‹ L'Endoscopie Directe du Larynx, de la Trachée et des Bronches: Technique, Indications et RésultatsChapitre 4 sur 81 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'endoscopie directe des voies aériennes inférieures, telle que nous la concevons aujourd’hui, est l’œuvre du professeur G. Killian et a vu le jour en 1897 dans la petite ville universitaire allemande de Fribourg-en-Brisgau. La découverte de Killian est la résultante logique des travaux de ses prédécesseurs, tant dans le domaine de l’endoscopie spéciale, que dans celui des autres endoscopies. Son histoire est hée à celle de l'examen direct de toutes les cavités du corps et est inséparable surtout de celle de l'œsophagoscopie directe, qui bénéficia elle-même de l'expérience acquise dans la pratique de l’uréthroscopie.

Nous aurons à étudier :

1° Une phase d’endoscopie générale avec résumé des grands faits qui ont précédé les découvertes qui nous occupent particulièrement;

2 Une hace he. he ayant 1897:

3° La découverte de la trachéo-bronchoscopie : 1897; PL extension et le FERRÉ RUeEn de la méthode.

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1° Phase d'endoscopie générale ©

Le premier qui eut lidée de regarder dans les cavités inexplorées du corps humain (exception faire du spé- culum vaginal, dont le premier type remonte à Ambroise Paré et que Récamier modifia heureusement en 1801) fut un médecin de Francfort du nom de Philippe Bozzini (1j. En 1807, il publiait un ouvrage intitulé : Le porte-lumière (Der Lichtleiter) ou description d’un appareil simple et de-son emploi pour l'éelairaue des cavités intérieures du corps vivant (Weimar, 1807). Cette invention fit beaucoup de bruit dans le milieu extra-médical, mais elle fut fort mal accueillie par la Faculté de médecine de Vienne. L'appareil de Bozzin se. composait d'une sorte de lanterne et d’une série de Lubes métalliques (specula) pourvus de nñroirs à l'une de leurs extrémités. À l’aide de cet appareil, Bozzini essaya d'examiner le larynx, mais il dut y renoncer après plusieurs échecs. :

Certains disent bien que Levret, en 1743, s'était déjà occupé d’endoscopie; en réalité, il avait découvert un appareil d'éclairage très compliqué qui ne lui permit pas d’ailleurs de voir au delà de l’isthme du gosier.

Les travaux de Bozzini tombèrent rapidement dans l'oubli, et ce ne fut que vingt ans plus tard que Ségalas

(1) Bochard. — Histoire de la chirurgie française au XIX® siècle.

es

inventa son spéculum uréthro- -cystique qui ne donna que - des résultats incomplets (1).

Ce fut à un Français, le grand chirurgien Desormeéaux, que revint l'honneur d'avoir fait progresser considéra blement l’endoscopie, avec son uréthroscope, qu il soumit en 1853 à l'Académie de médetine et qui devait plus lerd influencer d'une manière si favorable le développement de l'œsophagoscopie.

L'appareil de Desormeaux (2) se composait, d’après les termes de l’auteur lui-même, «d’une sondé pour livrer passage aux rayons lumineux en maintenant ouverts les orifices ou les canaux que l’on doit explorer, d'un miroir percé à son centre et placé obliquement en face de la sonde pour projeter parallèlement à son axe le faisceau lumineux émané d'une source placée latéralement. Dans le but d'augmenter léclatrage, une lentille plano-convexe est placée entre la lumière et le miroir percé, de façon à faire converger les rayons sur les objets placés au bout de la sonde. Du côté opposé à la lentille, se trouve un miroir concave à surface sphérique dont le centre de courbure coïncide avec le point lumineux. » Comme source de lumière, Desormeaux employait une lampe garnie de gazogène (mélange d'alcool et d'essence de térébenthine.

Cruise (de Dublin) adopta cel appareil, le modifia et écrivait en 1860 qu'il pouvait servir pour le méat auditif,

(1) Ségalas. — Comptes rendus des séances de l'Institut, 1826. (2) Desormeaux. -- De l'endoscopie el de ses applications au diagnostic el au lrailement des affections de l'urèthre et de la

vessie, 1856.

TAN Cr les fosses nasales, le pharynx, le larynx, et déjà il espérait le voir utiliser pour l’estomac (1).

Une découverte importante devait orienter les recherches sur une nouvelle voie ; nous voulons parler du petit miroir laryngien à l’aide duquel le ténor espagnol Garcia put voir ses propres cordes vocales (1855) et que Türcket Czermak apportèrent dans le domaine de la clinique. Le miroir laryngien fut bientôt appliqué à l'inspection de l'æœsophage. Il permettait d'éviter la route directe impraticable ; 1 ne s'agissait plus que d'écarter les parois de l'organe pour.y plonger le regard, c'est-à-dire pratiquer l'œsophagoscopie indirecte, ainsi que se mit à le faire Voltolini en 1860.

Waldenburg, Stoerk, Morel-Mackenzie firent de véritables prodiges d'ingéniosité pour introduire dans l’œsophage des tubes qu'ils éclairaient ensuite à laide du miroir laryngien.

Quant à la trachée, on se contentait de lexaminer tant bien que mal à travers la glolte entr'ouverte ou, chez les trachéotomisés, à l’aide de petits miroirs introduits par la fistule trachéale (Türck), et personne n'avait l’idée de pousser plus loin les investigations.

Avec Morel-Mackenzie l'æœsophagoscopie indirecte connut ses beaux jours; elle ne lui survécut'pas d’ailleurs. Cette méthode n'avait pas d'avenir; la méthode directe devait avantageusement la remplacer. En 1868, en effet, Kussmaul, de Fribourg-en-Brisgau, eut l'idée d'introduire dans l’œsophage un tube analogue à l'uréth r'O-CYStoscope de Desormaux.

Un avaleur de sabres qui se prêta à ses recherches lui

(1) F. Lemaitre. — Applications de la broncho-æsophagoscopie à la chirurgie du thorax (Paris, 1912).

+ permit de se dun compte qu' dore déflexion de la tte l'œsophage peut être amené dans le prolongement direct

de la bouche et du pharynx.

ee ’æsophagoscopie fut perfectionnée dans son instrumentation et sa technique par Von Mickuliez, Gottstein et l'Ecole viennoise (Von Hacker en particulier) qui surent faciliter l’œsophagoscopie par Femploi noue de la

. morphine.

2° Phase d'endoscopie laryngo-trachéale

Les premiers essais remontent, d’après Von Eicken (1). à Toboldt « qui put voir directement les cordes vocales d’une cantatrice, qui ne voulait pas se laisser examiner, avec le mircir laryngoscopique, en lui faisant tirer la langue et défléchir la tête. Cette observation fut considérée comme une curiosité sans aucune portée. »

Déjà Voltolini avait remarqué que, par pression de la spatule sur la base de la langue, on pouvait parfois, chez les enfants, apercevoir le bord supérieur des cartilages aryténoïdes. Cette remarque de Voltolhini a été oubliée, mais la plupart des auteurs reconnaissent que c'est ‘lui le premier qui eut l’idée d’inspecter la trachée de ses malades trachéotomisés (1874-1875). Il se servait d'un speculum auris de Brunton. Ce speculum ne devait pas lui donner une vue très étendue et, tout au plus, pouvait-il examiner les environs immédiats de la fistule trachéale

La première véritable trachéoscopie. est l'œuvre de Pieniazek qui, en 1884, introduisil un tube droit dans la trachée à travers l’incision trachéale et put ainsi l'exa-

(1) Von Eicken. — Die direkte Laryngo-Tracheo-Bronchoskopie

(Deulsche Klinik, 1909).

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