‹ L'Endocardite Maligne à Forme d'Insuffisance AortiqueChapitre 47 sur 48 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Considérations thérapeutiques

Dans la forme clinique que nous venons de décrire, la thérapeutique est particulièrement décevante.

L’allure de affection avec prédominance des symptômes cardiaques, absence habituelle de phénomènes généraux, le fait que sa nature infectieuse est souvent méconnue, incitent peu à recourir à une thérapeutique antiinfectieuse. Celle-ci, du reste, sous quelque forme qu’elle se présente (métaux colloidaux, salicylate de soude, urotropine, cacodylate de soude, etc.) se montre tellement impuissante dans les formes aiguës qu’à l'heure actuelle, en l’absence d’un médicament spécifique et vraiment efficace, on n’ose la conseiller en présence d’un état dont la nature infectieuse est souvent à peine soupçonnée.

Dans les formes cardiaques pures, ou dans les formes cardio-rénales, il ne saurait être question d’autovaccins, l’hémoculture étant toujours négative. Ils ont été employés avec succès dans un cas (Obs. VI), mais

le malade présentait à ce moment un épisode infectieux avec streptococcus viridens dans le sang.

En pratique, en l’absence de toute médication spé; cifique, du fait de la difficulté du diagnostic d’endocardite maligne, on a recours uniquement à une médication symptomatique à base de cardio-toniques et de diurétiques.

C’est d’elle seule qu’on peut obtenir quelque amélioration passagère ou quelques rémissions dans la mesure où le muscle cardiaque est en état de réagir et où la perméabilité rénale est conservée.

Conclusions

I. — Il existe des endocardites malignes à localisation exclusive au niveau de l’orifice aortique, présentant une évolution clinique un peu spéciale qui s’écarte sensiblement des types habituellement décrits.

II. — Dans ces endocardites, les phénomènes généraux sont inexistants, ou quand ils existent, sont très atténués et passagers. Parmi les observations que nous rapportons, il s’en trouve plusieurs dans lesquelles on n’observe aucune modification thermique.

Les complications infectieuses à distance, les embolies infectantes neæs’y rencontrent jamais.

Ces endocardites évoluent pendant un temps plus ou moins long sous le masque d’une cardiopathie vaivulaire, puis peu à peu apparaissent des signes de défaillance cardiaque et d'insuffisance rénale. Ces derniers sont sous la dépendance de lésions anätomiques diverses : petits infarctus, foyers de glomérulonéphrite ou de néphrite subaiguë et constituent la seule manifestation extra-cardiaque de laffection.

III. — L'évolution de cette forme a été fatale dans tous les cas qu’il nous a été donné d’observer. Elle peut toutefois être entrecoupée de rémissions plus ou moins prolongées qui, dans un cas, ont pu faire croire passagèrement à une guérison.

IV. — Quoique nous n’ayons jamais observé cette guérison chez nos malades, nous ne concluerons pourtant pas au pronostic irrémédiablement fatal de la maladie. Nous devons tenir compte des faits et des statistiques rapportées par Libman. Si des endocardites malignes à allure clinique sévère avec température, phénomènes septicémiques, embolies, ont pu guérir, à plus forte raison des cas semblables aux nôtres à symptomatologie moins riche uniquement cardiaque ou cardio-rénale, doivent être susceptibles d’avoir une évolution heureuse.

Bien entendu, nous considérons cette guérison comme tout à fait exceptionnelle et nous faisons quelques réserves sur $a durée, les cicatrices des lésions valvulaires et les ‘altérations rénales constituant tou-

jours une menace pour l’avenir des malades.

Vu : Le PRÉSIDENT pe LA THÈSE, Le Doyrn, MOURIQUAND

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