I. — Cœur
Sur tous les protocoles d’autopsie que nous rapportons, nous notons une augmentation marquée du poids du cœur. Ce poids n’a jamais été trouvé inférieur à 480 gr. Il atteint, dans un cas, 650 gr. Nous le trouvons de 550 gr. chez un de nos malades âgé seule-
ment de 16 ans. |
Les cavités cardiaques sont en général dilatées ; les parois sont notablement hypertrophiées. Parfois, l’hypertrophie porte sur l’ensemble de l’organe ; le plus habituellement, elle intéresse surtout le ventricule gauche. Elle revêt le type d’hypertrophie concentrique du cœur de Traube. C’est le cas de tous nos malades ayent succombé à l’intoxication azotémique ou à un accès d’œdème aigu. Dans d’autres cas, au contraire, on retrouve la dilatation en gourde de l'insuffisance aortique.
Nous allons étudier maintenant l'état du péricarde et du muscle cardiaque, puis nous insisterons davantage sur les lésions valvulaires qui font tout l'intérêt de la forme que nous décrivons.
1° Péricarde. — Le péricarde n'a jamais présenté que des modifications ou des altérations légères, soit une petite augmentation de la quantité de liquide sans rien d'anormal sur la surface de la séreuse, soit un léger dépoli à la base, au niveau de l'origine des gros vaisseaux. Dans la majorité des cas, il était absolument intact.
2° Myocarde. — Les altérations du myocarde ont toujours été peu accentuées, en dehors de l'hypertrophie. Quelquefois, il présentait une teinte un peu pâle, d'autres fois, il apparaissait d'une consistance flasque, molle, qui contrastait avec l'épaisseur des parois.
L'examen histologique a, dans certains cas, révélé la présence de quelques cellules inflammatoires groupées en nodules autour des vaisseaux, entre les fibres musculaires. Dans deux observations, quelques fibres cardiaques ont été signalées en voie de dégénérescence.
3° Appareil valvulaire. — Ce sont les lésions de l'appareil valvulaire qui retiendront le plus longtemps notre attention. Avant de les décrire, nous croyons utile de faire deux remarques.
En premier lieu, nous insistons sur la localisation unique et élective au niveau des sigmoïdes aortiques. Le reste de la cavité ventriculaire est complètement
intact Dans un cas seulement, nous avons rencontré quelques rares ulcérations fines et superficielles sur la grande valve de la mitrale. Dans tous les autres, nous n’avons absolument rien vu, ni sur la mitrale, ni sur les piliers, ni sur l’ensemble de la surface de l’endocarde. Nous ne nous sommes en particulier jamais trouvé en présence d’ulcérations de la paroi endocarditique, avec caillots volumineux, adhérents. Ni l’examen du ventricule, ni celui des oreillettes et des auricules ne nous les a jamais révélées. La localisation du processus endocarditique est toujours restée strictement valvulaire. Nous insistons sur ce fait car, comme l’ont montré Vaquez, Lutembacher et Ribierre, lendocardite pariétale secondaire et terminale est loin d’être rare chez les porteurs de lésions valvulaires.
Il est, d’autre part, un second point qui nous a frappé, c’est le caractère de ces lésions à la fois ulcéreuses et végétantes, bien différentes de celles que l’on rencontre habituellement dans les endocardites malignes subaiguës et à évolution lente. Debré insiste longuement sur la présence unique de végétations dans ces formes et les altérations que nous avons rencontrées sont beaucoup plus variées.
Nous allons en décrire brièvement les caractères, car ils sont actuellement bien connus et ils ônt fait l’objet d’études détaillées dans tous les traités.
Les végétations que nous avons observées sont les végétations classiques, volumineuses, pédiculées ou sessiles, en « chou-fleur », ou en « crêtes de COG ». Leur couleur est d’un gris jaunâtre ou blanchâtre,