‹ L'Endoscopie Directe du Larynx, de la Trachée et des Bronches: Technique, Indications et RésultatsChapitre 5 sur 81 · LA · texte numérisé non relu

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miner jusqu'à la division bronchique. Sa première communicalion date de 1889 : Exploration de la trachée après trachéotomie ; lrachéoscopie. inférieure. Les essais de Pieniazek se cantonnaient dans la trachée; il lui arriva cependant de voir à l'intérieur de la bronche droite jus-. qu'à la bifurcation entre la bronche du lobe inférieur et celle du lobe moyen, tandis que du côté gauche il n’apercevait que la partie interne des trois premiers anneaux bronchiques. Il parvint à extraire quelques corps étrangers trachéaux et publia ses résultats dans sa communication de 1896: « La trachéoscopie et les interventions endoscopiques chez les trachéotomisés » (1), un an avant la découverte de Killian.

Cette méthode, qui « exigéail une opération sanglante préalable » (Lermoyez) (2), ne se généralisa pas et l’on continua à pratiquer la trachéoscopie indirecte avec le miroir laryngien.

Mais en 1894, alors que l'æœsophagoscopie avait déja — é

fait ses premières preuves entre les mains de Von Mickuliez et de Rosenheim, Kirstein remarqua que le larynx élait directement accessible, la Lête se trouvant en extension, comme pour l’'æœsophagoscopie, et il eut lidée de pratiquer l'examen du larynx avec un lube-spalule en déprimant la base de la langue et en refoulant l'épiglotte. Cette méthode, qu'il appela autoscopie, n'est autre chose que la laryngoscopie directe actuelle. « Quoique très simple, au moins en principe, elle eut contre elle la plupart des médecins restés fidèles par routine à l’ancienne

(1) Archiv. f. Laryngologie, t. IV, p. 210, 1896.

(2) Lermoyezs. — Die Bedeulung der laryngologischen und rhinologischen Untersuchungsmethoden für die Allgemeine Diagnostik (Congrès internalional de Vienne, 1908).

méthode indirecte, mais aussi la plupart des malades que la spatule effrayait plus que le miroir {1}. » Kirstein modifia son instrumentation. Il fit faire des spatules ‘en demi-gouttières avec une extrémité supérieure en forme de caisse qu'il abandonna ensuite pour prendre une tige longue et plate légèrement recourbée à sa partie ‘inférieure (spatule ,prélaryngienne). D'après Kirstein luimême, on ne pouvait voir avec son dernier modèle (spatule universelle) que dans 25 p. 100 des cas presque toute la glotte (la commissure antérieure dans les cas très favorables}, dans 50 p. 100 les parties postérieures du larçvnx seulement ; la méthode échouait done 25 fois sur 100, c'est-à-dire dans le quart des cas (2).

Il arriva à Kirstein de franchir la glotte avec son tubespatule et de pénétrer dans la trachée, mais effrayé par les battements de lPaorte il s’empressa de rebrousser chemin. |

3° La découverte de Killian (1897)

Le terrain était préparé. Kirstein examinait directement le larynx, Pieniazek pénétrait dans la trachée par voie de trachéotomie, enfin l'œsophagoscopie avait habitué les laryngologistes au maniement des tubes endoscopiques. Aussi lorsque le 20 mars 1897, Killian eut à soigner un scieur de long de la fort Noire, qui avait un os dans une grosse bronche, sut-il faire plus que ses prédécesseurs. S'aidant de la laryngoscopie directe et imitant volontairement l'exemple de Rosenheim qui avait introduit par mégarde l'œsophagoscope

(1) Lermoyez. — Loc. cut.

2 Mon Ficken..—ZLoc. cit.

dans la trachée, Killian fit franchir le larynx à son tube, pénétra dans la bronche et parvint à extraire le

corps étranger (voir l'Observation que nous avons tenu à reproduire à cause de son grand intérêt historique). La laryngo-trachéo-bronchoscopie venait d’être créée. Killian communiqua sa découverte à la Société des médecins fribourgeois le 24 juillet 1897, et, l'année suivante, il la fit paraître dans le Mänchner Wochenschrift sous le litre de: « Ueber die direkte Bron-

choskopie. » Killian établi, le principe de la bronchos-.

copie supérieure. Un tube creux, de diamètre approprié, introduit à travers la glotte dans les voies respiratoires, est parfaitement toléré par la trachée, es bronches et leurs branches de division; celles-ci se moulent en quelque sorte sur le tube Qui, profitant de leur élasticité et de leur mobilité, les déplace et les redresse impunément. [l montrait aussi que l'inspection des bronches était sans danger pour les bronches ellesmêmes, le cœur et les gros vaisseaux. Killian reprit la irachéoscopie inférieure de Pieniazek, la compléta et en it la bronchoscopie inférieure.

4 KExlension de la methode

Un des grands mérites de Killian fut de savoir faire école. Entouré de ses élèves: Wild, Enrici et plus tard Von Eicken, Just et Brünings, trouvant de bonne heure des collaborateurs dévoués, lels que son frère J. Kilhan (Worms), plus lard Neumeéyer, Helferich, Kümmel, Spiess, Noltenius, Nehrkorn, Denker, (Gottstein, Kausch, Kob, Thost, Mann, Meyer, ete., il améliora sans cesse la lechnique s1 délicate de la bronchoscopie, en posa les condilions, perfectionna linstrumentation et

re fe

consigna tes résultats de ses Nice dans une longue

série de publications.

La bronchoscopie de Killian frappa plus les esprits que la laryngoscopie de Kirstein ou la trachéoscopie indirecte de Pieniazek. La méthode fut vite connue et elle passionna vite les esprits. D'après les données de

Küllian (1) ie en 1892, 18 publications; en 1903,

21; en 1904, 32 : en 1905, 81: en 1906, 58: en 1907, 75: en 1908. en 1909, 119 ; en 1910, 118.

Pour l'Allemagne seulement,. en 1903, parurent 32 travaux ; en 1906, 12 ; en 1907, 18; en 1908, 14; en 1909, 23; en 1910. SET

La science n’a pas de frontières et la bronchoscopie ne tarda pas à être exportée à l'étranger. L'école autrichienne (H. von Schrôtter, Chiari, Kahler, Pieniazek et son élève Nowotny) adopla rapidement la nouvelle méthode et fit paraître de 9 à 12 travaux par an, surtout à partir de 1905.

En Amérique, déjà en 1899, Coolidge publia ses premiers cas, et, à partir de 1901, Fletcher Ingals, Schwyzer, Chevalier Jackson, Mosher, E. Meyer, Yankauser, Clayton, Elsberg, ete., se consacrèrent à l'étude la bronchoscople.

Dans l’histoire du développement de la bronehoscopie, la France occupe le troisième rang.

Les travaux de Pieniazek et de Killian n’attirèrent pas beaucoup au début lPattention de nos laryngologistes ; mais, en janvier 1902, Moure, Texier et Jacques parcoururent l'Allemagne pour étudier et voir employer

(1) Ces renseignements ont élé empruntés à Killian lui-même. Killian.— Zur Geschichte der Bronchoskopie u. OEsophagoskopie. Congrès internalional de Berlin, 1911.

par leurs inventeurs la trachéo-æsophagoscopie. Quel-

ques jours après son retour , Moure introduisait dans

les bronches d'un malade antériéurement trachéotomisé,

ui

un tube de Killian dont on pouvait suivre la marche à

l’aide du manche de Casper (1).

La première bronchoscopie pour corps étranger fut faite à l'hôpital Saint-Antoine à Paris dans le service du

docteur Lermoyez (1903). Il s 'agissait d’un malade chez * lequel on n'avait pu extraire un clou de la troisième rami-

fication bronchique par la ro par la bronchos-

copie inférieure.

En 1904, Sébileau et Lombard retirent par la bronchoscopie inférieure une ele enclavée dans la bronche droite.

Guisez modifie linstrumentation de Kilhan.

La plupart des laryngologistes français se familiarisèrent rapidement'avec la nouvelle: méthode : en 1905, parurent en France 13 publications sur la trachéo-bronchoscopie, 19 en 1908, 16 en 1910.

La Suisse en 1902, l'Espagne en 1903, la Belgique, l'Angleterre, la Norvège et la Suède, la Hollande et la Hongrie en 1904, le Danemark et la Russie en 1906, l'Amérique du Sud en 1908 eurent leurs écoles de bronchoscopie.

Le premier cas publié au Japon date de 1904.

Actuellement, la méthode s'est généralisée dans le monde entier, el 11 faut estimer à plus d'un millier le nombre des publicalions qui ont paru.

(1) D’après Brindel. — Journal de médecine de Bordeaux, 1903.

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