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LES LIMITES DE l'eNEIUÎETISME 127
considération d'ordre purcmont pratique, qui relègue toute théorie au rôle d(» simple moyen môme technique, ou de classification, les recherches théoriques ont, en réalité, un hut plus élevé : celui de satisfaire un désir naturel de l'homme, celui de savoir, de remonter aux causes. Sans doute ces causes se présenteront toutes à nous sous forme d'hypothèses, plus ou moins proJ)ables ; mais leur degré de prohahilité ne fera que s'accroître à mesure que les faits permettront d'élaguer un plus grand nombre de possibilités, tout en tendant h confirmer de plus en plus celles qui traduisent probablement la réalité.
<c Qu'il nou^ soit permis de constater ici qu'il existe une école de savants atteints d'un mal intellectuel qu'on pourrait désigner sous le nom (le pessimisme scientifique. Elle paraît s'être condamnée à ne jamais tacher de savoir : pour elle, toute conviction qui n'a pas la certitude du fait observé est d'importance nulle. La théorie de la lumière elle-même n'est qu'un jeu desprit fort ingénieux permettant au calculateur de dévelo])per toute l'élégance de ses formules.
« La science prend alors l'aspect froid d'une collection d'objets soigneusement étiquetés, et n'ayant entre eux que les rapports qui sont imposés par l'évidence ou par un certain nombre de principes fondamentaux.
« Sans doute, la détermination de ces rapports
indépendants de toute hypothèse et qui ont trait, çoit à la théorie analytique, soit à la théorie mécanique de la chaleur, présentent une importance telle qu'il est inutile d'insister pour le démontrer, mais ces sciences doivent être nettement distini>'uées de la physique proprement dite, dont la mission est de remonter le plus possible à la nature des choses.
« Pour établir la distirtction qui existe entre la physique et la théorie mécanique de la chaleur, qu'il nous suffise de citer un exemple : Sir W. Thomson a démontré, en se basant sur le principe de la conservation de l'énergie, que la tension de la vapeur émise par une surface liquide concave est plus faible que celle émise par une surface plane, cette démonstration appartient à la tliéoric mécanique de la chaleur; elle est rigoureuse, mais elle élude complètement la recherche de la cause du phénomène. C'est au physicien qu'est dévolue la mission de rechercher cette (•ause^ »
On peut donc, je crois, conclure, au point de vue des conditions psychologiques de la connaissance, dune part, que le mécanisme paraît plus favorable aux progrès de la physique et répond mieux aux nécessités psychologiques de la recherche expérimentale, et, d'autre part, que la