‹ L'Endoscopie Directe du Larynx, de la Trachée et des Bronches: Technique, Indications et RésultatsChapitre 67 sur 81 · ET · texte numérisé non relu

ET

et ce n’est qu’une friction à l'alcool camphré qui l'aurait

- fait revivre. | |

+ Depuis l'accident, l'enfant refuse toute alimentation:

La nourrice, témoin de l'accident, se rappelait à peu près -

le volume du corps étranger avalé : un os qui devait être très gros, dit-elle. Mais il semble impossible au docteur Siguier, appelé au moment de l'accident, que le corps

étranger ait pu être aspiré, étant donné le jeune âge de

; l'enfant, et il porte le diagnostic de corps étranger

? œsophagien avec gêne respiratoire et retentissement

du côté des voies respiratoires. L'enfant, en effet, refuse absolument de boire depuis l'accident, et les symptômes de dysphagie semblent aussi marqués que Îles phénomènes dyspnéiques.

L'enfant nous est amené d'urgence le lendemain matin à notre clinique maison de santé, et lorsque nous l’examinons nous sommes frappé par le tirage sus-sternal qui existe à l’état permanent. Il y a des dépressions claviculaires à chaque inspiration ; le facies est blanc, les lèvres décolorées ; de temps en temps il a une toux rauque, quinteuse. Il est aphone par instant. L’auscultation ne révèle rien de bien spécial; une sorte de ronchus dans la région trachéale. Cet enfant est normalement développé, gros ettrès bien portant ; très bien conformé ; son état général était tout à fait bon auparavant. L'examen œsophagoscopique est fait d'urgence à [1 h. du matin, avec l'assistance du docteur Marcorelle, sous chloroforme. D'abord, nous inspectons l'œsophage ; nous constatons que celui-ci (fait qui nous a frappé chez des enfants de cet âge) est ouvert dans les 2/3 supérieurs de sa hauteur: en particulier au moment des inspirations il présente un maximum de dilatation, puis il se referme au moment de l'expiration, mais jamais complè-

: . Nous ot un de de 9. mm. “jusqu à la.

portion tout à fait inférieure de l'æsophage sans voir.

De

trace de cotps élranger ; nous. nous mettons alors en TRS

devoir de faire non point une bronchoscopie supérieure,

impossible à cel âge, mais une laryngoscopie directe supérieure avec la spatule. Nous voyons immédiatement

qu'il existe une sorte de lamelle blanche à la portion tout à fait inférieure de la trachée, qui nous semble être un os, et nous jugeons qu “il faut pour |' extraire faire une bronchoscopie inférieure. # à

La trachéotomie est faite instantanément d urgence en un temps, les conditions ne nous permettant pas d’agir autrement. Nous placons un tube dans la trachée de l'enfant, mais celui-ci, à ce moment, est deta lle ns Nous lui faisons respirer un peu d'éther, nous lui faisons des piqûres d'huile camphrée et nous jugeons inutile de prolonger plus loin notre exploration devant cet état général.

Dans la nuit, le tirage, malgré l'introduction de la canule, persiste. La bronchoscopie inférieure est faite avec un tube de 7 mm. qui est introduit à l’intérieur de la trachée par la plaie trachéale, après cocaïnisation locale de cette trachée, sous anesthésie générale.

Lorsque nous l'avons introduit dans la trachée, nous voyons tout de suite dans la bronche droite un corps blanc lamellé qui, à priori, nous semble être l'os. Après plusieurs tentatives à l’aide d'une pince à mors à dents de souris, nous pouvons ramener successivement deux fragments d'os. Le plus long mesure un centimètre de long sur Lem.5 de large; le plus court mesure à peu près 0 em. 5 de long. Les de fragments s’engainent exactement l’un dans l’autre et il semble bien que nous avons extrait la Lotalité du corps étranger. Du reste, une bron-

| — 167 — choscopie, faite après cette première ablation, nous montre qu'il n'y à plus rien à l'intérieur de la trachée.

La température, le soir de cette intervention, est encore de 3%, mais la respiration se fait bien mieux; l’enfant présente de nombreuses quintes de loux avec une quantité considérable de mucosités purulentes qi sortent par sa canule trachéale.

Ex température, le lendemain, est encore à 38°5, puis elle s’abaisse progressivement pour redevenir normale, et les sécrétions trachéales disparaissent petit à petit.

Nous enlevons la canule le 6° jour et la guérison survient sans aucune complication.

Cette observation est intéressante par le jeune âge de l'enfant, le plus jeune que nous ayons soigné et aussi le plus jeune qui ait été (d’après les observations que nous avons lues) bronchoscopié avec guérison.

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