L'enfant du divorce
'était un véritable mariage d'amour que le marquis de Fleurance avait fait en épousant la jolie et blonde fille du duc de Glamondans.
Après une jeunesse tout entière absorbée par les plaisirs que Paris offre aux riches fils de famille, Guy de Fleurance avait fait plusieurs saisons consécutives à Plombières, dans les Vosges, et, présenté chez le vieux duc par l'évêque d'Epinal, un ami de sa famille, il avait été émerveillé en découvrant une jeune fille adorable, ornée de toutes les qualités physiques et morales, aussi belle que bonne, également intelligente et spirituelle, et parée en plus des attraits si capiteux de la jeune femme que Geneviève avait pris dans le rôle de maîtresse de maison tenu par elle de façon irréprochable depuis la mort de sa mère.
Dès les premiers jours, le jeune marquis s'était senfei réellement épris et il constatait, aux délicieuses sensations qui agitaient son âme, quelle différence considérable existait entre cet amour nouveau qui régénérait son cœur et les affolantes passions inspirées jusqu'alors par les marchandes de sourires qu'il avait rencontrées sur sa route de viveur.
Guy était un irréprochable gentilhomme, délicatement orné de toutes les faveurs d'une nature prodigue, descendant d'une illustre famille dont il portait le titre et dont il possédait la colossale fortune, et il avait su inspirer promptement à la jeune fille une affection qui pourtant ne la décidait pas, retenue qu'elle se sentait par des devoirs élevés, à accepter l'offre flatteuse du marquis de Fleurance.
Geneviève remplissait, en effet, à l'égard de son frère Hubert, plus
jeune qu'elle de sept années, un rôle de véritable petite mère, car elle avait compris que cette tâche lui incombait du jour oij, privée de sa mère, son père avait été cloué définitivement, par une paralysie générale, sur un lit de douleur qu'il ne quitterait que pour sa dernière demeure. Elle avait senti que c'était à elle qu'il appartenait de veiller sur ce frère qui serait un jour l'héritier de l'honneur de ce nom et de ce titre dont l'ombre la plus légère n'avait jamais terni l'éclat, et si elle avait refusé jusque-là les brillants partis qui lui avaient été offerts, c'est qu'elle redoutait le moment où Hubert serait livré à lui-même et se sentirait fatalement entraîné par les ardeurs d'une jeunesse inexpérimentée, dans les aventures de la vie parisienne qui l'attirerait inévitablement.
Elle aurait résisté cependant aux aspirations amoureuses de son âme, elle aurait réprimé les élans de son cœur qui la portaient vers le jeune marquis, tant était grand en elle le sentiment de ce devoir; mais elle céda enfin aux désirs de son père qui redoutait de mourir en la laissant seule.
L'union s'annonça sous les plus heureux auspices, car Guy et Geneviève s'aimaient d'un amour immense, et leur bonheur ne fut troublé qu'un seul instant par la mort du duc de Glamondans.
Alors le marquis et la marquise de Fleurance quittèrent le vieux manoir des Vosges pour venir s'installer dans le superbe château dépendant du domaine des Migettes que Guy possédait en Touraine.
Hubert, de son côté, avait résolu de venir à Paris, oii il se sentait attiré par ses amis de collège, aujourd'hui de grands jeunes gens comme lui, appartenant aux plus riches et aux meilleures familles, et dont l'existence dorée, dévoilée par leurs lettres, exerçait sur sa jeune imagination un charme irrésistible. — Geneviève était bien aise de se rapprocher de son frère qu il lui était impossible de tenir plus longtemps sous son affectueuse tutelle, mais sur qui elle voulait continuer à veiller.
En voyant une union aussi heureuse que celle de Guy et de Geneviève, qui pouvait prévoir qu'un jour l'amour qui la cimentait s'affaiblirait, s'éteindrait et se changerait même, sous le souffle de quelque passion funeste, en un de ces ressentiments horribles qui détruisent le bonheur d'une famille, qui en brisent les liens sacrés et que n'arrête même pas la perspective cruelle de l'enfant qui en sera l'innocente victime?
Qui aurait pu surtout prédire cette issue épouvantable, le jour où naquit une fille, Diane, véritable gage d'amour envoyé par le ciel qui bénissait lui-même cette union?
C'est ce qui arriva cependant.
La naissance de l'enfant qui avait été tout d'abord une source de joie, une recrudescence de tendresse, devint bientôt une gêne, puis un ennui pour le marquis. Il n'avait vu dans le mariage que la satisfaction amoureuse résultant de la possession d'une femme adorable et il n'avait pas prévu que plus tard l'épouse deviendrait mère, qu'elle aurait dès ce jour un devoir nouveau à remplir envers son enfant, et qu'elle ne serait pas pour lui la frivole compagne des plaisirs regrettés, comme l'avaient été celles entre lesquelles il avait partagé jusque-là son cœur et sa fortune.
Dès le jour où Geneviève fut tenue par ses devoirs maternels, le marquis de Fleurance sentit son esprit se reporter vers l'époque heureuse où, libre, il ne connaissait que les plaisirs, sans la moindre gêne, sans la moindre contrainte. Il s'ennuya et il se mit à languir dans cette existence de châtelain dont l'amour ne dissipait plus la monotonie. Il songea de nouveau à Paris qu'il n'avait plus revu depuis son mariage, et il rougit même à la pensée que les joyeux amis de sa jeunesse, moins empressés que lui à s'enlacer dans les liens du mariage, devaient le considérer comme un homme fini, enterré vivant dans son château, enchaîné aux pieds d'une épouse, rivé au berceau d'une enfant.
C'était humiliant et grotesque, en vérité, et Guy se sentait aujourd'hui repris du besoin de Paris et de ses plaisirs capiteux.
Geneviève, avec son âme de sensitive qu'éclairait toujours une tendresse aussi sincère qu'aux premiers jours, n'avait pas mis longtemps à s'apercevoir de ce qui se passait chez son mari ; mais, mère autant qu'épouse, elle était incapable de sacrifier sa fille et elle ne voulut pas, pour lutter contre le délaissement qui la menaçait, abandonner son enfant à d'autres qui n'auraient pu lui inspirer cette tendresse dont une mère seule a le pouvoir et le secret.
Ce fut cependant avec une douleur bien cruelle, mais qu'elle eut la force de taire, qu'elle vit Guy s'éloigner d'elle, aller d'abord quelquefois à Paris sous des prétextes futiles, puis faire peu à peu des absences plus fréquentes et plus prolongées.
Elle comprenait qu'elle n'était plus pour lui la fiancée adorée et la compagne aimée d'autrefois. Elle sentait que l'affection de son mari se perdait, mais elle espérait qu'elle lui serait un jour rendue, et elle s'efforçait de développer toutes les précieuses qualités qu'elle avait transmises à sa fille pour que le père fût enfin attiré de nouveau dans cette maison où se réunissaient les deux cœurs qui pouvaient l'aimer le plus au monde.
Le retour du marquis de Fleurance dans les salons parisiens, dans les
cercles et sur les boulevards, avait été joyeusement célébré par tous ceux qui avait regretté la disparition du plu aimable compagnon de toutes les fêtes et de toutes les réjouissances. Guy se sentait revivre dans cette existence mondaine et bruyante pour laquelle il était fait.
Il avait songé autrefois, lorsqu'il était possédé tout entier de l'amour de Geneviève, à la conduire à Paris, à l'y installer somptueusement, à lui faire tenir dans le monde auquel elle appartenait le rang qui aurait dû être le sien; il était bien heureux aujourd'hui de n'avoir pas donné suite à ce projet dont la réalisation compromettrait maintenant sa liberté. Il préférait la savoir là-bas, en Touraine, avec sa fille.
Nous serions injuste cependant si nous laissions supposer que le marquis de Fleurance était attiré à Paris par le souvenir de quelques anciennes amours, aussitôt oubliées que soldées, et qui n'avaient laissé aucun vestige en son esprit et aucune racine en son cœur. — Non, il n'avait été appelé que par le besoin de cette vie bruyante et exubérante à laquelle il était accoutumé, vie que corse bien parfois quelque aventure galante, mais sans que le cœur y prenne la moindre part.
Un jour, cependant, le nom du marquis de Fleurance, imprimé par un journal dans la liste des invités d'une solennité mondaine, tomba sous les yeux d'une femme qui, malgré les nombreuses années écoulées, n'avait pas perdu le souvenir de celui qui avait été son premier amant.
Fille d'un bureaucrate, Marion Bernay avait été, grâce au sot orgueil paternel, élevée bien au-dessus de sa condition dans un couvent du quartier de Notre-Dame-des-Champs ; si bien qu'en se retrouvant plus tard dans un monde tout différent de celui de ses amies d'enfance, elle sentit péniblement l'humilité de son origine et elle vit poindre en elle une envie qui la poussa à s'élever par n'importe quel moyen.
Marion était d'une piquante beauté qu'elle recevait principalement du contraste formé par l'azur de ses grands yeux et par la couleur de jais de sa chevelure encadrant son visage au teint mat et aux lèvres rouges. Elle savait qu'elle pourrait plaire et elle attendait une occasion favorable qui se présenta en la personne du jeune marquis de Fleurance, toujours prêt à rendre à une jolie fille l'hommage qu'elle méritait.
La fille du bureaucrate comprit dès les premiers propos que ce gentilhomme, incapable d'une mésalliance, ne serait jamais qu'un amant pour elle, mais elle n'hésita pas à se donner à lui, tant était puissante et dévorante l'envie de s'élever, fût-ce de la main gauche, à la hauteur de celles qu'elle av?it cru jusqu'alors ses pareilles. Aussi ce ne fut point pour Marion uni désillusion le jour où Guy de Fleurance, courant à d'autres amours, l'abandonna en lui laissant une petite fortune. Elle en prit
philosophiquement son parti et elle épousa bientôt M. Achille Gradignan, un riche propriétaire viticulteur de la région bordelaise, qui avait à Paris une maison pour la vente de ses récoltes et qui serait, grâce à ses voyages incessants et à son caractère confiant et bonasse, le modèle ées maris.
Il y avait près de douze ans qu'elle n'avait revu le marquis de Fleurance et elle ne savait réellement ce qu'il était devenu lorsque tout à coup le nom de son premier amant surgit devant elle, réveillant d'un seul coup le souvenir délicieux du passé.
Guy était revenu aux Migettes : on se trouvait à cette époque de l'été où les grands quartiers de Paris sont désertés pour les châteaux, pour les plages et pour les villes d'eaux à la mode. — Le marquis allait passer cette saison en Touraine, car il n'osait pas refuser ce plaisir à sa femme et à sa fille, aujourd'hui une adorable fillette de dix ans, qui le lui demandait si gentiment.
Mais une quinzaine s'était à peine écoulée que Guy de Fleurance cherchait déjà à se distraire de cette existence trop calme pour lui, lorsque, se promenant un jour sur la lisière des bois d'Amboise qui bordent son domaine, il aperçut une jeune femme qu'il reconnut à l'instant.
— Marion ! . . .
Oui, moi, mon cher marquis, répondit la sémillante Parisienne.
Cela vous surprend?
— En effet... Je croyais que vous étiez mariée...
— C'est vrai, mais je suis veuve en ce moment : mon mari est dans ses vignobles du Bordelais, et je me distrais en voyageant.
Guy venait d'apercevoir au loin des gens du pays qui le connaissaient. Aussitôt il entraîna la jeune femme sous bois pour £e. dérober à leur vue, soucieux de ne point prêter à la médisance toujours en éveil à la campagne. — Quand il reparut à l'extrémité opposée avec ]\Iarion, les yeux allumés par les désirs que l'ensorceleuse avait habilement provoqués, il la tenait par la main et il lui disait :
— Oui, c'est convenu... Pars ce soir pour Tours et je t'y rejoindrai demain à l'hôtel de la Boule d'or.
— Tu sais... dit Marion avec une tendresse provocante, si tu ne venais pas... Non, tu viendras?... lu me le promets?
— Je te le jure !
— Embrasse-moi alors.
Et elle offrit ses lèvres aux baisers de l'amant qu'elle venait de retrouver et de reprendre.
Malgré les précautions prises, la présence de cette jolie inconnue avait été remarquée à Souvigny ; on en avait jasé, on avait vu le marquis, et quelques bruits étaient parvenus jusqu'aux Migettes, sans arriver toutefois jusqu'à Geneviève.
Cependant la marquise sentait, comme par une mystérieuse intuition, que quelque chose de grave s'agitait autour d'elle, et ce fut avec un horrible serrement de cœur qu'elle apprit que Guy, à peine arrivé depuis quelques jours, allait déjà la laisser.
Tout habituée qu'elle était à ces abandons, un pressentiment l'agitait au moment de ce départ, et quand son mari l'embrassa avant de s'éloigner, elle, si résignée jusque-là, trouva subitement la force de s'attacher à lui en un élan dans lequel passa toute sa tendresse alarmée et de lui dire d'une voix suppliante :
— Guy... ne pars pas... je t'en conjure!...
Mais les sourcils du marquis se froncèrent, et Geneviève sentit qu'il la repoussait doucement, cherchant à délier son étreinte et à se soustraire à ses supplications.
— Reste encore quelques jours avec nous !... ajouta la marquise qui de sa main restée libre poussait Diane vers son père comme pour qu'elle se joignît à elle.
— Reste, petit père!... implora à son tour la fillette. Ne t'en va pas!...
Le marquis se pencha pour embrasser sa fille, heureux de se détacher ainsi de Geneviève.
— Il le faut, ma mignonne! répondit-il. — J'ai promis, ajouta-t-il en s'adressant à la marquise. Il faut que je sois ce soir à Paris.
La malheureuse femme n'eut plus de forces. Elle sentit quelque ehose se briser en elle, et elle laissa partir son mari.
Debout devant la haute fenêtre du salon, serrant sa fille contre elle, elle suivait des yeux à travers les allées du parc la voiture qui l'emportait et»elle se demandait :
— Où va-t-il?... Il n'est plus le même depuis hier... Ah ! mon Dieu, s'il ne m'aimait plus !...
Elle sentait qu'elle ne se trompait pas. Le baiser de Guy n'était pas le même; elle n'y avait senti passer aucune tendresse. Brisée parla plus horrible douleur, elle laissait maintenant couler ses larmes, lorsque Diane qui la vit, saisit sa tête entre ses mains et l'embrassa en disant :
— Ne pleure pas, mère chérie!... Petit père reviendra!...
— Qui sait?... pensa Geneviève. Qui sait?
Diane embrassa encore une fois sa mère avant de s'éloigner... (P. 12.)
Oui, qui sait?
Geneviève, si elle s'était interrogée avec calme et avec sang-froid, n'aurait pas hésité à se répondre :
— Oui, il reviendra. Il est impossible qu'il nous ait abandonnées toutes deux... Au fond, je sais bien qu'il nous aime.
Elle n'avait même pas la pensée de cet abandon ; mais, bouleversée
i« Liv. — l'enkant du Divoncs
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10 L'ENFANT DU DIVORGR
par les cruels pressentiments qui l'avaient envahie, elle se demandait douloureusement :
— Où est-il allé ainsi?... Quand reviendra-t-il ?
Alors, avec cette acuité de perception que donne à la femme l'exaltation des sentiments d'amour sous l'empire de la jalousie, la marquise analysait tout ce qui l'avait impressionnée.
Guy était parti bien des fois déjà sans en expliquer davantage la nécessité; mais jamais, jusqu'alors, Geneviève n'avait éprouvé des angoisses pareilles ?
Pourquoi?
D'où venait aujourd'hui ce mystérieux sujet d'alarmes au moment de ce départ?
Pourquoi Guy n'était-il plus le même?
Pourquoi lui avait-il donné ce baiser comme s'il avait hâte d'en être délivré ?
Pourquoi cette gêne visible sous l'étreinte afTectueuse dont il cherchait à se dégager ?
Geneviève se rendait compte de tout maintenant.
Elle se rappelait bien des choses.
Elle avait remarqué dans la matinée un drôle d'air à Flor, le valet de chambre de son mari.
Elle l'avait vu chuchoter avec le cocher qui devait l'emmener à la gare.
Ils avaient souri d'une manière énigmatique, puis tout à coup ils s'éiaient tu tous deux quand ils l'avaient aperçue.
Ils parlaient de leur maître, sans doute.
Il y avait donc autour d'elle quelque chose que tout le monde savait, hormis elle.
Ce « quelque chose » elle ne devait pas le savoir, puisqu'on se taisait en sa présence...
Ce secret prêtait pourtant à rire.
Il y avait alors un ridicule quelconque... une mystification... une duperie... quelque chose de louche enfin dont elle était victime ou qui la donnait en risée.
Ce voyage que rien n'avait pu faire prévoir la veille avait été décidé tout de suite.
Il fallait donc que le motif en fût bien impérieux.
A Paris !...
C'est à Paris, d'après ce que Guy avait dit, qu'il se rendait.
Il y était attendu, avait-il prétendu.
Cependant en arrivant, Guy avait dit que tous ses amis en étaient partis et les journaux mondains avaient, en effet, annoncé les déplacements de toutes les personnes que l'on connaissait.
La marquise avait trop de dignité et trop de respect d'elle-même pour songer à questionner ses gens.
Elle n'en avait même pas la pensée et, si elle s'était présentée à son esprit tourmenté par cette angoissante incertitude, elle l'aurait repoussée avec mépris.
Elle ne se serait jamais abaissée à ce rôle.
Geneviève souffrait, mais elle voulait être seule à connaître sa souffrance.
Elle se reprochait déjà de n'avoir pas eu la force de retenir ses larmes devant sa fille et de ne pas avoir pu dévorer toute seule sa douleur.
Aussi, elle se surmontait maintenant, malgré sa peine amère, malgré le doute poignant qui la torturait.
Elle s'efforçait de sourire, ayant séché ses yeux, lorsque Diane, câlinemcnt, lui disait :
— Tu sais bien que petit père s'ennuie parce qu'il n'est pas habitué à la campagne.
— C'est vrai, ma mignonne.
— C'est toi qui me l'as dit, mère chérie.
— Oui, répondit Geneviève, tu as raison, mon amour... Je le sais bien.
— Alors embrasse-moi !... dit l'adorable fillette en faisant à sa mère un collier de ses bras. — Embrasse-moi encore !... Moi, je resterai toujours avec toi!... Tu le sais bien?... Oui, toujours !
Mais les baisers qu'elle donnait à sa fille ne calmaient pas les alarmes qui s'étaient éveillées chez Geneviève, car ce pressentiment de malheur qui s'était emparé d'elle ne s'atténuait pas sous les caresses de l'adorable enfant.
Le cœur de la mère était satisfait. Celui de l'épouse souffrait.
La jalousie dont sa confiance amoureuse l'avait préservée jusque-là se glissait et s'insinuait lentement, s'apprêlant à lui faire sentir sa cruelle morsure.
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