‹ L'enfant et la vieChapitre 12 sur 34 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

Of tying sashes, fitting baby-shoes^

And stringing pretty words Ihat make no sensé,

And kissing full sensé into enipty words,

Which things are corals to eut life upon,

Although such trifles : children learn by such

Loves holy earnest in a pretty play

And get not over-early solemnised

But seeing, as in a rose-busli, Love's Divine

Which burns and hurts not, — not a single bloom,

Become aware and unafraid of Love.

Such good do mothers.

E. B. Browxl\g(J).

Aussitôt que la vue de Tenfant est parfaite, il faut lui tenir les objets en face... il est délicieux d'observer cette aurore d'intelligence dans ces petits innocents; l'œil surpris par quelque couleur vive ou quelque objet gai, s'y fixe avec avi-

(1) Aurora Leigh, I book. Je donne ici radaplation, qui a paru chez Savine : « Les femmes savent s'y prendre avec les enfants ; elles connaissent ces façons simples, gaies et tendres de nouer une ceinture, de chausser de petits pieds, d'enfder de jolis mots qui ne signifient rien et de donner à ces mots vides un sens complet dans un baiser. Par ces choses, l'enfant apprend comme en se jouant et sans le comprendre le côté sérieux et sacré de l'afiection; et voyant l'amour, cette flamme divine, dans un buisson ardent, ce feu brûler parmi les roses sans consumer un seul de leurs boutons, il se rend compte de Tamour et ne songe pas à s'en efl'rayer. Tel est le bien que font les mères, w

PREFACE. x\v

dite et communément l'enfant jette un cri de joie... il faut suivre alors Taccent de la nature, laisser Tenfant danser et s'agiter jusqu'à ce que lui et vous soyez fatigués, mais quand ses regards sérieux indiquent que son attention est fixée, n'ayez pas l'absurdité de l'interrompre; que l'éternel trousseau de clefs reste en repos, n'essayez point de rompre cette courte rêverie...

A chaque distinction que l'esprit peut faire, vous pouvez être sûr qu'il a acquis une nouvelle idée; il est en votre pouvoir de multiplier de très bonne heure ces idées : il est malheureusement aussi au pouvoir d'une nourrice imprudente de retarder le progrès naturel de Fesprit, en interrompant sans cesse son attention.

Un enfant qiiune nourrice très gaie a fait beaucoup danser et beaucoup parler a beaucoup plus d'idées que celui qui est gardé par une personne indolente et silencieuse.

Eljzabeth IIamilton (1).

(IJ Lettres sur les principes élémentaires d'éducation. Trad. Chera. Paris, Démon ville, 1864, t. II, p. 404. U est inutile de faire remarquer que cette page, bien comprise, ne s'applique pas qu'à l'éducation des tout petits enfants.

xwi PREFACE.

Qu'y a-t-il de plus manifeste que le désir de sympathie intellectuelle qu'éprouvent les enfants? Voyez ce petit assis sur vos genoux, comme il approche ses jouets de voîre visage pour que vous puissiez les considérer. Voyez comme il vous regarde quand de son doigt mouillé il a produit un craquement sur la table... Entendez les enfants qui entrent dans la chambre en criant : « Maman, regardez ceci! maman, regardez cela! » habitude qu'ils conserveraient longtemps si la sotte maman ne leur défendait point de la tracasser. Remarquez comment, dans la promenade, tous les petits courent vers leur bonne pour lui montrer la fleur qu'ils ont cueillie, lui faire voir qu'elle est jolie et lui faire dire qu'elle la trouve telle... Devant de pareils faits, l'induction est toute tirée. N'est-il pas clair que nous devons conformer notre marche à ces instincts intellectuels, systématiser le procédé de la nature, écouter toiï ce que l'exeaxt a a nous DIRE sur chaque objet, l'encourager à dire le plus qu'il peut, attirer quelque peu son attention sur des faits qui lui ont échappé..*

PUKIWCE. WMi

L'ex[)érieacc montre tous les jours plus clairement qu'il y a toujours une MANn>RE d'inté- RESSEH, d'intéresser même délicieusement les enfants; et toutes les autres pierres de touche, si on les consulte, nous prouvent que celte manière est justement la bonne à tous les autres égards.

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