SCÈNE IV ÉLISE, CROCHE
É LI s K , seule.
C'est fort sage, et c'est même... grand comme ça héroïque, car, au fond, il ne me déplaît pas du tout.
CROCHE, paraissanl à la porte.
On peut entrer?
ÉLISE
Ali! voilà mon architecte. Comment va monsieur Croche?
CROCHE
Toujours bien pressé, chère madame, bien pressé...
ÉLISE
Vous avez tout au moins le temps de vous asseoir.
CROCHE
Je ne m'assieds jamais! Non, non... je vous en supplie, ne me tentez pas. Du reste je n"ai qu'un mot à vous dire. Voici : l'affaire est dans le sac.
Ah? Bien!...
CROCHE, présentant un acte.
Le temps de signer cela.
ACTR PREMIER. 10
Si vite!
CROCHE
C'était une affaire à enlever... Vous allez être propriétaire des Eaux-Fraîrhcs. Il fallait éviter radjudication. J"ai dune, il y a une heure, acquis château, domaine et dépendances pour une somme ijjohale de quatre cent cinquante mille IVancs, sur laquelle j'ai versé cent mille comptant, et j'ai 1(^ l»laisir de vous recéder le tout...
EFvISE, prenant l'acte fl lisant.
Pour cinq cent mille.
CROCHE
Oui... je suis résolu à vous traiter en amie.
i-;LISE, prête à signer.
L'affaire est bonne?
Elle est en or. Moulurey ne s'y était pas trompé, il était dessus depuis six mois, car votre mari qui sur tout autre cha|)itrc fut plus que faiblard — je peux bien le dire, mon \ieux, puisque tu n'es plus là, — était un businessman de première.
Eh bien, je signe!
Parlait.
CROCHE
ELISE
Vous devenez mon premier et mon plus fort créancier, je vous dois un demi-million.
CROCHE
Vous en possédez dix, chère madame.
ÉLISE
Vous croyez?
CROCHE
J'en suis sûr... sans ça. Et maintenant que tout est réglé, je regrimpe dans mon automobile.
ÉLISE, le retenant.
Ail mais! Croche... Croche!., j'ai besoin de vous.
CROCHE
Encore !
ÉLISE
Mais certainement. Je vous ai parlé de mes projets pour la salle de l)ains.
CROCHE
Plus tard... plus lard... je suis si pressé !
Du tout... maintenant. Vous me devez bien ça.
CROCHE
Mais je perds un temps précieux.
ÉLISE
Mais VOUS venez de gagner cinquante mille francs!
CROCHE
Ça n"a aucun rapport... Enfin, dépêchons !