PREFACE. XXI
gesse chrétienne qui nous élève au-dessus de
toutes les misères et donne une beauté à la douleur
même. Voilà comment j'entends Téducation d'une
jeune fille.
A. France (1).
La gaité, la joie, voilà le ciel où doit vivre le petit enfant et où doivent s'épanouir ce qu'il y a en lui de plus gracieux et de meilleur. Le plus de joie possible, mais n'allez pas confondre la joie avec les divertissements, avec ce que nous appelons plaisirs, fêtes, spectacles, distractions, récompenses, et tout ce qui coûte de Targent. Ce n'est pas là ce dont l'enfant a besoin. Il serait bien lamentable qu'une partie essentielle du bonheur d'un enfant se fixe sur ces fêtes, sur ces menus plaisirs, sur ces joies d'exception. En définitive, nous devrions trouver notre meilleure joie non dans les rares distractions qui nous enlèvent pour un peu de temps à notre vie quotidienne, mais dans les devoirs et occupations ordinaires de cette vie.
Sir Joshuah Fitch (2).
(1) Le livre de mon ami, pp. 161, 162, 211, 212. -- Le crime de Sylvestre Bernard, p. 209, 210.
(2) Lectures on teaching^ p. in, 112.
xxii PREFACE.
On a Tair de trouver beau que Tenfant ne vive que dans le monde idéal. A Dieu ne plaise que nous consentions à Ty arracher pour le détourner vers la préoccupation des intérêts positifs. Mais faut-il donc que cette vie dans les livres soit aJDSolument absorbante? Je me défie — Tavouerai-je — aujourd'hui surtout, des tendances de la jeunesse à l'abstraction pure... de ces rêveries où se plonge l'adolescence loin de l'atmosphère salubre de la famille : monde imaginaire où se déploient à la fois les idées dans leur téméraire inexpérience et les passions dans leur exubérant essor. Non, l'expérience précoce, acquise à un certain degré au sein de l'intérieur, n'est pas de celles qui dessèchent et qui glacent» L'enfant est trop en fonds d'espérances et d'illusions pour que l'initiation au sérieux pratique de hi vie ait autre chose que d'heureuses conséquences. Il est bon que la transition entre le monde enchanté et im peu factice où nous transporte l'enseignement classique, et les terrestres réaUtés qui nous saisissent aussitôt après, soit suffisamment ménagée... Ainsi la famille me parait /V'-
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cole nécessaire de cette sagesse juotjenne^ de cette vchnté pratique qui manque aux jeunes générations élevées dans des idéalités auxquelles rien ne fait contrepoids.
H. Baudrillart (1).
L'homme poli et bien né est ce qu'il est... c'est peut-être pour le mieux. On ne redresse souvent la nature qu'en l'estropiant. Il faut avoir bien de l'esprit et de la science pour en avoir impunément pour le bon sens et le bon cœur (2).
Les femmes savent parler aux enfants la seule uangue qu'ils puis3ent comprendre.