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être pas complètement faux, mais à coup sûr est insuffisant, car cette simplification a quelque. chose de nécessaire. Elle ne se fait pas au hasard et elle ne disparait pas lorsque est atteint un stade où cette simplification paraît en face du réel, trop simpliste, Au contraire elle subsiste, elle acquiert même une extension plus grande à mesure que s'accroît la connaissance. Le mécanisme n'est que l'application de cette loi psychologique dans la connaissance des phénomènes physiques.
Les nécessités de notre être organique et conscient créent donc non une simplification du donné, mais au fond une adaptation nécessaire qui, quels que soient les changements qu'elle subit dans la suite, conserve ses caractères
essentiels, parce qu'ils correspondent à des exi-
gences vitales primitives. Les choses ne peuvent etne doivent nous apparaître qu’à travers cette rectification progressive, cette adéquation. Si bien que notre système recüfié, c’est le système même qui étant donné ce que nous sommes, correspond le mieux à la nature des choses. Si la connaissance a imposé des rectifications aux premières données de l'expérience, ces rectifica-
tions étaient nécessaires pour que notre représen-
tation fût conforme à ce qu’elle est chargée de représenter. Ce ne sont pas les données qualita-
tives originaires qui fournissent la vue la plus voi-
sine du réel : elles ne sont que de grossières
approximations de sens peu exercés. Ce sont au contraire des rectifications, imposées à ces données originaires, et que nous pouvons dès lors appeler du nom qu'elles ont reçu des philosophes : la raison ou le rationnel.
Voici, d’un point de vue psychologique tout actuel, ranimée la philosophie qui, depuis le xvi® siècle, a guidé notre connaissance. Pour métaphysique qu’elle soit, l'hypothèse rationaliste traditionnelle, n’est pas très éloignée de la physique contemporaine. Le mécanisme expérimental ne fait que la rajeunir.
6. — Si l’on cherche maintenant pourquoi la connaissance, en se reclüfiant, en s'ajustant, en se rationalisant, donne à la représentation des phénomènes physiques une forme cinétique, c’est encore vraisemblablement dans notre organisation psychologique, dans l'histoire de notre adaptation intellectuelle, qu'il en faut chercher la raison.
Le mouvement est, la plupart du temps, le seul indice que nous ayons d’une manifestation de l'énergie. C'est par lui que nous constatons en général les changements qui surviennent dans l'état d’un corps. En tout cas, c'est sur lui que s’est portée d’abord l'attention de ceux qui voudraient expliquer la nature physique : mouvement des corps célestes, mouvement des machines simples et mouvement de chute vers la surface
de la terre : les phénomènes électriques et magnétiques ont été décelés par des déplacements de masse : attractions et répulsions. L'hydrostatique s'est constituée en considérant le mouvement ou l'équilibre d’un liquide, eten en cherchant les conditions. Le mouvement d'une corde produit le son et peut servir à l’étudier. De même le mouvement de l'air. La chaleur est mesurée grâce à un mouvement de dilatation qui se produit dans le corps qui s’échauffe. Les lois de la réflexion et de la réfraction en optique, les premières établies dans ce domaine, se rapportaient toutes à des directions de rayons lumineux, donc à des modes de mouvement. Les changements d'états de la matière, la mixtion, la combinaison chimique : tout cela résulte toujours d'un mouvement dont souvent l’œil peut suivre les grossières résultantes.
Attractions et répulsions, rayons lumineux, ondes sonore, courant électrique, flux de chaleur, réactions chimiques, transmutations chimiques, etc, autant d'expressions très anciennes, contemporaines des premières recherches sur la nature, et qui toutes sont des images empruntées au mou- -vement. Même quand il s’agit de l’altération ou de la conception d’un corps au repos, de ces changements que le péripatétisme considérait comme des changements purements qualitatifs, on voit toujours des déformations, des déplace-