‹ L'enfant du divorceChapitre 2 sur 88 · LE BARON LORIOL · texte numérisé non relu

LE BARON LORIOL

-Canette, la bonne de Diane, — une brave fille en qui la marquise avait la plus entière confiance, — se présenta.

Elle venait chercher Diane pour la conduire à Souvigny chez M. le curé qui lui enseignait le catéchisme en vue de la première communion qu'elle devait faire dans un an.

Nanette, du premier coup, comprit que sa maîtresse souffrait, caries ravages de son visage, encore qu'atténués, étaient visibles pour elle.

Elle la connaissait si bien, elle qui avait vécu auprès d'elle depuis sa naissance, fille d'un vieux serviteur mort au service du duc de Glamondans.

Elle savait peut-être ce qui se passait, et, malgré la familiarité que la fille du duc lui avait toujours permise, la traitant avec une véritable amitié, elle n'osa pas l'interroger pour ne pas raviver celte souflVance qui lui était révélée.

Diane embrassa encore une fois sa mère avant de s'éloigner, puis elle suivit Nanette,

Geneviève revint instinctivement à la fenêtre d'oi^i elle avait suivi le départ de son mari, comme si elle se rapprochait de lui en revoyant l'endroit oii il avait passé.

Elle aperçut au loin un homme qui se dirigeait vers le château

— Le baron Loriol !...

Ce nouveau personnage mérite d'être présenté en raison de l'impcj^tance du rôle qu'il est appelé à jouer dans le drame intime que nos lecteurs ont déjà pressenti.

Patrice Loriol, — un méridional qui, grâce à une application constante, était parvenu moins à perdre qu'à masquer sous une prononciation emphatique l'accent originel, — portait le titre de baron et timbrait ses cartes du tortil héraldique.

Son éducation irréprochable attestait qu'il appartenait à une excellente famille, disparue ou inconnue, car jamais ses amis n'en avaient

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connu un seul membre. Elle devait en tout cas n'être pas très fortunée, car son descendant n'avait jamais dévoré de patrimoine et il était su de tout le monde que Patrice Loriol vivait d'affaires quelque peu clandestines, habilement conçues et supérieurement conduites, grâce à une ingéniosité merveilleuse, mais frisant d'assez près ce que l'on appelle les « expédients ».

D'Hozier ne mentionnait pas les barons Loriol dans son armoriai pourtant fort complet, ce qui était l'un des ennuis les plus sérieux de notre personnage qui attachait réellement une grande importance à son titre. Rarement on l'avait interrogé et c'est plutôt de lui-même, par besoin d'en établir l'authenticité, qu'il avait déclaré quelquefois, à des personnes que leur défaut d'instruction rendait incapables de contrôler ses dires, que le titre de baron avait appartenu aux siens jusqu'à l'époque troublée de la Révolution, oii ils avaient jugé prudent de s'en défaire pour échapper aux lois iniques des suspects. Mais il avait voulu retrouver les origines de sa généalogie et son droit à ce titre de baronnie que son père portait, assurait-il, et il en avait retrouvé la trace chez un notaire de son pays, dans des actes datant du règne de Louis XV.

Les parchemins ne pouvaient qu'avoir été détruits, égarés ou volés au moment de l'émigration.

Dans le monde, — car Patrice Loriol était parvenu à se faire ouvrir les portes de quelques salons, — on pensait qu'il arait été fait baron par quelque État étranger de minime importance, et on l'appelait même plaisamment « baron de principauté ».

Au physique, le baron Loriol était un petit homme brun, fluet, alerte, irréprochable sous le rapport de l'élégance, l'œil vif, la moustache fine et en pointes retroussées, d'une demi-calvitie précoce que dissimulait complètement l'artifice d'une coiffure soignée et qui n'était visible que sur l'occiput. Il devait assurément aux soins les plus délicats dont il entourait sa personne de ne paraître âgé que de trente-cinq ans environ, quoiqu'il eût bien dix ans de plus d'après un acte de naissance qu'il ne montrait jamais.

Le baron Loriol, qui s'était trouvé en rapports comme intermédiaire entre le duc de Glamondans et un prêteur, au moment de contracter une hypothèque, avait jeté autrefois les yeux sur Geneviève et, sans être allé jusqu'à demander sa main, il avait cependant témoigné de ses désirs amoureux par une recherche manifeste et par une assiduité non équivoque. Mais il n'avait pas tardé à comprendre que, d'une part, la blonde et jolie jeune lille ne songeait aucunement à se marier, et que, d'autre part, le duc ne l'aurait jamais agréé pour gendre.

Patrice Loriol s'était résolu à attendre la mort du vieiix seigneur vosgien, se proposant d'intervenir avec plus d'insistance lorsque Geneviève serait seule, et lorsqu'elle sentirait le besoin d'avoir auprès d'elle le protecteur naturel que doit être un mari. Mais les événements, pensait-il, lui avaient été contraires, et il n'avait pas appris sans quelque stupeur le mariage de la jeune châtelaine avec Guy de Fleurance.

C'était la cause d'un certain ressentiment que le baron avait conçu contre le marquis, mais il était trop diplomate pour jamais le laisser soupçonner. Au contraire, Patrice Loriol avait entretenu d'excellentes relations avec les châtelains des Migettes ; il plaisait au marquis à cause de son intarissable bonne humeur et de sa façon joviale d'homme de plaisirs, et il avait rendu à la marquise, qui ne le connaissait pas sous ce frivole aspect, le service de veiller sur Hubert, son jeune frère, dont la vie dissipée l'épouvantait. Il avait même très bien arrangé un jour, avec les fonds qu'elle lui avait adressés, une affaire de dette de jeu qui menaçait de soulever un scandale.

En voyant arriver inopinément à Souvigny le baron Loriol qu'elle croyait à Paris, la baronne pensa aussitôt à son frère.

N'était-ce pas quelque ennui nouveau qu'elle allait apprendre?... et s'il en était ainsi, comment pourrait-elle faire face aux nouvelles exigences de la situation, aujourd'hui qu'elle avait épuisé toutes les ressources dont elle pouvait disposer?

Geneviève fut vite rassurée.

C'était une autre cause qui amenait le baron.

Patrice Loriol lisait attentivement chaque jour les annonces des journaux, convaincu que quelques-unes peuvent être à l'occasion, pour qui est habile et pour qui a du flair, l'origine d'une opération fructueuse.

C'est ainsi que, un an auparavant, il avait répondu à M. Gradignan, le propriétaire bordelais, qui demandait sous les initiales A. G. 333, poste restante, la liste des relations d'un homme du monde, moyennant de beaux avantages pécuniaires.

Le baron n'avait pas hésité et il avait répondu à cette annonce par l'envoi de sa carte en demandant un rendez-vous. Il avait fourni au propriétaire bordelais une longue liste de noms de personnes appartenant au meilleur monde, et il avait désigné en les soulignant celles auprès desquelles on pourrait se présenter sous ses auspices.

Pour ce service, il avait obtenu l'avance d'une petite somme à valoir sur la commission qui était fixée au cinq pour cent des commandes que ^'oD obtiendrait.

Cette circonstance avait mis rapidement i'atrice Lorioi en excellents termes avec M. . Gradignan, car quelques affaires, assez importantes même, avaient pu être traitées sous la recommandation du baron, et les premiers résultats avaient été célébrés par un fin dîner offert par le négociant à l'homme du monde et suivi peu après d'un rendu, de visites et d'une fréquentation dans laquelle une réelle intimité, chose toujours facile avec un commerçant doublé d'un méridional, n'avait pas tardé à s'établir.

Or, dès le premier jour qu'il la vit, le baron comprit quelle femme était M"' Gradignan et il n'hésita pas à se promettre de faire de raj)ides progrès dans les bonnes grâces de cette piquante brune qui ne cachait pas le plaisir qu'elle éprouvait à avoir pour ami un homme aussi cliarmant et aussi distingué.

Marion avait tenu à racheter, — à ses propres yeux, car son mari ignorait tout, — les écarts d'une jeunesse passablement compromise par une fidélité jusqu'alors sans reproche, si l'on veut bien ne tenir aucun compte des intentions.

La femme du Bordelais, était décidément sensible au prestige des titres, car elle accueillit assez volontiers les galanteries du nouvel ami Je son mari et elle ne se montra pas le moins du monde offensée lorsque des propositions évidentes lui furent faites par Patrice qui sut se ménager quelques habiles tcte-à-tête. Seulement, Marion n'accorda au galant que quelques privautés encourageantes, se réservant de « voir venir », convaincue du reste, par une savante expérience du cœur de l'homme, que les désirs attirent et retiennent plus que les faveurs.

Mais Lorioi avait conçu un réel espoir d'arriver à brève échéance à obtenir moins de platonicisme de la part de cette désirable brune dont il convoitait la possession.

Elle s'était montrée si aimable, elle s'était si bien laissé arracher des promesses formelles devant lesquelles elle reculait encore un peu au moment de l'exécution, qu'il se flattait môme d'arriver incessamment à son but.

Il avait pensé que le moment devenait absolument propice, le voyage que Gradignan faisait actuellement dans le Bordelais où il allait préparer la saison des vendanges, lorsque Marion disparut subitement.

Lorioi s'était rendu à Saint-Maurice, où Gradignan avait une confortable villa, persuadé que le succès final lui était réservé et il n'avait trouvé que Rose, la Gasconne que le propriétaire-négociant avait à son service, pour lui apprendre que sa maîtresse était partie en voyage la veille.

Où était-elle allée?... Etait-elle partie pour rejoindre son mari?... S'était-elle rendue dans sa famille?...

Le baron questionnait et il sentait que Rose avait quelque réticence.

II usa du moyen qui a le plus d'influence sur les serviteurs : il glissa un louis dans la main de la Gasconne, et c'est ainsi qu'il sut que M""" Gradignan. avait pris à la gare d'Orléans un billet pour Souvigny.

Souvigny !... C'était là qu'habitait le marquis de Fleurance. Il devait être en ce moment aux Migettes.

Etait-ce une simple coïncidence ? — ou bien Marion connaissait-elle le marquis?

Le baron Loriol résolut de connaître la vérité.

Il partit immédiatement.

A Souvigny, à l'hôtel de Touraine, — la seule des auberges du pays qui ait osé se parer de ce nom, — on le renseigna.

Une fort jolie brune, aux yeux bleus était arrivée la veille et on ignorait son nom, car elle était repartie le soir même et n'avait pas eu besoin de le donner. Elle avait fait, disait-on, une petite promenade de trois heures environ dans le pays, — « du côté des Migettes », fit l'aubergiste avec quelque malice, — et elle était allée le soir prendre le train pour Tours.

Le baron fut rassuré.

Le marquis et Marion ne se connaissaient pas.

Le voyage de M"" Gradignan avait un autre but que Souvigny, où elle n'avait fait, en réalité, que passer.

Elle connaissait probablement quelqu'un aux environs et elle était allée voir cette personne.

Elle avait continué aussitôt son voyage et elle était partie pour Tours. Qu'allait-elle y faire ?

Elle y connaissait donc quelqu'un à l'insu de son mari, car jamais il n'en avait été question, et aujourd'hui Patrice était assez intime dans la maison pour tout savoir.

Le baron Loriol ne pouvait pas passer à Souvigny sans aller rendre visite au marquis et à la marquise de Fleurance et il se dirigea vers le château.

Germain, — le garde-chasse des Migettes, qu'il connaissait bien, — le rencontra du côté du bois.

— Ah ! fit-il, si monsieur le baron vient pour voir M. le marquis, je crois aue monsieur le baron fera buisson creux

Monsieurl... s'écria aussitôt la marquise... (P. 23.)

— Le marquis n'est pas au château? demanda Patrice Loriol visiblement étonné.

— Non, monsieur le baron; I\I. le marquis est parti ce tantôt pour -^ Tours. C'est moi qui ai porté la valise de M. le marquis à la gare.

— Merci, fit Loriol avec dépit.

C'était une déception fort cruelle.

3« Liv. — l'knfant du divorgk.

A Tours î . . . Lui aussi î . . . Quelle coïncidence !

Il n'y avait pas à douter alors ; Marion connaissait le marquis de Flourance, c'est pour le voir qu'elle était venue, elle Tavait vu et elle était allée à Tours oii il devait la rejoindre.

L'aubergiste l'avait bien dit avec un gros air malin que la petite dame brune était allée faire une promenade de trois heures environ du côté des Migettes.

Comment Marion et le marquis de Fleurance s'étaient-ils connus?

Parbleu ! il devait y avoir longtemps que cette femme-là trompait son mari.

Elle était depuis longtemps la maîtresse du marquis !

C'est donc pour cela qu'elle ne s'était jamais décidée à répondre à ses amoureuses propositions 1 •

Le baron, toujours au courant de tout, se demandait coipment il pouvait ignorer ces relations.

Le ressentiment qu'il avait contre Guy et qui sommeillait en lui, s'éveillait en ce moment. Le marquis avait épousé celle sur qui il avait jeté les yeux ; maintenant il était l'amant de la maîtresse qu'il convoitait si ardemment et qu'il poursuivait depuis de si longs mois !

La marquise attendait qu'on lui annonçât la ^^site du baron Loriol.

La haute glace de Venise qu'elle avait consultée lui affirmait que rien ne se lisait sur son visage des douloureuses angoisses qui l'avaient torturée. Elle sourit même à son arrivée et lui tendit la main que le baron baisa respectueusement selon la vieillotte coutume qu'il pratiquait et qu'il affectionnait.

Elle interrogea la première, avant que Loriol se fût expliqué sur cette visite inattendue, tant elle avait conçu en le voyant une vive appréhension relativement à son frère.

— Hubert est à Paris ?

— Il doit y être encore, madame la marquise, répondit Patrice Loriol ; mais il ne tardera pas à partir pour la Normandie.

— Avec qui y va-t-il?... demanda Geneviève. — Oh I vous pouvez bien me le dire, allez... Toujours avec cette femme, n'est-ce pas?... Cette Fernande pour qui il a fait déjà tant de sottises et tant de folies.

— C'est vrai.

— Croyez-vous qu'il l'aime?

— On ne peut pas aimer des filles comme celle-ci, quelque jolies

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qu'elles soient, dit le baron qui ne s'étonnait pas de l'ingénuité de la marquise qui ne connaissait rien à la vie mondaine. ~ Elle est donc bien belle?

— La beauté du diable, car elle est toute jeune, et celle d'un ange... d'un ange déchu qui, comme dit Arsène lioussaye, « se souvient du ciel et travaille pour l'enfer ».

— Oh! oui, pour l'enfer!

■ — Surtout pour l'enfer!

— Je m'étais inquiétée en vous voyant, dit la fille du duc de Glamondans. Je croyais que vous m'apportiez une mauvaise nouvelle au sujet de mon frère.

— Rassurez-vous, madame la mg,rquise, il n'en est rien, fit Patrice Loriol. Une idée qui m'a pris de venir en Touraine et naturellement je ne pouvais passer si près de vous et de ce cher marquis sans m'arrèter à Souvigny pour vous présenter mes hommages.

Le baron s'était dit que si la marquise de Fleurance n'était pas une femme si foncièrement honnête, il profiterait bien de Toccasion qui lui était offerte pour prendre une revanche sur Guy en lui niiligeant la peine du talion. — Mais, en dépit de sa suffisance, il était obligé de convenir que ce serait peine perdue.

— Vous me trouvez seule, répondit Geneviève, et certes j'aurais été bien heureuse de vous voir arriver plus tôt, car vous auriez sans doute retenu le marquis qui est parti il y a deux heures à peine pour Paris.

— Pour Paris!... fit Loriol surpris.

-- Il y était attendu... expliqua la marquise. Il me l'a dit.

Le mensonge du marquis de Fleurance confirmait les conjectures que Patrice Loriol avait faites.

Il fut cruel.

Obéissant à son ressentiment, sans se soucier de la peine affreuse (|ue sa révélation allait causer, il dit :

— Je le croyais à Tours.

Ce fut au tour de la marquise d'être surprise.

— Pourquoi... à Tours? demanda-t-elle d'une voix qui trahissait déjà ses angoisses nouvelles.

— Je ne sais pas, je vous assure, madame la marquise. — C'est en traversant le pays que j'ai entendu dire... Peut-être ai-je mal compris... Oui, je dois avoir confondu, car je me rappelle maintenant : c'est à l'âûberge oii j'ai laissé ma valise que l'on m'a parlé d'une dame de Paris qui était ici hier et qui est partie pour Tours... Excusez ma confusion... Ah! ce cher marquis est allé à Paris !... En cette saison?... Une drôle

d'idée!,.. Pour quelque affaire sans doute, car il n'y a véritablement personne. Les cercles sont vides, le bois semble être la propriété des familles anglaises et bourgeoises qui s'y installent comme chez elles, pas de première et pas de réceptions. Ça se comprend, après le grand prix, n'est-ce pas?... Enfin, du moment que c'est pour affaire, c'est autre chose. — Ce cher marquis ne sera certainement pas longtemps absent ?

Geneviève souffrait un martyre horrible, car maintenant, sous les insinuations perfides du baron Loriol, le soupçon était véritablement entré en son âme.

— Non... répondit-elle d'une voix mourante. Je ne sais pas... Je crois qu'il sera bientôt de retour.

Mais Patrice remarqua alors la pâleur de la marquise.

— Je vous trouve bien pâle, dit-il, seriez-vous souffrante?

— Oui... un peu... J'ai été malade, dit-elle en se levant^ et je suis encore un peu faible.

C'était un prétexte pour abréger cet entretien qui la torturait, car elle avait hâte d'être seule pour pleurer sans contrainte. — Elle étouffait.

Le baron s'était levé aussi. Il ne comptait pas sur l'hospitalité du château qui l'aurait retenu jusqu'au soir, car il venait de décider de se rendre immédiatement à Tours.

— Je me retire, dit-il, car je suis assez pressé... Je vais à Tours aussi... pour une affaire.

Et il prit congé.

Alors, seule, pouvant laisser éclater son immense douleur, la marquise monta à sa chambre ; elle se laissa tomber dans un fauteuil et elle éclata en sanglots trop longtemps contenus.

— Mon Dieu !... gémit-elle. Pourquoi est-il parti?... Cette femme... A Tours!... Oui, je sais bien qu'il m'a menti... Et pourquoi m'aurait-il menti si ce n'était pas à cause de cette femme?... Oh ! mon Dieu, que je souffre ! . . . que je souffre ! . . .

La malheureuse éprouvait un supplice nouveau pour elle, une douleur qu'elle n'avait jamais connue jusqu'à ce jour, douleur horrible dont elle ignorait même le nom : la jalousie.

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