POLYTE, ERNEST
ERNEST
Quelle perfidie !
POLYTE
Là! c'est toujours ça de pris sur le jeune Ernest.
ERNEST
A nous deux , maintenant.
POLYTE
Ah ! le voilà ! avec son air fièrot, il est comme un croquet... tant mieux, je vas le faire un peu rager... ça m'amusera.
ERNEST
Pourriez-vous me dire, monsieur, quel a été le sujet du long entretien que vous venez d'avoir avec ma cousine!
Pour sûr, que si je le voulais, je le pourrais... mais je ne le veux pas.
ERNEST
C'est une réponse catégorique, qu'il me faut.
POLYTE, à part.
Oh! catégorique!., voilà qu'il commence à se vexer! (Haut.) Eh bien! mais, puisqu'il vous faut du catégorique... je vous apprendrai que nous sommes d'accord... on ne peut plus d'accord... oui, mon cher Ernest.
ERNEST
En effet : et c'est pour que personne n'en doute, que vous n'avez pas craint de l'embrasser devant tout le monde?
POLYTE
Ahl bah! vous étiez là? (A pan.) J'en suis pas fâché. (Haut.) Eh bien! alors, vous en savez autant que moi.
ERNEST
Monsieur , 11 ne s'agit plus de plaisanter , maintenant... moi , aussi , j'aime Aglaé... je l'aimais avant vous... elle m'avait juré de n'aimer que moi... (Le prenant par le bras.) Vous y renoncerez, ou bien...
POLYTE
Eh bien! quoi? quand vous me regarderez avec vos grands yeux, vous ne m'avalerez pas...
ERNEST
Non... mais je vous tuerai , si vous ne renoncez pas à vos prétentions.
POLYTE
Moi , je vous dis que vous ne tuerez personne , mon grand monsieur.
ERNEST
Vous refuserez donc de vous battre, alors.
POLYTE
Me battre!., moi, refuser de me battre... plus souvent... il y a assez long-
I/KNEAM DE PARIS. Zi
temps que jo me repose... A pan ) Me battre avec lui! oh! je vais tapper de hou cœur!., allons, allons, lotit de suite , habit lias!
(il retire son habit et se met en posture.)
ERNEST
Plaisantez-vous? est-ee ainsi que deux hommes d'honneur terminent une affaire?
POLYTE
De quoi ! de quoi! dépêchez-vous, ou je manœuvre tout seul.
Air du Petit courriel'.
Ouand on se bat parmi les grands, A chercher, pour cette équipée.
Ses pistolets ou son épée , On perd sa colère et son temps.
Mais nous, pour venger notre injure .
Nous n'attendons pas au lend'main , Viv' les armes de la nature, On les a toujours sous la main.
Allons donc, grand capon, en garde!