‹ L'enfant de Paris; ou, Misère et liberté; vaudeville en un acteChapitre 20 sur 34 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

Les Mêmes, BONOEIL.

BONOEIL.

Qu'est-ce que je viens d'apprendre, est-ce bien vrai, Hippol\te?

Je ne dis pas le contraire, mais qu'avez-vous appris?

BONOEIL.

Aglaé vient de dire à sa mère que tu ne voulais pas d'elle.

POLYTE

Et elle de moi... c'est la vérité toute nue.

ERNEST

Comment? il se pourrait?

POLYTE

Eh! oui, c'est comme cela que nous sommes d'accord.

ERNEST

Ah ! M. Hippolyte, que ne vous dois-je pas?

POLYTE

Vous ne me devez rien du tout... Quel dommage qu'on soit venu nous déranger ?

ERNEST , à Bonœil.

Vous le voyez, monsieur, ils ne se conviennent pas... ils ne peuvent s'aimer... persisterez-vous dans vos projets?

BONOEIL.

Si j'y persisterai ! plus que jamais... c'est vous, M. Ernest qui êtes cause de tout cela... vous aurez tourné en ridicule mon Hippolyte aux yeux d'Aglaé... mais vous aurez fait un faux calcul... d'ailleurs, ce mariage n'aura lieu que dans un an, et d'ici-là, Dieu merci, mon fils aura le temps de s'instruire... il saura le latin... le grec...

POLYTE , à part.

Tiens! tiens! comme il y va... pourquoi pas l'hébreu , tout de suite.

Il passera les nuits, s'il le faut, pour s'instruire.

POLYTE, à part.

Oui, compte là-dessus.

BONOEIL.

Et pour vous prouver que quand j'ai quelque chose dans la tète, ça n'en sort pas facilement, vous allez venir avec moi... et devant vous, nous allons signer avec Mme de Roquefort, un dédit de la moitié de ma fortune; quand on me fait sortir des gonds !..

POLYTE, l'arrêtant.

Dites donc , papa Bonœil , rentrez donc dans vos gonds , si c'est possible... Je vous dis que je ne veux pas d'une femme qu'il faut gagner à coup de grec et de latin... à coups de poing, je verrais....

Taisez-vous. Hippolyte!

POLYTB.

Ah ! mais , dites donc , si vous faites trop l'absolu, gare l'émeute... Je vous dis, moi, que je ne veux pas d'une femme qui en veui d'un autre.

BONOE1L.

Tu en voudras plus tard... quand tu seras un homme... un savant... comme monsieur, quand tu auras pâli sur les livres!

POLYTB.

Si je tiens à mes couleurs , moi !

ERNEST

M. Bonœil, écoutez-moi.

BONOE1L.

Je n'écoute rien que ma colère... suivez-moi, monsieur, et marchez devant.

POLYTE , à Ernest

Allez... allez... j'arrangerai cette affaire-là et pas plus tard que tout-àl'heure. (Ernest et Bonœil sortent.)

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