LA LIBERTÉ DES ENFANTS
Les parents ne comprennent guères la responsabilité immense qu’ils assument devant Dieu en s'opposant à l’action de la grâce dans le cœur d’un enfant. Ils jugent de ces choses-là par les maximes du monde qui sont, partout, même dans les pays les plus catholiques, la contradiction des principes de l'Evangile. ;
Trompés par l'affection et aussi quelquefois par l’égoïisme, ils s’imaginent assez généralement que leurs enfants doivent se soumettre à toutes leurs volontés. Oui, en règle générale. Non, quand il s'agit des questions religieuses. Car un tout jeune enfant peut avoir, à cet égard, des idées plus justes qu'un homme fait; et, à douze ans, je jugeais plus sainement des choses de la vie que mon père qui en avait quarante.
Dès lors, il était incapable de me conduire ; et en subissant son influence, bien qu’à contre-cœur, je m'exposais à ne faire que des faux pas. Je n'ai jamais cédé entièrement. Aussi la lutte entre mon père et moi a-t-elle été continuelle. Qu'en est-il résulté? C’est que je ne suis ni missionnaire ni médecin et que ma vie a été une série de souffrances. Ce n’était plus là une direction, mais bien de la contradiction.