‹ L'Energie spirituelleChapitre 53 sur 61 · I. Ribot, Psychologie de l'attention, Paris, 1889, p · texte numérisé non relu

I. Ribot, Psychologie de l'attention, Paris, 1889, p

ig8 l'effort intellectuel

sentatîon « unique ». Mais de ce qu'une représentation est une, il ne suit pas que ce soit une représentation simple. Elle peut, au contraire, être complexe, et nous avons montré qu'il y a toujours complexité quand l'esprit fait elTort, que là est même la caractéristique de l'effort intellectuel. C'est pourquoi nous avons cru pouvoir expliquer l'effort de l'intelligence sans sortir de l'intelligence même, par une certaine composition ou une certaine interférence des éléments intellectuels entre eux. Au contraire, si l'on confond ici unité et simplicité, si l'on s'imagine que l'effort intellectuel peut porter sur une représentation simple et la conserver simple, par où distinguer a- t-on une représentation, quand elle est laborieuse, de cette même représentation quand elle est facile ? par où Tétat de tensioa différera-t-il de l'état de relâchement intellectuel .^ Il faudra chercher la différence en dehors de la représentation ellemême . Il faudra la faire résider soit dans l'accompagnement aflectif de la représentation, soit dans l'intervention d'une (( force )) extérieure à l'intelligence. Mais ni cet accompagnement affectif ni cet indéfinissable supplément de force n'expliqueront en quoi et pourquoi l'effort intellectuel est efficace. Quand viendra le moment de rendre compte de l'efficacité, il faudra bien écarter tout ce qui n'est pas représentation, se placer en face de la représentation ellemême, chercher une différence interne entre la représentation purement passive et la même représentation accompagnée d'effort. Et l'on s'apercevra nécessairement alors que cette représentation est un composé, et que les éléments de la représentation n'ont pas, dans les deux cas, le même rapport entre eux. Mais, si la contexture intérieure diflère. Dourciuoi chercher ailleurs aue dans cette diffé-

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rence la caractéristique de l'effort intellectuel ? Puisqu'il faudra toujours finir par reconnaître cette différence, pourquoi ne pas commencer par là ? Et si le mouvement intérieur des éléments de la représentation rend compte, dans l'effort intellectuel, et de ce que l'effort a de laborieux et de ce qu'il a d'efïîcace, comment ne pas voir dans ce mouvement l'essence même de l'effort intellectuel ?

Dira-t-on que nous postulons ainsi la dualité du schéma €t de Vimage, en même temps qu'une action de l'un de ces éléments sur l'autre ?

Mais, d'abord, le schéma dont nous parlons n'a rien de mystérieux ni même d'hypothétique ; il n'a rien non plus qui puisse choquer les tendances d'une psychologie habituée, sinon à résoudre toutes nos représentations en images, du moins à définir toute représentation par rapport à des images, réelles ou possibles. C'est bien en fonction d'images réelles ou possibles que se définit le schéma mental, tel que nous l'envisageons dans toute cette étude. 11 consiste en une attente d'images, en une attitude intellectuelle destinée tantôt à préparer l'arrivée d'une certaine image précise, comme dans le cas de la mémoire, tantôt à organiser un jeu plus ou moins prolongé entre les images capables de venir s*y insérer, comme dans le cas de l'imagination créatrice. Il est, à l'état ouvert, ce que l'image est à l'état fermé. Il présente en termes de devenir, dynamiquement, ce que les images nous donnent comme du tout fait, à l'état statique. Présent et agissant dans le travail d'évocation des images, il s'efface et disparaît derrière les images une fois évoquées, ayant accompli son œuvre. L'image aux contours arrêtés dessine ce qui a été. Une intelligence qui n'opérerait que sur des images

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