DEUXIEME LOI GENERALE DE L\ CONNAISSANCE
la connaissance qui viennent délre énumérées, les caractères psychologiques de la conjecture vague, de la connaissance obscure et indistincle d'une part, et les caractères psychologiques de la certitude exacte, de la connaissance claire et distincte, d'autre part, la systématisation énergétique répond beaucoup moins que le mécanisme aux exigences de notre organisation mentale en ce qui concerne rintelligibilité et la clarté. Elle oppose à notre faculté de comprendre des difficultés que n'oppose pas le mécanisme. Poser une formule générale à laquelle on ajoutera ensuite les restrictions convenables pour Tadapter aux nécessités de l'expérience, revient à s'éloigner des conditions de l'expérience. Et si les énergétistes protestent tous contre cette accusation, puisqu'ils la retournent contre le mécanisme, la critique sceptique de la science a, néanmoins, bien vu que ce môme reproche pouvait être encouru par eux, puisqu'elle s'appuie sur les propositions de l'énergétique pour prétendre qu'au fond la physique n'est plus une science expérimentale et tend vers un pur mathématisme abstrait et idéologique. Ainsi, tout en voulant symboliser Texpérience telle qu'elle est, et tout en ne voulant que cela, l'énergétique arriverait à faire assez bon marché de l'expérience et. à la remplacer par une idéologies abstraite. En pratique, comme une théorie éner- Rey. ;j
Ô6 L'ÉNEnoÉTIQÛE ET LE MÉCANISME '
gélîque repose directement sur l'expérience, possède une substructure expérimentale, comme son critérium, au moment où elle s'élabore dans le laboratoire, est encore l'ensemble de nombreuses données expérimentales, ce danger n'est point à craindre pour le savant qui sait ce qu'il fait, d'où il part, où il arrive, et comment il y arrive. Mais pour ceux qui prennent la théorie, en elle-même, une ibis qu'elle est construite, et l'examinent pour elle-même, le défaut est apparent et l'interprétation qui transforme la physique en science à priori, est à peu près inévitable. La théorie énergétique pose, en effet, d'abord, une formule très générale, capable d'englober tout un ensemble de phénomènes physico-chimirques, puis elle y apporte ensuite par des termes complémentaires les restrictions nécessaires pour que l'expérience soit symbolisée d'une façon suffisamment exacte. Les formules atteignent ainsi quelquefois une complication considérable. Et d'autre part comme tous les termes complémentaires n'ont aucune raison d'être par eux-mêmes, n'expriment pas une relation naturelle, une donnée de l'expérience, mais ont pour unique raison d'être, d'accorder machinalement, formellement une formule inexacte et incomplète, avec des résultats expérimentaux, l'ensemble ne peut donner que l'impression d'une description artificiolle. Le lion qui, dans l'esprit
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du savant élaborant sa théorie on plein laboratoire, est pratiquement réel entre la théorie H l'expérience, disparaît complelemont pour qui se trouve en face de la théorie achevée, de la théorie sous son aspect définitif. Il arrive ainsi que la physique, une fois achevée, apparaîtrait comme un formalisme purement artificiel et symbolique, comme une technique intellectuelle. Kl il faudrait vivifier cette technique, la replacer en quelque sorte en face des données expérimentales d'où elle a peu à peu surgi, pour lui donner un sens effectif, un lien avec le réel, une valeur de savoir. Sans cela, elle donne l'impression d'une idéologie illusoire. N'y a-t-il pas là un véritable danger, à tout le moins une complication inutile ? Complication qui vient bien do la façon de procéder à la systématisation : i)artir du général pour redescendre d'échelons en échelons, à des cas plus particuliers. 11 semble plus naturel, plus normal et partant plus clair, plus compréhensible surtout, de partir de certains cas concrets, privilégiés par leur simplicité, et de passer ensuite à des cas plus compliqués, par degrés, en étendant progressivement le sens et le domaine des premières relations que l'on a rencontrées. Cette extension se fait à l'aide de nouvelles expériences qui se relient d'ellesmêmes aux premières, sans que jamais l'imaii^inafion, la représonlalioii expérimentale ne c(\s-
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sent (.raid^ir renleiidenKnit, 11 y i\ la on tout et un jjrorédé plus coiifoniie an l'ont'iioniiemot psycholo^nqne (l<* nnlro organisation înteller Uiellc, ei une analojj^'ie direck' avec la sciencn Lype au puinl de vue de la Lvlarté vX do riotelligk hililé : la malliénialique. L'eiH,*ri^6liqne, cela sj voit très nettement par exemple tlans les théorie épistémolojT^iqnes de Marlu considère que la sciefM/e dfdi s (^fïectner en trois temps : Inductîve il abord, rHe atteint empiriquement les loi
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empiriquement des loin ij[énérak:s aux phénoj mènes partieuliers ; ernpiriqïn'ment, r'est-à-dît en vérifiant rhacpie déducti<jn par rexpérîenci
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L^t non expérimentait
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deuxième phase appartiendraient les théorie méeanistes. lùdin, lorstfn on a pn atteindre les" fois les ptns j^^énéraies d un ensemble de phénomènes formant par leurs conditions et leurs propriétés spéciales comme nn tout, alors, maïs alors seulement, ia seienre entre dans une Iraisième phase qui abroge poiu^ ainsi dire les dciL^ autres, et s"y snhstitur (:'nm[ilèh*rnent : c*esi phase formelle; les mathématiques seraient dans cette phase de'puis lont^ienqjs ; réneru^étique la réaliserait de nos jours pour les sciences physieo-ehimiques. On pose une formule générale et la discussion fie eette furniul*' j^énérale doit p4
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mettre de déduire, en donnant aux variables les valeurs convenables, toutes les relations particulières.
Mais on ne constate rien de semblable dans la mathématique, quelque partie qu'on y considère. On y voit toujours, comme d'ailleurs l'a fait remarquer Poincaré, des généralisations successives, de certaines notions particulières, et à cliaque généralisation, toujours appuyée sur une intuition (quoi qu'on pense de la nature de celle-ci : à priori ou empirique), la déduction (également appuyée sur l'intuition) de tout ce qu'il est possible de déduire. En somme, pas de phase formelle, mais les généralisations successives d'une* notion intuitive, ou un api)el fait à de nouvelles notions, et à chaque généralisation nouvelle, à chaque nouvelle notion, la démonstration déductive de toutes leurs conséquences.
Ce processus est le processus même de nos fonctions psychologiques représentatives. Cellesci tendent toujours à généraliser un cas particulier et ce cas parliculier généralisé, h en tirer toute une série de conséquences. Des conclusions absurdes, ou impossibles limitent l'extension de cette généralisation ; elles révèlent d'ordinaire un cas particulier nouveau, base d'une généralisation complémentaire pour les faits auxquels ne s'applique pas la première . Notre connaissance oscille continuellement d'une indue-
lion qui généralise, à une déduction qui particularise et cette oscillation a une amplitude limitée : elle s'arrête pour reprendre à nouveau dans une autre direction, dès qu'une expérience nouvelle n'entrant pas dans le cercle des déductions permises fait obstacle au mouvement commencé. La forme générale de la connaissance humaine, et par suite de la connaissance scientifique reproduit donc ce rythme d'inductions et de déductions parallèles, de généralisations et de particularisations successives. C'est voir les choses sous une forme très abstraite et assez éloignée du réel que de séparer parun abîme l'induction généralisatrice de la déduction particularisatrice, de les opposer, comme des méthodes antithétiques, et exclusives l'une de l'autre, au lieu de les reconnaître dans toute démarche de la pensée cognitive comme des méthodes complémentaires. Le mécanisme au contraire reproduit inconsciemment, dans son mode de systématisation, le processus inhérent à la nature de la connaissance humaine. L'énergétique ne semble donc pas un progrès vers la clarté et l'intelligibilité des sciences physico-chimiques, ni une disposition normale de la systématisation : elle semble organiser le contenu de nos connaissances physiques au rebours des exigences les plus profondes do notre connaissance.