‹ L'enfant de Paris; ou, Misère et liberté; vaudeville en un acteChapitre 29 sur 34 · SCENE XXII · texte numérisé non relu

SCENE XXII

Les Mêmes. BONOEIL, ERNEST, Mmc DE ROQUEFORT, AGLAÉ.

BOXOEIL.

Ah! mon Dieu! est-ce qu'il y a une émeute?... Catiche, qu'est-ce que tout cela siguifie?

CATICHE

Pardieu ! ça signifie , qu'on s'amuse!

BONOEIL.'

Je suis à Charenton , il n'est pas possible I

POLYTE, lui apportant un verre.

Allons , voyons , faites comme nous , papa?

BONOEIL.

Il ne me manquait plus que cela... Hippolyte, toi , dans cet état ?

AGLAÉ , à Ernest.

Je devine son dessein.

Mmc DE ROQUEFORT.

Vous concevez M. Bonoeil, que d'après ce qui se passe, je ne puis plus donner ma fille...

BONOEIL.

Eh bien! c'est bon, gardez-là, votre fille; mais, toi, malheureux, me\pliqueras-tu.

POLYTE

Du sang froid, et vous allez tout savoir. D'abord, si vous me croyez dans les brouillards , vous avez tort, je suis dans l'exercice de toute ma raison , et je vas vous le prouver. Pour un léger service que je vous avais rendu , vous avez voulu m'adopter, me rendre heureux... l'intention était bonne, et la preuve c'est que je m'y suis trompé d'abord, mais un ami m'a ouvert les yeux, alors je me suis dit... faut en finir, aux grands maux, les grands remèdes... et j'ai cassé les vitres pour passer au travers, si vous ne voulez pas m'ouvrir la porte

-BONOEIL.

Comment, tu veux me quitter?

POLYTE

C'est pas ma faute... je ne respire pas chez vous... je finirais par être

asphyxié... tenez, VOyez-VOUS ça... (Il tire un livre de sa poche.)

BONOEIL

Ce sont les Fables de Lafontaine.

POLYTE, ouvre un endroit marque dans le livre.

Lisez celle-ci... elle est à mon adresse.

BONOEIL.

Le chien et le loup.

POLYTE

Je suis comme le lonp... je préfère ma libellé... à vos beaux meubles, à vos beaux habits, etc. pantouffle... marie/ m" Aglaé à M. Ernest, el

l.T.M'AYI DE PARIS. 07

rendez-moi à mon atéyer... à ma misère... J'en ai besoin pour retrouver

mes plaisirs.

BONOEIL.

Mais réfléchis donc...

I>OLYTE.

C'est tout réfléchi... je vous aime et je vous vénère... je viendrai vous voir de temps à autre... mais si je restais ici encore huit jours , je mourrais le neuvième.

BONOEIL.

En es-tu bien sûr ?

POLYTE

Aussi sur que de mon existence.

BONOEIL.

C'est différent; je ne puis pas te retenir malgré loi, mon pauvre enfant ; mais je ne dois pas non plus oublier que je te dois la vie , et je veux faire linéique chose pour toi.

Eh bien ! je vas vous dire ce qu'il vous faut faire.

BONOEIL.

Voyons!..

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