XXVIII PREFACE
Paul (1) commence donc à parler comme les grandes personnes. Est-ce qu'il commence à écrire? Mais il ne faut rien presser assurément. Avec tant de ressources et de secours de tout genre pour apprendre, s'il était en retard d'un an ou deux sur le vulgaire, ce serait plutôt un grand bien pour sa santé qu'un grand mal pour son esprit.
Ce qu'il faut d'abord obtenir, c'est le grand prix de santé. Les facultés grandissent toutes seules; dans ces premières années, rien ne dépend d'un peu plus d'orthographe ou de chronologie. La nature se fortifie sous une petite discipline paisible qui se borne à empêcher le mal. Les qualités les plus précieuses même de l'esprit ne trouvent pas tant leur nourriture même dans ces vilains petits livres élémentaires que dans les accidents et le repos animé de la vie de chaque jour. Entendre parler et penser autour de soi, deviner peu à peu, en voyant et en écoutant, ce qui est juste, délicat, élégant, simple, élevé; tout cela s'apprend de bonne heure ou jamais. Les études qui n'ont pas été pénibles au début de la vie, deviennent plus sûrement un plaisir
(1) Le futur ahbé do Brodic.