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attendant, il est bien sous mon toit, et son berceau me semble un de ces nids que les paysans regardent comme des porte-bonheur. Je m'imagine, qu'ici Raymond est plus à moi, et que quelque chose ailleurs distrairait son joli rire qu'il me donne tout entier. »
« Tiphaine qui vient de faire le voyage de Vannes, pour des arrangements de famille, m'a appris que la maison appartenant à madame Boume) avait été récemment vendue, ainsi que les meubles.
» Est-ce k la requête des créanciers du mort? Est-ce par détresse de la veuve ? Est-ce par simple désir de déraciner sa vie de ce pays et de la transplanter ailleurs? Tiphaine ne sait pas où la mère et l'enfant sont allés vivre.
a Pourquoi cette nouvelle m'a-t-elle troublé ? Tiphaine a cru qu'elle était dans son tort en ne ra'apporlant que des nouvelles incomplètes. Bile pense que ma sollicitude, comme tuteur du petit oncle, est désappointée. Elle m'a offert de retourner à Vannes pour prendre l'information oubliée.
» A quoi bon? Je puis écrire à Vannes et savoir par moi-même ce qu'il m'importerait de savoir, si la chose devait m'importer!...
» Hier, j'ai fini un inventaire de la fortune de Raymond. H sera riche. Tant mieux si j'en fais ■ l'homme dont j'ai l'idéal daus ma tète I Tant pis si j'échoue! Je veux lui enseigner à aimer les grandes choses et à faire le bien 11 dépensera noblement celte fortune, sans l'épuiser.
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23S L BNFANT DE Lk HORT&-
n Je deviens avare pour lai ; je thésaurise ma tendresse, mes rêves, comm^ je Uiésaurise mes revenus.
» 11 oe dépense Tien chez moi que ce qui est à moi. Plus tard, quand il sera émancipé de ma tutelle, mais non, de mon amitié, il aura le droit de se servir des magnifiques iastruments d'bonneur et de gloire qu'il trouvera dans l'héritage paternel. Jusque-lfi, il est surtout mon fils et i! doit vivre comme mon fils.
» Que deviendra cet autre enfant qui, par une ironie singulière, s'appelle de mon nom, quand je voulais qu'il s'appel&t Raymond, et que Raymond port&t le nom de Paul? Comment l'élëve-t-on? quel homme en fera-t-onî Malgré moi, je pense souvent à lui. Quand je mesure la petite taille, les petites forces et l'intelligence de mon fils, je vois Paul à cOté de Raymond comme une ombre qui le dépasse, comme un aine I II ne sera ni plus joli, ni meilleur.
» Pauvre petit, il sera pauvre ! Sa mère, à moins de recommencer avec succès, cette fois, les spéculations dont elle m'a menacé, n'aura pas les ressources suffisantes pour une éduoation complète. Elle l'aime certainement, comme elle peut aimer, s'il est vrai qu'elle puisse aimer. En tout cas, par orgueil, par égoîsme, par ambition, elle ferait tout pour assurer l'avenir et le bonheur de son fils. Mais la seule chose à recbercber pour lui et pour elle, la simplicité dans le devoir, l'économie stricte, la liberté d'une &me Hère qui dépasse la pauvreté, elle n'y songera pas. Elle est capable de se tuer pour lui ; mais elle ne songera pas à vivre médiocrement,