INTRODUCTION
Vers le milieu du siècle dernier, Bouillaud, qui le premier avait prononcé le mot d’endocardite, traçait en un raccourci fort simple la pathogénie de cette affection. L’endocardite, disait-il en substance, est fonction du rhumatisme au même titre que les phlegmasies articulaires ; quant aux phénomènes typhoïdes qui l’accompagnent, il convient de les attribuer à l’altération du sang par les parcelles granuleuses détachées des valvules.
Certes, le mérite de Bouillaud fut considérable d’avoir aperçu les rapports de l’endocardite et du rhumatisme, mais il faut bien reconnaître qu’enfermée dans les limites étroites de la clinique, sa conception pathogénique ne pouvait être que partielle.
A la lumière des doctrines pastoriennes, grâce aux progrès incessants de la technique bactériologique, grâce surtout à la méthode si simple et si précieuse de l’hémoculture, ce chapitre d’étiologie devait être complètement revisé. On admet aujourd'hui qué l’endo-
LR Be cardite est toujours de nature infectieuse et qu’elle est due à la pullulation des germes pathogènes sur la membrane interne du cœur. L’imprégnation de l’organisme par les toxines microbiennes, la production de foyers infectieux secondaires par le mécanisme des embolies infectantes fournissent à l'heure actuelle l'explication du tableau clinique si riche et si varié des endocardites infectieuses.
De nombreux microorganismes ont été déjà identifiés au niveau des lésions ulcéreuses ou végétantes de l’endocarde. Les uns comme le streptocoque, ont été l’objet d'observations répétées et l’étude clinique de leurs manifestations est passée maintenant dans le domaine classique de la pathologie. D’autres, au contraire, considérés, à tort ou à raison, comme des agents exceptionnels d’endocardile, n’ont fait l’objet que de relations fort rares dans la littérature médicale. C’est ainsi qu’à notre connaissance du moins, il n'existe à l'heure actuelle que trois observations certaines d’endo- Cardite à pneumobacille de Friedlænder: Il nous semble d’ailleurs prudent de faire des réserves sur la rareté de cette affection ; d'une part, bon nombre d’endocardites sont ignorées pendant toute la durée de leur évolution, soit que le praticien néglige de rechercher la localisation cardiaque, soit que celle-ci passe inaperçue à cause de signes trop frustes et comme noyés au milieu du cortège symptomatique de la septicémie qui lui a donné naissance. D’autre part, l’hémoculture n’est pas encore partoul et systématiquement pratiquée comme il conviendrait, pour qu’on puisse
porter un jugement définitif s sur 1 a fréquence réelle dr d) : ts 3
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Ayant la bonné fortune de PotEane grâce à à la bien | S Le | veillance. de M. Le Professeur agrégé Lemierre, deux
observations inédites d’endocardite à à pneumobacille, nn, "
nous nous proposons de les rapporter ici avec les C réflexions qu "elles nous ont suggérées. AUTAUE LE Dans ce modeste travail, nous tenterons d’abord une | ns | synthèse rapide des données actuelles sur le preume- 15 bacille de Friedlender, puis nous essayerons successi- | K£ vement quelques considérations ‘sur la pathogénie, Fe l'anatomie pathologique, la symptomatologie, le dia- : gnosticet le traitement des endocardites pneumobacil- laires.
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