Ménestrier, p
3 Voy. Les médecins, p. 70 et suiv., 196 et suiv.
4 Ménestrier, p. 4.
II y a dans le texte :
Terraeque propinquant
Phœbus et esseclaj plus centum millia passuum.
(Ecloga in portentosam Delphini orbis christiani summœ spei nativitatem, Paris, 1039, in-4°, p. 2.)
mathématiques au collège de France, dressa aussi cette nativité, et ses calculs nous ont été conservés 1 .
L'Église condamnait la pratique de l'astrologie2. Mais, quand on y tient, I on peut arriver, par d'autres moyens, à déterminer l'avenir d'un prince. Le R. P. Senault, supérieur général de l'Oratoire, le prouva bien en 1661, lors de la naissance du grand Dauphin, fils aîné de Louis XIV. Il prétendit, lui aussi, à l'honneur de tirer l'horoscope du royal poupon, et il y parvint sans avoir braqué sur le ciel aucune lunette. Son début surprend un peu, car il nous y révèle que la Vierge doit « être mise parmy les grands hommes, puisqu'elle a contribué à leur salut. » On n'est guère moins étonné en apprenant que la mère de Dieu « a vu dresser son horoscope dès la naissance du monde. » Le célèbre oratorien
1 Dans J.-B. Morin, Astrologia gallica, 1661, in-folio, p. 555.
2 « Les astrologues sont condamnez par l'Eglise, et ceux qui font l'horoscope des hommes en leur naissance ne se peuvent exempter ny de hlàme ny d'offense. Ils entreprennent sur les droits de Dieu, qui s'est réservé la connoissance de l'avenir ; et par une coupahle insolence, ils rejettent sur luy les péchez des hommes , qu'ils engagent dans une malheureuse nécessité. » J.-F. Senault, p. 4.
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établit très bien ensuite que les meilleurs souverains sont nés en automne, « la plus riche saison de Tannée, » et il conclut ainsi :
Si les principes sur lesquels je me suis fondé sont assure/, comme je n'en doute point, il faut que ce jeune prince égale sou père et surpasse tous ses ancestres; car, outre qu'il est conceu et qu'il est lié, comme le Sauveur dus hommes, dans le temps e1 dans le sein de la paix, il est entré dans le monde à nue heure qui ne luy présage que d'heureux Mien s. Le midy et le minuit sont les deux heures les pins Fortunées de toutes celles qui composent nos jours et nos nuits. Le Fils de Dieu voulut naistre à Tune de celles-là, et selon le sentiment d'un très savant astrologue, que je n'ose ni approuver ni condamner, elle marquoit clairement qu'il devoit estre le libérateur de l'univers. Ce mesme Dieu a permis que nostre Dauphin naquît à l'autre de ces heures, qui n'est (juères moins heureuse, et qui nous apprend que ce jeune prince sera quelque jour l'arbitre du monde, le défenseur des chrétiens et la terreur des infidèles.
La saison en laquelle il est né nous présage que la Nature ne travaille que pour sa grandeur, et que luy ayant étalé toutes ses richesses aussi tost qu'il est entré dans le monde, elle a voulu nous apprendre qu'en un âge plus avancé, elle le mettra en possession de ions ses trésors.
Ces vœux que Ton a faits pour l'obtenir et cette joie qu'on a témoignée après l'avoir obtenu sont
les preuves infaillibles qu'il fera les délices du genre humain, qu'il nous ramènera à l'âge d'or et fera renaistre l'heureux estât d'innocence '.