‹ L'énergie morale. Beaux exemples ... Ouvrage illustré, etcChapitre 6 sur 15 · EUR · texte numérisé non relu

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Marco Polo, prisonnier, dictant le récit de ses voyages.

récits, dont les découvertes des voyageurs du quinzième siècle permirent bientôt de reconnaître la vérité, en un grand nombre de faits qui avaient d'abord passé pour de pures fictions.

€ Or il advint que Marc, le fils de messire Nicolas, apprit si bien les coutumes des Tartares, et leur langue et leur écriture, que peu de temps après sa venue à la cour du Grand Seigneur, 1l savait quatre langues et quatre écritures différentes. Il était sage et prudent, et le Grand Khan lui voulait grand bien pour l'esprit qu'il voyait en lui et pour sa grande sagesse. Et quand il vit que Marc était si instruit, il l’envoya faire un message en un pays où 1l fut bien six mois à aller. Le jeune homme fit son ambassade bien et sagement; et comme 1} avait vu et entendu plusieurs fois que le Grand Khan, quand les messagers qu’il envoyait par les diverses parties du monde revenaient à lui et lui rendaient compte de leur ambassade sans savoir lui raconter rien de particulier des contrées où 1ls avaient été, leur disait qu'ils étaient fous, et ajoutait qu’il aimerait mieux entendre de leur bouche le récit des coutumes et des usages de ces contrées étrangères que le compte rendu de l’ambassade qu’il leur avait confiée, il mit toute son attention, quand :il s’acquitta de sa mission, à retenir toutes les choses étranges et inaccoutumées qu'il voyait, afin de les redire au Grand

Khan!. »

? Voyageurs anciens et modernes.

C’est en remplissant avec ce zèle intelligent les missions difficiles et lointaines qui lui furent confiées pendant son long séjour dans les différentes parties de l'Asie, que le courageux explorateur de ces régions inconnues put accumuler les utiles connaissances qu'il répandit en Europe à son retour, el qui lui ont mérité le nom de Humboldt du treizième siècle!.

En choisissant, dans la longue période du moyen àge, les trois hommes illustres dont nous venons de résumer la vie et les travaux, nous n'avons pas seu- . lement désiré donner en exemple l'énergie de leur volonté, qui ne recula n1 devant les difficultés de l'étude, n1 devant les fatigues et les persécutions; nous avons aussi voulu appeler l’intérêt sur l’importance de leurs œuvres, qui eurent pour résultat principal le plus utile progrès dans l’art d'observer et d’expérimenter, appliqué à l'interprétation de la nature. Par cette interprétation rationnelle, qui ouvrait un champ immense à la curiosité, l’esprit humain devait bientôt s'affranchir du joug des superstitions et des systèmes, pour entrer, avec l’élan d'une volonté plus éclairée, dans la large voie qui en moins de deux siècles conduisit au plus heureux concours d'inventions et de découvertes, au mouvement de la Renaissance. Glorieuse époque, qui trouva sa grandeur et sa fécondité dans le commun effort des savants et des artistes dont le génie sut

1 Malte-Brun. Hrstorre de la Géograplue.

allier le charme des traditions antiques aux sévères beautés du nouveau culte, et la discipline des sciences expérimentales au libre exercice de la pensée.

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