille cassée ou une boîte de conserves vide, cela ferait un récipient pour l’eau de pluie et les moustiques... et cela coûterait cinq dollars (d'amende)... Que dirait-on d’une telle mesure à Fort-de-France ?
Îl est d’autre part défendu de construire une maison sans que le plan soit soumis d’abord aux autorités sanitaires, et sans avoir prévu la place réservée aux cabinets et à la salle de bains, etc...
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Dans la plupart des hôtels, il y a une salle de bains
ou de douches formant le cabinet de toilette de cha.
que chambre. Les villas particulières sont pour la plupart en ciment armé, qui résiste parfaitement aux tremblements de terre et aux incendies, et sauf en ville toujours entourées de jardins. Les maisons sont élégantes, d’une propreté éblouissante, et d’un confort raffiné; les jardins sont parmi les plus beaux des Antilles et comparables à ceux de Port of Spain à Trinidad. Les promenades publiques sont comme savent les organiser les Américains, et laissent loin derrière elles, la maigre savane de Fort-de-France, médiocre champ pour les courses du 14 juillet.
Quand il pleut à San Juan, on ne risque pas comme
à Fort-de-France de patauger dans les rues transformées en cloaques et mares à grenouilles : les rues pavées de briques vernies Jaissent de suite couler l’eau -dans de véritables égouts ; et par précaution, si la pluie a été un peu forte et que l’eau tarde à s’écouler vers la mer, surtout dans les quartiers bas : les automobiles et voitureltes du service sanitaire passent rapidement en pulvérisant une très légère couche de pétrole lourd, qui garnit les flaques, et vient lentement former, aux environs de la sortie des égouts dans le port, une vaste nappe jaunâtre qui s'étend peu à peu sur les eaux de la baie : les moustiques,
rares d’ailleurs, n’y résistent guère. |
Conséquence : comme chacun sait, la fièvre jaune
a disparu de Porto-Rico, comme de Cuba, et des pays
du golfe du, Mexique que les Américains ont occupé ou occupent.
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Une rue à Port-au-Prince.
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Dans l’île d'Haïti, nous prendrons, comme terme. de comparaison avec Fort-de-France, la capitale 4 Port-au-Prince.
Jusqu'à ces derniers temps, cette ville était de l’aveu même de quelques-uns de ses habitants, un véritable cloaque, et nous n'avons voulu retenir que l'opinion autorisée des médecins établis en ville depuis plusieurs années. | = Nous avons visité maintes fois cette grande ville et tous ses quartiers, et avons à ce sujet, comme de toutes les Antilles, une série très complète de docu- 2 ments photographiques, que nous n’avons malheureusement pu faire reproduire.
Les rues étaient presque toutes en terre battue ou fort mal pavées, les trous et bosses ne manquaient pas : on ne pouvait y circuler commodément qu’à pied ou à cheval.
. Les maisons de chaque côté, et la plupart en bois, étaient séparées de la chaussée par un ruisseau découvert que les eaux avaient lentement rongé et creusé, jusqu’à former un peu partout de petites ra- PA vines de un à deux mètres de profondeur : les rues heureusement étaient très larges : un petit pont de
bois ou une simple planche reliait la maison à la rue.
Et dans ce ruisseau on jetait ce qu’on voulait : des décrets pourtant prescrivaient certaines mesures, notamment la destruction par le feu ou le transport à
la mer de Certaines immondices. Il y avait aussi quel-
ques égouts. :
Enfin l’état sanitaire était loin d’être brillant : lorsque, à la suite d'événements politiques les Améri-
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cains, en 1915-1916, eurent l’occasion de débarquer à Haïti et d'occuper plus ou moins tout le pays.
Immédiatement ils se mirent à l’œuvre et entreprirent de sortir les villes et villages de l’île des cloaques où ils croupissaient. Nous avons pu nous rendre compte des progrès réalisés entre chacun de nos différents passages à Cap-Haïtien comme à Port-au- Prince.
Il y a maintenant des rues cimentées, des égouts, des conduites d’eau, et les règlements sanitaires américains sont appliqués ; tout cela s’est fait en un an ou deux, mais l’état sanitaire s’est amélioré aussi vite.
Les moustiques en particulier sont devenus rares : et actuellement on peut s’asseoir sur kes bancs du Champs de Mars à Port-au-Prince et jouir de la fraicheur du soir sans être importuné par aucun moustique, tandis qu'un Européen ne pourra pas rester cinq minutes assis sur un banc de la savane à Fortde-France, sans être de suite attaqué et piqué par
plusieurs moustiques.
Nous pourrions citer ainsi bien des exemples de mesures sanitaires prises à l’étranger et d’après celles déjà classiques, prises à Cuba, à Porto-Rico,à Colon et Panama, et nous devons constater avec regret que les Antilles Françaises : Guadeloupe et Martinique, comme aussi la Guyane, sont les seuls pays où l’on paraisse être resté parfaitement indifférent aux progrès de l'hygiène, ou tout au moins où l'on ait négligé d'appliquer les mesures sanitaires les plus élémentaires.
Alors que la fièvre jaune a disparu, que le paludisme lui-même et la filariose sont en forte décroissance dans les autres îles, il suffit de venir dans les
Antilles Françaises, pour rencontrer à chaque pas
des individus à « gros pieds », et autres manifesta-
tions filariennes, des enfants à grosse rate, et toutes les ivariétés cliniques du paludisme, et encore courir la chance d’être piqué par un stegomya porteur de quelque virus amaril qui tout atténué qu'il pourra être n’en sera cependant pas moins alarmant.
Cependant la Martinique est un pays charmant : les rivages sont ensoleillés et la végétation abondante et variée, les coins champêtres agréables ne manquent pas, les serpents sont assez rares maintenant mais il faut encore avant de s’aventurer dans les herbes, songer aux mille-pattes, araignées et autres bestioles à venin.
Enfin on y vit partout comme à la campagne et à la façon patriarcale comme au temps du Père Labat et de la Compagnie des Indes occidentales.
Un conseiller général à qui nous faisions un jour quelques remarques hygiéniques sur son pays nous répondit : « Mais nos pères vivaient bien comme ça, et vous voyez que je ne me porte pas plus mal, jé ne suis même jamais sorti de la colonie; il était d’ailleurs assez fier de ce dédain du monde extérieur. Il me démontrait aussi le danger des automobiles pour la voirie, « il 3 a trois ou quatre ans, ajoutait-il, nous n'avions dans toute l'ile qu’une douzaine d’autos, maintenant il y en a près de 600 (1918-1919), il n’y a plus moyen d'aller à cheval sur les routés », De
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: Certainement les « maringouins » : stegomyas et + autres moustiques étaient pour ce brave homme un . bien petit souci, 1 " \ £ À ù