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Hs : L'ENFANT: DES RUES. 7 NS
c'est clair, mais il démontrera qu’en entourant l'assassinat de certaines formes, ce n’est plus un. assassinat. Cette morale-là a toutes les ressources, : c'est delle que nous viennent, dans un ordre de . passions plus coutumier à nos cœurs, les intrigues galantes, les bonnes fortunes, les faiblesses adorables et les péchés mignons. È
Et c’est elle que l'on voudrait enseigner à l'en-
fant, pour le rendre fort contre les sollicitations de toutes ses concupiscences ?.. Oh! oui, Jai bien dit, c'est dérisoire cela ! Mais j'ai dit aussi que cette morale est désespérante.
Pourquoi ? Le voici.
Le Dieu qui sanctionne cette morale est le Dieu que nous découvre notre raison humaine, le 5
principe et la cause de l’ Univers, Dieu puissant et.
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juste.
Dieu terrible, dès lors, pour la faiblesse humaine, parce que c'est un Dieu qui ne pardonne pas, et que nous, pauvres hommes, nous avons plus besoin de pardon que de justice. û Que ferions-nous, Messieurs, si nous n'avions
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que ce Dieu impassible dans sa justice sévère 2...
Quel est celui d'entre nous qui ne désespérerait.
dr ire bisbe À DC :
d'avoir à paraître un jour devant Lui, nos vertus
dans la main droite, si petites hélas et si clair- | semées, et, dans la main gauche, le lourd ballot de fa nos iniquités. Quel est celui d'entre nous à qui demeurerait encore un rayon d'espérance? C'est une épouvante ce Dieu-là qui ne sait point ce que c'est que la miséricorde,
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Laissez-moi, je vous en prie, vous lire une page.
du duc de Broglie, où cette même pensée est mise
!. en lumière, dans une objection fondamentale à ces
D: mêmes livres de Jules Simon, dont je vous parlais L tantôt :
Après avoir rappelé que le Dieu de la philosophie
et de la religion naturelle « n’a pas le droit de
grâce », il en appelle à J. Simon lui-même, et lui
citant son propre livre sur le Devoir... « Je prie- F : rai M. Simon, dit-il, de le relire avec soin et d’en n. faire — non pas à lui-même — (à Dieu ne plaise L que je sois si indiscret !) mais au plus gens de bien qu'il a pu rencontrer dans son existence, une a ppli-
cation exempte de sévérité outrée et d'humeur
misanthropique, mais préservée aussi de cette indulgence banale qui fait le fonds des jugements courants de l'opinion sociale. Je le prierai, laissant de côté toute prévention favorable, d'examiner toutes les vies dont il connaît le détail, avec la froide impartialité, mais aussi avec l'inexorable rigueur du juge, de ne rien surfaire, mais de ne rien paser ; de s'abstenir également de supposer et de pardonner le moindre tort. Puis, cette balance exacte établie, ce compte en partie double dressé, qu'il veuille bien se représenter combien son jugement est loin d’égaler en délicatesse morale et en perspicacité sévère, celui de l'Être- Saint, pour qui le cœur de l’homme est un livre ouvert; qu'il veuille bien considérer que, tandis que son regard à lui s'arrête à l'apparence et comme à l'écorce des actions, l'œil de Dieu pénètre dans les replis cachés de tous les sentiments ; qu'il suffit qu’à l'acte le plus honnête se mêle le moindre mobile d’amourpropre, de vanité ou d’égoïsme, pour en corrompre à l'instant tout le mérite aux yeux de Dieu, comme la plus légère vapeur ternit l'éclat d’un or pur; que Dieu sait, que Dieu voit, non seulement tout ce que nous avons fait et dit au grand jour, mais ce que nous avons voulu et rêvé dans l'ombre ;
qu'il a entendu toutes les paroles expirées sur nos
lèvres, tous les désirs refoulés dans notre poitrine,
tous les sanglots étouffés sous le chevet de nos lits. Puis, qu'il se représenteau grand jour du jugement, tout ce bas-fond de l’âme montant à la surface et
montré à la lumière; l’homme apparaissant nu
devant Dieu, comme il ne s’est jamais fait voir, comme il rougirait de se montrer à ses semblables, et puis, je m'en rapporte à lui pour me dire à combien d'êtres humains s'appliquent les espérances de récompenses méritées.. pour combien la pure, la stricte justice, telle qu’on peut l’attendre du Dieu de la religion naturelle est un sujet de confiance et non d’effroi ! (1) »
Ne voyez-vous pas ce qui arrivera à l'enfant
des rues? A vingt ans, il jettera un regard en
arrière, il fera sur lui-même ce compte en partie double du bien et du mal, dont parle le prince de Broglie et il frémira... Ah! grand Dieu, le mal
déjà l'emporte sur le bien... et poussé par ses
‘passions haletantes, ne se sentant plus la force ni
le courage de les dompter.… « À quoi bon, s'écriera-
(1) de Broglie. Questions de religion et d'histoire. 2° vol., p:333: