‹ L'enfant de Paris; ou, Misère et liberté; vaudeville en un acteChapitre 2 sur 34 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BONOEIL, un serviette attachée autour du cou et le visage plein de savon; CATICH !'.

BONOEIL.

Comment, comment, c'est personne... est-ce que la sonnette marche toute seule, Caticlie?

CATICHE

Mais, non, monsieur ; je dis que c'est personne, parce que c'est le porteur d'eau.

BONOEIL.

Vous êtes bien aristocrate, Caliche, un Auvergnat est un homme coftime un autre... quelquefois même...

CATICHE

Quoi?

BONOEIL.

Je me comprends... Dis-moi, que fait mon fils. es!-il levé?

CATICHE

Qui ca? M. Polyle?

BONOEIL.

Oui , mou fils Hippolyle.

CATICHE

Ah! votre fils de contrebande... car enfin, si vous lui devez la vie, ce n'est pas une raisou pour que vous soyez son père.

BONOEIL.

Je me comprends, il sera mon fils , puisque je vais l'adopter.

CATICHE

Il aura fait un joli rêve, tout de même... passer des rues de Paris , où il était gamin de son métier, dans un bel appartement, pour y être choyé, servi...

Air : Comme j'aime mon Hippolyte Pour lui, j' suis plein d'allachcmcitl , Avec toi , j'en conviens , Catiche.

CATICHE

Il est arrivé justement,

Pour remplacer feu vot' caniche ,

Sans doute, j'aimais bien Azor; Car c'était un chien de mérite, Mais je ne l'aimais pas encor Comme j'aime mon Hippolyte.

CATICHE, à part.

En esl-il entiché de sou Polyte.

BONOEIL.

Je te dirai en confidence, à toi , pour qui je n'ai jamais eu rien de caché , que je songe à le marier.

CATICHE

Ah bah ! il est trop petit pour ça...

BONOEIL.

Dans un an ou deux... c'est une affaire que je mitonne, vois-tu... je ne voudrais pas faire du tort aux parens qui comptent sur ma succession ; en lui faisant épouser la fille de Mme de Roquefort, ma cousine, la fortune que j'ai acquise en vendant pendant vingt-ciuq ans des bonnets de coton , ne sortira pas de la famille, et de cette façon-là, tout le monde sera coulent; je vais donc, de ce pas, à Versailles* chez M"1' de Roquefort, à qui j'ai écrit pour lui faire part de mes projets sur sa fille.

CATICHE

Mais, M. Polyle votidra-t-il de la jeune personne?

BONOEIL.

J'arrangerai tout cela, son caractère commence à se former, grâce à

mes soins... à mes prières surtout, car, enfin , il n'est déjà plus reconnaissante.

catiche.

Moi , Je ne le trouve pas changé du tout... il est vif et remuant, connue un écureuil.

L'écureuil est en cage et devient beaucoup plus tranquille... il parai) enchanté de son nouveau sort, ce cber enfant... enfin à l'heure qu'il est . il doit être levé... et tu vois, on ne l'entend pas remuer. (On entend quelqu< chose qui se bri.,e.) (Ju'est-ce que c'est que cela?

CATICHE

C'est M. Polyte qui s'éveille.

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