DEUXIEME LOI (ÎEXEKALE DE LA CONNAISSANCE
sociaux, autres que ceux dans les(|uels il vil. I.e fait particulier remplit la capacilé de l'esprit et se pose comme une généralité. C'est par d'autres faits particuliers, tombant ensuite dans Texpériencc, que l'extension indéfinie, donnée au premier, se limite, s'amoindrit et se rectilie.
Le processus normal de la connaissance va donc d'une connaissance particulière précise à une connaissance générale très vague et gross(» d'erreurs, puis, par une série de faits particuliers nouveaux, corrige cette conjecture* générale, mais, mutatis mutandis, en la contiiuiani.
2. — Ces considérations nouvelles nous amènent à formuler une seconde loi, relative à 1 acquisition et au développement de la coiuiaissaiice, aussi importante que la premiènv Les o])servations psychologiques sur Tenfant et le sauvage* la confirment; mais l'histoire (l(\s sciences la manifeste avec une très grande netteté et d'une façon constante. On pourrait l'appeler loi du rythme intellectuel, et la formuler aJFisi : La counaissance procède par un rythme perpétuel de synthèse et d'analyse, dr généralisation et <!(» restriction*. Tous les logiciens ont noté (huis l(\s opérations de l'esprit {'(existence do ces dcMix
4- On peut consulloi" au sujet de (.'t'Ito loi : Rih^t. Jimluiion (les idées gènérnles, !"• partii*. jxifisiu) ^Pmi'îs. F. AIrîUi). Kll<* y f^st roliéoà la loi foiidaincnlaN» de l'activitc r.»pr£îsentalive : on pourrait la rciici- à la loi hiolotrijpic
62 f. ENERGETIQUE ET LE MECANISME
périodes : le ju^o^ement analytique et le jugement synthétique, l'induction et la déduction, l'association et la dissociation, la généralisation et l'abstraction. Seulement, on les a en général considérées à part et isolées l'une de l'autre. On a commencé par poser d'un côté les opérations relatives à l'analyse, de l'autre, les opérations relatives à la synthèse, en séparant complètement leurs domaines. Nous avons eu ainsi les sciences inductivcs et les sciences déductives, les opérations analytiques et les opérations synthétiques de Tentendemcnt. Lorsqu'on s'est rendu compte des difficultés où conduisaient cette abstraction et cette vue artificielle et simpliste des choses, on a rapproché les deux termes et on les a juxtaposés. Un jugement a pu être synthétique, puis analytique, un raisoimcment inductif, puis déductif.
La façon dont Mach considère le développement do la physique est bien empreinte de celte conception. Il semble aujourd'hui qu'on ait ét^ oblige (le fondre plus intimement les deux éléments distingués par l'artifice de l'analyse. Tout jugement, disent les logiciens américains, est à la fois analytique et synthétique, selon le point (le vue. Tout raisonnement réel implique à la fois induction et déduction. Toute proposition scien-
fondamoiilalodi' l'adaptation. L'appellation : loi du rythme, otson application à la dcrnarcluMle la connaissance scienlifi(ju(\ n'ont, je crois, pas encore ctcpropost^es.
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iidqué utilise donc l'analyse et la synthèse. 1/incluction et la déduction pour l'étahlir sont parallèles et marchent côte h cote. Klles alternent lout au moins très rapidement, comme les osciHations d'un pendule. La science procède par pfénéralisations et déductions successives, sans jamais arrêter, tant qu'elle projifresse, son mouveuKMit rythmique.
3. — 11 résulte de ce qui précède (|uc la connais- Sfuico générale, séj)arée des lails particuliers qui relayent, et, seuls peuvent lui doinier un sens -vivant et réel, conserve toujours quelque chose (le vague, d'incertain, dhypotliétique, de subjectif. La formule nominalisle est exacte quand elle dit : « Le général n'existe pas ; toute (existence est particulière. » Par conséquent, toute connaissance exacte et claire doit procéder à partir de faits particuliers.
Voilà une première conclusion.
En voici deux autres qui lui sont logiquement lices.
4. — A quelle condition une connaissance ({ui dépasse le fait particulier peut-elle préteiKhe à jouer un rôle utile dans la connaissance ?
A une condition et à une seule. C^est qu'(»II(» dérive d'un fait particulier, donc qu'elle lui soit post&rieiire.
Et à quelles conditions peut-elle (Mre admise romme claire, exacte^ ? A une condition el Ix une
64 l'énergetioue et lé mécanisme
seule : C'est que le fait particulier dont elle procède la compose tout entière, en se répétant en quelque sorte identique à lui-même ; en d'autres termes, à condition de ne pas altérer la compréhension du fait particulier, mais seulement d'en faire varier l'extension. Sinon, on entre dans le domaine de l'abstraction, on ouvre la porte à l'erreur, tout au moins, au vague et c\ l'obscup.
Une proposition générale n'est donc vrainient intelligible que si elle généralise une proposition plus particulière, c'est à-dire si elle montre que la proposition particulière se retrouve identiquement dans un domaine où on ne la soupçonnait pas encore, si elle éclaire l'inconnu à l'aide du connu. L'opposition des méthodes fécondes, suivies depuis la Renaissance en physique, avec les méthodes stériles de la scolastique, le secret de la fécondité des mathématiques depuis les malhématiciens grecs, sont dans cette façon de comprendre la généralisation et la généralité.
Or il est manifeste que si le mécanisme les comprend exactement ainsi, l'énergétique les comprend de la façon absolument inverse, puis*- ([iiau lieu de procéder du particulier au général, elle procède nettement du général au particulier, dans la disposition définitive qu'elle prétend donner* à la science lorsque celle-ci entre, au terme (lo son développement, dans la période formelle.
T). — Klanl donnéc^s les condilions générales de