‹ L'enfant et l'éducation [microforme]Chapitre 4 sur 25 · LA QUESTION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA QUESTION RELIGIEUSE

On serait porté à croire qu'il suffit à un homme de faire un cours de théologie dans un séminaire quelconque pour être ensuite en état de diriger les âmes dans la bonne voie: c’est une erreur. IL faut, en plus de cela, le sentiment de sa propre faiblesse, la connaissance du cœur humain, une grande bonne volonté et des efforts personnels sous la conduite d’un maître expérimenté dans les combats de la vie intérieure ; et s’il est vrai, comme le dit Saint- François de Sales, qu’il faille choisir son directeur entre dix mille personnes, c'est, apparemment, qu'il n’y en a pas beaucoup de bons. Là, plus qu'ailleurs, il faut des principes, une méthode, et tout le monde n’en a pas. Je l’ai appris à mes depens. J'ai pour certain que la plus grande partie des chrétiens se perdent, parce qu'on ne les éclaire pas ou qu’on les éclaire mal, parce qu’on ne les dirige pas ou qu’on les dirige mal. Cœæcus enim, si cæco ducatum præstet, in foveam cadat.

À douze ans done, j'étais en sixième avecun professeur qui ne manquait pas de talent, mais qui ne comprenait rien à la religion. Je J'ai rencontré depuis, dans le monde, à un âge où j'étais en mesure de juger du vrai et du faux, méme en spirilualité ; et je comprends le danger pour un enfant, dont le cœur estdroit, d’être instruit par un homme comme ca.

Il m'a donné, il est vrai, l'appréciation juste de la vie; mais par ses observations sur les pénitences des saints, qui souvent ne sont pas admirables du tout, comme on peut s’en convaincre en lisant la vie de Saint-Paphnuce, il a fait que, pendant longtemps, j'ai mis la vertu là où elle n’est pas.

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