‹ L'enfant perdu et retrouvé ou Pierre Cholet [microforme]Chapitre 12 sur 26 · CHAPITRE V COMMENT JE CHERCHAI MES PARENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V COMMENT JE CHERCHAI MES PARENTS

S1 À Québer.

Je remontai la côte du fleuve Jusqu'à St-Denis, passant par Métis, Ste-Flavie, Ste-Luce, Rimouski, le , Bic, St- Fabien, St-Simon, Trois - Pistolés, Cacouna, la Rivière-du-Loup, Kamouraska, St-Paschal, généralement à pied, quelquefois en voiture. J'arrêtais à chaque ‘église, pour mettre mon voyage sous la protection du saint patron du lieu, et lui de-

mander force et courage ; au pied de l'autel je me sentais à l'aise, c'était le seul endroit sur la terre où je me trouvais un peu chez nous, Les gens, en bas de Québec, sont très charitables ; je ménageais mon argent pour les évantualités futures .

partout, on m'accordait, pour l'amour du bon Dieu, le vivre et le couvert.

J'arrivai à St-Denis vers la mi-novembre, il neigeait, les chemins devenaient difficiles, je résolus de prendre le bateau pour me rendre à Québec. Le long de ma route, chaque jour, je m'étais informé s'il y avait des familles Marin : on n'en connaissait aucune,

À Québec commençaient mes recherches d’une manière sérieuse. Je logeais près du marché de la Basse-Ville, chez une veuve, où se retiraient maints pilots, L'hôtesse me dit : “ Allez chez les curés.

(1) de la haute-ville, c'est là que vous.

courrez le plus de chances d’avoir des in-

(1) Au Canada, les gens du peuple emploient | pee a le mot curé pour désigner un prêtre, qu'il soit à la tête d'une: cure, ou non.

formations correctes.” Un des prêtres me dit qu'il n’y avait pas, à sa connaissance, de Marin à Québec, mais qu'il avait entendu répéter, il ne savait trop comment, qu'un homme de ce nom, habitant Richmond sur le chemin de Montréal, avait perdu un enfant, un seul toutefois et non pas trois. ‘“ Venez avec moi, ajouta-t-il, nous allons faire annoncer votre accident dans les gazettes.” Et le lendemain, il paraissait, dans le journal de Québec, je crois, que “ deux petits frères avec leur petit cousin, Pierre, Louis et Toussaint Marin, avaient été volés en 1845, à l’âge respectif de six, cinq et quatre ans ; que l’un d’eux était à la recherche de ses parents ; que, si quelqu'un avait entendu parler de Marin ayant perdu des enfants, il était respectueusement prié d'en donner avis au bureau du journal.” L'insertion de cette annonce me coûta une piastre. La nouvelle, aussitôt reçue, serait envoyée à la cure ; et moi, dans quelques semaines, j'écrir: : au curé pour lui dire l'endroit où il devait m'a-

dresser la réponse. La réponse vint, mais elle ne m'apporta aucun résultat satisfaisant.

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