‹ L'Endocardite Maligne à Forme d'Insuffisance AortiqueChapitre 36 sur 48 · I. — MODES DE DÉBUT · texte numérisé non relu

I. — MODES DE DÉBUT

Les malades dont nous rapportons l’observation se sont en général présentés à l'hôpital à une ‘période tardive de l’évolution de leur maladie, et il n’a pas toujours été facile de leur faire préciser la nature et la date des premiers troubles qu’ils avaient éprouvés.

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Le seul symptôme qu’ils étaient unanimes à accuser était une dyspnée d’effort banale, à la suite d’un travail un peu pénible, de l’ascension d’un escalier. Le début de ces troubles dyspnéiques datait en général de plusieurs mois, de deux à six le plus souvent. L'un d’entre eux les faisait même remonter, plus ou moins atténués, à cinq ou six ans.

Quelquefois, un trouble passager venait aggraver cette dyspnée. C’était une bronchite avec toux pénible, expectoration abondante, quelquefois mousseuse ou striée de sang. Ces phénomènes pulmonaires à allure aiguë s’accompagnaient d’une oppression anormale, tendant à être continue. Parfois apparaissait simultanément un léger œdème malléolaire, traduisant déjà un début de défaillance du entricule droit. Ces troubles étaient d’abord passagers, s’amélioraient aisément par le repos et les toni-cardiaques, puis, peu à peu, la dyspnée tendait à persister, en présentant des paroxysmes nocturnes. C’est en général à ce moment que les malades arrivaient à l’hôpital.

Dans d’autres cas, apparaïissaient isolés ou associés aux troubles dyspnéiques précédents, des accès violents et passagers de douleur rétro-sternale, avec sensation d’angoisse.

Cette dernière catégorie d’accidents n’est pas pour : nous surprendre. M. Gallavardin, en effet, a insisté sur l'existence de ces douleurs angineuses, se manifestant pendant la marche, doublant l’essouflement d’effort et apparaissant chez les porteurs de cardiopathies valvulaires et en particulier chez les aortiques.

Rs oEt ES II. — PÉRIODE D'ÉTAT

1° Symptômes fonctionnels.

Ce sont les mêmes que ceux de la période de début. La dyspnée qui, peu à peu, oblige le malade à se tenir assis sur son lit, les palpitations, quelquefois l’angor, dominent la scène.

2° Signes physiques

a) Signes cardiaques. — Ce sont les signes classiques de l’insuffisance aortique, avec son souffle diastolique doux, filé, aspiratif, avec son siège maximum à la partie interne du troisième espace intercostal gauche ou du deuxième espace droit, sa propagation le long du sterium, ses signes périphériques : pouls bondissant, double souffle crural, etc.

Le cœur est, en général, hypertrophié, ce que prouve la palpation qui, cutre le choc en dôme, décèle habituellement un abaïissement dans le sixième espace.

Mais ces signes sont bien fréquemment modifiés. Souvent, c’est un souffle systolique au voisinage du deuxième espace intercostal droit, se propageant vers la clavicule et les vaisseaux du cou, qui vient déceler l'existence d’un rétrécissement surajouté à linsuffisance. D’autres fois, les signes de défaillance cardiaque sont beaucoup trop accusés pour que les symptômes des lésions aortiques soient perçus avec évidence.

Les bruits normaux sont assourdis, les souffles perdent eux-mêmes leurs caractères classiques. On est

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