I. Ribot, L'imagination créatrice, Paris, igoo, d. i3o
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cette image même, les moyens par lesquels l'eflet s'accomplit. Force nous est donc bien d'admettre que le tout ' s'offre comme un schéma, et que l'invention consiste \ 'précisément à convertir le schéma en image. 1
L'inventeur qui veut construire une certaine machine se représente le travail à obtenir. La forme abstraite de ce travail évoque successivement dans son esprit, à force de tâtonnements et d'expériences, la forme concrète des -divers mouvements composants qui réaliseraient le mou- Tcment total, puis celles des pièces et des combinaisons •de pièces capables de donner ces mouvements partiels. A ce moment précis l'invention a pris corps : la repré- •sentation schématique est devenue une représentation imagée. L'écrivain qui fait un roman, l'auteur dramatique qui crée des personnages et des situations, le musicien qui <îompose une symphonie et le poète qui compose une ode, tous ont d'abord dans l'esprit quelque chose de simple et d'abstrait, je veux dire d'incorporel. C'est, pour le musi- -cien ou le poète, une impression neuve qu'il s'agit de ^lérouler en sons ou en images. C'est, pour le romancier •ou le dramaturge, une thèse à développer en événements, un sentiment, individuel ou social, à matérialiser en personnages vivants. On travaille sur un schéma du tout, et le résultat est obtenu quand on arrive à une image distincte des éléments. M. Paulhan a montré sur des exemples du plus haut intérêt comment l'invention littéraire •et poétique va ainsi « de l'abstrait au concret», c'est-àdire, en somme, du tout aux parties et du schéma à l'image\