‹ L'enfant de Paris; ou, Misère et liberté; vaudeville en un acteChapitre 19 sur 34 · POLYTE, ERNEST · texte numérisé non relu

POLYTE, ERNEST

ERNEST

Quelle perfidie !

POLYTE

Là! c'est toujours ça de pris sur le jeune Ernest.

ERNEST

A nous deux , maintenant.

POLYTE

Ah ! le voilà ! avec son air fièrot, il est comme un croquet... tant mieux, je vas le faire un peu rager... ça m'amusera.

ERNEST

Pourriez-vous me dire, monsieur, quel a été le sujet du long entretien que vous venez d'avoir avec ma cousine!

Pour sûr, que si je le voulais, je le pourrais... mais je ne le veux pas.

ERNEST

C'est une réponse catégorique, qu'il me faut.

POLYTE, à part.

Oh! catégorique!., voilà qu'il commence à se vexer! (Haut.) Eh bien! mais, puisqu'il vous faut du catégorique... je vous apprendrai que nous sommes d'accord... on ne peut plus d'accord... oui, mon cher Ernest.

ERNEST

En effet : et c'est pour que personne n'en doute, que vous n'avez pas craint de l'embrasser devant tout le monde?

POLYTE

Ahl bah! vous étiez là? (A pan.) J'en suis pas fâché. (Haut.) Eh bien! alors, vous en savez autant que moi.

ERNEST

Monsieur , 11 ne s'agit plus de plaisanter , maintenant... moi , aussi , j'aime Aglaé... je l'aimais avant vous... elle m'avait juré de n'aimer que moi... (Le prenant par le bras.) Vous y renoncerez, ou bien...

POLYTE

Eh bien! quoi? quand vous me regarderez avec vos grands yeux, vous ne m'avalerez pas...

ERNEST

Non... mais je vous tuerai , si vous ne renoncez pas à vos prétentions.

POLYTE

Moi , je vous dis que vous ne tuerez personne , mon grand monsieur.

ERNEST

Vous refuserez donc de vous battre, alors.

POLYTE

Me battre!., moi, refuser de me battre... plus souvent... il y a assez long-

I/KNEAM DE PARIS. Zi

temps que jo me repose... A pan ) Me battre avec lui! oh! je vais tapper de hou cœur!., allons, allons, lotit de suite , habit lias!

(il retire son habit et se met en posture.)

ERNEST

Plaisantez-vous? est-ee ainsi que deux hommes d'honneur terminent une affaire?

POLYTE

De quoi ! de quoi! dépêchez-vous, ou je manœuvre tout seul.

Air du Petit courriel'.

Ouand on se bat parmi les grands, A chercher, pour cette équipée.

Ses pistolets ou son épée , On perd sa colère et son temps.

Mais nous, pour venger notre injure .

Nous n'attendons pas au lend'main , Viv' les armes de la nature, On les a toujours sous la main.

Allons donc, grand capon, en garde!

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